couac

dimanche 30 août 2015

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Il faudrait se coucher dans la demie heure qui suit son coucher, pour dormir tout mon soûl, me réveiller au moment opportun, et avoir du temps devant moi avant qu'il se réveille. Oui, c'est vraiment ça qu'il faudrait. De toute façon, le soir, je suis systématiquement trop crevée pour envisager de faire les milliards de choses que je m'étais promises de faire à ce moment-là pendant la journée.
Je vais peut-être commencer, là, y aller.
Demain, je reprends la corde à sauter, j'ai arrêté pendant dix jours et ça va être un peu dur de reprendre donc je dois me forcer à reprendre sous peine de ne jamais reprendre (alors que ça me fait un bien fou, me chauffe le corps pour la journée, et me fait perdre ces quelques kilos que je recommence à prendre...).
J. l'adulte va partir quelques jours, dans quelques jours. Je vais donc être seule avec J. l'enfant, il va falloir que je ruse pour sauter à la corde tout en le surveillant pour qu'il ne se jette pas dans la première fontaine venue (son grand fantasme). Moi qui ne suis pas du tout cordon bleu (cordon vert ?), il va aussi falloir que je me débrouille pour cuisiner des trucs bons et équilibrés pour chaque repas. J'y ai déjà réfléchi, je crois que je vais cuisiner le soir pour le lendemain, nickel ! Tranquille, sans enfant dans les pattes (qui adore cuisiner avec son père, mais déjà moi la cuisine ce n'est pas trop mon truc alors en plus en devant me faire aider par lui... hum...). Ca remet en question mon coucher trente minutes après lui ça, tiens... Bon, sinon, j'ai repéré des soupes en brique magnifiques au magasin bio, et en plus il me reste des écochèques donc c'est comme si c'était gratuit.

En photo : famille se chauffant les pieds au soleil.

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samedi 15 août 2015

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J. m'a dit qu'il trouverait ça bien qu'on arrive à se débarrasser d'un quart de nos affaires avant de déménager, pour faciliter. Ce matin, au saut du lit, je me suis un peu lancée, j'ai eu envie de trier une boîte remplie de trucs et de machins dont j'ai jeté les trois quarts, finalement. J'ai eu envie de continuer. Le petit enfant a trouvé ça très intéressant, a regardé tout ce que je mettais sur le tas-poubelle, et quand J. m'a apporté un sac jaune, c'est lui, le petit, qui y a mis ce dont je voulais me libérer. Il pleuvait dehors, et finalement, on s'y est mis tous les trois et c'était un super bon moment, chacun affairé de son côté et tous ensemble à la fois.
Je me suis rendu compte que je faisais assez régulièrement ce genre de tri, et qu'il y avait des choses que je gardais non pas pour leur intérêt, mais pour une valeur affective d'une nouvelle sorte : ce sont comme des compagnes de tri. Je suis si habituée à tomber dessus quand je trie, je me dis "ah mais oui, cette image ! Je me rappelle !", et du coup je la garde juste pour la remercier de sa fidelité. C'est comme si ça me maintenait en vie de les garder, comme si ça me rajeunissait, ou plutôt, comme si ces petits machins étaient témoins de mon évolution, de mon avancée, de l'avancée de mon âge. Bref, à force, impossible de les jeter. Enfin, là, je me suis fait un peu violence mais j'en ai quand même gardé un peu...
Ca me rappelle un truc encore plus débile. En seconde, j'ai quatorze ans, je rêvasse à mon bureau en triturant entre mes doigts un petit bout de papier vert, une chute de papier. Je la plie et me retrouve avec un petit bloc bien tassé dans la main, et je ne sais pas ce qui me prend, enfin si, je sais très bien ce qui me prend, je suis une fille un peu superstitieuse même si je trouve ça incompréhensible, et en plus je ne peux pas m'empêcher d'attribuer une âme, une vie, aux choses. Bref, à ce moment-là, je me dis que tant que je possèderai ce bout de papier plié, tout ira bien pour moi. Ca fait seize ans, et régulièrement je tombe dessus en me disant "pffff n'importe-quoi" tout en n'arrivant pas à m'en débarrasser... Il a longtemps été dans la poche avant de mon sac à dos mais ce n'est pas là que je l'ai croisé la dernière fois, je ne sais plus.
Je suis retombée sur un carnet dans lequel nous avions fait une liste de prénoms, bien avant Joachim, pour rigoler. "Joachim" y figure, à la toute fin de la liste, et j'en étais toute surprise. Jérôme pas. On ne l'avait pas entouré parmi nos préférés. C'est un prénom que je n'aimais pas du tout quand j'étais petite... il me dérangeait un peu, et maintenant, j'aime être dérangée (enfin surtout, il ne me dérange plus).
Avant qu'on apprenne qu'il se passait à l'intérieur de moi une grossesse extra-utérine, ce prénom nous était revenu, au cinéma. C'était Main dans la Main, de Valérie Donzelli. Après, on était rentrés à pieds, main dans la main, et en traversant entre le Palais Royal et le Parc Royal, j'avais dit "eh, je me suis dit, "Joachim"... c'est super, non ?" et Jérôme m'avait dit "ah mais c'est fou, je me suis dit pareil !". Je me voyais déjà un jour un fils se déplaçant en skate sur les routes de campagne, et dansant bien comme ça. J'aime bien aussi l'idée du prénom cinématographique... Et puis malgré nos hésitations, ce prénom est resté le bon, aussi parce qu'il ne nous évoquait rien. Enfant timide, enfant agile, enfant soigneux, enfant frondeur, enfant intrépide ? Niet, la page blanche dans nos esprits. Nickel pour lui.
Je n'aurais jamais imaginé avoir un jour un enfant appelé Joachim, j'étais la première surprise de ce prénom choisi, et j'ai bien aimé ça. En fait, on a choisi en plein dans le mille le prénom qui était vraiment celui qu'il fallait qu'on lui choisisse, celui qui correspondait aussi à qui nous étions, nous. Mais sur le coup, c'était comme une bizarrerie de me découvrir future mère d'un petit Joachim.

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vendredi 31 juillet 2015

un billet assez pathétique

Normalement, je ne devrais pas du tout être là à écrire des trucs mais là, c'est un peu obligé, parce que j'ai passé ma nuit à penser au lieu de dormir.
Je repensais...

à la rue de la Chalotais à Rennes. Je ne sais plus quel numéro, mais le code de la porte c'était 8A25. Il y avait un escalier vert sapin étroit et sombre qui m'évoquait l'intérieur d'un bateau (mais en Bretagne, tout m'évoque l'intérieur d'un bateau, c'est psychologique).
Je me revoyais, une fois, voulant monter avec un bouquet de fleurs mais n'en trouvant pas, me rabattant sur un bouquet de poireaux.

Je repensais à Manu qui, trouvant que la visite guidée du musée qu'il avait visité était vraiment pas terrible, envoyait une lettre à la directrice (la femme de l'artiste (une certaine Elisabeth qui se fait appeler Liseron, j'aime beaucoup)) pour le lui dire, directrice qui le rappelait ensuite pour l'embaucher si il voulait, et il voulait.
Je me revoyais, en Mayenne, dans un groupe de quatre ou cinq retraités actifs, sous nos parapluies, et lui qui faisait sa visite guidée, et moi, émue de le voir me lancer des regards complices alors que les autres visiteurs ne savaient pas de prime abord que nous nous connaissions. Je me souviens de ce jardin détrempé et de ces oeuvres monumentales et dépaysantes, je me souviens de ce que j'ai ressenti.

Comme je l'aimais, Manu.

Moi, j'étais comme la graine qui enfin pousse après avoir germiné 107 ans sous la terre. J'avais 17 ans, je venais de partir de chez mes parents, tout me semblait liberté : faire le ménage chez moi, liberté ! Aller acheter le pain le dimanche matin ? Liberté ! Sortir quand je voulais où je voulais, liberté ! Je jouissais d'être là, juste ça. Des fois, je marchais dehors, simplement, et ça me semblait être le plus beau des cadeaux. C'est cucul mais je ne peux pas le dire plus simplement. J'étais heureuse de vivre, tout était nouveau, tout était à inventer, et j'avais très très envie de m'amuser.
Lui, il n'avait pas ma naïveté, ni ma candeur, mais il partageait ma légèreté. Je le voyais tous les jours à la fac, on rentrait toujours ensemble, on allait toujours chez lui (chez moi, c'était trop petit, on s'étalait), on dinait ensemble, on fêtait ensemble, on discutait, on se renseignait, on avait plein d'idées, plein d'idéaux, plein de folie, vraiment, je crois.
On se disait "oh ! si on faisait ça !" et on le faisait.

Ainsi, un jour, en février 2003, je décrochais enfin mon permis (après trois essais infructueux, moi qui aimais tant conduire...) et je lui faisais immédiatement part de la nouvelle par sms. Quand je le retrouvais l'après-midi même, il me dit "bon ben on part, vu que t'as ton permis, on va à Saint-malo, c'est toi qui nous emmènes, j'te prête ma voiture !" et hop ! Il me faisait toute confiance, ne commentait absolument rien de ma conduite automobile, et nos deux passagers arrière s'étaient carrément endormis.

Une autre fois, comme ça, nous allions à La Rochelle, ou dans le Morbihan.

Le Morbihan. Très peu de temps après la rentrée à la fac, un voyage était organisé à Kerguéhennec, au centre d'art contemporain.
Je me souviens de la prof, en cours, demandant "bon, j'imagine qu'il n'y a pas de mineurs dans cette classe !?" et moi, levant la main "ben... si... moi...", et elle (adorable) "ooooh, le bébééé de notre claaasse... bon ben tu me ramèneras une autorisation de sortie de la part de ton papa et de ta maman !" . Je me souviens de l'éclat de rire général. Je me souviens que d'étudier en Bretagne, ça me faisait un effet boeuf. Pour moi, la Bretagne, c'était ma Mémé, son appart' surchauffé, le rhume que je chopais immanquablement en sortant de chez elle, et les balades au bord de la mer dans une lumière terrible (même l'hiver) avec le nez encombré et la tête comme une pastèque. Et là, du coup, toute ma vie portait cette tenue-là, cette ambiance-là. C'était merveilleux. Un apaisement...

Et donc, Kerguéhennec. Les profs qui arrivent en bottes de pluie, et nous en petites chaussures (ben quoi, on va visiter un centre d'art). Moi, en Converses, avec les oeillets presque au niveau de la semelle... Le centre d'art était un parc d'art, bouillasseux (mois de novembre...) comme pas permis, j'avais de la boue jusque dans mes chaussures. Malgré tout, je me souviens de combien je me suis sentie bien ce jour-là, vraiment libre, unie à moi-même, heureuse de partager ce moment-là avec ces gens-là. Comme je me suis sentie électron libre, détachée du reste de mon monde connu. Comme nous avons rigolé, marché, senti des odeurs d'automne gelé, entendu le bruit du rien, juste de nous marchant, là, et de la nature très calme. Je me souviens de ma joie, dans le bus du retour, d'être assise à côté de Manu, et complètement décomplexée par les circonstances (la boue partout et nous, transis et trempés), combien j'avais ri et discuté et raconté n'importe-quoi. je me souviens aussi de la douche que j'ai prise ce soir-là, et combien elle m'avait fait du bien.

Je me souviens qu'au début de ma vie à Rennes, il me semblait que c'était Noël tous les jours. On sortait beaucoup le soir, on allait au cinéma, on allait chez des gens, on revenait de chez les gens, on allait au Virgin. On voyait Pas sur la bouche de Resnais, on apprenait la BO par coeur et on soulait tout le monde avec.

Manu n'est pas mort, je parle au passé parce que je ne suis presque plus en contact avec lui. A l'époque, ça m'aurait paru inimaginable de pouvoir presque le perdre, ce contact, tant il était important pour moi. Tant je riais avec lui, tant on entreprenait, tant on faisait n'importe-quoi.

J'étais très, très, amoureuse de lui, même si comme Céline Dion, je savais qu'il ne m'aimerait jamais. Nous passions tout notre temps ensemble. Une fois, je me souviens que nous nous sommes dit que trop c'était trop et qu'on devait un peu se détacher, mais l'après-midi même, nous nous croisions par hasard au Virgin et décidions de passer la soirée ensemble.

L'été 2003, nous ne nous voyons pas pendant un ou deux bons mois, je ne sais plus trop, et comme on a des forfaits téléphoniques merdiques, on ne se donne quasi pas de nouvelles. Et puis on se retrouve, et il me propose de retapisser son appart' avec lui, et même de le repeindre, et je me souviens de la pièce vidée, de la fenêtre ouverte, de la chaleur, du blanc éblouissant des murs repeints, des Amours Perdues d'Elysian Fields en boucle et des grains de maïs d'un déjeuner, que nous essayons de lancer pile sur le toit des voitures qui passaient dans la rue.

Je me souviens qu'il m'avait dit qu'il avait quitté son nouveau copain parce qu'à force de passer du temps avec lui il n'avait plus le temps de me voir.
Et puis la fois où on avait sonné chez des gens parce qu'on passait dans la rue, qu'on avait entendu qu'il y avait une fête et qu'on avait envie de venir, et on nous avait ouvert.
Et la fois où il m'a invitée chez ses parents pour l'aider pour un travail, et ses parents nous avaient invités au restaurant, et à 23h, nous, on avait du s'éclipser (pour le travail), et le cuisinier (un ami des parents) et les parents avaient fait de gros sous-entendus genre "ouais ouais, on sait ce que vous avez à faire comme genre de travail, hu hu".
Et la fois où on avait une sortie à Paris organisée par la fac mais on avait décidé d'y aller en voiture. On avait calculé qu'on devait partir à 2h00 du matin pour être devant le musée d'art moderne à je ne sais plus quelle heure. On devait partir à 4, on avait décidé de tous dormir chez Manu pour faciliter le départ, à 4 dans le lit, on avait surtout rigolé comme des andouilles et à 2h, on était assez peu frais. On avait sauté dans la voiture, écouté les cassettes de Led Zeppelin d'Aurélie, et il pleuvait et sur une nationale, Manu avait dit que les camionneurs étaient trop sympas parce qu'ils le prévenaient à cousp de clignotants quand la route était libre et qu'on pouvait doubler. On avait fait une halte en Mayenne pour déposer son linge sale chez ses parents (vers 5h00 du mat' je pense, sympa la vie de parents d'étudiant !), et il avait ramené un chiot dans la voiture et on avait bêtifié.
On décidait d'assumer tous nos goûts même les plus obscurs et étions donc fiers d'écouter Alizée.
On allait le plus souvent possible au Batchi dans l'espoir d'y croiser Etienne Daho (jamais vu).
On bricolait, on travaillait ensemble, on se donnait nos avis sur nos boulots, on s'encourageait, on se félicitait.
Une fois, il avait décidé de photographier la rue vue de dessus et donc on avait été sonner chez les gesn pour savoir si on pouvait prendre des photos depuis leurs fenêtres et ç'avait été possible.

On était dans la même classe à la fac, la classe des "C" parce que mon nom commence par un C. le sien par un D mais heureusement, le début des D alors on était dans la même classe. Je l'avais rencontré le premier jour, repéré dans un couloir (il m'avait plu), recroisé et justement j'étais perdue, et il se trouve que nous cherchions la même salle.
Le soir-même, il venait me préparer des pâtes carbonara chez moi parce que moi, avec une autre fille. Ce soir-là, c'était le bonheur.
On en a mangé des Pringles crème-oignon, ensemble.
Manu décidait des choses, avait des avis et s'y tenait. Il faisait des trucs. Et moi, j'étais fort aise de l'avoir rencontré et de profiter de son énergie. Il me donnait le sentiment de s'être posé là, de voir ce qu'il y avait à en tirer, et de préparer son prochain envol. Et d'ailleurs, c'est ce qui s'est passé, au bout de deux ans, il partait continuer ses études à Paris.
Il était excessif, il se passionnait pour les choses, s'enthousiasmait, trouvait tout génial, se plongeait dans ses intérêts à n'en plus se coucher la nuit. Il vivait, mais vraiment !
Penser à lui me ramène aussitôt aussi aux week-ends à Paris chez ma soeur, à Thomas Fersen, à la maison des parents de Béné à Saint-Brieuc dont la porte retsait toujours ouverte au cas où des amis passeraient quand ils n'étaient pas là, des petits mots des amis passés quand ils n'étaient pas là laissés sur le meuble de l'entrée, du salon assez poussiéreux et très confortable, avec plein de livres, donnant sur le jardin vert, avce des toiles d'araignées, et on avait écouté Brassens. Ca me rappelle des tas et des tas de chosolats chauds bus à rennes, Paris, ou peut-être ailleurs. Les PMU le matin, le bruit de la machine à café qui siffle je sais pas pourquoi mais c'est bien. Les gens qui parlent un peu fort, du coup.
Alors je regrette de ne pas avoir une odeur un peu plus piquante, une odeur de cigarette. Je regrette de ne plus aller dans les PMU.

Cette nuit, je repensais à tout ça, et je me disais que finalement, ce qu'on fait, ça compte peu, ce qui compte, c'est de faire des choses.

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Ca, c'est mon sourire forcé du samedi où mes parents m'ont laissée à Rennes. Je souris mais en vrai j'ai une boule dans la gorge et j'ai super envie de pleurer.

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Chez moi.

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L'escalier de chez Manu.

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La vue de chez moi (cette maison et son jardin...) : la lumière et l'odeur bretonne, qu'on imagine fort bien.

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Le domaine de Kerguéhennec.

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A droite, le bâtiment Mussat, fac d'arts-plastiques de Rennes.

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Kerguéhennec par Manu.

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Vue par la vitre arrière sur le parking du musée Robert T..





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samedi 11 juillet 2015

l'affaire couches lavables

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Moi qui ai tant profité des témoignages des autres, c'est obligé, je dois raconter notre expérience couches lavables, au cas où ça pourrait servir à quelqu'un, convaincre quelqu'un.

Idées reçues

*C'est dégoutant de devoir nettoyer du caca !

Quand on utilise des couches lavables, on ne nettoie presque pas de caca, car on met au fond des couches une sorte de lingette biodégradable qui, lorsque caca il y a eu, on jette dans les toilettes. La partie lavable de la couche n'est pas souillée. Enfin si, des fois, honnêtement, il y a une partie de 1 cm de chaque côté de la lingette qui a un peu morflé, et bien on racle un peu (avec une petite cuillère (qui ne sert qu'à ça (je dis ça au cas où vous viendriez bouffer chez nous (et la cuillère, on ne la lave pas avec la même éponge que le reste de la vaisselle, soyez tranquilles)))), ça prend deux secondes, et c'est bon. Quand il y a juste eu un pipi dans la couche, on peut mettre la lingette à la machine et la réutiliser. Elle ne se disloque pas au lavage (sauf si on la lave dix fois parce qu'elle n'a connu que des pipis la pauvrette).

*On revient à l'époque de nos grands-mères !

Sauf qu'à l'époque de nos grands-mères, il n'y avait pas de machine à laver.

*Il faut tout le temps lancer des machines !

Honnêtement, au départ, on a  essayé mais on est comme on est (c'est à dire bordéliques, pas organisés et flâneurs) et on ne se met pas la pression. Chaque change où on met une couche lavable plutôt qu'une couche jetable, et bien c'est toujours ça de gagné pour la planète. En moyenne, on lance une machine de couches par semaine, et il y a souvent un jour où on est à cours et où on utilise trois ou quatre couches jetables. Les couches sales sont contenues dans deux poubelles qui ferment, ça ne sent absolument pas mauvais (contre toute attente), mais genre ça ne sent rien du tout et même, c'est dans les périodes où on a  utilisé plus de couches jetables et qu'on en remplissait la poubelle officielle de notre salle d'eb' qu'on a trouvé que ça sentait hyper mauvais. Bien qu'on ne lance pas une machine de couches tous les deux jours, nous n'avons aucun problème de mouches, ou de moisissures ou je ne sais quoi. Tout va bien en fait.

Notre expérience de la couche lavable

Au départ, on a utilisé les couches jetables de la maternité et c'était si facile qu'on se serait presque laissé convaincre, malgré ma motivation initiale d'avant-accouchement (mais nos débuts de parents ont été assez durs donc ma motivation était nulle pour beaucoup de choses, tout à coup).
Bon, on a quand même fait l'effort de commander un lot de couches à tester à la Couchotèque. Vous écrivez, vous payez et hop, vous recevez un échantillonage de ce qui se fait en matière de couches lavables, que vous pouvez garder pendant trois mois, pour vous faire une bonne idée des modèles pratiques et adaptés à votre vie et surtout à votre bébé. Ce quie st super, c'est que la couchotèque est un excellement interlocuteur. Pendant la location, mais même après, donc quand on n'est plus client, on a toujours reçu réponse à nos questions, et même LA réponse qui nous a sauvé notre expérience couches lavables ! Si c'était à refaire, je re-louerais mes couches à la Couchothèque, vraiment ! (cet article n'est pas sponsorisé, je suis juste réellement convaincue et reconnaissante (et d'ailleurs, merci Anaïs, de nous avoir filé le lien quand j'étais enceinte, dans les commentaires de ce blog !))

On a reçu les couches de la couchothèque, on a aussi reçu des couches de la part de mon amie V. qui nous prêtait les siennes, et puis j'ai été dans les deux boutiques qui vendent des couches lavables dans mon quartier bruxellois et j'ai acheté un modèle chez chacun, modèles qui n'étaient pas représentés dans mon colis de la couchothèque, pour essayer.

Au départ, toutes les couches fuyaient. On était au bord du désespoir, on devait changer draps, bodies, pyjamas, cinq fois par jour, on s'est dit que ça n'allait pas être possible mais on était hyper déçus, franchement, on avait envie.
Et puis subitement, on ne sait pas trop pourquoi (même si on a des pistes), pouf, ça a marché, et il n'y avait plus qu'un seul modèle qui fuyait (le modèle qu'on n'a jamais réussi à apprivoiser), tous les autres allaient (du coup, casse-tête pour choisir les modèles de couches qu'on allait acheter...). Ce qui a peut-être changé la donne par rapport à quand ça fuitait de partout, c'est primo qu'au départ on ne faisait pas attention à diriger le zizi vers le bas dans la couche. Deuzio parce qu'on ne serrait pas assez les couches. Tertio parce qu'on ne changeait pas notre bébé assez souvent, je pense... (on redoutait un peu de le changer parce que ça le faisait hurler à la mort et comme on l'aimait beaucoup on n'avait pas envie qu'il hulre à la mort donc on préférait le garder dans nos bras et à un moment on se disait "merde, une fuite").

On a choisi d'acheter des Flip, ce sont des "sur-culottes" dans lesquelles on met un tissu (en coton bio pour notre part, mais il existe d'autres matières) plié. On a choisi des tissus fins, et des tissus plus épais, pour les nuits. C'était pas mal parce que ça faisait une épaisseur de couche "normale", on n'avait pas l'impression que notre bébé était coincé les jambes écartées à cause d'une couche super épaisse), et des Bumgenius, qui sont des couches lavables en un seul morceau, qu'on a choisies parce qu'elles nous semblaient imbattables niveau absence de fuites.

(On avait entendu dire que toutes les couches n'allaient pas à tous les bébés, que c'était un problème de morphologie, et on a finalement appris que c'était plutôt une question de taille de vessie et surtout, de façon de faire pipi : en un seul jet surpuissant ou en micro-gouttes qui coulent au compte-gouttes.)

Et puis... et puis ça  a merdé. Ca a fonctionné genre trois mois, et puis on s'est mis à avoir des fuites systématiquement. On a vérifié que notre lessive convenait, il n'y avait pas de souci (on utilise de la Bon*ux mais on en met deux fois moins que prescrit sur l'emballage et notre linge est plus blanc que blanc). On a mis des produits absurdes dans la machine et ça n'a pas fonctionné, on a fait faire des bains aux cristaux de soude à nos couches, on les a lavées au produit pour lave-vaisselle (si si), ça c'était miraculeux mais deux semaines plus tard, rebelotte, fuites !

On a donc écrit à la Couchothèque, qui nous a envoyé une liste longue comme un bras de trucs à faire pour avoir des couches opérationnelles, et on était très soulagés parce qu'on avait l'impression que c'était fichu et que ça n'allait juste jamais marcher, et tout à coup il y avait de l'espoir !

On a appris qu'il fallait faire subir un rinçage aux couches dans la machine, avant le lavage, ce que nous ne faisions pas. Nous n'avons pas d'option "rinçage" sur notre machine, mais nous faisons un prélévage sans mettre de lessive dans le compartiment "prélavage". Et voilà. Plus aucun souci...

Aussi, il faut s'inventer de la débrouillardise. Par exemple, on ne l'avait pas du tout prévu, mais c'est finalement assez logique : quand votre bébé grandit, sa vessie grandit aussi, et il fait de plus gros pipis (enfin, chez nous, c'est le cas). Du coup, à un moment, les tissus fins Flip n'ont plus suffit ! On a rajouté par-dessus, dans ses couches, des langes en tétra, pliés, et c'était bon... Ca lui fait des grosses fesses mais on ne lui met de cet assemblage-là que lorsqu'il va boire un biberon. On a recyclé nos vieux torchons moches en couches, aussi, ça fonctionne très bien. Les Bumgenius, petite contenance de pipi, peuvent fuiter, donc elles ne servent que pour les siestes. Les Flip épaisses destinées à la nuit sont devenues nos couches de jour favorites. On a aussi découvert les "boosters", des bandes hyper absorbantes à rajouter par-dessus les tissus Flip de base, quand l'enfant grandit (très bien, les boosters !).

Et la nuit, et bien la nuit, on lui met des couches jetables...

Je crois que j'ai tout dit. Nous sommes tout à fait heureux de cette expérience.

Nous avons investi aussi dans des cotons lavables sur le site des Tendances d'Emma et ça, c'est juste super facile et je trouve beaucoup plus pratique que le coton jetable qui a tendnace à perdre ses poils sur les fesses, alors que là, non, vu que c'est du tissu.

Quand nous partons en vacances, nous sommes très "couches jetables". Pourtant, je rêve de faire sécher nos couches lavables dans un jardin parce qu'il paraît que le soleil leur rend leur blancheur juvénile.

Enfin voilà. Il me semble que j'avais un autre truc à dire mais je ne me souviens pas quoi, je reviendrai peut-être rajouter un ps !

ps : ça y est, je sais ! Je voulais dire que je lave toutes les couches à 60°C, même quand c'est précisé qu'il faut les laver à 40°C.
pps : magasins de couches lavables à Bruxelles (sûrement entre autres) : Les Choux Verts et Super Green Me (en tout cas, bons conseils et adorabilité au rendez-vous chez ces deux-là !).

En image, les couches louées à la Couchothèque.

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Il y a des moments purement merdiques ou le petit vit sa vie mais où les deux grands sont tout à fait mécontents. De quoi ? De tout, la météo, trop froid, trop chaud, pas assez de lumière, pas assez d'espace, trop de voiture, pas assez de boustiffailles entre amis, trop de nous deux,  une sieste pas aussi longue qu'on aurait espéré, rien de prévu pour la balade de l'après-midi, plus de chocolat, les courses à faire, un bordel inexorable, une ampoule encore morte, les plantes à arroser, la vaisselle à faire, des escaliers trop généreux, une garde-robe pas inspirante, internet trop attirant, des dessins qui ne veulent pas, un avenir inquiétant, une voisine effrayante, le journal rien ne va, un banquier qui n'est pas si doué pour faire fructifier de l'argent, un livre terminé, l'agacement de devoir nettoyer une table pleine de miel, l'éponge qui avait été mal rincée, le liniment qu'on a oublié de fabriquer, encore des travaux bruyants dans le quartier. Plein de raisons.

Et il y a des moments, de plus en plus nombreux dans ma vie, où tout semble aller b i e n. Comme sur des roulettes, sans effort, comme ça. Où on assume ses choix, on choie sa vie, on choie ses choix, on décide d'arrêter de remttre en question mais plutôt de profiter, de se laisser aller à imaginer, à espérer, à se demander comment faire.

On est bien, tous les trois, c'est un grand plaisir d'habiter avec Joachim, de partager notre vie peinarde avec lui. Il est tout à fait sympathique, il s'est très bien intégré à notre équipée. Avec Jérôme, on se le dit, des fois "tu trouves pas qu'il est vraiment cool ce mec ?" "ouais, carrément !".

J'espère que ça va durer, cette légèreté.

Ce soir, explosion de vocabulaire : "pou-i !" (: pourri (oui oui...)), "mignon" dit parfaitement, et "gago" (gâteau"). C'est "pourri" qu'il préfère...

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lundi 6 juillet 2015

 

vuedutrain

Les dimanches soirs sont plus durs maintenant. Avant, je me disais que j'avais la flemme d'être lundi, maintenant, j'angoisse de ne pas réussir à travailler bien comme il faut. J'ai un nouveau job alimentaire : mon ancien job pas alimentaire. Pour l'instant, il est très modérément alimentaire. En 2015, il m'a rapporté 1700 euros brut (c'est à dire rien du tout en net, vraiment). Je me suis fixé un objectif : avoir gagné 10000 euros brut en juin 2016. Je n'ai aucune idée de pourquoi tout à coup ça va me rapporter plein d'argent, mais je compte sur moi pour inventer un truc pour que les petits sous arrivent en trottinant jusqu'à mon porte-monnaie...

Le point positif, c'est que ce n'est pas un but dans ma vie, d'être riche. Tant que j'ai de quoi payer l'électricité et les courses... Bon, un jour, il faudra bien que j'aie de quoi me payer deux semaines à la montagne au mois de juin, mais j'ai le temps.

Donc, je suis illustratrice, et auteur aussi, même si dans les histoires que je m'écris il n'y a quasiment jamais de texte.
J'ai conservé les mêmes horaires qu'à l'époque où je bossais chez le bouquiniste, je bosse le matin et en début d'après-midi pendant la sieste, et je récupère la garde de Joachim quand il se réveille dans l'après-midi.


Au départ, quand mon ex-job alimentaire s'est terminé, c'était facile parce que j'étais en pleine commande : une série de marque-pages pour mon ex employeur (oui oui). Ca commençait très bien parce que j'étais ravie de les faire et que je prenais beaucoup de plaisir à les imaginer.
Quand j'ai eu rendu cette commande, ça a été un peu plus compliqué : tout à coup, le temps, là, et la possibilité de vraiment continuer mes projets à moi, dont un entamé il y a quatre ans, toujours pas terminé.

J'ai réussi à m'y mettre, et sans tarder. Je suis d'une efficacité qui m'étonne moi-même... Je trouve ça très difficile de ne pas céder à l'appel d'internet qui me tend les bras, avec ma boîte mail, facebook, des blogs, des instagrams à lire... J'allume l'ordinateur, je mets Franec Inter et hop, au boulot.
Si je tombe dans le piège du web, je fulmine. Au moment où je me mets à bosser, je sens l'excitation qui monte... Ca faisait longtemps que je n'avais pas ressenti ça vis à vis de la création, alors j'ai visé juste en faisant ce choix d'être pauvre mais en ébullition.

Je suis tellement dedans que je me suis même remise à la couture.

Ca m'est venu en deux temps : une visite chez notre ex-proprio qui est resté un petit vieux de référence dans ma vie. Des questionnements ? Hop, je file sonner chez lui, je m'assieds dans le fauteuil en velours dans le coin de son bureau, il me demande comment ça va et il réfléchit avce moi, avec toute sa bienveillance et son humour. On peut donc devenir amie avec son ex vieux propriétaire. Et donc, là, j'étais en pleins doutes quant à mon avenir, et le samedi matin où je me suis pointée chez lui, il m'a dit "non mais Elisabeth, vous êtes illustratrice, soyez illustratrice !" (en m'expliquant que ce n'était pas grave d'être pauvre, que ce qui comptait, c'était de faire un truc qui avait du sens pour moi (il m'a dit que c'est ce qu'il dirait à ses enfants adolescents aujourd'hui, si il avait encore des enfants adolescents)). Bon, son avis compte d'autant plus qu'il est l'un des deux fondateurs d'une très grosse maison d'édition... Je lui avais montré mes dessins quand il était encore notre propriétaire et il s'était montré tout à fait enthousiaste, il avait rigolé pendant une heure en les regardant. Je garde ça dans un coin de ma tête pour réussir à me mettre au boulot le matin...

Ca, c'était le premier temps. Je me disais "hors de question, illustratrice, l'angoisse" (bon, je n'avais pas complètement tort...).

Le deuxième temps, c'était au bilan de compétences, que je faisais pour savoir quel job alimentaire je pouvais faire à côté de l'illu. J'ai passé des tests de personnalité et des tests d'intérêt, tout allait vers la créativité (à ma grande surprise parce que je ne suis plus si créative que ça, dans ma vie (bon, on dirait que ça pourrait revenir...)). Les premiers boulots qui ressortaient de tout ça étaient des trucs du genre potier, fleuriste, journaliste, scénariste...
Ca m'a fait réfléchir...

Alors j'essaye, on verra bien. Ce ne sera peut-être pas viable, je trouverai autre chose. En attendant, c'est comme ça.

Voici en image la vue qu'on a du train, et à dessiner des gens qui voyagent, je me sens moi aussi en vacances.

Voici un blog d'illustration qui renaît un peu : www.bolduc.canalblog.com
Voici un site qui propose des faire-parts originaux ! www.storkandthepostman.blogspot.com

Bonne soirée.

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mercredi 1 juillet 2015

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Aujourd'hui, j'ai décidé d'aller faire les magasins dès leur ouverture histoire de m'acheter deux robes (c'est ce que j'avais prévu) parce que depuis que je suis mère, mes habits ne me vont plus. C'est pas la taille ou la coupe, c'est l'ambiance. Bref, mes vieilles robes d'il y a dix ans, ça ne collait plus du tout. Et puis les quelques robes qui me restent et que j'aime bien, soit elles ont des manches (en plein été !), soit elles sont courtes et je trouve ça anti-pratique, robe courte associé à jeune enfant. J'ai vécu ça jeudi dernier, j'avais prévu d'aller seulement au marché l'enfant campé sur mon dos, mais sur le chemin on est passés devant une plaine de jeux, et il s'est tant excité derrière moi en me la désignant et en criant "gad' ! gad' !" (ce qui veut dire "regarde !"), que je me suis dit "allez !" et nous sommes allés à l'aire. Et donc, la robe courte, enfin pas si courte, mais pas assez longue pour être pratique, j'ai trouvé ça tout simplement chiant. Du coup, depuis jeudi dernier, je mettais tous les après-midis un pantalon (vu que je suis de garde l'après-midi) mais les températures augmentant, j'ai commencé à transpirer des jambes, je déteste ça. Bref, c'est fascinant.

(Et aussi, à l'aire de jeux de jeudi dernier, à un moment, on a entendu un cri hérissant dans la rue, tout le monde se tourne vers là d'où ça vient. Il faut savoir qu'on est juste à côté d'une prison. Bref, le cri glaçant, puis un type qui marche genre violemment en donnant des coups de poings dans les choses comme les arbres, lampadaires, murs, etc. Une dame dans l'aire de jeux crie "les enfants, y a tonton !". Le type entre dans l'aire de jeux, deux enfants se jettent dans ses bras, le type crie "putain, ça y est, je suis sorti, putain, putaaaaiiiinn !". Avec tous les bébés qui le regardaient avec leurs deux billes exhorbitées. L'ambiance de ouf.)

Et donc, aujourd'hui, je me décide à aller m'acheter des fringues vu que c'est les soldes. J'avais repéré à Lille une magnifique robe chez Raza, mais j'avais mon lardon sur le dos, mon frère à mes côtés et le train de mes soeurs n'allait pas tarder à arriver, bref, je m'étais dit que je verrais plus tard et ailleurs. Et puis deux ou trois semaines plus tard, en allant voir chez Raza à Brubru (dans trois boutiques différentes !), ben y avait pas. Bon... Et donc, là, je vais direct dans ce magasin, histoire de trouver la robe (je misais sur le fait que les collections changeant à la vitesse de la lumière, ils l'avaient planquée en réserve). Elle n'y est pas, mais tout à coup, je sens que je gêne, une vendeuse poussant un portant plein de fringues me dit "pardon !", je me retourne et là, LA ! La robe ! Sur le portant ! Je me dis que Dieu était chez Raza (bon, 'faut qu'il arrête de me suivre, il a des trucs plus importants à faire quand même...). Je suis sûre qu'avec un coup de bol pareil, c'est sûr, elle va super bien m'aller. Et puis... bin non. Du coup je ne l'ai pas prise. Elle était trop grande.

J'ai quand même acheté des trucs et en rentrant je ne savais pas lequel mettre, j'avais envie de tous, c'est bon signe...
Ce soir, yoga : Mathieu était en vacances, c'était une remplaçante qui n'a pas l'habitude des débutants visiblement. Elle a direct marmonné dans sa barbe en faisant le tour de ma posture "mouais, c'est complètement déséquilibré tout ça !" (ce qui en yoga ne se dit pas du tout normalement). Elle enchainait les postures comme ça, hop, nous disait juste "on va se mettre en Yakapaduravézana" (j'invente le nom de la posture mais si ça se trouve, ça existe !), comme si tout le monde savait ce que c'était, et elle nous disait "allez, plus vite !". J'ai tellement transpiré que j'ai senti une goutte de sueur de dessous de mon bras couler jusqu'au pointu de mon coude, je crois que c'était la première fois de ma vie que ça m'arrivait ! J'ai tellment transpiré que ça a fait friser mes petits cheveux de nuque.
Pour les vacances, c'était "tous niveaux confondus", je l'ai senti passer. Elle nous a même fait chanter le Om.

Enfin voilà quoi. Et vous, ça va ? Vous avez fait quoi aujourd'hui ? Chiche que vous me racontez ?


Sur la photo, le petit lardon géant, c'est le mien !

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mercredi 24 juin 2015

Finalement, ce matin, je me suis défilée, parce que j'ai trouvé une excuse à la hauteur, et ma super excuse c'était que j'avais yoga le soir et que du sport une fois dans la journée, c'était suffisant. Encore ce soir, je trouve l'excuse excellente, alors j'ai bien fait.
J'ai des petites courbatures aux abdos, qui veulent dire que j'ai encore des abdos, qu'ils ne sont pas complètement atrophiés.

Le yoga. D'habitude, j'arrive super tôt histoire de choisir mon emplacement : sur le tapis orange. Il n'y en a qu'un et je le trouve moins gluant que les bleus. Ce soir, par un insignifiant concours de circonstances, je suis arrivée assez tard, je vois toutes les chaussures bien rangées devant la porte, je me dis que merde je vais me taper un tapis bleu, j'entre : tous les tapis sont pris sauf le orange. Dieu devait être dans la salle de yoga, si ça se trouve c'est le prof, enfin je veux dire Mathieu Amalric.
Avant que le cours commence, j'étais bien sagement assise sur mon petit tapis orange, face à la fenêtre ouverte, et je voyais que sur la terrasse en face, ils avaient planté plein de fleurs genre gazon japonais, et puis ils ont accroché une guirlande de grosses ampoules de toutes les couleurs. C'est magnifique.
Bref, je n'étais pas allée au yoga depuis trois semaines pour des raisons diverses et variées et j'étais ravie de retrouver l'odeur de salle de yoga, ses murs couleurs yoga, son signe indien ou je sais pas quoi qui veut dire je sais pas quoi, doré, accroché à un clou.
Au yoga, il y a un vestiaire de neuf mètres carrés, et on s'y serre à vingt à la fin du cours, hommes comme femmes, une fois je me suis dit "bon ben je vais me changer dans la salle de yoga" mais comme il y avait Mathieu Amalric, je me suis dit que c'était un peu bizarre.
C'est moins gênant de se changer à vingt dans un vestiaire qu'à deux dans une salle de yoga, je pense que c'est parce que le vestiaire s'appelle "vestiaire".
Le cours de yoga, c'est de la grosse folie, comme c'est du yoga où on s'aide d'accessoires (avec Mathieu Amalric), non mais des accessoires de yoga hein, du genre des couvertures pour nous surélever les fesses quand on est en tailleur, ou des briques en liège pour nous appuyer dessus quand on n'a pas le bras assez long pour toucher le sol, bref, du coup, le prof en profite pour nous faire faire des trucs de folie, c'est horrible, j'adore.
J'aime bien les noms des positions, "anamaskara", "tadazana", ça me fait penser à des pâtes carbonara.

Après le yoga, je rentre à pieds, j'ai l'impression de me tenir au top du parfait pour le squelette.

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mardi 23 juin 2015

La corde à sauter, j'ai commencé ce matin, hier il pleuvait, 'faut pas déconner non plus. Au réveil, j'ai immédiatement pensé "oh nan merde je dois aller faire de la corde à sauter". Quand on est à moitié endormie dans son lit tout chaud ça semble inconcevable.
J'ai failli ne pas y aller (en plus j'avais assez mal dormi), et comme je sentais que ça me mettait déjà de mauvaise humeur, je me suis sentie obligée d'y aller malgré tout. Alors j'ai enfilé le short de footing de Jé, un tee-shirt du Monoprix de Caen, des chaussettes de sport (oui !)(qui ne me servent pas pour le yoga car le prof a dit à une fille qui en revêtait "faire du yoga en chaussettes, c'est comme faire l'amour avec des gants" et même que la fille est devenue toute rouge (d'autant plus que le prof ressemble à Mathieu Amalric alors imaginez qu'Amalric vous dise ça (en fait j'étais jalouse))), et je suis descendue m'attabler en face de Jé et à côté de Jo, pour manger une tartine et boire un bol de thé parce que j'avais lu que la corde à sauter, c'est seulement en étant bien hydratée de l'intérieur. Bon, finalement, le thé était trop chaud, je n'en ai bu que la moitié parce que là il fallait que j'y aille sous peine de laisser tomber encore.
En bas de l'immeuble, So, la tenancière du snack d'en-bas, m'a demandé où j'allais comme ça de bon matin, je lui ai expliqué et elle est devenue ma coach sportive.
Enfin, j'ai vécu le moment que je redoutais : marcher dans la rue en tenue de sport pas hyper seyante au milieu de tous les gens qui allaient au boulot en costard (je vis dans un quartier d'affaires). C'est comme être nue quand tout le monde est habillé. En plus, j'avais une vraie corde à la main, j'avais peur qu'on croie que j'allais me suicider.
J'ai suivi une dame en trench très chic qui prenait la même direction que moi, je me suis postée à côté de la cabane de Guignolet et j'ai commencé à sauter. J'avais lu que c'était super dur donc étant donnée ma condition physique, je ne me faisais pas trop d'illusions quant à ma performance. Déjà, si j'arrivais à sauter sans me prendre les pieds dans la corde, ce serait pas mal. Je m'étais dit "6 séries de 40 sauts". Hop, je m'y mets. Je ne me prends absolument pas les pieds dans la corde. J'ai l'air d'une pro. Au bout de 40, je me dis "quoi ? Nan mais je ne vais pas m'arrêter là, je viens à peine de commencer" et j'ai été jusqu'à 100. J'ai fait 6 séries de 100 en quinze minutes. Truc de ouf, la classe totale. Je suis donc douée en sport, il fallait juste que je trouve le sport.
Voilà, et puis je suis rentrée, et tout à coup, malgré ma tenue pas très seyante, je me trouvais trop classe avec ma corde toute terreuse à la main et mes giclures de bouillasse sur les tibias. J'avais vaguement mal aux bras et aux mollets.
Bon, voilà, le seul truc, c'est que je sens que demain matin, ça va être le même casse-tête pour réussir à dénicher la motivation au fond de mon cervelet...

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dimanche 21 juin 2015

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Le puzzle de l'autre soir.

Voilà, c'est fini le job alimentaire. Je n'ai pas pleuré mais j'ai eu le coeur très très gros.
On a été au restaurant, avec mes collègues, on a bu beaucoup de bière et beaucoup ri. J'éprouve un sentiment d'affection très fort pour eux. Je pense qu'ils sont si spéciaux que dans quelques temps, ils me sembleront irréels, comme si c'était pas possible que de tels gens existent pour de vrai. Comme des personnages de bd. Vraiment, il y en a un, c'est Gaston, un autre, c'est Prunelle ! Alors !
Après le restaurant, je suis allée dans une direction avec deux d'entre eux, on était assez ivres, quand même, on a attendu au même arrêt de tram et tout à coup, hop, le leur est arrivé, ils ont sauté dedans en me disant "ah salut on y va c'est le nôtre !" et les portes du tram se refermaient déjà, je me retrouvais toute seule dans la nuit saint-gilloise, et le silence total et un peu glaçant.
Alors je me suis mise à m'auto-parler, ce qui m'arrive souvent quand je vis un truc très très émouvant, et encore plus quand j'ai un peu bu. Je me suis parlé, toute seule, dans ma tête. J'ai pensé à qui j'étais, à l'âge que j'avais, à ce qui m'arrivait, à la page qui se tournait. Le fait de m'auto-parler rend les trucs émouvants encore plus émouvants, c'est comme si l'Elisabeth du début qui a vécu tous ces trucs d'Elisabeth venait me saluer presque uniquement dans ces moments-là, et c'est comme si je retrouvais quelqu'une qui était un peu comme morte parce que je ne l'avais pas vue depuis longtemps, et comme si j'étais un peu triste à l'idée qu'elle reparte aussitôt... Ca al'air un peu obscur comme ça... Quand j'écoute la Lambada, elle revient systématiquement, je pense que c'est la musique qu'il faudra mettre à mon enterrement.

L'âge que j'ai. Pas si vieux, mais quand même plus vieux qu'avant. Je ne fais plus partie des tous jeunes. Mon enfance commence à être loin, j'ai vécu des époques que d'autres pas.

J'ai décidé d'écrire à mes ex-collègues, il y a une lettre qui attend posée sur mon sac à mains. Je l'ai mise dans une enveloppe mais c'est une carte postale de Provence avec un champ de lavande devant une maison, d'ailleurs trouvée dans une poubelle de cet ex-job alimentaire. Sur l'enveloppe, j'ai mis "à l'attention de N." et après, j'ai écrit l'adresse du magasin. Ca va faire bizarre de recevoir un courrier personnel sur son lieu de travail !

Je me suis mise au yoga, motivée par Milky et aussi par Marine (et aussi par deux copines adeptes mais qui n'ont pas de blogs, du coup je ne vous mets pas de liens). J'ai besoin de me muscler, je me trouve moooolle. Bref, yoga. Et  j'ai aussi décidé de me mettre à la corde à sauter. L'air de rien, je me sédentarise vu que je ne vais plus au job alimentaire ( 20 minutes x 2 de marche rapide sur terrain pentu, 5 jours par semaine), qui était assez physique (debout, assise, grimper sur un tabouret, porter une pile de bouquins, etc).
J'ai beaucoup réfléchi, mon frère m'a dit de continuer à marcher mais en fait j'ai envie de me muscler pour de vrai, et je n'ai pas du tout envie de me remettre au footing, et comme j'ai toujours ma corde (en vraie corde) de l'école primaire... on verra bien.

Posté par couac couac à 23:35 - - Commentaires [13] - Permalien [#]