dimanche 30 novembre 2014

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Je trouve la vie très chaleureuse en ce moment, et c'est miraculeux parce que normalement, journées courtes riment dans ma tête avec gros cafard, pluie, froid, fatigue, marre. Et bien là, non.

C'est grâce à ma nouvelle phrase magique que je me dis à peu près vingt fois par jour, "ce qui est fait n'est plus à faire", du coup je fais tout ce que j'ai à faire, je ne laisse plus traîner ce bouchon de rouge à lèvres blanc par terre, je fais tout de suite les lits, je m'occupe de la paperasse dès que j'y pense, etc.

C'est grâce à un équilibre nouveau, émerveillant, qui se dessine dans notre petite et jeune famille. Non parce que voilà, avec J. le Grand, on s'entend bien mais on se déchire aussi, on se déteste aussi, on en a marre l'un de l'autre, on se trouve mutuellement mal coiffés, on s'exaspère, bref, on ne s'amuse pas tous les jours. Surtout quand on a mal dormi et qu'on manque de temps pour nous deux et de temps pour soi-même tout seul. Il y en a toujours un de nous deux qui doute, qui n'est pas trop content de quelque chose, qui se réveille de mauvaise humeur ou carrément dépité et ça flingue toute l'ambiance d'une maisonnée. Et donc, depuis la naissance de J. le Petit, notre relation vacillait comme un fêtard à six heures du matin. Whou, whou, un jour ça allait et l'autre pas, une semaine ça allait et l'autre pas. Et puis là, ça y est, on se retrouve. C'est comme un retour d'Ecosse après dix jours sans se voir, sauf que ça aura duré bancalement onze mois. Et puis chacun de son côté a réglé des choses qui sommeillaient (pour moi, ce fut de m'occuper sans lui de Petit J. pendant trois jours chez mes amis, j'ai compris que j'en étais capable et j'ai pu tourner une page très raturée) et là, ça va. Ca va ça va bien. Presque plus de bas, et quand on sent que ça va mieux, et bien ça motive à faire en sorte que ça continue comme ça. Que c'est agréable... Aaaahhh... c'est un bain chaud après une balade dans la bouillasse...

Le mieux, l'aller-bien, ça donne une énergie ! Alors on fait plein de choses, seuls, à deux, à trois, et c'est bien, et c'est bien que ce soit bien et maintenant ce serait bien que ça reste bien.

C'est grâce à des illustrations qu'on m'a demandé de faire et que je suis heureuse de faire (bien qu'un peu stressée).

C'est grâce au sommeil qui m'est revenu. J'étais devenue insomniaque, rien à voir avec le jeune poulet qui dort douze heures par nuit depuis une dizaine de jours. C'était comme ça, mystérieux. Et puis là, j'ai mis à mon oreiller  une taie d'oreiller trop petite pour lui et du coup ça le tasse un peu, ça le rend plus épais et je dors beau-coup mieux ! Voilà, c'était mon oreiller qui était trop raplapla. J'en étais sûre parce que j'avais remarqué que lorsque J. le Grand se levait pour s'occuper de Petit J. le matin,  et que je me rendormais en superposant nos oreillers, et bien il n'y avait plus de problème. Du coup, je crois que je vais investir dans un super oreiller de la mort qui tue, ça va être tip-top.

C'est grâce à ma toute nouvelle capacité à m'énerver quand je suis énervée, et à pleurer quand j'ai envie de pleurer. Je l'attendais et elle est finalement arrivée, à force de penser à elle. Vendredi, je me suis fâchée avec deux de mes collègues, je n'ai jamais été aussi heureuse de toute ma vie (j'exagère un peu). Déjà, j'avais trop raison d'être fâchée. Ensuite, j'ai dit tout ce que je pensais sans rien censurer, je n'ai pas réfléchi à la façon dont ils allaient le prendre mais je me suis plutôt concentrée sur ce que je pensais vraiment pour le dire très exactement, et puis à la fin j'étais tellement énervée que les larmes me sont montées aux yeux et je n'ai pas cherché à les retenir. Et après, je n'ai pas regretté de m'être fâchée. Et là je ne suis même plus fâchée contre eux.

C'est grâce à la perspective d'un voyage à Marseille début 2015, grâce à ces projets d'aller vivre ailleurs qui s'affinent. C'est aussi grâce à ce Noël chez nous avec mes parents qui se profile, et de nos discussions sur comment ça va être qu'on a, J. le Grand et moi. Plutôt salade au poisson grillé, plutôt rôti lardé ? Et le sapin, on va le mettre où ? Et on va jouer au Monop' ? Et Petit J., on lui offre quoi ? Aaaaah, c'est bien !

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mercredi 19 novembre 2014

(finalement, je raconte mon accouchement)

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Hier soir, heure par heure, je revivais le moment, ça m'a fait la même chose aujourd'hui :
18 novembre, 17h00 : oh, c'était dans ces eaux-là que ça a commencé, aux jeux du Parc Royal, avec M. et C....
19h00 : ça revenait et je commençais à me dire que... peut-être...
22h00 : encore !
minuit : je me couchais, vêtue de la chemise de nuit d'allaitement rose de l'amie chevelue, contractions en cadence, en me disant "oh non, je ne vais pas réussir à dormir, je vais être claquée pour mon accouchement !".
3h00 du mat' : vraiment impossible de dormir, je me levais, descendais, m'asseyais devant l'ordinateur éteint, téléphone posé sur le bureau (pour avoir l'heure précise), une feuille de papier et un critérium pour noter l'heure et voir si une régularité se dessinait.
4h30 : toutes les trois minutes depuis 1h30, j'allais réveiller J..
5h00 : on partait pour la maternité. Je n'en revenais pas, comme-ci c'était une surprise que ça arrive. J. ne disait rien et moi j'étais une pipelette surexcitée. On passait par la rue super pentue à côté de la cité administrative, et il y avait un poids lourd garé, avec le conducteur qui mangeait un sandwich au volant. Je contractai là.
Je recontractai dans l'escalier derrière le Gaston géant, qui mène au musée de la bd.
Je recontractai dans la rue du musée de la bd.
On arrivait aux urgences. Comme j'étais post-terme, on me forçait à m'asseoir sur une chaise roulante pour me mener à la maternité, alors que j'étais venue à pieds jusque-là. L'infirmière qui poussait la chaise me demandait si c'était le premier puis me disait une chose dont je ne me souviens plus mais me donnait la mesure de ce que j'étais en train de vivre et me filait un peu froid dans le dos.
A la maternité, j'étais à 3 et la sage-femme me disait que c'était pour maintenant.
Je marchais dans le couloir mais les contractions se ralentissaient.
Deux heures plus tard j'étais toujours à 3.
A 9h00, j'étais toujours à 3, les contractions, c'était juste tous les quarts d'heure, on me renvoyait chez moi, sous la pluie.
On croisait, en rentrant chez nous, tous les gens qui partaient au boulot. Je pleurais parce que je voulais que ce soit là, et que j'étais claquée vu que je n'avais pas dormi. On croisait M., M., et C. sur la route, dans la rue du musée du jouet, et je pleurais dans les bras de ma sœur qui me parlait comme à un bébé.
On se couchait en rentrant, J. s'endormait comme une masse et moi je pleurais.
M., M. et C. venaient manger chez nous à midi. Je passais mon temps installée dans le fauteuil, sans rien pouvoir avaler (l'émotion), à regarder les autres vivre, à discuter "accouchement" avec ma soeur qui m'envoyait des ondes positives qui me faisaient du bien. Mon beau-frère me parlait d'art et j'avais du mal à suivre, il me disait "ah, tu me dis quand la contraction est passée pour que je te re-parle". Mon neveu disait que le bébé allait sortir par le trou et on en restait comme deux ronds de flan (il avait deux ans, alors). Les contractions se rapprochaient et s’intensifiaient. Ma sœur tenait le portable et me disait "ah, toutes les trois minutes ! Tu vas en avoir une là !" et j'en avais une. Je frissonnais (l'émotion + la fatigue). Je me disais "oh la la". Je respirais comme on m'avait appris et ça marchait dans le genre apaisant. Ils repartaient. J'allais prendre une douche, les contractions ne passaient pas, elles se rapprochaient, même, encore. Je me disais, pour la première fois "et si en fait je n'avais pas envie d'avoir un enfant ?". Je sortais de la douche et disais à J. "on y va". Il était 17h00. On passait par la rue du musée du jouet, où je contractais allègrement. Je contractais devant la tour de la finance. Je contractais au passage piéton entre la tour de la finance et le trottoir de la clinique. Je contractais à l'arrêt de bus De Lijn (avec tous les gens qui attendaient leur bus pour rentrer chez eux après le boulot). Je ne m'arrêtais plus de contracter. Toutes les minutes. Je devais m'arrêter de marcher, me plier en deux, c'était très fort. J'avais mon coussin d'allaitement sur les épaules. A la clinique, je contractais devant les portes automatique de la maternité, je recontractais en arrivant dans le petite chambre où on allait m'ausculter. J'étais à 5, on me disait "pas mal !" et moi je disais, "quoi ? QUE 5 ? Je vais devoir attendre encore minimum cinq heures comme ça ?!". On me forçait à m'allonger pour installer des capteurs sur mon ventre pour écouter le cœur du bébé. J'avais hyper mal, allongée. Je préférais assise au bord du lit. Je disais que je voulais essayer sans péridurale. La sage-femme partait dans une autre pièce téléphoner à mon gynéco pour lui annoncer mon accouchement, et on l'entendait, au téléphone, dire "elle veut accoucher sans péridurale et elle va y arriver parce qu'elle est extrêmement calme et qu'elle respire super bien". J'étais hyper fière...
Une heure plus tard, j'étais toujours à 5. On me disait que si à 20h00 j'étais toujours à 5, on allait percer la poche des eaux pour accélérer la cadence. On m'installait dans la salle de bal d'accouchement. Il faisait hyper froid parce qu'il venait d'y avoir un accouchement et qu'on avait ouvert toutes les fenêtres pour aérer pendant qu'on préparait l'endroit pour moi. Je continuais de contracter en toute quiétude. Je buvais un verre d'eau et mangeais des granny aux fruits rouges. Je pensais à ce que j'étais en train de vivre. Je demandais à J. d'appuyer avec sa tête dans le bas de mon dos quand une contraction montait, alors il était plié en deux derrière moi. Mon gynéco débarquait et planté devant moi qui fixais le sol, il disait à la sage-femme que j'étais géniale et elle disait que carrément (très américains ces médecins, très bon pour le moral). Je disais que je voulais accoucher accroupie et il me disait qu'il était d'accord pour être à quatre pattes pour accueillir mon bébé.
A 20h00, j'étais toujours à 5 malgré les contractions super fortes toutes les minutes. On perçait la poche des eaux et ça faisait "plop". Il avait fait caca dans mon ventre. On me demandait si j'avais eu un stress particulier et je ne voyais pas. Les contractions pinçaient encore plus. A cause du caca, on plaçait des capteurs sur sa tête, dans mon ventre, et ça lui faisait donner des coups dans tous les sens dans mon ventre. Je l'imaginais dans un ventre tout sec et desséché et ça ne m'encourageait pas, je le préférais dans son bain chaud.
A 21h00, j'étais à 6. A 22h00, j'étais encore à 6 et je commençais à déprimer et dépérir. Je m'asseyais sur un ballon, J. me soulevait par-dessous les bras à chaque contraction. Je ne contrôlais plus les mouvements de mon corps, j'étais embarquée, comme on m'avait dit, j'étais emportée par les vagues. A 23h00, j'étais à 7. Je disais que je n'allai jamais tenir, que c'était trop long. La sage-femme m'encourageait. Je lui demandais si c'était ça la fameuse période de désespérance. Elle me disait que oui. A minuit, j'étais à 8. A 1h00, j'étais toujours à 8. A 2h00, j'étais toujours à 8. Je disais "vite, une péridurale !". On appelait mon gynéco. Il me disait "ne regrettez pas, vous avez été très bien mais là c'est vrai que ça devient vraiment trop dur". Je ne regrettais rien, je n'en pouvais plus, je n'arrivais même plus à tenir ma tête, entre endormissement à la fin de chaque contraction et réveil dans la douleur chaque minute suivante. On m'encourageait à manger et à boire mais je ne pouvais rien avaler. La sage-femme me disait qu'elle avait vécu le même accouchement que moi, avec volonté d'y arriver sans péridurale et col qui stagne, et finalement péridurale. Je disais que le seul truc, c'est que j'aurais bien aimé accoucher accroupie.
On m'enfilait une blouse d’hôpital, j’ôtais mon pull gris à coudières. On me piquait, on me disait de ne pas bouger et c'était dur. On me disait de ne pas avoir peur et je n'y avais même pas pensé. Après, je n'avais plus mal du tout, assez vite. On entendait des gens applaudir et crier de joie dans la salle d'à côté, en même temps qu'un premier cri qui me file la chair de poule rien que de l'écrire. La sage-femme disait "vous êtes les suivants". On se regardait avec J. et on se disait "on est les suivants". Brrr.... J. s'endormait dans un fauteuil. Je sommeillais sans réussir à m'endormir (l'émotion).
A 3h00, j'étais à 9. La sage-femme me disait "on va bientôt pouvoir y aller, dans une petite heure". Je lui demandais de ne pas revenir dans la pièce en disant "allez, c'est maintenant", sous peine que je perde tous mes moyens. Je lui disais "faisons semblant que c'est un coup d'essai, pour voir si je pousse comme il faut. Ne disons pas que c'est la vraie fois". Elle riait. Comme je ne sentais plus mes jambes, j'avais peur de ne pas pouvoir pousser. Je me mettais à trembler en voyant l'heure, la dernière heure, tourner sur l'horloge en face. Je me mettais à trembler comme une feuille, comme avant l'opération de la grossesse extra-utérine, comme si j'étais congelée, comme avant l'oral du bac de français. Je me disais "on va enfin rencontrer ce bébé" et ça me semblait irréel. Je pensais que quelqu'un allait sortir de moi et j'avais l'impression d'être dans une autre dimension. La sage-femme revenait et me disait que j'étais à 10 et que si je sentais que ça poussait, je devais la rappeler. Elle disait qu'elle sentait la tête du bébé. On lui demandait si elle sentait des cheveux et elle disait que oui mais pas des masses. L'émotion était à son comble. Ça poussait. La sage-femme revenait en disant qu'elle n'arrivait pas à joindre mon gynéco, et que du coup elle allait prendre en charge cet accouchement et qu'elle était hyper contente parce que frustrée que ce soit toujours les gynécos qui s'en chargent. J'étais ravie parce que je l'adorais, Corinne. Je lui disais qu'à moins que la vie ou la mort d'un de nous deux en dépende, je ne voulais pas qu'elle me fasse d'épisiotomie, que je préférais être déchirée. J'avais une trouille bleue de l'épisiotomie. Elle me disait d'accord.
Elle s'asseyait au pied du lit ou j'étais simplement assise, et elle me disait "tiens, allez-y, poussez pour voir ?" et je poussais et elle me disait que c'était pas mal du tout. Elle appelait l’étudiante pour qu'elle vienne voir. Je poussais et j’étais euphorique de pousser. Il était quatre heures. Elle me disait "ah, je vois sa tête. Eeeeh, j'avais raison, il a quelques cheveux mais pas des masses, vous voulez voir ?". Je disais que oui, l'étudiante partait chercher un miroir. On frappait à la porte, c'était un coup de fil urgent pour la sage-femme, elle disait "ok, je vous laisse, je reviens mais en attendant, continuez comme ça, c'est très bien !". On se retrouvait tous les deux et demi, et je poussais quand ça poussait et on se disait "eh trop marrant, on est en train d'accoucher tout seuls !". On m'apportait un miroir, je voyais ce haut de crâne qui sortait de moi en me disant "oh my". La sage-femme revenait et me disait qu'elle avait appelé la gynéco de garde, faute de joindre le mien. J. n'en loupait pas une miette et était aussi surexcité que moi, lui qui était plutôt silencieux jusqu'alors... Il allait de la tête sortante du bébé à la mienne, me pressait la main, me disait "eh mais tu pousses bien plus que 20 secondes en fait !". Je donnais tout ce que je pouvais. La gynéco venait et disait tout bas à la sage-femme "c'est son premier ? ben dis-donc elle a pas peur, elle fait ça bien !" (american'attitude). Je n'en revenais pas d'être en train d'accoucher. J'adorais. Je sentais que quelque chose de gros forçait le passage, mais sans avoir mal. Le luxe. On me disait "au fait, on va peut-être vous installer !". On me proposait sur le côté mais comme j'y arrivais bien sur le dos je préférais sur le dos. On me mettait les jambes, qui n'existaient plus pour moi, dans des étriers. La sage-femme, qui me vouvoyait pendant les contractions, me tutoyait pendant l'expulsion. La tête sortait. On coupait le cordon, enroulé autour du cou. Je poussais, je stoppais, comme on me disait. La gynéco disait "ça devient très blanc, là". La sage-femme disait "non, je sens encore de l’élasticité" et ne coupait pas. Il naissait. Trou noir. Je demandais à quelle heure il était né, finalement, et personne n'avait pensé à regarder, la sage-femme disait "oh, il devait être quelque chose comme 4h57". Vingt minutes plus tard, on me l'installait dans les bras, je le regardais, il me regardait, et je me disais "on dirait Ticky Holgado !".

Bon, ben c'était il y a un an... C'est un anniversaire très émouvant, bien plus que mes anniversaires à moi. C'est un anniversaire qui dure trois jours, le 18, le 19, et le 20 novembre.

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lundi 10 novembre 2014

ce matin/ce soir

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mardi 4 novembre 2014

Dans la rue, j'ai croisé un groupe d'étudiants, et l'un d'eux disait "nan mais moi à douze ans j'avais déjà des poils".

J'ai failli laisser crever mon clémentinier mais je me suis reprise.

Petit J. a une passion pour les plantes vertes, les arbres et même les fleurs en plastique, ce qui me réjouit.

J'ai vu Etienne Daho en vrai et j'étais à moins de vingt mètres de lui à vol d'oiseau. Je connaissais toutes les chansons par coeur, le public était pas mal ambiancé secrétaire en pré-retraite mais il y avait toutes sortes de gens. Ca m'a fait le même effet que si je voyais Mickaël Jackson ou Madonna sur scène : le sentiment de rencontrer une légende.

Etienne Daho m'évoque une fois où on roulait en famille, au printemps, sur cette route reliant Poissy et Saint-Germain-en-Laye, au milieu de la forêt le long du golf, pour aller nous acheter des nouvelles sandales dans le magasin où il y avait un très grand cheval à bascule en bois avec vraie crinière : on l'avait entendu à la radio et je m'étais sentie profondément bien.

A Rennes, on a tout fait pour le rencontrer, mon ami M. et moi. On est sortis là où on avait entendu dire qu'il sortait, on a rencontré un mec qui se disait être son meilleur ami, on a rencontré un mec dont la mère avait fait une coloc' avec lui pendant ses études, rue de Nemours. On a vu une interview de lui à la télé, où il disait "j'adore Rennes, j'adore y retourner". Mais on ne l'y a jamais croisé... A Bruxelles, je connais un mec qui l'a déjà rencontré dans un bar, et qui était accompagné d'une fille qui l'a accosté et qui a chanté avec lui ! Bref, je gravite autour de lui mais je ne le rencontre jamais dans la vraie vie, il faut que J. le Grand m'offre des places qui coûtent peau du'c pour mon anniv', pour que je puisse le voir à vingt mètres alors que je pourrais lui faire la bise si j'avais un peu de chance, groumf !

Bon, ok, c'est une chance d'avoir un copain qui m'offre des places pour le voir. D'accord, d'accord...
Quand j'ai rencontré J. le Grand, il m'a dit "Hein, t'aimes Etienne Daho !!??!!??" et je lui ai dit "ouais, tiens, je te prête ce double-album pour le week-end" et quand je l'ai retrouvé le lundi, il m'a dit "ah mais j'adore en fait !". Ah ah ! J'ai aussi réussi à lui faire aimer Benjamin Biolay (et ilo adore même ne fait, et pourtant c'était pas gagné...). Par contre, Véronique Sanson, c'est l'échec total.

Tous les soirs, je remets tous les livres dans l'étagère, tous les cd dans le range-cd, les 100 cubes dans le baril.

Petit J. dit "pain", "cd" et presque "banane". J'aime ses priorités.

Il y a des travaux de voirie dans mon quartier et il va y avoir un arbre ou deux au bout de ma rue. Chouette !

Un an plus tard, j'ai enfin cessé de perdre mes cheveux.

Aujourd'hui, en plein après-midi, j'ai bu une flûte de mousseux pour fêter le premier an du snack en bas de l'immeuble.

Je souhaite que demain soit au moins aussi chouette qu'aujourd'hui.

Posté par couac couac à 22:09 - - Commentaires [8] - Permalien [#]