couac

jeudi 23 juin 2016

Il fait chaud étouffant comme quand on veut sortir le plat du four mais qu'on n'arrive pas bien à l'attraper. Toute cette chaleur sur les mains, les avant-bras, la figure. C'est ça mais à l'échelle de la ville.
Nous sommes allés au parc faire de la balançoire, j'étais fière d'avoir pensé à la gourde d'eau. Il y avait une dame et ses enfants qui faisaient une bataille d'eau, un grand-père et sa petite fille très complices. On a passé une heure tous les sept et je me sentais bien avec eux. Cet été, c'est comme un bain qu'on partage, le parc c'est comme un jardin qu'on partage, alors on est vite intimes.
La bière sortant du frigo à notre retour, c'était aussi la belle vie.

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mercredi 22 juin 2016

Je vais essayer de reprendre les bonheurs du jour...

Aujourd'hui, il faisait grand beau, j'ai mis ma robe portefeuille ocre-jaune à fleurs dans laquelle j'ai l'impression d'être toute nue. J'ai pensé qu'elle avait une ambiance très Robert Guédiguian et que je pourrais bien la porter dans une maison de campagne encombrée, pour préparer un poulet à manger dans un jardin en polémiquant avec les autres convives (même si en vrai je ne peux pas toucher un poulet mort et pas cuit).
Je pense que la dernière fois que je l'avais portée, c'était juste après cette douche exquise prise quelques heures après mon accouchement. C'était en novembre mais je m'étais dit qu'à la maternité il ferait sûrement chaud, et je pensais que ce serait pratique d'avoir un vêtement si ajustable, et que le portefeuille serait l'ami de l'allaitement. C'était plutôt malin Cor*blin (comme dirait J. (et Petit J. aussi dit ça maintenant à force de nous l'entendre dire)). Bref, tout ça pour dire que cette robe, en plus d'avoir une bonne ambiance d'accent du sud, est porteuse de souvenirs émouvants.


Je compte bien répondre à vos messages du billet d'en-dessous, je vous tiens au courant !

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mercredi 15 juin 2016

(il y a du nouveau chez le voisin !)
Bonne soirée !

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mardi 7 juin 2016

Il y a un truc que j'ai eu plusieurs fois envie d'écrire, qui me démange. Ca n'a rien à voir avec ce blog mais comme c'est un endroit où je peux écrire en sachant que je vais être lue, je vais quand même l'écrire ici. Plusieurs fois j'ai eu envie d'en parler, mais c'est délicat, et puis je ne sais pas trop par où commencer...

Je garde mon fils. Ca veut dire qu'il ne va pas chez une nounou, il ne va pas à la crèche. Au départ ce n'était pas un choix, on voulait qu'il aille à la crèche, on l'y a inscrit dès mon deuxième mois de grossesse, mais on n'a pas eu de place et finalement, nous nous sommes rendu compte que nous étions heureux de cette situation et que nous allions non seulement nous en accomoder, mais même en profiter. Nous nous sommes organisés, J. le gardait le matin pendant que j'étais au boulot, et l'après-midi on échangeait.
Et puis on a déménagé à A., J. s'est mis à bosser à plein temps (voire plus) et moi donc à garder le Petit J. à plein temps (voire plus). Au départ, à A., j'ai souffert de cette situation, je ne m'y retrouvais pas, il y avait bien moins de choses à lui faire faire qu'à Bruxelles et j'étais à court d'idées pour lui faire voir des choses nouvelles. Ca m'a obligée à me dépasser (parce qu'il avait pris l'habitude à Bruxelles d'être tout le temps dehors à voir plein de trucs et était donc très demandeur), je me suis payé une carte IGN pour l'emmener en grandes balades, on a pris le plan de la ville offert par la mairie et on a marché dans toutes les rues, testé toutes les aires de jeux, on a été frapper à la porte d'associations, rencontré un tas de parents et d'enfants... Aujourd'hui, cette situation me convient, elle me plaît. Je suis bien avec lui, j'aime notre petite vie, même si bien sûr il y a des jours sans, je suis heureuse. J'ai trouvé du temps pour moi, et je ne me lasse pas de ce temps que nous partageons.

Garder son enfant soi-même, ça ne veut pas dire passer toute la journée à la maison, repasser du linge devant la télé allumée en fond sonore, et voir son enfant trainasser toute la journée en disant "je m'ennuie, pffff...". Pas dans mon cas en tout cas.
Bien souvent, on fait une sortie le matin et une sortie l'après-midi. Le matin, Joachim se réveille à l'heure qu'il veut, il prend tout son temps pour petit-déjeuner, et souvent il lit des livres dans le fauteuil, ou joue, pendant que je prends ma douche (que je préfère ne pas prendre pendant qu'il termine sa nuit, je gagne ainsi du temps pous bosser). Quand nous sommes tous les deux prêts, nous sortons, faire une course, marcher dans la nature, jouer à une aire de jeux, lire à la bibliothèque. Il y a le jour où il va à la gym. Nous cuisinons, aussi, beaucoup, et nous lisons beaucoup d'histoires. L'après-midi, après sa sieste, nous voyons nos copains, nous faisons absolument tous les jours une balade, quel que soit le temps qu'il fait. Il y a une maison verte à A.. Il nous arrive aussi très régulièrement d'aller nous balader à Lyon, d'aller y voir des expos.
A Bruxelles, nous avions tous les jours une activité dédiée aux petits et organisée à l'extérieur : lecture à la biblio, maison verte, baboes, séance de psychomotricité libre... Nous habitions juste à côté du parc Royal et de sa super aire de jeux arborée. C'était extra et tout ça nous a manqué à tous les trois en arrivant à A.... Je pense même que ça a été la principale difficulté de notre déménagement. Malgré le fait qu'il n'était pas gardé à l'extérieur de la maison, Joachim avait tissé des liens avec tout un tas d'adultes et d'enfants qu'il adorait retrouver. Ce n'était pas seulement les intervenantes et les participants de toutes ces structures pré-citées, c'était aussi la nana qui tenait le snack en bas de chez nous et avec qui nous discutions immanquablement en sortant de l'immeuble (et que Joachim adorait), c'était mes ex-collègues qui gagataient avec lui, des vendeurs qu'on connaissait bien, des copains...
A A., l'offre était forcément plus limitée et ça a été un peu difficile de recréer un réseau mais nous y sommes arrivés, et Joachim voit des enfants, des adultes, des gens qu'il connaît, ou pas, absolument tous les jours.

Et pas seulement la caissière du supermarché ! Il connaît le vendeur du magasin de pêche qui lui a appris les noms des différents hameçons existants, toutes les femmes qui gèrent la maison verte de A., tous les copains que nous nous sommes faits et leurs enfants, il ya  aussi le prof de gym que Joachim adore, et les enfants et autres parents présents au cours. Il y a le boucher, les gens de l'AMAP qui ne manquent jamais de nous taper la causette, les boulangers, les coiffeuses qui lui font coucou par la fenêtre quand on passe devant leur salon de coiffure, les autres randonneurs, souvent des retraités quand on marche en semaine, ravis de croiser un si jeune marcheur...
Tout ça pour dire que si mon enfant ne va pas à la crèche, ce n'est pas pour autant qu'il est isolé, seul, qu'il s'ennuie, qu'il déprime, qu'il dépressionne.

Si vous saviez, depuis deux ans et demi, le nombre de fois où on me dit le plaindre parce qu'il reste à la maison avec nous/moi... Dès que j'ai repris le travail après sa naissance en fait (il avait trois mois et c'était donc son père qui le gardait au chaud à la maison), il y avait déjà des gens pour me dire que c'était mal pour lui, qu'il allait s'ennuyer, qu'on ne saurait pas aussi bien le stimuler que des pros, qu'on faisait le mauvais choix.
Ca a perduré, c'est régulier, récurrent ces remarques. ce qui fait que je démarre au quart de tour maintenant dès qu'on discute crèche, nounou/garde parentale, même avec mes amis, c'est un sujet ultra sensible pour moi.

J'aime les enfants, je m'entends hyper bien avec mon fils et j'ai le désir profond de profiter de sa présence un maximum avant qu'il ait envie d'aller voir ailleurs si j'y suis. Nous sommes bien tous les deux (trois), nous nous entendons bien, nous partageons des centres d'intérêt et nous satisfaisons de plaisirs communs. On m'a déjà dit que c'était égoïste, que je pensais à mon plaisir avant de penser à son bien-être (mais oui on m'a dit ça !), je pense qu'il faut redescendre sur terre, que les enfanst à la crèche sont certainement très heureux mais les enfants à la maison tout autant, tant qu'on les laisse expérimenter, qu'on les sort, qu'on leur montre des trucs... Il n'y a pas UN bonheur, il y a des expériences différentes. Ce n'est pas parce qu'un enfant ne va pas à la crèche qu'il est coupé des autres enfants, ça veut juste dire qu'il ne passe pas ses journées entières avec eux... Mais moi il est aussi assez rare que je passe des journées entières avec d'autres adultes (à part J., et encore !) et pourtant je vais bien ! J'ai même besoin, souvent, d'être tranquille.
Je suis heureuse de partager ce temps avec mon fils, de lui expliquer le respect, la politesse, les détecteurs de mouvements des portails, pourquoi on ne tape pas, ce que c'est qu'un panneau solaire et à quoi ça sert une auto-école. Ca ne me pèse pas, je le fais avec plaisir et même gaieté.

En juillet, il va aller à la crèche, on s'est dit Grand J. et moi que ce serait mieux de tenter de ménager une transition avant l'école, et il se trouve qu'on a eu une place... C'est le pompon. Les gens se lâchent et tout le monde m'explique que "ah ça va lui faire du bien !"(c'est un grand timide) "ah, enfin !"(et pourtant je trie sur le volet les personnes avec qui je dicute de ça vu que c'est un sujet sensible !). !!!

Ce matin, je devais prendre rendez-vous quelque part pour lui, le lieu est dans ma rue, je décide donc de ne pas téléphoner mais de me rendre directement sur place. La dame de l'accueil me demande si il va à la crèche, je lui réponds "non. enfin... il ira en juillet !" et là, elle me dit "ah, c'est mieux !" puis face à mon air offensé, elle ajoute "oui, la crèche vous savez, c'est très important pour les petits, pour la socialisation !".

Voici quelle est la définition du mot "socialisation" sur la page internet du Larousse : "Processus par lequel l'enfant intériorise les divers éléments de la culture environnante (valeurs, normes, codes symboliques et règles de conduite) et s'intègre dans la vie sociale.".

Ce n'est pas parce que mon enfant ne va pas à la crèche qu'il ne socialise pas ! Il n'a que deux ans et demi, sa vie n'est pas faite, sa personnalité non plus. Sa vie n'est pas fichue parce qu'il a été gardé en majeur partie par ses parents. Ce n'est pas de l'emprisonnement, de la séquestration de choisir de garder son enfant soi-même. Ce n'est pas d'avoir été ou pas à la crèche qui fait des enfants épanouis ou pas.

Autant je me suis sentie très peu atteinte par les commentaires de ceux qui trouvaient ça exagéré que je l'allaite encore à douze mois, autant en commentant ce choix-là, c'est notre choix de vie qui est remis en question, et c'est notre capacité à prendre les bonnes décisions pour notre enfant qui est mise en doute et c'est extrêmement méprisant et suffisant.

Voilà, c'est tout j'avais envie de le dire ;-) (ça va mieux !)

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lundi 6 juin 2016

La nuit tombe mais il fait encore beau et chaud, la fenêtre du salon est ouverte, les oiseaux chantent encore. On a déjà besoin des petites lumières pour y voir clair, il y a encore des passants dehors mais il est suffisament tard pour que ce soit un peu plus calme qu'en journée quand même. C'est vraiment l'été.

Ce matin, à 7h30, J. s'allonge sur le lit près de moi et me chante tout doucement "le soleil vient de se lever, encore une belle journée, et il va bientôt arriver, l'ami Ricoré, il vient toujours au bon moment, mais il oublie toujours les croissants...". Là, il éclate de rire bien content de lui et ma journée commence super trop bien.

Malgré la pénibilité du rendez-vous chez la pédiatre, j'ai aimé cette petite réplique de Petit J. :
La pédiatre : "Qu'est-ce-que tu vas faire maintenant Joachim ?"
Joachim : "Rentrer à la maison !"
La pédiatre : "Ah d'accord ! Et tu vas faire quoi à la maison, tu sais ?"
Joachim : "Jouer !"
La pédiatre "Ah oui, et à quoi aimes-tu jouer ?"
Joachim (après réflexion) : "Au magasin de cigarettes électroniques !"

J'adore ces moments où je vais le chercher dans son lit parce qu'il se réveille, et qu'il laisse sa grosse joue toute molle tomber contre la mienne, ou contre mes lèvres, c'est délicieux. J'aime bien quand il met son doigt dans la Penne Rigate et qu'il me dit "c'est un bandage !". J'aime bien qu'il aime tellement mettre le couvert qu'une fois les assiettes, les verres et les couverts mis, il déplace aussi tout le reste de la cuisine sur la table à manger, le cumin, les noix, la poudre d'amandes, les fruits secs, les confitures, le miel, on ne l'arrête plus.

J'ai apprécié comme tous les jours ce moment de travail avant son réveil du matin, en compagnie de la radio. En ce moment je sais ce que je veux dessiner et j'arrive très vite au résultat escompté, c'est d'un agréable... En plus il est hyper tôt mais il fait déjà jour, c'est moins dur que cet hiver !

Et puis ce soir, une de mes copines d'A. m'a téléphoné pour savoir si je pouvais aller chercher son bébé chez la nounou à sa place demain, elle avait peur de me déranger et moi je sautais de joie !

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samedi 4 juin 2016

Aujourd'hui, j'ai eu le même bonheur du jour que dimanche dernier : pouvoir ne plus quitter un bouquin captivant. Dimanche dernier, il pleuvait comme vache qui pisse et comme on était sortis tout le samedi, nous nous sommes autorisés à ne rien faire du tout, sauf que les J. sont allés acheter du pain le matin et sont revenus avec en plus deux roses de fête des mères, rrôôô... Et donc, justement, j'avais emprunté Miss Charity de Marie-Aude Murail à la biblio, ce qui était idéal : la pluie dehors, les petites lumières dedans, deux mecs de bonne humeur et qui s'occupent l'un de l'autre (l'un qui veille sur l'autre, l'autre qui sollicite l'un), et cette ambiance bourgeoisie anglaise, cousines pas sympas, belles robes, rideaux en velours lourd, beau mec convoité par tout le monde, solitude et animalerie. J'ai pu ne pas lâcher mon bouquin de la journée.
Aujourd'hui, ça a commencé cette nuit, la veilleuse de Petit J. s'était éteinte, j'ai donc dû me lever pour la brancher et après j'étais trop éveillée pour me rendormir, je me suis donc autorisé une bonne heure de lecture en pleine nuit. C'était Wild Girl de Audren, gros coup de coeur encore ! Coup sur coup, deux super bonnes pioches, trop de bol la fille. Une histoire de jeune institutrice qui quitte l'Est des Etats-Unis pour l'Ouest, en 1867, toute seule, et bien sûr elle tombe amoureuse mais il y a la voisine crainte par tout le monde qui est une emmerdeuse malveillante, et des bandits qui tuent au pif, mais aussi la grosse chaleur, les cheveux sauvages, les saloons, les villes qui sont juste une rue au milieu de rien comme dans Lucky Luke... Une ambiance de folie, quoi, et de l'amour qui fait frissonner, et il se trouve que je suis restée aussi fleur bleue qu'à 14 ans.
Et donc, ce matin, malgré la nuit cahotique, je me susi réveillée à 7h30, convaincue que Petit J. allait se réveiller vers 7h40 (une heure de prédilection), je me suis forcée à me lever parce que si il y a un truc que je déteste, c'est de me lever en même temps que lui (les articulations encore craquantes, devoir prendre quelqu'un qui pèse 15kg dans ses bras, devoir directement parler (il est très bavard) et devoir rester debout pour faire chauffer le lait et compagnie, je trouve que c'est le truc le plus dur de la maternité). Bref, 7h40, debout ! Je petit-déjeune, aucun signe de réveil dans la chambre du bout, je vole chercher mon bouquin sur ma table de nuit, je lis, je lis, aucun signe de réveil, je me recouche avec mon livre, aucun signe de réveil. Et ce jusqu'à 9h30 ! C'était super.

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samedi 21 mai 2016

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Je peux être énervée, en colère, déprimée. Si on part se balader, au bout d'une heure dans la nature à marcher, tous mes maux se sont envolés et il ne reste que de la paix.
Aujourd'hui il a fait beau et chaud, on entendait des bêtes comme dans le sud, vous voyez ? Des cigales ? Des grillons ? Ca fait "cric cric cric" très fort. Magnifique. Il y avait des prairies et des sapins.
A midi, on a fait deux pauses à Douvres (pas la Délivrande) où les six vieux fours étaient allumés pour y cuire des tartes. On a goûté tarte à la crème et tarte à l'oignon. Pour la tarte à l'oignon, on a du attendre une bonne heure que le four soit chaud. Quand on est partis après ce laps de temps, tout le monde appelait Joachim par son prénom, il s'était fait trois amis retraités dont une dame qui n'arrêtait pas de lui dire qu'il était mignonne même si on lui disait que c'était un garçon et elle disait "ah oui j'ai cru que c'était une fille" puis elle lui redonnait du "elle" et du "mignonne". Avant de repartir marcher, un monsieur m'a ouvert la porte de sa maison puis de sa cuisine pour que je remplisse ma gourde à son robinet. On s'est dit "à bientôt" et j'avais envie d'y croire tellement ils m'ont plu. Et après, en marchant, je me disais : quel luxe d'avoir pu remplir ma gourde au milieu d'une rando, j'avais le coeur débordant de gratitude.

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jeudi 19 mai 2016

Mon bonheur du jour, c'est, entre autres, d'avoir enfin lancé ce blog d'interviews qui m'excite depuis quelques semaines.
J'ai envie d'interviewer tout le monde. Ca m'est venu en lisant les portraits des victimes des attentats parisiens et bruxellois, sur le site du Monde. Je les lisais et à chaque fois, l'idée qui me venait, c'était "Mais cette fille/ce mec était si rempli de vie et de projets !..." et puis "Je suis sûre qu'on se serait super bien entendus et on ne se rencontrera pas". Un gâchis et une injustice incommensurables.
Alors je me suis dit que c'était dommage d'avoir envie de rencontrer les gens en lisant leur portrait alors qu'il était trop tard pour les rencontrer. Je me suis dit que j'allais essayer de faire des portraits de gens vivants, pour montrer la préciosité de mon voisin de palier, de mon voisin de bus, de mon voisin de queue au supermarché.
Si vous voulez rencontrer du monde, filez chez le voisin !

Voici l'adresse du voisin : www.unvoisin.canalblog.com
Et voici l'adresse de Grand chose (pas grand chose mais en mieux) (un blog à l'initiative de Lisa et Cati): http://grandchosepasgrandchosemaisenmieux.blogspot.fr/

Bises !

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lundi 16 mai 2016

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Lyon Lyon Lyon Lyon, Lyon en large et en travers, et rien de prévu. Quelle ville...

On est si bien, là. Et moi qui répétais en arrivant ici en octobre que ce serait temporaire, comme le contrat signé par J., et je me disais comme pour me donner du courage que dans un an on serait dans un endroit autre, parce que là je me sentais perdue. Et puis longtemps, même si c'était bien, je continuais de dire qu'on partirait vite, que nos coeurs appartenaient à d'autres endroits.
Et puis un jour, quel jour ? Un jour je dis à J. "tu sais en fait je crois que je n'ai pas du tout envie de partir..." et lui qui me répond "ben moi non plus en fait...". On est si bien, là, on rencontre des gens biens, on fait des balades tellement vertes qu'on n'a pas l'impression d'être devant une charlotte à la menthe mais carrément à l'intérieur. On a une place à la garderie, le Petit J. inscrit dans l'école de quartier qui se trouve être une sorte d'idéal d'école (et pas seulement grâce aux marronniers dans la cour). On connaît déjà des gens chez qui sonner pour rigoler le temps de boire un truc frais. En plus il fait beau, chaud, on a quitté la liste d'attente de l'amap pour devenir de vrais amapiens effectifs. Et quand on en a marre de la nature, on saute dans le train et vingt minutes plus tard on est à Lyon, rien que ça.
Et ce fichu contrat qui se termine dans même pas un mois...

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lundi 25 avril 2016

M. est là, chez moi à A.. On s'est rencontrées à Rennes en 2002 dans un bar de la Rue Saint-Malo où notre amie commune C. nous présentait. M. est une fille très posée qui sait rigoler de tout, tout en prenant les choses au sérieux. Quand on raconte un truc grave à M., après, il semble moins grave. M. est anti-nunuche tout en étant sensible, ce qui est bien pour moi qui suis sensible mais aussi un peu nunuche. M. est bretonne, elle sait danser breton, faire les crêpes, elle connaît les meilleures plages autour de Saint-Malo, elle connaît les meilleures petites routes pour aller à la mer, elle est moderne, joyeuse, lumineuse, drôle et écolo - bretonne quoi.
M. était là, dans mon salon, assise dans le fauteuil, et moi j'étais assise sur la chaise de l'ordinateur et il n'y avait aucune pression, aucune séduction entre nous, aucune tentative pour plaire, aucune peur de déplaire. M. m'a connue au Havre et à Bruxelles, je l'ai connue à Paris et à Marseille, on a dormi dans le même train couchette pour Berlin, un été, on se donne très peu de nouvelles mais je la sais juste là, présente si je veux et j'espère que c'est pareil pour elle. On se suit. A un moment, les amies, à force d'être des amies, deviennent des sortes de soeurs, on continue d'avancer sur le même chemin sans se concerter pour décider de la route. Dans l'angle mort, on est toujours là l'une à côté de l'autre.
Bref, M. est venue et c'était exquis.

Vendredi soir, après deux jours d'un chaud-lourd absolu, il s'est mis à pleuvoir des trombes d'eau, au moment où on devait aller à la gare. J'ai mis mes bottes et le K-way de mon frère qui est bien étanche, et on est sorties. Il faisait nuit, c'était le dernier train pour Lyon. Il avait dix minutes de retard, sauf qu'elle n'avait que quatorze minutes pour changer de quai à Lyon, donc c'était un peu stressant. Nous sommes allées voir le chef de gare pour en discuter avec lui, il lui a demandé "c'est un train pour Paris que vous allez prendre à Lyon ?" "Non, pour Aix" "En Provence ?" "Oui".
Et je pensais qu'on était une bretonne et une normande, dans l'Ain, en train de s'inquiéter pour une correspondance pour Aix-en-Provence, et ça, ça me fait complètement fondre le coeur. C'est un des trucs que je préfère dans la vie, juste jeter un coup d'oeil en arrière pour voir où on a été mené, où on n'aurait pas imaginé atterrir et où on est pourtant.

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