couac

mercredi 27 juillet 2016

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Est-ce-que je serai une bonne petite vieille ? Est-ce-que je sentirai la lavande ou l'eau de cologne ? Est-ce-que je porterai des blouses ? Est-ce-que je porterai des chaussures de petite vieille ? Est-ce-que sous mes robes je porterai des combinaisons ? Est-ce-que chez moi ce sera propre et silencieux ? Est-ce-qu'il y aura une horloge qui fera tic-tac ? Aurai-je un canapé mou ? Donnerai-je du pain aux oiseaux ? Est-ce-que je viderai moi-même la poule avant de la cuisiner ? Est-ce-que j'irai régulièrement chez le coiffeur pour ma mise-en-plis ? Est-ce-que j'aurai une petite chaîne de lunettes pour pouvoir les laisser pendre sur ma poitrine ?
Et si les générations de vieux ne se ressemblaient pas ? Et si les petits vieux assis devant leur maison en pierre dans le Gers était une espèce amenée à disparaitre ? Et si les vieux suivants ne voulaient pas porter de bérets ?
Comment ça fera quand les vieux seront des gens en baskets Nike ? Quand Kevin sera devenu un prénom de petit vieux, porté majoritairement par des petits vieux ?

Tous ces questionnements m'ont valu un moment sans dormir l'autre nuit, et je me suis dit que j'accepterai d'être une vraie petite vieille, fidèle à mes valeurs petite vieille. Et que ce n'est pas un problème d'être une petite vieille puisque d'un point de vue petit jeune, les petits vieux ont toujours été vieux. C'est comme une espèce différente, il n'y a pas de comparaisons possibles, alors il faut assumer sa petite vieillerie. Il n'y a pas de pitié. La petite vieille qui marche pliée en deux, pense-t-on souvent à la femme pressée qu'elle a été ?

En ce moment il m'arrive un drôle de truc : je ne rencontre que des gens plus jeunes que moi (nés la même année ou l'année suivante), et à chaque fois je tombe des nues intérieurement en apprenant qu'ils sont plus jeunes que moi. Je me dis "mais non ?! Mais elle a l'air adulte !", et je comprends que moi aussi je dois avoir un air adulte maintenant, et que les 25 ans ils sont seulement dans ma tête. Au club de gym de Petit J., j'ai même rencontré des mamans qui m'ont fait penser à des mamans de personnes qui étaient dans ma classe en primaire (et qui me semblaient donc très mûres et très adultes à l'époque), et qui pourtant ont le même âge que moi !

Et je me demande si la petite vieille pliée en deux a elle aussi toujours 25 ans dans sa tête. Je suppose que oui...

Et l'autre jour au magasin, un frère et une soeur, je dirais 11 et 7 ans, étaient au milieu du passage. Je leur dis "pardon !" pour passer avec ma poussette. Le frère dit à sa soeur "pousse-toi, il y a une dame qui veut passer !". La soeur dit "mais non, c'est pas une dame !". Moi dans ma tête, je me dis "bah non, je ne suis pas une dame, je suis super jeune !". Le frère dit "bah si c'est une dame !" et la soeur lui répond "bah non, c'est une maman !".

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lundi 18 juillet 2016

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En ce moment, on écoute tous nos CD les uns après les autres, et comme je suis maniaque (sauf pour le ménage et le rangement), on n'a plus le droit de choisir, on doit les écouter dans l'ordre exact dans lequel ils se sont auto-rangés dans le meuble quand on a emménagé. Comme on en a dix fois trop et qu'on écoute toujours les mêmes, j'espérais qu'on allait se débarrasser de 80% de notre stock mais finalement, à chaque nouveau CD écouté, on se dit "eh mais c'est trop bien, pourquoi on l'écoute plus celui-là !?". On va quand même envoyer valser le deuxième CD de Nouvelle Vague qui est vachement moins bien que le premier à part la chanson Fade to grey mais on s'est dit que ça valait pas le coup de garder un CD juste pour une chanson. On a aussi décidé de virer mon double album de MC Solaar, et finalement c'est J. qui a le plus hésité quant au sort à lui réserver parce qu'en l'écoutant (l'avions-nous déjà seulement écouté ensemble ?), il a trouvé ça chouette. Mais quand on n'a pas écouté un CD depuis dix ans, je pense qu'il y a  des mesures à prendre, même douloureuses (là, ma chanson préférée).

Le CD de Nouvelle Vague ne m'évoque rien. C'est pour ça qu'il est si facile à jarter. Je ne me souviens même plus dans quelles circonstances il a été acheté. Nous avions le vague souvenir de l'avoir acheté ensemble mais sans mettre plus d'images sur le moment, l'endroit... Le premier CD de Nouvelle Vague, aussi écouté récemment (il était juste à côté de l'autre, un reste du classement alphabétique de notre cédéthèque à Bruxelles je suppose), me rappelle Rennes, ma chère amie C. qui était devenue vendeuse dans un magasin de beaux objets, et qui était si ravie de ce poste, qui prenait son rôle tellement à coeur ! Bref, elle voulait un CD pour parfaire l'ambiance du lieu, et elle m'avait emrpunté mon CD de Nouvelle Vague, qu'elle mettait en boucle tout le samedi dans le magasin, et c'est vrai que ça allait très bien au teint de l'endroit. Nous on allait la chercher cinq minutes avant la fermeture, on la trouvait toute fière derrière son comptoir, on lui achetait un truc à deux euros parce que sinon elle n'aurait rien vendu de l'après-midi et était un peu frustrée. Puis elle fermait boutique et on allait boire des Monaco parce qu'on était jeunes et que la bière toute seule, c'était encore amer pour nos papilles inexpérimentées. D'ailleurs, il faut que j'écrive un truc à propos des bars rennais, on en fréquentait plusieurs mais comme noms je me souviens de l'Artiste assoiffé (mon préféré car au moment du goûter ils servaient des biscuits ou des parts de gâteau gratos, et avec les boissons chaudes on avait un bonbon sur la soucoupe, et puis une ambiance très vivante et chaleureuse) et du Elsa Poppin (un truc du genre). Il y avait aussi le P'tit Vélo mais celui-là je n'ai jamais compris l'engouement qu'il suscitait. Les bars à Rennes, je ne sais pas si c'est un raccourci dans mon cerveau qui a imprimé à jamais "Rennes = Bretagne = Vannes = Mémé = marins bretons en cirés" mais bref, dans les bars à Rennes on se sent comme dans une cale de bateau et ça, c'est un truc idéal, parfait, confortable absolu. C'est ça qui fait que chez moi un jour, c'est sûr, j'aurai des maquettes de bateaux et des cartes accrochées au mur, et c'est pour ça que je suis en train de subtilement au fil des ans faire investir à J. dans une panoplie de fringues rayées. Dans les bars à Rennes le soir, il fait sombre et les lumières éclairent radinement, on est serrés mais tout le monde est sympa, il y a du bazar partout comme si on était chez soi, la déco semble avoir été faite par le patron et la patronne, les tables sont peintes maladroitement avec des petits dessins naïfs et colorés, il y a des journaux qui trainent et des tas de vieux trucs jaunis et un peu arrachés accrochés au mur, les hommes sont mal rasés et les femmes rigolent à gorge déployée.


MC Solaar, dans mon esprit, c'est Cergy-Pontoise, la Défense, ce genre de quartiers "nouveaux", modernes et spéciaux, des mecs en skate et sweats à capuches de quarante ans, une ambiance très banlieue que j'aime bien, et que je ressens encore en écoutant Faut que j'travaille de Princess Erika, une chanson que j'adore, très ambiancée CM2 dans mon esprit, très Cergy-Pontoise, oui. Un truc très serein, un sweat mais de bonne qualité, épais, pile à la bonne taille, gris clair.

Je suis avec J. depuis tant de temps (dix ans cette année !) que ça y est, il y a des fois où je veux raconter un truc de ma jeunesse mais je ne me rappelle plus bien mais lui peut me raconter parce qu'il était là. Un tiers de ma vie à ses côtés !

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lundi 11 juillet 2016

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Le réveil a été difficile parce qu'on n'avait pas dormi assez, mais facile parce que si on s'était couchés si tard, c'était pour regarder la finale chez nos copains d'A. qui sont si cool qu'on a l'impression de les connaître depuis toujours et d'être franchement à la bonne franquette chez eux. Ils avaient préparé des trucs d'étudiants, des rouleaux de jambon au boursin, une tarte tomate moutarde thon, et nous on avait fait deux cookies géants parce que lorsqu'on a un mini four, c'est vraiment plus rapide de ne faire que deux fournées avec un seul grand cookie dedans à chaque fois, qu'on rompt façon Christ mais qu'on ne le donne pas à ses disciples, on garde son morceau pour soi et les autres se débrouillent très bien aussi.

J. a emmené J. à la crèche, on était sûrs qu'il y retrouverait Dan la puéricultrice qui vaut le détour mais elle ne bossait que cet après-midi, alors c'était un peu un coup pour rien. Après, ils sont allés aux jeux et moi j'ai pu redessiner et re-redessiner cette femme enceinte qui mange une pâtisserie jusqu'à arriver à un résultat satisfaisant.

Pendant la sieste post-déjeuner de l'enfant, j'ai raconté à J. la crèche de mes rêves : une maison de famille du genre planchers qui grincent et petites lumières, une cheminée où on fait un feu (avec un pare-feu !) quand il pleut dehors, des tonnes de Lego pour jouer devant la flambée, un chat, et des parents invités à s'asseoir pour le goûter dans la cuisine quand ils viennent chercher leurs enfants. Je suis traumatisée par l'univers aseptisé de "notre" crèche, et je me demande pourquoi ce type d'établissemtns, comme les maisons de retraite dans lesquelles je suis entrée, aussi, se rapprochent toujours tant de l'hôpital dans l'ambiance, et s'éloignent autant de la Vie. Pourquoi il semble ne jamais y avoir du parquet ou une armoire normande dans une chambre de maison de retraite. Pourquoi il n'y a pas un salon cosy avec des tapis épais et des lampes à franfreluches dans une maison de retraite. A priori, si on est à la maison de retraite et pas à l'hôpital, si on est à la crèche et pas à l'hôpital, c'est qu'on va bien alors pourquoi ces linos, ce carrelage blanc, ces murs jaunes pâles, ces Mickey sur les vitres, ces surchaussures en sacs plastiques, ces chaises du catalogue spécial mobilier de maison de retraite. C'est un mystère pour moi. Je le dis comme je le pense, vive les microbes, vive la chaleur, vive l'ambiance feutrée, vive le vivant.

Et après la sieste, on a pu faire une balade de rêve sur les traces de la tournée 24 (la meilleure). Les deux couples de copains que nous nous sommes faits ici ont deux voitures chacun, et nous proposent de nous les prêter, alors on dit oui, on leur arrose leur jardin pendant leurs vacances et eux nous filent leurs clefs de bagnole. On a vu Evosges et Oncieu sous la pluie, le Bugey c'est vert, mais tellement vert !...

Photos prises il y a une semaine à 6h30 du mat', avant de retourner me coucher.

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jeudi 30 juin 2016

A A., il fait beau et chaud, ou des fois pas très beau mais chaud quand même. Le matin, on ne se pose pas de questions, on met des sandalettes et une robe. On sort sans pull dans le sac. On ne doit pas oublier la gourde, la crème solaire et le bob. Je pensais que ça n'existait plus, je n'ai pas ressenti ce sentiment d'été depuis des années... Quand je lis qu'ailleurs il ne fait pas beau, ça me semble inimaginable. Pourtant les gens ici se plaignent aussi du mauvais temps, alors que nous on se trouve ultra bronzés et transpirants. Quand on a emménagé ici, je trouvais que c'était le sud, ce qui faisait rire les gens à qui je le disais qui eux se sentaient dans le nord. Mais ça y est, je me trouve aussi au nord maintenant, enfin au centre plutôt. Le sud me semble être plus au sud.

J. a gardé J. cet aprem', me permettant de filer chez ma copine d'à côté avec qui je m'entends super. Ses enfants faisaient la sieste, on a discuté une heure tout bas dans le salon jusqu'à ce que l'aîné descende l'escalier. Elle a une répartie qui me fait rire, mais rire ! On rit beaucoup, elle est très drôle.
On a eu une discussion qui m'a mise en joie, elle m'expliquait qu'elle avait récemment raté un concours pour suivre une formation qui lui tenait à coeur. Je lui réponds que merde... ah mais tu vas pouvoir repasser le concours l'an prochain ?! Non, elle me dit, c'est un concours qui ne se passe qu'une fois par vie. Je ne sais pas d'où ça m'est venu mais sans réfléchir et du tac au tac, je lui réponds que bah si, sous une fausse identité ?! Elle me regarde amusée et me répond "ah ouais !... Mais non en fait... Non. Mais merci pour le tuyau, hein ! On a eu un petit fou rire.

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jeudi 23 juin 2016

Il fait chaud étouffant comme quand on veut sortir le plat du four mais qu'on n'arrive pas bien à l'attraper. Toute cette chaleur sur les mains, les avant-bras, la figure. C'est ça mais à l'échelle de la ville.
Nous sommes allés au parc faire de la balançoire, j'étais fière d'avoir pensé à la gourde d'eau. Il y avait une dame et ses enfants qui faisaient une bataille d'eau, un grand-père et sa petite fille très complices. On a passé une heure tous les sept et je me sentais bien avec eux. Cet été, c'est comme un bain qu'on partage, le parc c'est comme un jardin qu'on partage, alors on est vite intimes.
La bière sortant du frigo à notre retour, c'était aussi la belle vie.

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mercredi 22 juin 2016

Je vais essayer de reprendre les bonheurs du jour...

Aujourd'hui, il faisait grand beau, j'ai mis ma robe portefeuille ocre-jaune à fleurs dans laquelle j'ai l'impression d'être toute nue. J'ai pensé qu'elle avait une ambiance très Robert Guédiguian et que je pourrais bien la porter dans une maison de campagne encombrée, pour préparer un poulet à manger dans un jardin en polémiquant avec les autres convives (même si en vrai je ne peux pas toucher un poulet mort et pas cuit).
Je pense que la dernière fois que je l'avais portée, c'était juste après cette douche exquise prise quelques heures après mon accouchement. C'était en novembre mais je m'étais dit qu'à la maternité il ferait sûrement chaud, et je pensais que ce serait pratique d'avoir un vêtement si ajustable, et que le portefeuille serait l'ami de l'allaitement. C'était plutôt malin Cor*blin (comme dirait J. (et Petit J. aussi dit ça maintenant à force de nous l'entendre dire)). Bref, tout ça pour dire que cette robe, en plus d'avoir une bonne ambiance d'accent du sud, est porteuse de souvenirs émouvants.


Je compte bien répondre à vos messages du billet d'en-dessous, je vous tiens au courant !

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mercredi 15 juin 2016

(il y a du nouveau chez le voisin !)
Bonne soirée !

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mardi 7 juin 2016

Il y a un truc que j'ai eu plusieurs fois envie d'écrire, qui me démange. Ca n'a rien à voir avec ce blog mais comme c'est un endroit où je peux écrire en sachant que je vais être lue, je vais quand même l'écrire ici. Plusieurs fois j'ai eu envie d'en parler, mais c'est délicat, et puis je ne sais pas trop par où commencer...

Je garde mon fils. Ca veut dire qu'il ne va pas chez une nounou, il ne va pas à la crèche. Au départ ce n'était pas un choix, on voulait qu'il aille à la crèche, on l'y a inscrit dès mon deuxième mois de grossesse, mais on n'a pas eu de place et finalement, nous nous sommes rendu compte que nous étions heureux de cette situation et que nous allions non seulement nous en accomoder, mais même en profiter. Nous nous sommes organisés, J. le gardait le matin pendant que j'étais au boulot, et l'après-midi on échangeait.
Et puis on a déménagé à A., J. s'est mis à bosser à plein temps (voire plus) et moi donc à garder le Petit J. à plein temps (voire plus). Au départ, à A., j'ai souffert de cette situation, je ne m'y retrouvais pas, il y avait bien moins de choses à lui faire faire qu'à Bruxelles et j'étais à court d'idées pour lui faire voir des choses nouvelles. Ca m'a obligée à me dépasser (parce qu'il avait pris l'habitude à Bruxelles d'être tout le temps dehors à voir plein de trucs et était donc très demandeur), je me suis payé une carte IGN pour l'emmener en grandes balades, on a pris le plan de la ville offert par la mairie et on a marché dans toutes les rues, testé toutes les aires de jeux, on a été frapper à la porte d'associations, rencontré un tas de parents et d'enfants... Aujourd'hui, cette situation me convient, elle me plaît. Je suis bien avec lui, j'aime notre petite vie, même si bien sûr il y a des jours sans, je suis heureuse. J'ai trouvé du temps pour moi, et je ne me lasse pas de ce temps que nous partageons.

Garder son enfant soi-même, ça ne veut pas dire passer toute la journée à la maison, repasser du linge devant la télé allumée en fond sonore, et voir son enfant trainasser toute la journée en disant "je m'ennuie, pffff...". Pas dans mon cas en tout cas.
Bien souvent, on fait une sortie le matin et une sortie l'après-midi. Le matin, Joachim se réveille à l'heure qu'il veut, il prend tout son temps pour petit-déjeuner, et souvent il lit des livres dans le fauteuil, ou joue, pendant que je prends ma douche (que je préfère ne pas prendre pendant qu'il termine sa nuit, je gagne ainsi du temps pous bosser). Quand nous sommes tous les deux prêts, nous sortons, faire une course, marcher dans la nature, jouer à une aire de jeux, lire à la bibliothèque. Il y a le jour où il va à la gym. Nous cuisinons, aussi, beaucoup, et nous lisons beaucoup d'histoires. L'après-midi, après sa sieste, nous voyons nos copains, nous faisons absolument tous les jours une balade, quel que soit le temps qu'il fait. Il y a une maison verte à A.. Il nous arrive aussi très régulièrement d'aller nous balader à Lyon, d'aller y voir des expos.
A Bruxelles, nous avions tous les jours une activité dédiée aux petits et organisée à l'extérieur : lecture à la biblio, maison verte, baboes, séance de psychomotricité libre... Nous habitions juste à côté du parc Royal et de sa super aire de jeux arborée. C'était extra et tout ça nous a manqué à tous les trois en arrivant à A.... Je pense même que ça a été la principale difficulté de notre déménagement. Malgré le fait qu'il n'était pas gardé à l'extérieur de la maison, Joachim avait tissé des liens avec tout un tas d'adultes et d'enfants qu'il adorait retrouver. Ce n'était pas seulement les intervenantes et les participants de toutes ces structures pré-citées, c'était aussi la nana qui tenait le snack en bas de chez nous et avec qui nous discutions immanquablement en sortant de l'immeuble (et que Joachim adorait), c'était mes ex-collègues qui gagataient avec lui, des vendeurs qu'on connaissait bien, des copains...
A A., l'offre était forcément plus limitée et ça a été un peu difficile de recréer un réseau mais nous y sommes arrivés, et Joachim voit des enfants, des adultes, des gens qu'il connaît, ou pas, absolument tous les jours.

Et pas seulement la caissière du supermarché ! Il connaît le vendeur du magasin de pêche qui lui a appris les noms des différents hameçons existants, toutes les femmes qui gèrent la maison verte de A., tous les copains que nous nous sommes faits et leurs enfants, il ya  aussi le prof de gym que Joachim adore, et les enfants et autres parents présents au cours. Il y a le boucher, les gens de l'AMAP qui ne manquent jamais de nous taper la causette, les boulangers, les coiffeuses qui lui font coucou par la fenêtre quand on passe devant leur salon de coiffure, les autres randonneurs, souvent des retraités quand on marche en semaine, ravis de croiser un si jeune marcheur...
Tout ça pour dire que si mon enfant ne va pas à la crèche, ce n'est pas pour autant qu'il est isolé, seul, qu'il s'ennuie, qu'il déprime, qu'il dépressionne.

Si vous saviez, depuis deux ans et demi, le nombre de fois où on me dit le plaindre parce qu'il reste à la maison avec nous/moi... Dès que j'ai repris le travail après sa naissance en fait (il avait trois mois et c'était donc son père qui le gardait au chaud à la maison), il y avait déjà des gens pour me dire que c'était mal pour lui, qu'il allait s'ennuyer, qu'on ne saurait pas aussi bien le stimuler que des pros, qu'on faisait le mauvais choix.
Ca a perduré, c'est régulier, récurrent ces remarques. ce qui fait que je démarre au quart de tour maintenant dès qu'on discute crèche, nounou/garde parentale, même avec mes amis, c'est un sujet ultra sensible pour moi.

J'aime les enfants, je m'entends hyper bien avec mon fils et j'ai le désir profond de profiter de sa présence un maximum avant qu'il ait envie d'aller voir ailleurs si j'y suis. Nous sommes bien tous les deux (trois), nous nous entendons bien, nous partageons des centres d'intérêt et nous satisfaisons de plaisirs communs. On m'a déjà dit que c'était égoïste, que je pensais à mon plaisir avant de penser à son bien-être (mais oui on m'a dit ça !), je pense qu'il faut redescendre sur terre, que les enfanst à la crèche sont certainement très heureux mais les enfants à la maison tout autant, tant qu'on les laisse expérimenter, qu'on les sort, qu'on leur montre des trucs... Il n'y a pas UN bonheur, il y a des expériences différentes. Ce n'est pas parce qu'un enfant ne va pas à la crèche qu'il est coupé des autres enfants, ça veut juste dire qu'il ne passe pas ses journées entières avec eux... Mais moi il est aussi assez rare que je passe des journées entières avec d'autres adultes (à part J., et encore !) et pourtant je vais bien ! J'ai même besoin, souvent, d'être tranquille.
Je suis heureuse de partager ce temps avec mon fils, de lui expliquer le respect, la politesse, les détecteurs de mouvements des portails, pourquoi on ne tape pas, ce que c'est qu'un panneau solaire et à quoi ça sert une auto-école. Ca ne me pèse pas, je le fais avec plaisir et même gaieté.

En juillet, il va aller à la crèche, on s'est dit Grand J. et moi que ce serait mieux de tenter de ménager une transition avant l'école, et il se trouve qu'on a eu une place... C'est le pompon. Les gens se lâchent et tout le monde m'explique que "ah ça va lui faire du bien !"(c'est un grand timide) "ah, enfin !"(et pourtant je trie sur le volet les personnes avec qui je dicute de ça vu que c'est un sujet sensible !). !!!

Ce matin, je devais prendre rendez-vous quelque part pour lui, le lieu est dans ma rue, je décide donc de ne pas téléphoner mais de me rendre directement sur place. La dame de l'accueil me demande si il va à la crèche, je lui réponds "non. enfin... il ira en juillet !" et là, elle me dit "ah, c'est mieux !" puis face à mon air offensé, elle ajoute "oui, la crèche vous savez, c'est très important pour les petits, pour la socialisation !".

Voici quelle est la définition du mot "socialisation" sur la page internet du Larousse : "Processus par lequel l'enfant intériorise les divers éléments de la culture environnante (valeurs, normes, codes symboliques et règles de conduite) et s'intègre dans la vie sociale.".

Ce n'est pas parce que mon enfant ne va pas à la crèche qu'il ne socialise pas ! Il n'a que deux ans et demi, sa vie n'est pas faite, sa personnalité non plus. Sa vie n'est pas fichue parce qu'il a été gardé en majeur partie par ses parents. Ce n'est pas de l'emprisonnement, de la séquestration de choisir de garder son enfant soi-même. Ce n'est pas d'avoir été ou pas à la crèche qui fait des enfants épanouis ou pas.

Autant je me suis sentie très peu atteinte par les commentaires de ceux qui trouvaient ça exagéré que je l'allaite encore à douze mois, autant en commentant ce choix-là, c'est notre choix de vie qui est remis en question, et c'est notre capacité à prendre les bonnes décisions pour notre enfant qui est mise en doute et c'est extrêmement méprisant et suffisant.

Voilà, c'est tout j'avais envie de le dire ;-) (ça va mieux !)

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lundi 6 juin 2016

La nuit tombe mais il fait encore beau et chaud, la fenêtre du salon est ouverte, les oiseaux chantent encore. On a déjà besoin des petites lumières pour y voir clair, il y a encore des passants dehors mais il est suffisament tard pour que ce soit un peu plus calme qu'en journée quand même. C'est vraiment l'été.

Ce matin, à 7h30, J. s'allonge sur le lit près de moi et me chante tout doucement "le soleil vient de se lever, encore une belle journée, et il va bientôt arriver, l'ami Ricoré, il vient toujours au bon moment, mais il oublie toujours les croissants...". Là, il éclate de rire bien content de lui et ma journée commence super trop bien.

Malgré la pénibilité du rendez-vous chez la pédiatre, j'ai aimé cette petite réplique de Petit J. :
La pédiatre : "Qu'est-ce-que tu vas faire maintenant Joachim ?"
Joachim : "Rentrer à la maison !"
La pédiatre : "Ah d'accord ! Et tu vas faire quoi à la maison, tu sais ?"
Joachim : "Jouer !"
La pédiatre "Ah oui, et à quoi aimes-tu jouer ?"
Joachim (après réflexion) : "Au magasin de cigarettes électroniques !"

J'adore ces moments où je vais le chercher dans son lit parce qu'il se réveille, et qu'il laisse sa grosse joue toute molle tomber contre la mienne, ou contre mes lèvres, c'est délicieux. J'aime bien quand il met son doigt dans la Penne Rigate et qu'il me dit "c'est un bandage !". J'aime bien qu'il aime tellement mettre le couvert qu'une fois les assiettes, les verres et les couverts mis, il déplace aussi tout le reste de la cuisine sur la table à manger, le cumin, les noix, la poudre d'amandes, les fruits secs, les confitures, le miel, on ne l'arrête plus.

J'ai apprécié comme tous les jours ce moment de travail avant son réveil du matin, en compagnie de la radio. En ce moment je sais ce que je veux dessiner et j'arrive très vite au résultat escompté, c'est d'un agréable... En plus il est hyper tôt mais il fait déjà jour, c'est moins dur que cet hiver !

Et puis ce soir, une de mes copines d'A. m'a téléphoné pour savoir si je pouvais aller chercher son bébé chez la nounou à sa place demain, elle avait peur de me déranger et moi je sautais de joie !

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samedi 4 juin 2016

Aujourd'hui, j'ai eu le même bonheur du jour que dimanche dernier : pouvoir ne plus quitter un bouquin captivant. Dimanche dernier, il pleuvait comme vache qui pisse et comme on était sortis tout le samedi, nous nous sommes autorisés à ne rien faire du tout, sauf que les J. sont allés acheter du pain le matin et sont revenus avec en plus deux roses de fête des mères, rrôôô... Et donc, justement, j'avais emprunté Miss Charity de Marie-Aude Murail à la biblio, ce qui était idéal : la pluie dehors, les petites lumières dedans, deux mecs de bonne humeur et qui s'occupent l'un de l'autre (l'un qui veille sur l'autre, l'autre qui sollicite l'un), et cette ambiance bourgeoisie anglaise, cousines pas sympas, belles robes, rideaux en velours lourd, beau mec convoité par tout le monde, solitude et animalerie. J'ai pu ne pas lâcher mon bouquin de la journée.
Aujourd'hui, ça a commencé cette nuit, la veilleuse de Petit J. s'était éteinte, j'ai donc dû me lever pour la brancher et après j'étais trop éveillée pour me rendormir, je me suis donc autorisé une bonne heure de lecture en pleine nuit. C'était Wild Girl de Audren, gros coup de coeur encore ! Coup sur coup, deux super bonnes pioches, trop de bol la fille. Une histoire de jeune institutrice qui quitte l'Est des Etats-Unis pour l'Ouest, en 1867, toute seule, et bien sûr elle tombe amoureuse mais il y a la voisine crainte par tout le monde qui est une emmerdeuse malveillante, et des bandits qui tuent au pif, mais aussi la grosse chaleur, les cheveux sauvages, les saloons, les villes qui sont juste une rue au milieu de rien comme dans Lucky Luke... Une ambiance de folie, quoi, et de l'amour qui fait frissonner, et il se trouve que je suis restée aussi fleur bleue qu'à 14 ans.
Et donc, ce matin, malgré la nuit cahotique, je me susi réveillée à 7h30, convaincue que Petit J. allait se réveiller vers 7h40 (une heure de prédilection), je me suis forcée à me lever parce que si il y a un truc que je déteste, c'est de me lever en même temps que lui (les articulations encore craquantes, devoir prendre quelqu'un qui pèse 15kg dans ses bras, devoir directement parler (il est très bavard) et devoir rester debout pour faire chauffer le lait et compagnie, je trouve que c'est le truc le plus dur de la maternité). Bref, 7h40, debout ! Je petit-déjeune, aucun signe de réveil dans la chambre du bout, je vole chercher mon bouquin sur ma table de nuit, je lis, je lis, aucun signe de réveil, je me recouche avec mon livre, aucun signe de réveil. Et ce jusqu'à 9h30 ! C'était super.

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