Un jour vers la fin de l'année 2012, j'ai lu un article sur internet, c'était un philosophe super connu mais je ne me souviens plus lequel (mais pas le mari d'Arielle Dombasle en tout cas) qui disait sur je ne sais plus quel site (j'ai de super sources) qu'en fait, à son avis, la fin du monde ou plutôt la fin de l'homme était déjà en marche, qu'on courait à la catastrophe et que la fin du monde c'était pas forcément une énorme explosion un beau jour, que ça pouvait être quelque chose qui se passe à petit feu, l'extinction de beaucoup d'espèces, la nature qui répond à nos actes, des riches qui veulent plus de sous et des pauvres qui se battent pour une miette de baguette (je romance comme ça, c'était pas dit comme ça).

Et puis en ce moment, comme j'ai un petit fond optimiste, je repense au livre génial Résister c'est créer de Florence Aubenas et Miguel Benasayag, que j'avais lu dans notre lit, dans la lumière du vélux de notre précédent appartement. Le livre qui fait devenir responsable, qu'après l'avoir lu on a envie de prendre les choses en main, de devenir vraiment citoyen, de se bouger le fessier, d'agir localement mais d'agir, de devenir tous de vrais politiciens quoi.
Et donc, je tombe par-ci par-là sur des nouvelles qui me font penser qu'en fait, on est peut-être en train de vivre la fin de l'humain, mais on est aussi en train de vivre un bon début de révolution, c'est moi qui vous le dis.

Sur facebook, j'ai dit J'AIME aux Incroyables Comestibles et depuis, très régulièrement, dans le flux de mes infos facebookiennes, et bien j'apprends qu'une nouvelle ville participe, que de nouvelles personnes ont décidé de faire potager commun avec le monde entier, de planter des poireaux et des carottes disponibles aux passants au bord de leur terrain. Il y a même des endroits où les légumes poussent dans les bacs à fleurs de la ville (dans les rues piétonnes pas polluées). Et hop, +5 de moral sur l'échelle de Richter du moral.

J'ai découvert la Super Supérette qui propose des recettes joyeusement partagées pour réaliser chez soi ses aliments industriels préférés, sans les ingrédients non comestibles qu'il y a normalement dedans. A nous le Nutella maison, les Tuc fabriqués à la main, le Napolitain poli. Génial !

Sur le blog du Monde une année en France, j'apprends qu'à Poitiers, les étudiants se sont organisé une petite épicerie pas chère du tout pour les plus démunis d'entre-eux, j'apprends que dans un village français, on a construit une maison pour un homme qui vivait dans un mobil-home, je lis que deux classes de 5ème d'un collège sont embarquées dans une aventure d'opéra et sont enthousiasmées de découvrir Paris et l'opéra Garnier. Je lis que des gens cultivent des graines interdites et en font des échanges secrets pour retrouver la diversité.

J'entends aussi parler de gens qui se manifestent pour préciser leur désaccord quant à l'érection d'aéroports ou de choses comme ça.

J'entends que la Stib a compris que beaucoup de gens prennent les transports en commun et que par conséquent il faut en augmenter la fréquence de passage.

Les poêles en fonte existent.

Il me semble que de plus en plus de gens ont envie de tricoter, coudre... Les friperies sont réputées et dévalisées. L'armée du Salut, les Petits Riens, Emmaüs, sont à la mode.

Dans les produits Delhaize, il y a parfois moins de conneries que dans les produits dits de marque.

J'ai vu des moineaux en ville.

Les hommes dits politiques sont de moins en moins crédibles, non ? J'ai l'impression qu'on va enfin pouvoir les laisser gesticuler entre eux et passer aux choses sérieuses entre nous.



edit du lendemain matin au réveil : je me disais bien que j'avais oublié plein de trucs ! ça me revient ce matin !

Il y a les petits vieux qui choisissent la colocation plutôt que la maison de retraite (moi qui n'ai jamais fait de coloc', je m'dis que ce sera pour mes vieux jours) et qui jardinent ensemble, se baladent en groupe sur les chemins de campagne.

Il y a un magasin où rien n'est à vendre et tout est à donner (et je crois qu'il existe aussi des vide-greniers comme ça).

Il y a le Bon Coin qui a un succès d'enfer (lisez cet article, il file la pêche !).

A Bruxelles, il y a Precare, qui met en relation des propriétaires de locaux innocupés avec des gens qui ont besoin d'un local pour faire un truc (un atelier d'artiste, une salle de spectacle...).

En Belgique (mais aussi en France maintenant), il y a la Smart, une association qui permet aux artistes de ne pas travailler au noir, d'avoir des droits (les mêmes que ceux de n'importe-quel employé), de payer des impôts, d'être sûrs d'être payés pour leurs prestations, et beaucoup d'autres choses. Ca marche super bien...

Il y a aussi le groupe Google Thalys pas cher, que j'ai testé en tant qu'acheteuse mais aussi en tant que revendeuse de billets, et en fait c'est hyper agréable d'avoir un billet pas cher au dernier moment, et en plus de rencontrer des gens qu'on n'aurait pas rencontrés sinon. L'échange a été plutôt bref mais chaleureux dans mes cas, tout le monde est content. Une fois, un mec m'a même prêté sa carte Thalys pour pas que je me prenne une amende. J'avais été sa femme pendant deux trajets.

Et puis il y a un de mes collègues qui trouve que l'écologie c'est du blabla, et que j'ai vu l'autre jour s'interroger sur la poubelle appropriée pour y mettre sa brique de soupe (vide) (et il l'a mise dans la bonne poubelle).

On peut aussi signer des pétitions en ligne pour le mariage homosexuel (maintenant c'est bon), pour dire qu'on veut un audit de la dette plutôt que l'austérité,  pour protéger les abeilles.

Et puis ça, ça me rend heureuse aussi...