couac

lundi 11 août 2014

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Le rythme se fait moins cahotique, plus harmonieux. Les matins avec Papa, les aprem' avec Maman, et le week-end, tout perturbé d'être dans mes bras après 9h30. Des fois, alors, il réclame son père et alors j'ai à la fois du temps libre et les bras libres. Ce qui fait que je songe à retourner à la piscine mais je ne suis pas sûre parce que j'ai tellement de trucs à faire et j'ai très envie d'avancer.

Petit J. parle, il n'arrête pas même, une vraie pipelette. Normalement, il devrait parler français mais pour l'instant ça ressemble plus à du polonais, par exemple il dit "tadek !" ou "cot-ta" ou "dégrop' dégrop' dégrop'-da". Des fois, il fait des phrases et ce qui est absolument adorable, c'est qu'il y met le ton, même si il en invente chaque mot.

Il galope à quatre pattes et s'est trouvé plusieurs passions : les bouteilles de bière vides qui attendent d'être jetées par terre dans un coin de la cuisine, les prises de courant et fils éléctriques de lampes, baver par terre et faire des dessins en trempant son doigt dans ces petites bulles de salive.

J'aime beaucoup me balader avec lui et lui aussi aime bien se balader, visiblement. Il faut trouver un but, même juste aller s'asseoir pour goûter/pique-niquer sur une pelouse du parc, à l'ombre des platanes, et regarder les gens (et les chiens et les pigeons et les canards) passer. Veiller à ce qu'il ne mange pas trop d'herbe parce qu'elle n'est pas nickel-nickel. Des fois on fait des trucs administratifs ou des courses mais c'est moins la fête, sauf aujourd'hui où il s'est endormi au marché, et réveillé alors que je buvais un truc en bonne compagnie rencontrée par hasard. Il aime bien rencontrer des gens.

J'ai dit à mon patron et à mes collègues que j'allais chercher du travail ailleurs, c'était le premier pas. J'ai écrit ma lettre de motivation, je n'ai pas encore revu mon cv. J'ai avancé vers mon nouveau but créatif, on m'a dit "non" mais ce n'était pas grave, j'ai envoyé autre chose et envoyé le refusé ailleurs. Finalement, moi qui paniquais de ne plus avoir le temps de rien en étant devenue mère, et bien j'ai cessé de jouer au démineur et j'ai multiplié mon temps investi dans la vie qui bouge, sans m'en rendre compte, par peur de ne plus rien faire pour de bon, je crois.

Et puis il y a le baby-blues, enfin, le truc qui me collait aux bask' depuis mon accouchement et me fichait le bourdon un peu trop souvent, qui a consenti à se faire la malle. Ca ne veut pas dire que j'étais triste d'avoir eu un bébé, que j'étais déçue par mon fils, que j'étais triste tout le temps, ni même que je regrettais (mais pas du tout !), mais c'était là. C'était la nostalgie de choses possibles avant et devenues impossibles, le stress face au temps qui passe dix fois plus vite une fois qu'on a un bébé dans les bras, la fatigue sûrement, la difficulté à laisser de côté le sentiment extraordinaire que j'ai ressenti en acouchant pour revenir à la vie normale (même si accompagnée d'un super bébé tout neuf, mais normale quand même - c'est-à-dire réussir à se motiver pour lancer une machine ou nettoyer le lavabo alors qu'on a vécu un truc fou comme un accouchement pas si longtemps que ça avant). C'est fini. Aujourd'hui, ça va, ça allait aussi mais pas constamment, et moi qui suis une bonne lunatique, la maternité a rendu mes hauts plus hauts et mes bas plus bas !...

J'ai encore les larmes aux yeux quand je passe devant la maternité, mais sinon ça va. Ah, si ! J'ai aussi les larmes qui montent au boulot quand je vois des gens avec un petit bébé. Mais bon, à part ça, ça va.

Mon bébé rigole tout le temps, tout seul même, il aime tirer les cheveux, toucher les dents des gens, les miettes qui trainent, les moutons de poussière, le bolduc, le papier, lire des livres, les chats, manger, se caresser l'arrière de la tête du plat de la main, les trucs qui couinent, l'appareil-photo (il pleure parce qu'il n'a pas le droit de le mettre dans sa bouche), mon pull vert (il a finalement choisi comme doudou le pull que je me suis offert chez American Vintage (je précise la marque parce que je trouve ça luxe pour un doudou) après ma grossesse extra-utérine - j'avais besoin d'un doudou, c'est devenu le sien. Le hic, c'est que c'est un pull en angora et croyez-moi, serrer dans ses bras un pull en angora toute la nuit en plein mois d'août fait transpirer, et les poils du pull angora collent à la transpiration, bref on retrouve notre bébé tout recouvert de poils verts tous les matins). Il est ultra sympathique et charmant. C'est un super lardon.

 

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lundi 16 juin 2014

 

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Je comprends qu'il ne faut pas se définir soi-même, il ne faut pas dire "je suis comme ceci, je suis comme cela", parce qu'alors on ferme soi-même la porte de sa prison, on jette soi-même la clef par la fenêtre. Je comprends que se connaître, ça veut dire s'écouter, s'accepter, s'entendre soi-même. Et ça fait que comme le drapeau qui se meut à chaque instant, et bien on est changeant, selon des humeurs, des émotions, des sentiments, des circonstances, mais le terreau au fond de nous et bien c'est ça, nous. C'est une sensibilité, des convictions, peut-être des principes, des expériences, des goûts et des dégoûts. On se découvre en toutes circonstances. On se rencontre soi-même à chaque coin de rue. On peut réagir au plus près de nos sensations puis se dire ensuite "ah ouais, je suis comme ça moi ?" et en retirer de la fierté. Alors, on devient également responsable, parce qu'on a choisi, on peut assumer ce qu'on a dit ou fait. On est parfait pour soi, pas pour plaire aux autres.

Et là, à l'instant, mais non, pas à l'instant, puis que ça a eu largement le temps de germer, et bien je me dis qu'il va être temps de partir de Bruxelles. Il va falloir inventer autre chose.

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samedi 14 juin 2014

A l'occasion de la vie avec mon bébé, j'ai des souvenirs, des sensations enfouis qui me reviennent. Par exemple, tout à coup, je me suis souvenue combien le lit de mes parents était dix fois plus confortable que le mien : draps plus doux, plus d'espace, bonne odeur... contre draps rêches et froids qui sentent bêtement moi.

Et surtout, surtout : un souvenir hyper vieux, mais genre vraiment, vraiment hyper vieux : genre j'ai deux ans dedans : juste un souvenir de chez la copine de ma mère, Françoise, qui avait une fille à peine plus jeune que moi (mais que j'aimais beaucoup, c'était un bébé (alors que moi non bien sûr) et j'adorais les bébés). Dans la chambre de ce bébé, pour faire rideau, il y avait un morceau de tissu accroché au-dessus du vélux, et retenu dans le bas de la fenêtre par une barre. C'est dur à expliquer. Le tissu tombait bombé. Je trouvais ça magnifique.

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mercredi 11 juin 2014

Je ne sais plus trop comment bloguer. J'y ai réfléchi pendant mes vacances, j'ai eu l'idée de faire de petits reportages sur des choses et ça m'a semblé super, ça m'a carrément enthousiasmée, et puis au moment de m'y mettre, je me suis dit "bon, je parle de quoi ?" et rien n'est venu.
Je ne sais plus trop quoi raconter, peut-être parce que je suis une méditative qui n'a plus vraiment le temps de méditer. J'ai pensé mettre juste des images, mais comme je ne photographie que mon bébé et mon copain, ça craint.

Je n'ai pas tellement envie d'abandonner, je me dis même des fois "allez, j'écris tous les jours, chaque jour sa pensée du jour". C'est peut-être ça la meilleure idée. Ca plaît à ma face protocolaire ultra développée. Des protocoles, j'en ai mille qui m'enthousiasment, je suis rigide là-dessus : changer les torchons tous les mercredis et dimanches, changer les serviettes de table tous les dimanches, changer les draps tous les premiers du mois, les taies d'oreiller tous les dimanches, les serviettes de toilette et tapis de bain tous les dimanches, de soutien-gorge tous les dimanches, de chemise de nuit tous les dimanches, de culotte tous les matins (ah ah), ne jamais choisir les assiettes que je pose sur la table, prendre les premières de la pile même si ce sont les plus moches, ne jamais choisir le linge que je lave, je prends ce qui est sur le dessus de la pile et tant pis si le tee-shirt que j'ai très envie de mettre est trop en-dessous pour rentrer dans la machine (dit comme ça ça semble effrayant mais rassurez-vous, je suis plus heureuse sans mon tee-shirt et en ayant respecté le protocole qu'avec mon tee-shirt en ayant triché (vous êtes rassurés ?))... bon, c'est du protocole ou de la maniaquerie ?

Du coup, ça y est, ça ressemble à une pensée du soir alors que ce n'est même pas vraiment ça que je venais écrire ici.

Peut-être que c blog, c'est tout ça et plein d'autres choses, tout ce qui me passe par la tête en fait. Ca m'arrive de me demander pourquoi je le fais mais je pense vite à autre chose, j'ai un peu honte de prendre à ce point plaisir à raconter ma vie comme ça. C'est le journal intime que je n'ai jamais réussi à écrire ? Et bien non même pas, parce qu'en fait, il y a milel choses qui composent mon quotidien et que je ne raconte pas ici, parce que je les trouve trop intimes. Je suis contente de ressentir que j'ai des barrières.

J'aime écrire ici, et puis des fois, ça m'aide de relire un peu. Je vois que j'évolue sur certains points. Et pusi même si je ne vous connais pas, vous, les lecteurs, je ressens de l'amitié pour vous, finalement vous vous dévoilez un peu parfois, en commentant. En septembre, quand je vous avais demandé qui vous étiez, j'avais été surprise de voir que vous étiez vachjement musiciens, profs de musique, directrice de conservatoire. Vous le savez que j'ai un cd de Pascal Obispo (que je n'écoute plus depuis longtemps, mais quand même, je n'arrive même pas à m'en débarasser, ça m'émeut de relire les titres à l'arrière du boitier, de me rappeler les airs, ça fait revenir ma 5ème, les samedis soirs où on regardait Arthur à la télé en famille, avec Billy Paul qui venait chanter à la fin, et comment j'aimais trop regarder longuement par la fenêtre de la voiture quand on allait en virée à Paris et que mon père prenait son pied en conduisant de façon sportive dans les rues de la capitale) ?

(Ca me fait penser : l'autre jour, je pensais aux parents de Vanessa Paradis, qu'on nous présente toujours comme des gens simplissimes habitant un pavillon de banlieue au crépi jauni : quand même, ils ont eu chez Johnny Depp pour Noël ! Et avant ça, Lenny Kravitz ! Bon, Florent Pagny, j'espère que les huitres n'étaient pas fraiches... Et maintenant, Benjmin Biolay ! Ca fout la pression quant aux cadeaux à choisir quand même.)

Bref, je voulais juste dire que ça me manque de ne plus écrire ici même si souvent j'ai envie mais je ne sais pas quoi dire. Et vous me manquez aussi. J'ai toujours cette image de petites fenêtres allumées un peu partout, chaleureuses.

Je vous quitte sur une photo de la plage de Kerlouan, idéale. Je vous embrasse !

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lundi 19 mai 2014

Aujourd'hui, j'ai vu un canard regarder un robinet dans les yeux et je me suis demandé si il croyait que c'était l'un des siens.

Je voudrais bien voter aux élections européennes, le truc c'est que j'ai l'impression qu'on n'en parle nulle part et je ne sais pas du tout qui quoi comment.

Il y a six mois, j'étais en train de contracter assise au bord d'un lit.

Je n'ai plus le temps de grand chose, à part peut-être lire tous les romans gardés derrière le comptoir, au boulot, avec ma collègue. Ce sont les livres les plus demandés par les écoles, on a décidé de tous les lire pour pouvoir les conseiller ou les déconseiller. J'ai adoré Les enfants de Noé de Jean Joubert, La Sixième de Susie Morgenstern et d'autres encore. Je les lis en allaitant mais petit J. commence à se rebeller et à m'enlever le livre des mains pour que plutôt, je le regarde dans les yeux pendant tout le temps de la tétée (c'est une qualité l'exigence, non ?).

Si vous habitez Caen ou même le Calvados, que vous aimez coudre et que vous aimeriez bien pouvoir aller trainer/farfouiller dans une mercerie moderne, sachez que c'est en projet, je connais une fille qui a le même rêve que vous ! Elle aurait besoin que vous remplissiez ce (très petit) questionnaire ! Merci pour elle !

On va partir en vacances à la mer. Mais on a prévu, J. le grand et moi-même, d'emmener du travail. J'emmène aussi mon maillot même si j'y crois moyen (à la baignade).

Il y a une tache de vomi de poireaux sur mon lit.

On regardait les gîtes avec J. le grand, sur internet, il m'en montre un et moi je dis "oh non, y a des géraniums" et il me dit "nan mais c'est rien les géraniums, on les mettra dans le garage" ce qui nous a vallu un fou rire à rebondissements (c'est-à-dire qu'à chaque fois qu'on évoque cet échange, on se marre).

On a fait une recette de rôti de porc lardé (du livre Cochon & Fils), nan mais ça va pas d'inventer des recettes aussi bonnes !

J'ai un nouveau plan de carrière. Me reste plus qu'à trouver le temps, ha ha !

J'ai aussi une bonne résolution : prendre plus soin de mes amitiés, mes amies me manquent beaucoup... Mais il se trouve que, pas très adepte du téléphone au départ, et bien je déteste téléphoner avec le bébé dans les bras, du coup il faudrait que j'écrive mais je n'ai pas souvent le courage, le soir, je suis une vieille chaussette ramollie qui sent fort...

L'autre fois, J. le petit m'a fit un bisou-prout avec la bouche remplie de purée de brocolis, c'était ravissant.

Est-ce-que tout cela mérite réellement d'être noté ?

Gros bisous !

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vendredi 28 mars 2014

Quand il est fatigué, Petit J. se frotte les yeux de ses poings et ça fait un bruit : le bruit normal, en fait, de la peau frottée contre la peau. Mais venant de lui, ça m'émeut. Ca me fait prendre conscience de son individualité, de son existence réelle. C'est là que je comprends qu'un jour il aura des dents, des cheveux, une voix bien à lui, des idées, des projets. Et tout ça né d'un simple spermatozoïde et d'un ovule. Ma partie, l'ovule, aurait été la même si  Petit J. avait été conçu la veille ou le lendemain : exactement le même ovule. Par contre, le spermatozoïde, c'est fou, si ça se trouve est arrivé un millième de seconde seulement avant un autre, qui aurait rendu Petit J. tout à fait différent de ce qu'il est effectivement.

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jeudi 27 mars 2014

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La vie continue, avec moins de temps et des bras plus musclés.
Présentement, le bébé est réveillé dans la chambre et s'amuse des multiples sons qui sortent de son gosier. Nous attendons qu'il se rendorme avant de monter nous coucher, histoire qu'il ne se dise pas qu'il serait mieux dans nos bras en nous devinant dans la pénombre.
Je suis mélancolique le soir, et ce soir, alors que je le disais à J. le Grand, il m'a répondu "tu crois qu'il vaut mieux être mélancolique ou avoir la collique ?" et ça nous a fait rire bêtement.
Il pleure.


(en photo, le gilet rose couille acheté dans un vide-grenier bourguignon il y a presque un an...)

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jeudi 27 février 2014

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Et trois mois. Et tout a changé.
Au début, il faisait sombre, il pleuvait, le jour se couchait à 15h30, on se couchait à 2h30, je me levais à 12h30, le bébé pleurait, on ne savait pas pourquoi, je l'aimais tant que j'avais peur de lui, j'étais sonnée de ce qui m'était tombé dessus, j'étais estomaquée, j'avais les bras coupés, j'avais peur (peur de le nourrir, peur de sortir, peur qu'il soit affamé, peur qu'il ne s'arrête plus jamais de téter, peur de voir ma vie filer aussi vite que les heures, peur de voir que les heures filant, son minuscule âge filait aussi, peur de me rendre compte que chaque jour il avait un jour de plus alors que je comptais son âge en jour et que du coup il me semblait vieillir très vite), j'avais le vertige, j'étais perdue, j'étais nostalgique (nostalgique de la liberté d'avant (le vendredi soir : "tiens, on se fait un cinoche ?", le vendredi nuit "tiens, on se fabrique une pizz' ?, le mardi à 22h30 "tiens, on allume la téloche ?", le mercredi à 8h30 "tiens, si je lisais un blog ?"), nostalgique de la grossesse).

Des fois encore, je m'assieds dans mon fauteuil et je regarde tout chez moi et je me dis "qu'est-ce-qui n'a pas bougé depuis le 19 novembre ?" et je fouille tout du regard mais ça devient dur de trouver des trucs. Il y a un sac rouge derrière l'étagère de notre chambre, les pailles dans le placard de la cuisine). Et je me dis "quand j'étais enceinte, ce truc était déjà là. Il n'a pas bougé. Tout a bougé mais pas lui. Quand j'accouchais, quand j'étais possédée par les contractions, quand j'ai poussé et que je suis devenue mère en voyant une vraie personne sortir de moi, ce truc était là, il ne bougeait pas". Quand je traverse une rue, je me dis "pendant que j'accouchais, ce feu a continué de devenir vert puis rouge". Je pense au fait qu'on était cinq dans la salle d'accouchement, tout à coup on a été six et alors j'ai réalisé qu'il y avait eu une vraie personne dans moi, et puis j'ai visualisé cette salle où on était juste cinq et où tout à coup on a été six, et c'est là que le vertige a commencé, qui ne s'est plus jamais arrêté. Ca arrive à plein de femmes, on dit basiquement"tiens, Machine a accouché" mais en fait c'est une révolution à chaque naissance et rien que d'y penser j'ai le coeur qui bat plus fort. C'est un basculement, une chute, un retournement, une hallucination, un big bang, presque de la science-fiction, de penser que quelqu'un de bien vrai, avec des coudes, des yeux, des ongles, quelqu'un qui bouge et qui pense et qui ressent, a été en soi et en est sorti. Et puis l'accouchement, c'était tellement incroyable comme expérience (vraiment oui, les contractions, plus que de douleur je parlerais d'habitation. Elles nous habitent, nous possèdent, on ne maitrise plus rien du tout... Enfin moi c'est comme ça que je les ai vécues (même si ça m'a fait mal hein, mais ce n'est pas ça qui m'a le plus marquée)), en fait ça arrive à tout un tas de femmes chaque jour d'accoucher mais à chaque fois c'est un miracle ou quelque chose comme ça. Ca a l'air cucul mais c'est vraiment ce que je pense, trois mois plus tard... On a envie de le dire autour de soi" il m'est arrivé un truc de ouf", mais en fait c'est compliqué, ça semble presque banal alors que c'est loin de l'être... Aujourd'hui, toutes les femmes me semblent être des héroïnes. Je voudrais le revivre mille fois.

Et puis maintenant, il y a eu la reprise du travail, la fatigue qui va avec, le bébé qui fait mille sourires, qui joue, qui se manifeste, qui dit qu'il est content ou pas content du tout. Le moment que j'aimais le moins pendant mon congé maternité, le lever du matin, est devenu mon moment préféré avec mon moment préféré de pendant mon congé mat' (le soir, le rituel du coucher). Deux moments bien paisibles, joyeux. Le matin, maintenant, quand mon réveil sonne, je me lave sans tarder (comme ça c'est fait) pendant que le bébé fait "schgling schgling" en faisant grelotter le grelot qui est accroché au chien au bord de son lit. Je sais alors que J. se lève, que le bébé sourit jusqu'aux oreilles en le voyant parce qu'alors ça veut dire qu'on va enfin se bouger les fesses et s'occuper de lui alors que ça fait une plombe qu'il nous attend en s'enquiquinant dans son lit. Il faut l'habiller sinon il pleure, il n'aime pas petit-déjeuner en turbul'. Ensuite, on mange tous les trois ensemble et ensuite, pendant que je me lave les dents, J. le grand change la couche du petit et c'est un moment festif où nous on chante n'importe-quoi (mais en particulier ça (parce que le modèle de couche choisi s'appelle "flip" et que c'est difficile de ne pas y penser)) et où lui se marre mais se marre !!! Sans bruit mais quand même, il se marre.

Ca me fait partir au boulot le pas assez léger.

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vendredi 14 février 2014

Si vous êtes un petit vieux et que vous avez perdu votre mouchoir, peut-être il est chez moi parce que je ramasse tous ceux qui trainent dans la rue.

Ca fait quelques années que tous les soirs, quand J. en père rempli mon assiette du met qu'il a préparé, je lui dis "merci pour ce bon repas Seigneur Jéjé" (ce qui nous fait rire bêtement). Et puis l'autre soir, peu après, je lui demande si il pense que les potes de Jésus l'appelaient Jéjé. Et là, d'une pensée à une autre, on se rend compte que lui, Jéjé, est le père de Jojo. Et là, il me dit "c'est l'inverse de chez Jésus où c'était Jojo le père de Jéjé".

Petit J. (qu'en vrai on appelle par son prénom entier, enfin surtout moi parce que J. le grand, lui, l'appelle surtout "mon bonhomme"), l'autre nuit, a eu la générosité de dormir de 20h50 à 5h50 !!! Je ne sais pas si vous vous rendez compte. Et cette nuit : de 21h10 à 6h30...

Je ne suis pas très petits noms en temps normal mais je l'appelle mon loukoum (ou ma fève), mon poulet, mon poulet joli, mon chou, puceron, mon petit coco, chou-rave fessu (enfin... c'est arrivé une fois, mais c'était sorti très spontanément !), palmier d'Autriche (aussi une seule fois mais comme "chou-rave fessu", c'était sorti tout seul et j'avais bien aimé), ou globule. Je l'appelle mon lardon, mon petit lardon grillé. Ou bien mon garçon, jeune homme ou mon grand. Ou mon chat ou chaton.

L'autre fois, dans un taxi prêt à démarrer devant un hôtel, il y avait un homme en costume regardant son téléphone, et au bout du doigt il avait un pansement, j'ai trouvé que ça ferait un bon début de film.

Lundi, je retourne travailler et je ne peux pas croire que ça fait déjà quatre mois que ça n'est pas arrivé... J'ai l'impression que c'était hier... quel coup au coeur... Même pas tellement de laisser le bébé (qui reste avec son père, donc ultra cool), mais de voir le temps filer comme ça... Je suis nostalgique dans l'âme mais ça se trouve renforcé par l'arrivée de notre enfant.

En bonus, je vous montre LA bouche de tortue, mais d'abord une photo de lui où il se marre, parce que je ne veux pas que la première photo de lui sur ce blog soit une photo où il est mécontent.


Bonne soirée, prenez soin de vous !

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mercredi 12 février 2014

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Lessive à 30°C du 9 février, linge clair.


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Lessive à 60°C du 10 février, linge clair.

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Lessive à 60°C du 11 février, linge foncé.

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Lessive à 60°C du 12 février, linge clair.

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Suite de la lessive à 60°C du 12 février, linge clair.
(nouvelle machine de 7kg, rambarde trop petite)

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