mercredi 6 mai 2020

confinement, rien à voir

Je réfléchis beaucoup à plein de trucs en ce moment... Je repense notamment à l'été dernier, à la décision qu'on a dû prendre, au bébé dont nous nous sommes privés. J'ai une copine qui a aussi vécu une img il y a quelques années, son histoire est très différente de la mienne mais en certains points, nos expériences sont similaires. Et une chose que nous vivons toutes les deux est l'incapacité de certaines personnes à comprendre que nous puissions considérer ce bébé mort-né en pleine grossesse comme un de nos enfants. Ce serait comme une coquetterie, une façon de se faire remarquer. J'ai envie d'expliquer.

Alors voilà : ce bébé, on l'a désirée, on l'a attendue, on l'a même sentie bouger, on lui a parlé, et on s'est imaginé avec elle... On a pleuré pour elle. On a dû prendre une décision terrible pour elle. Une vraie décision de parents, que personne d'autre ne pouvait prendre à notre place. Y a-t-il une décision de parents plus grave à prendre que celle-ci ? On a vécu une expérience dramatique avec ce bébé, et rien que prendre cette impossible décision ne fait-elle pas de nous les parents de ce bébé, puissance mille ? Pendant tout ce temps de réflexion, on continuait de lui parler, de lui dire qu'on l'aimait, et on la sentait bouger de plus en plus, les semaines passant.
J'ai vécu des moments de partage avec mon bébé, je lui ai parlé en jardinant, en achetant des pêches et des abricots au marché. J'ai été unie à elle. Sa vie a été bien trop courte et très spéciale, elle a rendu la nôtre très spéciale aussi, elle a tout bouleversé, on a eu le coeur tout à l'envers. Je ne pense pas que je m'en remettrai tout à fait un jour. Je ne saurais jamais qui elle était. Elle n'est plus là mais elle est tout à fait là. On devient parents bien avant la naissance. Ce n'est pas pour faire genre, pas pour se faire plaindre, pas pour avoir l'air intéressants, c'est juste un fait.

Posté par couac couac à 23:49 - - Commentaires [8] - Permalien [#]

mardi 5 mai 2020

DSC08632J'aime bien cette photo sur laquelle on dirait que je cache un ballon de foot sous ma robe (qui n'est pas vraiment ma robe mais celle que ma copine Anne-Claire m'a prêtée, mais on s'en fout). Il est de notoriété publique que je ne ressemble pas du tout à ça (à part le ventre, les bras, les mains et le cou), mais comme vous ne me connaissez pas, j'en profite. Enfin si, toi, toi et toi, vous me connaissez, mais vous ne direz rien, je vous fais confiance.

J. est allé désherber le jardin en vue d'y planter ses semis devenus grands. En attendant je suis restée avec J. à la maison, on a joué à la dînette, à la randonnée bucolique, et dans chacun de ses jeux, malgré toute la meilleure volonté dont je suis capable, je me suis endormie, au point qu'il a fini par me proposer de jouer à faire une sieste à la belle étoile, il m'a apporté un coussin pour plus de confort et je me suis vraiment endormie par terre dans le salon, comme si je n'avais pas dormi depuis trois jours.

On teste toutes les recettes du livre de cuisine d'Ottolenghi que j'ai reçu à Noël (il s'appelle Simple) et incroyable mais vrai, il renouvelle bien notre flotte de bouquins de cuisine (alors qu'on en a une vraie collection qu'on a vraiment testés aussi). Toutes les recettes testées jusqu'à présent étaient intéressantes tendance succulentes ! Truc de dingue.

Vraiment, tant qu'on ne nous proposera pas un truc qui fait rêver (ça me fait tout de suite penser à Didier Super), je ne remettrais pas les pieds dans la vie habituelle. Inutile d'insister.

Posté par couac couac à 22:56 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
lundi 4 mai 2020

En Suède, les écoles et crèches n'ont pas fermé, sans mesures sanitaires poussées, et tout s'est bien passé.
L'école un jour sur deux, avec mille mesures de précaution, pour apprendre quoi ?
Il vaut mieux aller à l'école maintenant, s'habituer à ces mesures hallucinantes maintenant, avec un instituteur qu'on connaît bien, plutôt que découvrir tout ça en septembre, avec un maître inconnu.
Ce plan sanitaire est anxiogène et va angoisser les enfants.
Il faut bien se lancer pour éprouver le modèle, afin de le réajuster pour septembre.
Quelle frustration de voir ses copains et de ne pas pouvoir jouer avec eux.
Aller à l'école lundi prochain permet de les revoir, de leur dire au revoir, et à la maîtresse aussi.
Si il n'y a aucun risque à envoyer les enfants à l'école, pourquoi ce plan sanitaire ? Si ce plan sanitaire est mis en place, c'est que c'est risqué d'aller à l'école, alors pourquoi les rouvrir ?
Les enfants ont besoin de retrouver un semblant de normalité.
Hors de question que les enfants servent de cobayes, ni les maîtres et maîtresses.
On ne va pas rester confinés toute notre vie.
Ces mesures sanitaires sont impossibles à mettre en place.

(Phrases lues, entendues, pensées ces derniers jours.)

C'est l'ambivalence.

J. n'a pas tellement envie de retourner à l'école. Il est content de bricoler avec nous, de tester toutes les expériences de Youpi, tous les bricolages de Biscoto, d'aller courir sur la piste de vélocross, de rester en pyjama jusqu'à 15h30, de lire Gaston dans son lit le matin en attendant que le p'tit dej' soit prêt, de transvaser les semis dans de plus grands pots, et même pourquoi pas de faire ses devoirs l'après-midi (sauf si il y a de l'écriture au programme, brrr...).

On verra.

Je mesure ma chance d'attendre un bébé, plutôt que d'attendre la fin du confinement. J'en reviens pas (genre je ne réalise pas DU TOUT) de penser qu'on va à nouveau faire des bisous sur des joues molles, nettoyer des fesses grandes comme des balles de ping-pong, nettoyer des bodies pleins de caca, entendre la respiration endormante d'un bébé qui tète, revivre la vie avec le mini animal qu'est le nourrisson, reparler avec une voix gâteuse, se faire faire pipi dessus plusieurs fois par jour, avoir un bébé tout mou contre nous.

Posté par couac couac à 21:46 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
dimanche 3 mai 2020

C'est déjà le moment où les semis sont suffisamment costauds pour que J. leur fasse passer la nuit sur le froid du palier pour les habituer (pauv'bêtes).
C'est déjà 5 jours avant le 7ème mois. Je fais des listes mentales de tout ce que nous ne préparons pas pour l'arrivée de ce bébé. Nous voulions proposer à J. de choisir un body et un doudou dans des magasins lyonnais mais ça a été repoussé. Toutes les fringues taille naissance, 1 mois, 3 mois, sont en Normandie, ainsi que le couffin. Le biberon n'a pas de tétine, le coussin d'allaitemment est plat et archi-plat, le porte-bébé n'a pas d'adaptateur pour nourrisson, nous n'avons pas d'écharpe de portage, je n'ai pas de soutien-gorge d'allaitement. Nous n'avons pas mis à jour notre stock (très très élimé) de couches lavables, nous n'avons pas de couches jetables taille naissance, nous avons 6 lingettes lavables pour nettoyer les fesses des bébés. Il va être temps de faire sa place à cette enfant, et de réaliser qu'on sera une de plus dans pas si longtemps.

Pour les 6 ans de J., nous lui avons offert un lecteur-cd, que nous avons installé dans sa chambre. Mais un jour, grosses larmes entendues de loin. Nous accourons, et nous le trouvons assis par terre à côté du poste, le mode d'emploi à la main, nous expliquant entre deux sanglots qu'il vient de lire qu'il y a un rayon laser là-dedans, que c'est trop dangereux et qu'il est absolument hors de question qu'il garde un tel objet dans sa chambre. Impossible de le raisonner. Ok, nous installons le poste dans la cuisine (bon, je vous passe la période où du coup il ne voulait plus entrer dans la cuisine...), c'est cool, on peut écouter de la musique en cuisinant... Mais du coup, c'est comme si J. n'avait pas eu de cadeau d'anniv', on voudrait réparer ça mais là encore c'est en attente.

Notre levain a fini ses jours dans notre poubelle, suite à une erreur triste : nous conservons ce que nous éliminons lors des rafraîchis au frigo, dans un pot en verre. Mais hier, nous nous sommes trompés, nous avons mis ce surplus dans le pot contenant la crème de thon, et nous avons mélangé le levain-chef avec la cuillère thon-yaourt... On recommence tout demain. On a le temps.

Posté par couac couac à 22:50 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
samedi 2 mai 2020

DSC08619

Ca m'a semblé être un petit moment parfait : rentrer du dehors où il pleuvait, retirer ses bottes et son imper, se laver les mains, puis filer sous la couette avec un Gaston... Allumer la petite lumière.
Et ce soir, dîner en pyjama, d'une bonne soupe bien chaude, en écoutant un podcast de Maman les P'tits Bateaux (et finir le repas par un de ces petits biscuits chocolat-piment).

Posté par couac couac à 22:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]

jeudi 30 avril 2020

confinement je me réjouis

Aujourd'hui, ça m'a semblé plus simple que d'habitude d'être confinée, parce qu'il pleuvait à verse. C'est agréable, la pluie, quand on n'est pas dessous. J'aime bien ne pas allumer toutes les lumières, juste une toute petite pas loin de moi, être bien éclairée. Dessiner dans cette petite lumière chaude. Je regarde beaucoup par la fenêtre, dehors il fait tout sombre, et je me sens comme dans une grotte accueillante, là, à mon bureau. Si je regarde plutôt vers l'intérieur,vers le reste de la chambre, il fait presque noir. Alors je me sens vraiment comme dans une bulle rassurante, là, sur ma chaise, devant mon dessin. Si en plus j'écoute la radio, que ma tête peut s'évader vers ailleurs, une discussion enrichissante sur un sujet intéressant, une émission qui parle de culture, si mon corps peut être dans l'agréable de mon travail sur ma petite table et mon cerveau à Paris dans une expo, ou dans un livre qui fait réfléchir, alors j'ai tout gagné. Si au loin, de l'autre côté de l'appart', j'entends J & J discuter, jouer, bricoler, que je les entends rire, ou bien si ils ont cuisiné et que je sens l'odeur du chocolat, alors je suis la plus heureuse de la Terre. Si mon bébé tape un peu des pieds dans mon estomac, comme pour me saluer, alors je ne vois pas ce que je peux demander de plus.

Posté par couac couac à 21:40 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
mardi 28 avril 2020

La tarte à la rhubarbe était tellement bonne ! Tiède, en plus.
J'ai dit "bon, J., c'est décidé, on ouvre une pâtisserie !".
Bien sûr, J. s'est exclamé "oh ouiiii !!!".
Alors j'ai précisé "à New-York".
J. m'a répondu "bien sûr, donc il faut juste qu'on s'inscrive à un cours de pâtisserie, et qu'on perfectionne notre anglais".
Alors je lui ai dit que nous ne parlerions que français, et un anglais mal parlé avec accent français et que c'est ça qui allait être chic, et est-ce-qu'on n'était pas contents, nous, au resto italien, que le chef soit un italien qui ne parle qu'italien ?
J. a demandé avec émotion "comment on va l'appeler notre pâtisserie ?".
J'ai proposé "la pâtisserie française".
J. a dit "non, les p'tits pâtissiers de France" et il est immédiatement sorti de table pour aller créer le logo dans sa chambre.
J'ai expliqué à J. que tout serait doré et blanc dans notre boutique, et que nous aurions un coin salon de thé. Que les vitrines donnant sur la rue seraient arrondies en haut. Que tous les gâteaux seraient posés sur des présentoirs à pied en verre. Que notre boutique allait ouvrir à New-York mais que vu le luxe, on aurait pu choisir Cannes ou Nice. Que ce serait lumineux et fréquenté par les vieilles dames.
J. est sorti de sa chambre pour nous dire qu'on ouvrirait de 9h00 à midi et de 13h00 à 17h00 alors nous on lui a dit que 17h00, c'était un peu tôt, pensons aux gens qui sont invités à dîner chez des amis et qui veulent apporter un beau dessert, acheté en sortant du boulot.
J. a dit "ce qui est bien, c'est que c'est pas cher, New-York, niveau loyer".
J. a dit "on aura une carte avec plusieurs catégories".
J. a dit "on devrait bosser comme des fous".
Alors je lui ai répondu "ouais mais on serait tout le temps ensemble donc on rigolerait bien, ce serait trop coucoule, et au moins si on était stressés, on saurait pourquoi".
Et J. a dit "ouais !" et s'est mis à détailler la carte des boissons chaudes en faisant de grands ronds dans le salon, hyper concentré, pour ne rien oublier.
J. a dit "il faudrait qu'on ouvre le samedi et dimanche matin, pour les croissants".
Alors moi j'ai dit "ah non, pas de croissants dans ma pâtisserie !" (mon rêve de chic se cassait la figure avec à la place une vision de boulangerie Banette).
J. a dit "ah bon, pas de croissants ?".
J. a dit "et on fera une quiche au chocolat !".
Alors j'ai dit "beunjouw, je voudwais oune quiche ow chocolat s'eul vous play".
Et J. a dit "ouais, si on met des pépites à le place des lardons, y a moyen".
Et J. a dit "on vendra aussi des éclairs, des petits fours et une tarte au citron meringuée".
Alors J. et moi nous sommes exclamés que "ah oui, carrément, une tarte au citron meringuée !", et J. a été ravi.
Alors je lui ai dit qu'on n'allait peut-être pas vraiment ouvrir une pâtisserie à new-York.
Et J. lui a dit que par contre, lui pourrait tout à fait réaliser ce rêve un jour si ça lui chantait.
Alors j'ai dit qu'il pourrait y avoir des serviettes en tissu brodées avec son logo qu'il tenait à la main.
Et il a dit "ah oui ! Et des fleurs brodées, aussi ! Je vais les dessiner !".
Et pendant ce temps, nous, on est allés s'allonger pour un temps calme, et j'ai demandé à J. "ça ne te dirait pas, quand même ?" et on aurait dit que vraiment, ça le branchait assez moyen.

Posté par couac couac à 20:38 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
lundi 27 avril 2020

confinement à tout bout de champ

DSC08505


La journée a commencé avec une course, une marche galopante dans la rue, à 8h15, car j'avais envie de faire pipi. Ca a l'air super excitant et aventureux, mais la réalité c'est juste que c'était le jour de mon analyse sang/urine  mensuelle et que j'avais omis de demander un petit pot dans lequel faire pipi à jeun à ma sage-femme, du coup je me suis retenue jusqu'à son/ses cabinet(s).
A mon retour, J. dormait encore, et J. tournait un peu en rond, on s'est lancés dans la confection de scones, mais du coup on a  fini de petit-déjeuner à 10h30 et je me suis directement endormie pour une heure de sieste, et voyez donc la belle journée qui n'a pas démarré à 11h30 !...

Il y a des fois, quand j'étais petite, je jouais avec tout un groupe d'enfants, on était bien tous ensemble, mais tout à coup, l'un de nous devait partir. Juste un, sur tout un groupe. Et toute l'ambiance s'effondrait. Etait-ce parce que c'était cet enfant-là précisément ? Un enfant trop sympa, qui joue vachement bien ? Etait-ce parce que l'équilibre du groupe reposait sur la présence de chacun et ne pouvait se passer d'une personne ?
J'ai repensé à ça l'autre midi : J. est du genre à faire retomber le soufflé quand il prend son envol. Par exemple, on rigole en déjeunant, on se raconte des trucs, on est bien, mais tout à coup, après le chocolat et l'orange, il dit "bon, moi je vais m'allonger pour un petit temps calme !", et paf ! Ambiance fichue en l'air ! Des fois, avec J., on chouine "oh noooonnn, pas un temps caaaalme, reeeeste !...". mais il est intraitable.

Je n'ai aucune envie que nous soyons déconfinés. L'eau a l'air froide, on n'en voit pas bien le fond, elle a une drôle d'odeur, il y a des bêtes bizarres, on n'a pas pied, je préfère rester sur la plage...

Posté par couac couac à 22:18 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
dimanche 26 avril 2020

confinement, t'es content ?

157_3860


On a depuis l'été dernier un problème avec notre chauffe-eau. Tout a commencé l'avant-veille du jour où je devais accoucher (c'est aussi le jour où il a  commencé à pleuvoir dans notre salon, une superbe période), le matin, "tiens je prendrais bien une petite douche !?" et bien non parce qu'il n'y a pas d'eau chaude, ah ah !
Bref, le lendemain, je suis rentrée à la maternité, J. aussi, et Jo était gardé par des amis, alors le chauffe-eau allait attendre et même la fuite de toit.
Le lundi midi, A. est née, le mardi midi, je sors de la maternité, le mardi après-midi, je suis de retour chez moi, J & J sortent je ne sais où (faire les courses peut-être, tiens !) et moi, j'en profite pour appeler un plombier, et je tombe super bien, le mec adorable m'explique précisément ce qui cloche avec notre chauffe-eau, et ce qu'il faut faire si ça se reproduit, ce qui est sympa de sa part. Et moi je l'écoute en me disant "non mais hier j'ai accouché de mon bébé mort et là j'écoute ce type me parler de plomberie". C'est incroyable des fois la vie qui continue, comme ça, alors même qu'elle s'était arrêtée en moi et pour moi la veille.
Bref, pendant l'été, le chauffe-eau s'est re-arrêté plusieurs fois, mais j'avais tout bien écouté ce que le monsieur avait dit, et puis un jour, il s'est carrément remis à fonctionner sans arrêt. Sauf que depuis quelques jours ça lui a repris... On a bien une petite idée de ce qui provoque ça, aucune certitude, mais en attendant, presque un soir sur deux, on doit couper l'électricité pour faire la petite manip' spéciale rallumage de chauffe-eau (et un matin sur deux, on se dit "merde, pas d'eau chaude", ce qui est particulièrement galère pour la vaisselle, je trouve (oui, je pourrais faire chauffer de l'eau à la bouilloire mais vous croyez pas que j'ai pas déjà la flemme de faire la vaisselle alors si en plus il faut au préalable attendre que la bouilloire ait bouilli ?! Où va le monde ?)).
Bref, tout ça pour dire que, comme nous passons notre temps à couper le courant, il n'y a presque plus jamais l'heure sur la radio (à la place, des petites lignes qui clignotent), et ce que je voulais dire, c'est que j'aime bien, finalement, la nuit, ne pas savoir quelle heure il est. Ne pas pouvoir me dire "merde, 3h50 (mon heure d'insomnie de prédilection). Et le matin, ne pas me réveiller en me disant "ah, 6h15, c'est un peu tôt" mais juste me fier à ma sensation de satiété de sommeil.

Bref, la journée a bien commencé. Et elle a bien continué. J., J., du raccomodage et de la sieste dans le fauteuil du salon dès après le p'tit dej' en compagnie de J. qui faisait du spirographe, les boulettes de boeuf au poireau et au citron, la salade de carottes râpées aux graines grillées et au citron (où ça une envie de citron ?), la salade de pommes de terre grillées sauce gribiche, le chocolat noir, le bricolage de Biscoto bel et bien réalisé qui nous a fait rire aux éclats cet après-midi dans le couloir, tous les trois, à nous renvoyer cette voiture qui avançait grâce à un ballon de baudruche en faisant pet pet pet, bref, une journée qui avait  rêvé depuis toute petite de devenir dimanche en famille, et qui a donc fait son boulot avec coeur, motivation et passion.

Pour illustrer ce billet sans intérêt, je mets une belle photo prise par Joachim, un jour.

Posté par couac couac à 22:06 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
samedi 25 avril 2020

confi-couture

DSC08558

Aujourd'hui, j'ai cousu cette petite chemise pas repassée ! J'ai pensé à ça avant de me lever, dans mon lit. Y a-t-il meilleure motivation pour se lever qu'avoir un projet précis en tête pour la journée ? Je savais que j'avais ce bout de drap SNCF acheté chez emmaüs on ne sait même plus quand (en 2005 si ça se trouve). Il était assez grand pour y tailler une chemise pour enfant, et super doux et léger, ça m'a fait fantasmer pour cet été... J'ai fait une encolure super large pour pouvoir l'enfiler facilement, et pour avoir moins chaud. Joachim a rigolé quand je lui ai dit que je projetais de lui faire une chemise dans ce tissu, j'étais contente parce que je pensais qu'il allait refuser d'avoir un vêtement aussi blanc (alors que moi j'étais super motiv', donc). Je lui ai proposé de choisir un tissu coloré pour en mettre par petites touches et il a choisi cet atroce tissu entièrement en polyester, qu'il adore (et moi aussi en fait), des petites fleurs roses et vertes sur fond jaune. C'est une sorte de polo épouvantable que j'ai aussi acheté chez emmaüs un jour, parce que le motif et les couleurs étaient trop chouettes, et que je découpe depuis, pour décorer par-ci par-là.
Bref, j'ai loupé toutes les bordures jaunes, les finitions sont honteuses, mais ça lui va quand même comme un gant et je suis quand même fière de moi ;-) Après avoir loupé la bordure de l'encolure, j'ai cru que j'avais appris des choses et que j'allais moins louper la bordure des manches, c'est un peu mieux mais mazette pas génial quand même... En revanche, j'ai eu un coup de génie pour les dessous de bras : pour que mes arrondis soient beaux et réguliers, couper de petites encoches dans le tissu à ces endroits-là... Nickel ! Donc j'ai quand même un peu progressé.

A part ça, j'ai découvert que le temps passant, je commençais à apprécier de laver les légumes feuillus. Dans notre panier d'amap d'hier soir, on a eu des navets et des radis avec leurs fanes, et une grosse salade. J'ai lavé tout ça ce soir, finalement ce n'est pas si mal d'avoir les mains dans l'eau froide, de voir toutes ces petites poussières tourbillonner, et de sauver les limaces de la noyade. On les met dans le compost (on a repris le compost). En revanche, j'ai tué le puceron, et après j'ai un peu culpabilisé.

Le début de levain, de son côté, sent fort mauvais et fait plein de bulles. C'est bon signe.

Comment on va faire pour reprendre la vie là où on l'avait laissée ?

Posté par couac couac à 21:34 - - Commentaires [4] - Permalien [#]