couac

samedi 10 août 2019

Je crois que c'était pendant les vacances de Pâques, avant tout ça.
J. était à Paris ou au boulot, et moi je restais à la maison avec J..
J'étais super fatiguée, du genre à m'endormir dès que je m'asseyais. J'avais des nausées terribles, provoquées par l'idée des poireaux, des oignons et du vinaigre, du porridge et du lard. Et je passais mes journées à penser à des poireaux, des oignons, du vinaigre, du porridge ou du lard.
Je lisais un livre de Ken Follett dans les bras de mon fauteuil de salon, j'étais tellement prise par ma lecture que j'étais au Moyen-Âge et je redoutais de me faire attaquer par cet atroce type dont j'ai oublié le nom mais qui n'avait qu'une idée, piller, tuer, violer, se venger.
J. s'était déjà pris de passion pour les restaurants et installait sur notre porte d'entrée son menu. De la quiche aux lardons, du porridge, ce genre de choses...
Il fabriquait mille fiches "plat du jour" avec les prix, à accrocher dans le restaurant avant chaque repas.
Je lui donnais un classeur et des pochettes transparentes pour ranger ses fiches, ce qui l'occupait à peu près 3 heures.
Et moi je lisais, par moments il me coupait et on discutait cuisine, restaurant. On a fait ça plusieurs jours, tous les deux bien sereins.
J'avais envie de vomir, mais j'étais bien, là, entre mon livre, mon fils, mon fauteuil et mon ventre.

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lundi 5 août 2019

la blessure

Le 14 juin, j'avais mis ma robe noire avec des leggins et mes chaussures à pois. Il pleuvait et j'étais de mauvaise humeur, on devait passer chercher le pain au marché devant la gare avant d'aller à l'école, sauf qu'on était déjà en retard à l'école. J'étais en colère, sans trop savoir pourquoi, c'était ce genre de jours où on est mécontent alors que la veille ça allait et qu'on sait bien que le lendemain ça ira.

Sur le coup de 9h00, le pain était acheté, Jo déposé à l'école, finalement tout avait été, ça ne valait pas tant de mauvaise humeur. J'écoutais la radio, c'était l'heure de Boomerang. Il me semble que j'avais fini de faire la vaisselle, et qu'alors j'étais plutôt d'humeur dansante.
Et c'est là que j'ai reçu le coup de fil. Celui qui a fait basculer, trébucher, s'étaler ma vie sur le bitume. Je me souviens de mon téléphone posé sur la table, qui sonne, avec un numéro inconnu noté sur l'écran. Je me vois décrocher pleine d'enthousiasme, et aller m'asseoir, va savoir pourquoi, sur le lit de Jo. Je me souviens de l'homme qui se présente, et de son "malheureusement je vous appelle pour vous annoncer une mauvaise nouvelle". Je me souviens que j'ai tout de suite compris et qu'il a pensé que quelqu'un d'autre me l'avait déjà annoncée avant lui. Je me souviens de l'impact que ces mots ont eu sur moi avant même qu'il m'ait expliqué exactement de quoi il retournait, "malheureusement", "mauvaise nouvelle". Je me souviens de la façon dont j'ai senti mon coeur se liquéfier en moi. Je me souviens que j'ai pensé alors à la joie de Petit J. à l'idée de devenir grand frère. Je me souviens du flottement, après le coup de fil, du "mais non" répété en boucle dans ma tête. Je voulais que mon bébé aille bien. Je le souhaitais de toute mon âme.

Et puis après, comme si je tombais au ralenti, mes genoux déjà écorchés par l'annonce, c'était ma tête qui cognait par terre en allant faire l'amnioscentèse, c'était mon nez qui se brisait quand se fissurait la poche des eaux, c'était mon foie qui éclatait quand je passais la nuit à perdre du liquide amniotique allongée dans ce lit d'hôpital. C'était mes os qui se fracassaient quand je recevais ce nouveau coup de fil qui me confirmait le mauvais premier résultat. Et malgré tout ça, j'étais toujours vivante.

On mesure la gravité de ce qui nous arrive au fait que tout le monde se met à nous appeler par notre prénom. "Bonjour Elisabeth, comment allez-vous ?" me demandaient ce cardiologue, cette généticienne lyonnais, d'un air compatissant. Tout le monde se met à vous parler avec douceur. Tout le monde vous connaît, la secrétaire que vous n'avez jamais vue vous dit "ah, madame C. !" quand vous arrivez. Vous recevez des mails de sage-femmes qui vous proposent un contact avec une amie chère à leur coeur qui a vécu la même chose que vous. Votre sage-femme vous propose de passer au tutoiement et termine ses sms par "je t'embrasse".

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dimanche 4 août 2019

Mardi soir, en revenant chez moi, j'étais devenue errante. Je n'ai pas compris tout de suite ce qui m'arrivait, je passais de pièce en pièce comme si je cherchais quelque chose, sans bien savoir quoi. Je regardais dans tous les coins, j'inspectais mon bureau, je regardais dans les poubelles. Je ne m'asseyais pas, je marchais, doucement, en regardant partout. J'avais perdu quelque chose. Et puis j'ai compris que je cherchais des traces d'elle. Mais bien sûr, elle n'avait rien oublié en partant, elle n'avait pas perdu de cheveux, elle n'avait rien déplacé et rangé différemment de d'habitude.
Je cherchais des traces de ce qui avait été avant qu'elle ne soit plus là. Je voulais voir les épluchures de fruits que j'avais mangés avec elle, je voulais voir comment j'avais plié le linge avant, comme si je n'étais plus la même (je n'étais plus la même) et que je voulais voir comment faisait l'Elisabeth d'avant, pour ce genre de choses. Je buvais dans un verre lavé avant, enveloppée, rassurée, comme si c'était une maman qui l'avait lavé pour moi, donc forcément bien lavé, particulièrement bien lavé, comme je n'étais plus capable de laver.
Je pensais que l'endroit où elle était restée, l'endroit qu'elle avait bien connu, finalement, je le portais toujours sur moi. Je n'osais plus me toucher le ventre.
Je regardais par la fenêtre en me demandant ce que j'y voyais, avant. Et qu'avais-je regardé, remarqué, alors qu'elle était encore là ? Et tout me semblait bizarre, connu mais étranger, car elle n'était plus là, et que sans elle j'étais abandonnée et perdue.
Le voisin de derrière avait défriché son jardin, pour la première fois en presque 4 ans que nous habitons là, et je lui en voulais un peu d'avoir fait ça à ce moment-là, je voulais que rien ne bouge, que tout reste comme avec elle. La nouveauté était comme le paysage du train qui défile en vous séparant de plus en plus de celui que vous aimez, la nouveauté m'éloignait d'elle, c'était comme une petite trahison, comme regarder la suite du film sans elle.
Je trouvais des pêches et brugnons achetés au marché avec elle, en lui décrivant dans ma tête la beauté de l'étal.
Je re-reniflais ce petit bout de laine qui sentait elle, je re-regardais ces empreintes de ses pieds fins, je relisais les 5 mots de son bracelet de naissance. Je voulais la boire, la manger, l'ingérer, et j'avais si peu d'elle.

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samedi 3 août 2019

le coeur

Je n'avais pas imaginé le bien que ça me ferait.
C'était son idée, il voulait exactement le même coeur brodé que celui que je lui ai bricolé, à elle.
Depuis la semaine dernière, depuis qu'il l'avait vu, ce coeur, il voulait le sien.
J'avais dit oui mais je ne l'avais pas encore fait, je crois que je n'avais pas calculé la puissance de cette minuscule broderie.
J'avais brodé un minuscule coeur sur un petit morceau de tissu blanc, doublé d'un petit reste de liberty à fleurs, dans l'idée de le mettre tout contre cette minuscule petite fille. Je pensais le faire pour elle, pour l'accompagner, pour lui dire encore et encore combien je l'aimais, et pour lui tenir chaud.
Et il s'est avéré que ce coeur allait nous soigner, nous accompagner, nous tenir chaud, à nous aussi. A lui, et à moi.
Ce matin, il a pleuré, il était triste, elle lui manquait. Il nous a dit que tout ça l'énervait.
Pendant le petit-déjeuner, il a réitéré sa demande que je lui brode le même coeur que le sien, celui qu'on lui a laissé, serré entre ses mains et son coeur.
Je n'avais qu'à moitié envie, mais j'ai dit oui, et ça l'a tout de suite rendu heureux. Je voulais l'apaiser, lui faire du bien.
Alors après ma douche, nous avons ressorti ma valise de tissus, il insistait sur l'importance d'utiliser exactement les mêmes, que nous avons retrouvés tout de suite sur le dessus, puisque le sien, je l'avais brodé il y a tout juste sept jours.
Il voulait que le petit rond de tissu blanc sur lequel j'allais broder soit exactement de la même taille, et heureusement, il restait le trou rond découpé dans le tissu la semaine dernière, pour avoir la même taille et même exactement la même forme de rond un peu ovale.
Il ne restait presque plus du fil à broder rouge, mais en utilisant tous les micros morceaux qui restaient, je suis arrivée au bout du coeur.
J'ai retrouvé l'aiguille de la semaine dernière, avec un morceau de fil encore dans le chas, piquée dans le revers de ma trousse à broderie, et j'ai pensé le coeur serré que la fois où je l'avais piquée là, il y a juste sept jours, elle était encore en moi. Je lui avais parlé en brodant, assise dans le fauteuil, pendant que mes J faisaient les courses.
Pendant que je brodais aujourd'hui, J s'inquiétait de savoir si je faisais bien parfaitement, exactement, tout à fait, comme pour elle. Oui, oui, le même fil, le même coeur, le même rond, les mêmes tissus.
Nous avons parlé du manque d'elle, de la chance qu'elle a eu d'avoir un si chouette grand frère, pendant sa si courte vie. Nous avons parlé du fait qu'ils étaient un peu reliés par leurs coeurs brodés, maintenant. Nous avons parlé des guilis qu'il lui faisait, à travers la peau de mon ventre. Nous avons parlé de pourquoi c'était important pour moi qu'elle soit incinérée avec son petit coeur brodé tout contre elle.
Et puis je lui ai expliqué comment nous avions choisi le prénom de cette si petite soeur, un prénom qui signifiait quelque chose pour nous et qui, je le sais, a signifié aussi quelque chose pour lui, ce matin, après mon explication. Ce n'était pas juste un prénom très très beau, c'était aussi un prénom qui parlait de confiture d'abricot et du moelleux du ventre de la mère.
Après ça, il était tout mou, tout souriant, calmé.
Ca lui a fait du bien, et c'était bien pour ça que j'avais accepté, ce matin, après le petit-déjeuner, de lui faire le même petit coeur brodé.
Mais je n'avais pas vu venir la paix qui m'a envahie moi aussi.

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dimanche 31 mars 2019

Bon, allez, je me lance. Ça fait deux mois que je n'ai plus écrit ici, et  c'est à cause de la catégorie suivante, la fameuse "à l'école", qui m'a complètement bloquée... Aujourd'hui, ce n'est plus moi l'écolière (contrairement à l'époque où j'ai créé ce blog), et l'école publique française, c'est un sujet qui m'occupe beaucoup l'esprit...
Instit', j'ai l'impression que c'est un des métiers les plus passionnants qui existe, un métier qui permet de partager de l'enthousiasme, des idées, qui permet certainement de changer un peu le monde... J'ai l'impression que c'est aussi un métier ultra difficile, réussir à se faire entendre par trente personnes, réussir à partager des idées, à se faire comprendre, rester calme, bosser énormément, ne pas avoir beaucoup de reconnaissance, être juste, continuer de prendre soin de soi en prenant soin des autres, se remettre tout le temps en question...

Je trouve que ce n'est pas facile non plus d'être parent d'élève. Parce que je ne partage pas toujours les convictions éducatives des instits de mon fils, et que bien sûr c'est tout à fait normal (après tout, c'est logique qu'il y ait autant de façon de penser l'éducation que de gens sur Terre) mais pas toujours facile à avaler... Parce que j'ai tellement entendu d'instit' dire que le plus compliqué dans leur métier, ce sont les parents d'élèves, et que je trouve ça infiniment compliqué d'être les parents reloux (oui, c'est comme chou, genou hibou caillou), de remettre en question quelqu'un d'autre (d'autant plus dans sa spécialité), de se mêler de ce qui se passe dans la classe alors qu'on n'y est pas et qu'on n'a pas forcément envie d'être un parasite casse-pieds qui intervient alors qu'on ne l'a pas sonné... Et qu'en même temps, on a envie de protéger son enfant, de ne pas le voir développer certains traits de caractère encouragés (genre la compétitivité), qu'il soit bien à l'école et qu'il ne soit pas angoissé d'y aller, qu'on ne cherche pas à le faire devenir autre que ce qu'il est (qu'on respecte sa timidité, par exemple)...

Bref, la thématique "à l'école", ça me travaille tellement le coeur que je n'ai pas assez de recul pour y participer. Mais si vous, vous voulez me parler d'école, allez-y, j'adore !

On peut aussi aller visiter le blog de Bliss Cocotte, elle fait des supers billets d'instits qui font visiter leur classe !

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lundi 21 janvier 2019

 

Cette chanson me met dans un état pas possible. Elle me bouleverse, me donne envie de danser et m'apaise complètement en même temps.
Il y a une ambiance de sérénité, de paix, on se croirait dans une bulle, un peu comme quand on a les oreilles bouchées et qu'on entend les sons un peu lointains et qu'on se sent  à l'écart du monde même si on est en plein milieu.
Avec cette chanson, j'ai l'impression d'être assise en-dessous de la pyramide du Louvre et de regarder les gens passer, un condensé du monde, des gens de toutes les couleurs, avec toutes les tenues possibles, des américains en short et des japonais super design. On vient de voir la Joconde, on voit tous ces gens passer qu'on ne recroisera plus jamais ou peut-être que si mais on ne s'en rendra pas compte, alors on sent bien qu'on est rien du tout, et que ce n'est vraiment rien, la vie, qu'il ne faut pas en faire toute une tartine, juste profiter d'être là, là.
Sous la pyramide du Louvre, on se fond dans la foule, les gens sont tellement différents, et c'est tellement curieux de se dire qu'on doit soi-même être exotique pour d'autres. Le mieux, dans les musées, c'est de regarder la diversité humaine.

Cette chanson me fait le même effet. Un effet de joie pure, de cri du coeur, de chair de poule de bonheur.

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mardi 15 janvier 2019

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J'ai trouvé des contraintes : écrire au moins une fois par semaine ici, et à chaque fois écrire quelque chose pour la catégorie suivante. On va voir si je tiens la route... Pour l'instant, même juste pour écrire ça, j'ai dû reprendre dix fois ma phrase, un peu comme quand on est parti en vacances à l'étranger et qu'on n'arrive plus à parler français en revenant. J'essaye de ne pas me mettre la pression, j'écris comme ça vient et on verra...

La première catégorie, c'est "à consulter quand rien ne va plus", j'en déduis que je dois écrire une lettre encourageante à une possible future Elisabeth déprimée (mais je te souhaite que ça n'arrive plus jamais et que tu sois heureuse tous les jours, chère Elisabeth (il paraît qu'il faut être gentille avec soi-même)).

Alors voilà, ce que j'ai à dire à quelqu'un qui déprime, c'est que c'est un immense coup de bol d'exister, et juste se réjouir du soleil qui tape sur le sol du salon, déguster un carré de chocolat ou lire une bande-dessinée, je trouve que ça suffit à avoir réussi sa vie. Combien de spermatozoïdes qui se sont vu claquer la porte au nez de l'ovule ? Combien d'ovules dédaignés ? On a vraiment de la chance que l'ovule avec un bout de nous ait rencontré le spermatozoïde avec l'autre bout de nous, mais vraiment, c'est vertigineux. Comparé à tous ces ovules et spermatozoïdes qui n'ont pas eu de bol, rien que le fait d'avoir respiré une bouffée d'air à la naissance, d'avoir eu la chance de manger une glace avec un vrai cornet en gaufrette, d'avoir joui du ciel bleu d'été, d'avoir entendu voler les insectes et chanter les oiseaux, d'avoir entendu Camélia Jordana et un heureux choeur chanter Ederlezi dans une église, ben juste ça, ça justifie d'avoir vécu, comparé à tous ceux qui n'ont pas existé et n'ont rien vécu de tout ça. Donc, franchement, ne fais rien, chère Elisabeth déprimée, ouvre la fenêtre, hume l'air, regarde la lune, relis un Jérôme K. Jérôme Bloche, et ce sera déjà bien suffisant. Le fait même d'être en vie est une réussite, et tout ce qu'on fait, c'est en plus.

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vendredi 11 janvier 2019

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Je ne sais pas exactement quoi dire, mais je sens qu'il faut que je réécrive pour me muscler l'écriture.
Pour commencer, je vous souhaite un bon week-end (ben quoi, c'est de l'écriture !).
Je vais tenter de me fixer une espèce d'exercice quotidien, je ne sais pas lequel, peut-être raconter un bonheur, comme je l'ai fait à un moment ? Vous avez d'autres idées ?

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mercredi 14 novembre 2018

Attention au départ

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Cette année, j'ai écrit un livre. Il était déjà commencé avant, mais c'est à la fin de l'année dernière que deux éditrices m'ont dit "banco". Alors des habitudes se sont mises en place, un peu déjà prises à l'avance heureusement. Il y avait du boulot, et j'avais sept mois devant moi. Je me disais "ça va le faire" mais je sentais bien qu'il n'y avait pas trop moyen de procrastiner non plus... J'avais envie de le faire bien, et j'avais plein d'idées et la trouille que le résultat ne soit pas à la hauteur. Alors au début, ça a été dur de m'y mettre (à cause de la peur)... Et puis une fois les rituels précisés (allumage de la radio, vaisselle, nettoyage de la table à manger, lits, aération de la maison, lançage de machine à laver, asseyage à mon bureau), j'ai adoré...
Ah quel plaisir d'être assise à mon bureau, à dessiner des gens sympathiques (ou pas d'ailleurs), à faire des petits motifs, à rêvasser en regardant par la fenêtre, tout en écoutant France Inter... J'en ai écouté des Grand Bien Vous Fasse pas toujours passionnants, mais contente d'être accompagnée par des gens qui me racontaient des trucs... Je suis devenue professionnelle du diabète de type 2, du cinéma, de la cuisson des pâtes et de l'intelligence artificelle (des sujets très abordés sur France Inter). Des fois, j'ai écouté des trucs vraiment super intéressants en coloriant tel endroit précisément, ou en dessinant tel truc super dur à dessiner, et je me demandais si j'allais me souvenir, après, en regardant mon livre fini, que j'avais entendu telle émission en faisant tel dessin.
Voilà, en 2018, il s'est passé des choses terribles, et heureusement, l'une d'elle, c'était que j'allais publier ce livre.
Il est sorti vendredi, sa maison d'édition, c'est la géniale Biscoto. On peut l'acheter dans des librairies normales, on peut le commander et on peut se le faire dédicacer ce week-end au festival BD Colomiers, ou au salon du livre de Montreuil ou même au festival d'Angoulême l'an prochain !
Si vous venez me claquer la bise, le dessin sera un peu tremblé (car je suis émotive tendance timide avec option arrêt de respiration, donc ceci explique cela), mais vous êtes les bienvenus !

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lundi 5 novembre 2018

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A la montagne,  deux trucs qui me plaisent beaucoup.

D'abord, les gens ne mettent pas de haie autour de leur chalet, ni de barrière. Les maisons sont comme posées au milieu des prairies et pelouses, on ne sait pas où s'arrête le terrain de chacun. Ca donne une impression d'espace infini.

Ensuite, quand on est sur le flanc d'une montagne, on voit toutes les maisons sur le flanc de la montagne en face. Elles ne sont pas cachées les unes derrière les autres comme les maisons posées sur une simple campagne toute plate. Elles sont comme posées sur un drap sous lequel s'engouffrerait un courant d'air, alors on voit tout. On est comme face à un livre d'images dans lequel il y aurait plein de trucs à regarder.

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