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C'est comme un sentiment de page qui se tourne. C'est comme la fin de l'école primaire, quand on s'apprête à quitter l'école, la cour, les instituteurs, l'odeur des lieux, les racines de l'arbre dans lesquelles on a joué des récrés durant, quand on s'apprête aussi à quitter ses camarades, l'organisation des journées, le camion Qualifourchette et son singe qui fait le poirier, les bus jaunes qui emmènent à la piscine le jeudi et qu'on chante à tue-tête avec ses copines "au Monoprix, les bifteacks sont pourris et les garçons aussi, c'est naturel que les filles soient plus belles et les garçons moins beaux" (pauvres chauffeurs de car). Voilà, ça me fait la même sensation que de quitter tout ça, une tristesse, une nostalgie déjà, et en même temps le sentiment d'avoir fait du chemin, d'être prête pour la suite, vieillie, avoir hâte de ce qui suivra, un peu peur aussi mais surtout hâte...

J'ai envie de remue-ménages en ce moment, bouger les meubles, ne plus avoir de frange, garder cette bonne habitude d'avoir des désirs profonds de concombre et non plus de chocolat (j'aimerais tant que ça dure après la grossesse, hum), me sentir pas mal en phase avec moi-même, et puis aussi envie de partir vivre loin, ailleurs, projet pas encore tout à fait au programme mais qui je pense fait son chemin dans nos têtes...

Alors donc, on a changé les meubles de place dans notre chambre, ce n'était pas particulièremùent prévu au programme mais l'autre soir ça m'a pris, j'ai réussi à motiver J. (pas aussi enthousiasmé que moi par la joie du bougeage de meubles) et après, après mais ça nous a semblé évident que notre chambre était vachement mieux comme ça. Elle est devenue sereine, ce qui n'est pas rien étant donné notre don pour le bordel ambiant. Mais là, chaque chose semble à sa place, il y a de l'espace, de la lumière, c'est parfait.
Et après, on regardait le résultat le soir avant d'éteindre la lumière, et je me sentais bien dans cet espace tout neuf, et en même temps je sentais comme les choses évoluaient, changeaient, s'adaptaient. Je ne sais pas trop comment dire mais symboliquement c'était assez fort... C'est le lit de bébé qui nous a poussé à bouger les choses, et là on lui a vraiment fait sa place...
J'ai beau rester la fille de mes parents, tout à coup je me suis moi-même sentie un peu parent.

Comme il y a eu des jours un peu moins chauds cette semaine (entendez par là qu'il a fait moins de 26°C), j'ai pu constater à quel point je pêtais la forme quand il y avait de l'air, j'en ai donc conclu que, ne pouvant rien contre la chaleur harassante, et bien j'avais le droit de dormir tout l'après-midi durant si ça me chantait, quand elle était installée. Voilà comment aujourd'hui j'ai lu un Marion Duval bien calée dans mon coussin d'allaitement, avec le bébé qui expérimentait ses muscles dans mon abdomen, après avoir poussé un petit somme et mangé un Magnum vanille/amande, le genre de trucs qu'on n'a jamais chez nous (on n'a pas de congélo) mais là c'était vraiment de saison.

Dans la série "changements", on a acheté le matelas du petit lit de l'enfant, et contre toute attente ça m'a fait bien plus d'effet que lorsqu'on avait acheté le lit lui-même. On a aussi acheté un biberon pour ne pas se retrouver totalement en rade si jamais il y avait le moindre souci de connexion entre mon téton et sa bouche édentée. Et puis un biberon, quand même, l'air de rien, ça représente la liberté de la mère de pouvoir aller nager, de voir une copine, de dormir un samedi matin, alors c'est utile d'en avoir un dans son placard je trouve. En parlant de ça, c'est super bizarre d'ouvrir la porte du placard où on range le shaker et les verres à pieds et de se trouver nez à nez avec un biberon (moi j'ouvre le placard pour l'étagère du dessus, celle où il y a les tupperwares, même si en vrai je bois encore des coktails, J. ayant plus d'un tour dans son sac et me préparant des coktails sans alcool spéciaux pour femmes enceintes et enfants en bas âge mais qui ont envie de se la pêter un coktail à la main comme les grands).

Je parle beaucoup de grossesse, c'est que c'est très préoccupant. Ce matin nous sommes allés à la commune faire la reconnaissance prénatale, j'ai signé un papier qui dit que je pense que J. est bien le père de l'enfant et J. aussi a signé, et son année de naissance était écrite "mille neuf cent septante neuf" et on a bien aimé cette belgitude sur un papier qui nous suivra toute la vie. Maintenant on doit aller faire la reconnaissance prénatale au consulat, chouette ! (c'est ironique)

Bon, je me suis renseignée, le petit sera français et pas du tout belge, j'aurais bien aimé qu'il ait la double nationalité mais non. Tant pis !

Cette grossesse me paraît très longue parce que je pense que depuis novembre, je n'ai pas vécu sans me défaire de cette attente d'avoir un bébé concrètement, dans les bras, pas juste le projet mais vraiment l'enfant, là, présent. Bref, j'ai l'impression que ça fait 10000 ans que je suis enceinte. C'est marrant aussi d'être enceinte sur une année, je trouve qu'on se rend compte de la durée du moment : en 2013, j'aurais été enceinte de février à (normalement) novembre. Ca fait long quand même !

Comme on a lu que le foetus entendait mieux les sons graves, on a décidé qu'on devait lui chanter du Leonard Cohen. Je lui chante aussi A la Claire Fontaine quand je suis sous ma douche et qu'il vient se blottir au bord de mon ventre pour mieux profiter. Je ne sais pas pourquoi mais c'est le truc qui me vient le plus naturellement. Il y a une cliente du magasin où je bosse qui m'a dit "surtout, chantez pour votre bébé, c'est très important" et le conseil m'a plu.

Hier, j'ai dit au revoir aux étudiants de juillet, qui m'ont aidée dans mon job alimentaire. Je suis toujours super triste de les quitter... Ils viennent bosser avec leurs ambiances, j'adore ça. Par exemple, en juillet, il y avait une fille qui avait déjà bossé là l'été dernier, et je me réjouissais qu'elle revienne. Elle me raconte sa vie en Bourgogne (elle ne vient à Bruxelles que pour l'été), ses études (passionnantes), ses vacances au Puy du Fou que pour moi ça représente juste ce type royaliste dont je ne me souviens plus du nom mais c'est pas grave, et aussi les Jeux d'Intervilles et la chanson de Jeanne Cherhal "tous les ans, avec papa, on va au Puy du Fou". Et donc, elle, elle me raconte ce qu'elle a vu, ce qui était nul, ce qui était bien. Elle me parle du potager de ses parents et de sa participation à un club lecture quand elle était au collège, bref, elle me rappelle l'enfance, je ne sais pas pourquoi. Il ya  vraiment une ambiance de grandes vacances quand elle est là.
Aujourd'hui, j'ai retrouvé les deux frères rockeurs des deux étés précédents. Eux, ils dégagent une ambiance très "batterie dans le garage, Etats-Unis, quartier résidentiel huppé, verdure, déplacements en skate, piscine dans le jardin, père qui nettoie son 4x4, grande complicité et amour fraternel" (pour une idée plus précise, regardez-donc ce clip des Hanson, d'ailleurs, ils ont le même genre d'allures). Dans un autre genre, j'aime bien aussi.

Je ne me suis pas encore allongée sur la canapé qui a été installé à mon intention dans la réserve. J'ai trop peur de m'y endormir et de me réveiller seulement trois heures plus tard. Par contre, j'ai un collègue qui lui, en profite pour faire une petite sieste sur sa pause midi.

On fait des batailles d'eau tout le temps, il y a des pistolets à eau planqués partout dans cette boutique. Vous êtes en train de parler avec un client et là, vous vous prenez un grand jet d'eau dans l'oreille, formidable ! On rigole bien.



Je vous souhaite une bonne soirée à tous, à bientôt !


Sur la première photo, c'est notre p'tit dej' de lundi matin, où on a fini la partie de Scrabble commencée la veille au soir en mangeant des gâteaux (choco/framboises et au yaourt) parce qu'on n'avait plus de pain. Bref, un goûter d'anniversaire, avant d'aller bosser, c'était trop cool.

Sur les deuxième et troisième photos, notre nouvelle chambre.


Sur la dernière, le soleil et la chaleur de cet après-midi.