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vendredi 19 septembre 2014

vie professionnelle et maternité

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Avant, j'avais du temps. Le matin, j'allais peinard bosser alimentairement, le midi je rentrais, je mangeais et puis l'après-midi, et bien je me disais qu'il fallait que je dessine, que j'avance dans mes projets, mais j'étais très méditative et je dessinais effectivement une heure, pour trois heures de rêvasserie. Ca m'allait très bien.

Un jour, j'ai réalisé que peu m'importait de gagner ma vie par l'illustration : ce qui m'intéressait, c'était de mener mes petits projets comme je l'entendais, peinarde (j'aime être peinarde). Bien sûr, j'avais envie d'être publiée, diffusée, d'avoir des jeunes lecteurs, j'avais envie de gagner éventuellement des sous comme ça (voire plein de sous) mais mon but n'était pas de gagner à tout prix des sous en dessinant, j'avais envie de m'offrir le luxe de ne participer qu'aux projets qui m'intéressaient, d'avoir le temps de réaliser mes projets à moi et pas de les faire passer après des projets qui m'auraient moyennement dit mais qui m'aurait rapporté un peu d'argent.

Parfois, je rencontrais des directeurs artistiques de maisons d'édition, enthousiastes, voire carrément excités en regardant mon travail, ce qui m'excitait aussi, et donnait des conversations animées et passionnées (je suis du genre réservée mais pas quand il s'agit de mon travail et que je suis face à un directeur artistique). Une fois, un de mes projets a failli être concrétisé, j'ai rencontré l'éditeur, deux fois, dans son bureau. Et puis finalement pas. Une directrice artistique m'a dit que mes cartes de voeux restaient toute l'année accrochées au-dessus de son bureau. Bref, rien de concret mais de quoi garder la motivation. Bon, et puis je dis "rien de concret"... je parle de l'édition. Parce qu'à côté de ça, j'ai reçu pas mal de commandes de faire-parts, j'ai décoré une caravane pour un restaurant (ce qui m'a ravie - j'en garde un souvenir grisant...).

Et puis, je suis tombée enceinte, et j'étais très sereine quant à ma possibilité de dessiner encore une fois mon bébé né. Je me disais qu'un bébé, ça faisait beaucoup de siestes et que ça me suffirait amplement pour dessiner (vu qu'on n'avait pas de place en crèche).

Et puis, Petit J. est né, et il se trouve qu'il trouve ça absolument impensable de faire sa sieste ailleurs que dans un porte-bébé, déjà que l'idée de faire une sieste, franchement, on se demande d'où ça peut bien nous venir une idée pareille (c'est bien une idée de parents tiens !) ! Et là, j'ai mis cinq mois à dessiner son faire-part de naissance (que je n'ai toujours pas fini d'envoyer d'ailleurs... hum...) alors qu'en plus, je savais à l'avance ce que je voulais dessiner ! Ce n'était que de la réalisation ! Cinq mois ! Il faut dire qu'il a eu une période où il n'acceptait de dormir que si il sentait le délicieux fumet du sein près de ses narines, du coup je dessinais  le bébé sur mes genoux, c'était acrobatique.

J'ai compris que sans crèche, ça allait être chaud de continuer le dessin.

Sauf que ! Il se trouve que juste avant d'accoucher, je ne pouvais plus dessiner non plus car assez tôt dans ma grossesse, j'ai eu mal au ventre quand j'étais assise (ce qui explique que je n'aie pas dessiné le faire-part avant la naissance), du coup j'écrivais allongée sur mon lit. Et donc, comme je n'ai aucun problème pour écrire en ayant un bébé endormi dans les bras, comme ça ne me pose pas de problème d'avoir juste trois minutes devant moi pour écrire (alors que pour dessiner, si. J'ai besoin d'un long temps pour bien réfléchir au trait que je vais faire avant de le faire) et que je peux donc le faire en mangeant mon sandwich le midi du jour où je bosse alimentairement toute la journée, et bien j'ai décidé de changer un peu de perspective et d'écrire.

Ca me contente. J'aime énormément écrire. Comme quand je dessine, je ne suis plus là où je suis mais je suis dans la scène. Mais c'est plus facile pour moi avec l'écriture. Je suis frustrée de ne plus dessiner (ou si peu). J'ai aussi peur de ne plus savoir le faire, après. Peut-être que je retrouverai le dessin avec un peu moins d'ingratitude qu'avant d'arrêter (parce que si vous saviez ce que je peux m'énerver sur ma feuille).

Par contre, ce qui a changé, c'est que maintenant, c'est devenu important pour moi que ça avance VITE. Alors qu'avant, je me laissais toute la vie, là, je n'ai pas envie que ça traîne. Je crois que c'est parce que j'ai très peu de temps pour moi, et parce que je vois le temps filer dix fois plus vite... Trouver un éditeur, gagner des sous en publiant un texte serait pour moi une fenêtre ouverte, une liberté nouvelle, un bol d'air frais. Les semaines passent tellement vite que je me sens prise dans un tourbillon, emportée dans le flux du toboggan de la piscine sans pouvoir m'accrocher à rien. J'ai un peu peur pour ma vie professionnelle depuis que je suis maman. Le fait de ne plus avoir le temps de rêvasser, de méditer, est compliqué pour moi, aussi. Paniquant.

Mes projets d'histoires restent les mêmes, même depuis Petit J.. Je ne suis pas très inspirée pour écrire des livres pour tout-petits. Lui, il aime les livres qui l'air de rien, racontent sa vie. Des choses très simples. Les pages qui l'intéressent sont celles où on change la couche du bébé, celles où il y a un bébé qui pleure, celles où il faut penser à emmener biberon et doudou, celles où il y a un chat ou un papa. Moi j'aime bien rentrer un peu plus dans les détails...

Je me dis qu'au pire, si je ne suis pas publiée par un éditeur, je m'auto-éditerai (j'ai déjà réfléchi à la question), et puis de toute façon, au pire du pire, ce ne sera pas si pire puisque j'aurai de toute façon au moins un lecteur (sauf si ce que j'écris/dessine le barbe comme pas permis, mais bon, on verra...) !



(bisous Gina Paillette !)

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jeudi 18 septembre 2014

Ok, donc j'ai lu toutes les réponses au tag du Phénix, pour l'instant on a 100% de gens qui ne portent pas de chaussettes trouées, ça sent la triche a plein nez. Et sinon, vos conjoints, elles ne sont pas trouées leurs chaussettes ? Parce que celles du mien, si... hé hé... et il en a de toutes belles pas trouées mais il est très fidèle donc il porte plus celles qui sont trouées (ah, aussi, il a la trouille d'abîmer ses chaussettes pas trouées si il les porte, hu hu). Ce sont des chaussettes d'été, aérées.

Enfin bon, ça, c'était une parenthèse. Ca ne va pas être un post long parce que j'ai une vaisselle qui m'attend, avec de la compote séchée sur des cuillères en plastoc, ma passion. En plus maintenant je suis obligée de porter des gants de vaisselle, quelle horreur ! C'est parce que j'ai de l'eczéma sur les mains et ma doctoresse elle m'a dit que c'était parce que je faisais trop le ménage sans me protéger les mains, alors je lui ai dit "hein ? mais je ne fais jamais le ménage ?" et elle m'a dit "hein ?" alors j'ai dit "enfin... pas si souvent que ça" et puis elle m'a dit "bon, vous faites la vaisselle, vous lavez des légumes ?". "Ah, ça oui !". "Bon ben voilà".

Alors je vous laisse.
Bonne soirée !

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mercredi 17 septembre 2014

15 août, 12h37

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mardi 16 septembre 2014

le tag du phénix

Aujourd'hui, je vais taper fort puisque ce matin en allant au boulot, j'ai eu une idée : j'allais inventer un tag. Dans le genre vieille blogo qui sent le savon, c'est pas mal je trouve !
Et donc, le truc de ouf, c'est que je vais tagger des gens et que je vais leur demander de tagger d'autres gens à leur tour après avoir répondu au tag sur leur blog ! Ca va être tip-top moumoute.

Alors voilà la règle du jeu du tag pour les nouvelles blogueuses qui débarquent (au cas où) : c'est simple, 'y a des questions, 'faut répondre aux questions et ensuite envoyer les questions à quelqu'un d'autre qui y répondra à son tour et les proposera à quelqu'un d'autre, etc.

Le tag !

1 - est-ce-que ça t'arrive de porter des chaussettes trouées et de te dire que tu t'en fous parce que personne n'est au courant ? Si oui, tu troues tes chaussettes plutôt au niveau du pouce ou du talon (ou ailleurs !) ?

2 - quels sont tes prénoms, les deux ou trois ? En es-tu contente ? Pourquoi tu t'appelles comme tu t'appelles ?

3 - raconte-nous un détail précis de ton rêve de vie pour le futur ?

4 - elle est comment ta culotte pref' de pref' ?

5 - qu'est-ce-que tu adores dans ta vie (à part tes amis et ta famille) ? Que voudrais-tu, au contraire, y améliorer ?

6 - que veux-tu comme cadeau pour Noël ?

7 - quel âge as-tu le sentiment d'avoir ?

8 - dans quel lieu as-tu aperçu pour la première fois la perosnne dont tu es amoureuse ?

9 - tu es plutôt thé, café ou chocolat au p'tit dej' ? (ou autre chose !)

10 - montre-nous la photo de tes dernières vacances qui te fait le plus rêver.

11 - quel blog aimerais-tu voir renaître de ses cendres ?

Il faut tagger 5 personnes + la/le propriétaire du blog qu'on aimerait voir renaître ! (au fait, j'ai mis le tag au féminin parce qu'on est surtout des femmes par ici)

Alors je tagge Milky, Ktl, Camille, Zoline et au Colibri ! Et la bloggeuse a faire renaître, Mariaba !

Et je réponds au tag, quand même...

1 - ça ne m'arrive JAMAIS parce que je trouve ça atrocement désagréable d'avoir un orteil coincé dans un trou de chaussette.

2 - Je m'appelle Elisabeth Jeanne Marcelle. Elisabeth était une amie d'enfance de ma mère. Jeanne et Marcelle sont les prénoms féminisés de mes grands-pères.

3 - Dans mon futur, j'aurai une maison en pierre  et il se trouve qu'il y aura une fenêtre dans la salle de bain. Par cette fenêtre, on pourra voir de la verdure, mais pas n'importe-quel genre de verdure : de la verdure un peu sauvage, pas domptée. Des arbres, des buissons. Par terre, dans cette salle de bain, il y aura du parquet.

4 - Elle est blanche à petites fleurs roses.

5 - ce qui me contente vachement dans ma vie, c'est d'être en recherche, de tatonner, de sentir que je n'ai pas encore trouvé mon essentiel et de pouvoir, du coup, le rêver. De penser à toutes les choses que j'ai envie d'améliorer, d'entreprendre, de réfléchir à quel environnement serait euphorisant. De tenter des trucs, d'avoir l'impression d'aligner des petits cailloux, parfois trop lentement à mon goût, mais quand même.
Ce qui y est à améliorer, c'est l'état de nos finances qui nous bloque souvent un peu...

6 - Je voudrais 52 pots de confiture, ou même 104, deux par semaine pour l'année à venir.

7 - 28 ans ! Donc ça va, vu qu'en vrai j'en ai 29. Par contre, j'ai encore l'impression d'être en 2013...

8 - à la cafet' de l'école d'art du Havre.

9 - je suis très thé ! Ou chocolat si c'est un vrai bon chocolat avec du chocolat fondu dedans !

10-
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(Kerlouan, mai 2014)

11 - Fun for meeeee !!!

Salut !

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lundi 15 septembre 2014

Bon, attention, aujourd'hui c'est du lourd puisque je vais vous parler de poils, oui oui les miens. Figurez-vous que j'ai un rendez-vous prévu chez l'esthéticienne samedi pas celui-là mais le suivant, ce qui veut dire qu'en ce moment-même, je suis poilue de chez poilue.

Or, j'ai rendez-vous demain avec un ostéopathe (pour voir si en-dehors d'une entorse à la septième côte (hum (très douloureux)) je suis sortie avec d'autres dommages de ma grossesse).

Et donc, le rapport, c'est qu'après avoir pris rendez-vous chez l'ostéo, je me suis dit "merde, je serai super poilue vu que je n'aurai pas encore eu mon rendez-vous chez l'esthéticienne".

Mais d'où-donc me vient cette idée selon laquelle je me dois d'être absolument désirable pour toutes les personnes succeptibles de me voir entièrement ou partiellement à poil ? Et d'où me vient cette croyance selon laquelle mes poils sont dégoutants, alors que si j'étais un homme j'irais à mon rendez-vous sans me poser la moindre question ?

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dimanche 14 septembre 2014

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Il y a des rituels que j'aime bien, comme par exemple le soir, quand je laisse Petit J. dans son lit et que je descends l'escalier (en croisant les doigts pour qu'il ne se mette pas à pleurer à gorge déployée) pour retrouver mon entièreté, mes bras, mon esprit, mes occupations, mon regard de veau perdu dans le vide : bon, et bien donc, le soir, quand je descends, je range tout : les cd éparpillés sur le sol, les livres sortis de l'étagère, les jouets en goguette, les cuillères qui dorment sous la table. Et la couverture, sur le dossier du fauteuil. Hop ! Après, ça semble plus grand.

Je repense à il y a un an, quand je me demandais ce que ça ferait d'être en bas juste J. l'homme et moi, alors que le bébé dormirait en haut. Aujourd'hui, je n'arrive plus à me détacher de cette idée qu'il y a l'enfant qui est là, bien là, même endormi hors de notre vue. Je ne peux pas me projeter en arrière et imaginer ce que ça faisait de n'être que deux, de pouvoir se coucher tard parce qu'on ne risquait pas d'être réveillé à 5h00, de pouvoir cuisiner un truc chiadé même à 21h00, de penser que le lendemain tout mon temps m'appartiendrait.

On n'a pas de place en crèche. Au départ, ce n'était pas un choix, je me revois enceinte, montant l'escalier en ouvrant la lettre de l'ONE m'annonçant qu'on était carrément virés de la liste d'attente tellement on était loin dessus. J'avais été partagée entre stress et joie. Puis en fait, la joie a pris toute la place : j'étais super heureuse à l'idée de passer plein plein de temps avec mon bébé, que son père aussi (le père plus stressé que moi par cette annonce), que le matin on allait pouvoir le laisser dormir au chaud dans son petit lit et non pas le sortir dans le froid de février. Tous les deux, nous aimons passer du temps avec notre bébé, l'observer, partager notre quotidien avec lui. Et à la fois, quand je compte sur les doigts d'une de mes mains le nombre de fois où j'ai été seule, complètement seule, depuis sa naissance... je suis très fatiguée. Je suis bloquée dans une situation, le plaisir, la joie, l'intérêt d'un quotidien avec mon bébé (et c'est pour ce quotidien-là que je désirais un enfant) et le désir de me retrouver (partagé par J. le grand).

En fait, la solution idéale, ce serait qu'on trouve une nounou à mi-temps (je préfèrerais qu'il teste la collectivité, les relations avec d'autres jeunes enfants, au calme, que le groupe soit très restreint, comme une fratrie), qu'il puisse y aller seulement quelques matinées par semaine, ou quelques après-midis. J'ai envie de vivre ma vie, et à la fois je n'ai pas envie de louper une micro miette de lui, tant qu'il est encore petit, tant qu'il est heureux lui aussi de nous voir beaucoup.

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samedi 13 septembre 2014

J'ai envie d'essayer de poster un billet par jour, il est tout à fait possible que dès demain je change d'avis mais on s'en fout. C'est pour la survie de la blogosphère, qui paraitrait-il serait en danger et que moi je ne l'aime pas du tout ce danger parce que la blogosphère, je l'aime.
Oui, oui oui oui OUI je l'aime, c'est la quatrième dimension, avoir des copines dont j'attends des nouvelles via le blog, impatiemment alors même que je ne les ai jamais rencontrées ou alors pas bien souvent (sauf exceptions adorées). C'est pas banal.
Alors aujourd'hui, je crie OUI aux blogs, OUI aux blogueuses (puisque le seul homme que je lisais ne poste plus depuis des années), OUI aux nouvelles par le net, OUI à l'amour ! Voilà ! Et si vous n'avez pas encore de blog, je vous encourage vivement à vous en créer un, ça fait du bien !

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vendredi 12 septembre 2014

Le linge pas plié.
La vaisselle pas faite.
Le cahier pas ouvert, la plume pas trempée dans l'encre (ou trop peu).
Le grog bu.
Le cheveu perdu.
Le kilo aussi.
Le bébé qui s'essaye aux relations.
Le bébé qui dit "maman".
Le bébé qui dit "papa".
Le bébé qui galope à quatre pattes.
La bibliothèque municipale qui devient la deuxième maison.
Lles bande-dessinées avalées.
Les purées confectionnées et jalousées.
Les compotes n'en parlont pas.
Les pâtes au pesto vite faites des parents.
La soupe du soir pour rééquilibrer.
La saucisse sèche du marché dévorée.
Le nez qui coule.
La gorge qui brûle.
Le type qui siffle "Capri c'est fini" sur le chemin du boulot.
L'amie d'enfance qui accouche et que ça me fait quelque chose...
L'envie d'aller la voir tout de suite avec l'autre amie d'enfance.
Les activités Montessori testées et approuvées (ou pas).
L'interview de Dodier à trois mètres de moi.
La future publication dans THE journal trop chouette (et la fierté qui va avec).
Le soleil photographié mais non posté.
Les vacances qui se profilent.
Les couches lavables qui fuient tout à coup.
Le bébé qui tout en pleurant m'appuie sur le bout du nez de son micro index, que je fais "muuuuuup" et qu'il rigole dans ses larmes.
Le bébé qui s'arrête de pleurer quand je mets Leonard Cohen.
Le bébé vêtu du pyjama avec gilet incorporé en faux dalmatien, de l'Aveyron.
Le bébé qui appuie de son petit index dans la joue du monsieur qui fait la file à côté de nous, qui fait semblant de ne rien remarquer.
L'hiver qui se profile.
Les feuilles des arbres qui tombent, comme juste avant mon accouchement (oui, encore lui).
Neuf mois et demi !
C'est tout ce que j'ai à raconter ici.
Je vous embrasse.

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lundi 11 août 2014

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Le rythme se fait moins cahotique, plus harmonieux. Les matins avec Papa, les aprem' avec Maman, et le week-end, tout perturbé d'être dans mes bras après 9h30. Des fois, alors, il réclame son père et alors j'ai à la fois du temps libre et les bras libres. Ce qui fait que je songe à retourner à la piscine mais je ne suis pas sûre parce que j'ai tellement de trucs à faire et j'ai très envie d'avancer.

Petit J. parle, il n'arrête pas même, une vraie pipelette. Normalement, il devrait parler français mais pour l'instant ça ressemble plus à du polonais, par exemple il dit "tadek !" ou "cot-ta" ou "dégrop' dégrop' dégrop'-da". Des fois, il fait des phrases et ce qui est absolument adorable, c'est qu'il y met le ton, même si il en invente chaque mot.

Il galope à quatre pattes et s'est trouvé plusieurs passions : les bouteilles de bière vides qui attendent d'être jetées par terre dans un coin de la cuisine, les prises de courant et fils éléctriques de lampes, baver par terre et faire des dessins en trempant son doigt dans ces petites bulles de salive.

J'aime beaucoup me balader avec lui et lui aussi aime bien se balader, visiblement. Il faut trouver un but, même juste aller s'asseoir pour goûter/pique-niquer sur une pelouse du parc, à l'ombre des platanes, et regarder les gens (et les chiens et les pigeons et les canards) passer. Veiller à ce qu'il ne mange pas trop d'herbe parce qu'elle n'est pas nickel-nickel. Des fois on fait des trucs administratifs ou des courses mais c'est moins la fête, sauf aujourd'hui où il s'est endormi au marché, et réveillé alors que je buvais un truc en bonne compagnie rencontrée par hasard. Il aime bien rencontrer des gens.

J'ai dit à mon patron et à mes collègues que j'allais chercher du travail ailleurs, c'était le premier pas. J'ai écrit ma lettre de motivation, je n'ai pas encore revu mon cv. J'ai avancé vers mon nouveau but créatif, on m'a dit "non" mais ce n'était pas grave, j'ai envoyé autre chose et envoyé le refusé ailleurs. Finalement, moi qui paniquais de ne plus avoir le temps de rien en étant devenue mère, et bien j'ai cessé de jouer au démineur et j'ai multiplié mon temps investi dans la vie qui bouge, sans m'en rendre compte, par peur de ne plus rien faire pour de bon, je crois.

Et puis il y a le baby-blues, enfin, le truc qui me collait aux bask' depuis mon accouchement et me fichait le bourdon un peu trop souvent, qui a consenti à se faire la malle. Ca ne veut pas dire que j'étais triste d'avoir eu un bébé, que j'étais déçue par mon fils, que j'étais triste tout le temps, ni même que je regrettais (mais pas du tout !), mais c'était là. C'était la nostalgie de choses possibles avant et devenues impossibles, le stress face au temps qui passe dix fois plus vite une fois qu'on a un bébé dans les bras, la fatigue sûrement, la difficulté à laisser de côté le sentiment extraordinaire que j'ai ressenti en acouchant pour revenir à la vie normale (même si accompagnée d'un super bébé tout neuf, mais normale quand même - c'est-à-dire réussir à se motiver pour lancer une machine ou nettoyer le lavabo alors qu'on a vécu un truc fou comme un accouchement pas si longtemps que ça avant). C'est fini. Aujourd'hui, ça va, ça allait aussi mais pas constamment, et moi qui suis une bonne lunatique, la maternité a rendu mes hauts plus hauts et mes bas plus bas !...

J'ai encore les larmes aux yeux quand je passe devant la maternité, mais sinon ça va. Ah, si ! J'ai aussi les larmes qui montent au boulot quand je vois des gens avec un petit bébé. Mais bon, à part ça, ça va.

Mon bébé rigole tout le temps, tout seul même, il aime tirer les cheveux, toucher les dents des gens, les miettes qui trainent, les moutons de poussière, le bolduc, le papier, lire des livres, les chats, manger, se caresser l'arrière de la tête du plat de la main, les trucs qui couinent, l'appareil-photo (il pleure parce qu'il n'a pas le droit de le mettre dans sa bouche), mon pull vert (il a finalement choisi comme doudou le pull que je me suis offert chez American Vintage (je précise la marque parce que je trouve ça luxe pour un doudou) après ma grossesse extra-utérine - j'avais besoin d'un doudou, c'est devenu le sien. Le hic, c'est que c'est un pull en angora et croyez-moi, serrer dans ses bras un pull en angora toute la nuit en plein mois d'août fait transpirer, et les poils du pull angora collent à la transpiration, bref on retrouve notre bébé tout recouvert de poils verts tous les matins). Il est ultra sympathique et charmant. C'est un super lardon.

 

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lundi 16 juin 2014

 

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Je comprends qu'il ne faut pas se définir soi-même, il ne faut pas dire "je suis comme ceci, je suis comme cela", parce qu'alors on ferme soi-même la porte de sa prison, on jette soi-même la clef par la fenêtre. Je comprends que se connaître, ça veut dire s'écouter, s'accepter, s'entendre soi-même. Et ça fait que comme le drapeau qui se meut à chaque instant, et bien on est changeant, selon des humeurs, des émotions, des sentiments, des circonstances, mais le terreau au fond de nous et bien c'est ça, nous. C'est une sensibilité, des convictions, peut-être des principes, des expériences, des goûts et des dégoûts. On se découvre en toutes circonstances. On se rencontre soi-même à chaque coin de rue. On peut réagir au plus près de nos sensations puis se dire ensuite "ah ouais, je suis comme ça moi ?" et en retirer de la fierté. Alors, on devient également responsable, parce qu'on a choisi, on peut assumer ce qu'on a dit ou fait. On est parfait pour soi, pas pour plaire aux autres.

Et là, à l'instant, mais non, pas à l'instant, puis que ça a eu largement le temps de germer, et bien je me dis qu'il va être temps de partir de Bruxelles. Il va falloir inventer autre chose.

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