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Aujourd'hui, soyons fous, plusieurs bonheurs parce que je n'ai pas envie de choisir, j'ai envie de tout consigner.

D'abord, à 8h54 (c'est précis, mon beau-frère m'a offert une superbe radio pour Noël qui donne aussi l'heure, je la regarde toutes les trois minutes), proposer à J. le minus de préparer des biscuits, et m'entendre répondre "ouiiii ouiiiii !", alors consulter immédiatement les livres. Bon, je suis difficile en recettes de biscuits, je trouve que les livres n'en proposent pas assez... Du coup, je consulte la rubrique "galettes" du Grand Larousse Gastronomique, et justement, il y a la recette des galettes orangines, jamais entendu parler mais j'ai tout ce qu'il faut. Dehors, le brouillard nous donne l'impression de vivre dans la barbe à papa, mais le soleil perce quand même, la lumière est magnifique. Joachim est hyper content, il malaxe la pâte avec moi tout en répétant "malaxer" avec délectation. Un de nos trois oeufs se révèle pété et donc il nous en manque un pour la recette, mais je décide, comme ça, de sang froid, que ce n'est pas grave et que ce sera sûrement très bien aussi avec un oeuf de moins, et puis je me rends compte que la balance déconne du coup je rajoute du sucre au pif, mais je reste détendue malgré tous ces aléas, bref, je me demande ce que ma mère a mis dans sa confiture mangue-vanille (mangée au p'tit dej'), mais ça fait de l'effet. A 9h25, la pâte repose au frigo, on peut passer à la suite alors que la journée vient seulement de commencer, je me fais la réflexion qu'à cette heure-là, autrefois, j'étais seulement en train de me brosser les dents avant de partir bosser - immense satisfaction.

Après, c'est le midi, c'est une situation qui commence pourrie, je couche ce petit enfant et au bout de deux heures il ne dort toujours pas alors qu'il est clairement crevé. Dans la petite chambre ensoleillée par les petits trous entre les lames du volet roulant, ça rigole, ça chouine, ça discute tout seul, ça chantonne... Je finis par mettre un cd de musique classique (sonates pour violon et basse continue, de Westhoff, merci O.) , déjà, ça apaise les moeurs, mais comme ça ne suffit pas, je rentre dans la chambre, et je le prends dans mes bras. Il y a la belle musique et la sensation de ce corps tout tendu qui se délasse instantanément. Je lui suggère de poser sa tête sur mon épaule et il s'éxécute directement, je sens que la peau de mon cou commence à transpirer contre la mollesse de sa joue. Je sens ses quinze kilos de plus en plus lourds. Cette situation ne s'est pas présentée depuis des mois, et tout à coup, ça me semble luxueux d'avoir ce petit être endormi dans mes bras. Au point où je me dis que je vais m'asseoir pour le garder encore comme ça, sauf que j'ai envie de faire pipi donc finalement je le pose dans son lit (zut !)...

Enfin, c'est le soir, on va à la boulangerie acheter le pain, tous les trois. On s'entend très bien avec le boulanger, on peut rester discuter une heure alors qu'on venait juste acheter une baguette, et on rigole bien bien... Au point qu'on projète de l'inviter à dîner. Et c'est là que c'est lui nous invite à dîner en premier. Il nous dit qu'il est bon cuisinier, et qu'il va nous concocter un plat typique vietnamien (il est vietnamien). C'est le bonheur.