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27 septembre 2014

Aujourd'hui, je marchais sous un échafaudage

Aujourd'hui, je marchais sous un échafaudage quand soudain, du ciment m'est tombé sur la tronche ! Trop cool ! En plus, je sortais de ma douche, j'avais les cheveux tout propres.

Genre un seau de ciment s'est renversé, heureusement que les sols des échafaudages sont en trous de passoire ce qui m'a évité de me prendre une vraie saucée (+ le seau en chair et en os) mais quand même, quelle horreur ! Je croisais justement un type que j'ai arrêté pour lui demander à quel point j'étais crade (aucune vitrine pour vérifier dans les alentours), bon, il ne parlait qu'anglais, me voilà à expliquer en anglais ce qui m'est arrivé, et puis dans la folie du moment, je demande au mec de m'aider à retirer le ciment de mes cheveux, et là, le mec s'éxécute !

En fait, j'aurais voulu le draguer, j'aurais même pas osé lui demander ça. En plus, il était super beau.

Enfin voilà, ma vie n'est qu'aventure.

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23 septembre 2014

On m'a dit "oh, les enfants, c'est facile, il

On m'a dit "oh, les enfants, c'est facile, il suffit d'être épanouis pour qu'ils soient heureux". Mais "il suffit" et "être épanoui", ça ne s'accorde pas du tout ! Comme si être épanoui c'était super facile et solide. Pfffff...

C'est comme quand on me dit "c'est facile, suis ton insctinct". AH AH AH AH AH !

J'ai souvent envie d'être à Honfleur, aux Caps Gris-Nez/Blanc-Nez, à Hermanville-la-Brèche, à Cergy-Pontoise. J'ai envie de voir des femmes qui portent des pulls avec des parties en laine à poils et d'autres pas, des pantalons à plis avec des chaussures à talons. J'ai envie de porter une doudoune, un caleçon (un legging on dirait aujourd'hui (ouh la, elle fait vieille peau cette phrase)) et des botillons. J'ai envie d'avoir des maquettes de bâteau chez moi (ce qui ne semble pas réjouir J. le Grand). J'ai envie de boire du vin rouge en mangeant du saucisson. J'ai envie de marcher le long d'une plage immense et déserte, bordée de villas aux volets fermés.

22 septembre 2014

L'ostéopathe m'a regardée de dos et juste comme

L'ostéopathe m'a regardée de dos et juste comme ça, il m'a raconté sans se tromper toute mon histoire squelettique : la jambe plus longue que l'autre (légèrement fléchie), la scoliose dans le bas du dos (logique, d'après lui, vu les jambes pas de la même longueur), les pieds en dedans (qui ne se voient plus pour le commun des mortels mais lui, il a tout de suite remarqué que je me tenais "les hanches en dedans"). J'étais très impressionnée. Il m'a dit que pour tout ça, on ne ferait rien, parce que j'étais faite comme ça et que c'était très bien comme ça.

Par contre, il m'a fait me mettre dans une position tout ce qu'il y avait de plus tarabiscotée, il m'a fichu un grand coup, on a entendu un énorme "crac" et j'en ai eu le souffle coupé, et après, mes côtes de droite, bloquées au départ, étaient pianotables comme celles de gauche. Et moi, je me sentais toute souple.

Il m'a serré la main en me disant de remettre son bonjour à ma génaraliste (sa patiente) qui me l'avait recommandé. Avant d'ajouter "enfin, ne la voyez pas trop vite quand même hein !".

20 septembre 2014

Des fois, je suis invitée à des fêtes le soir, et

Des fois, je suis invitée à des fêtes le soir, et je n'y vais pas alors que je suis clairement en manque de contacts amicaux depuis Petit J.. C'est un paradoxe qui s'explique très bien : je ne fais plus partie d'un groupe d'amis (sauf celui de J. l'adulte, auquel je me suis greffée de plaisir, mais qui est loin). C'était le cas à rennes, je faisais partie d'une vraie bande, une même mêlée de personnes, même quand on ne voulait pas se voir et bien on se retrouvait aux mêmes endroits, on se croisait par hasard, on faisait n'importe-quoi, c'était bien. J'ai des souvenirs tels que :

Nous cacher, tous (sauf les deux derniers invités pas encore arrivés), dans le placard au bout du couloir, celui dont N. a peur parce qu'elle dit qu'il y a sûrement quelqu'un qui s'est pendu dedans, un jour, elle le sent. Bref, quand ça sonne, appuyer sur le bouton de l'interphone pour ouvrir la porte d'en bas, entrouvrir la porte d'entrée, éteindre toutes les lumières, la musique et se cacher dans le placard du bout du couloir, en nous retenant de rire et en ne nous faisant pas pipi dessus. Entendre J. et J. arriver et dire "euh, y a quelqu'un ?", les entendre flipper (l'appart' fout un peu les boules vu qu'on considère que quelqu'un s'est pendu dedans un jour), puis finalement, au moment où ils ouvrent la porte du placard, leur sauter dessus en hurlant "WAAAAAHHHH !!!" et les entendre hurler de trouille et ne plus réussir à s'arrêter de rire.

Jouer à "1,2,3 soleil !" (en fait "1, 2, 3 piano !" parce qu'on jouait avec un belge rencontré dans un bar) sur un passage piéton à 2h00 du mat', et bloquer toutes les voitures qui veulent passer parce qu'on est immobilisé au milieu de la route (j'avais 17 ans, je précise ;-).

Lancer des grains de maïs par la fenêtre pour voir à quel moment on les perd de vue dans leur chute.

Aller à Saint-Malo dès qu'il fait beau (ou pas d'ailleurs), boire des verres à la Java, manger des crêpes là où ont bossé les copines pendant l'été, ne rien faire sur la plage.

Bref, ce groupe-là, il est disloqué. Certains sont en Amérique du Sud, une autre à Marseille, une autre à Londres, une autre est restée à Saint-Malo. Je ne suis pas restée proche de chacun. Les amis que je me suis fait depuis sont des amis épars. Pas un groupe d'amis.

Bon, bref, et donc, je ne suis pas une grande fana de fêtes où je ne connais presque personne. J'ai du mal à lier des vrais contacts dans ce genre de contextes. Je peux discuter avec des gens mais je ne sais pas, ce n'est pas pareil que de les rencontrer ailleurs, d'autres fois. J'aime mieux les réunions plus restreintes.

Ce soir, j'étais invitée à une fête et je n'y suis pas allée pour cette raison. Je trouve ça mi-bête, mi-bah voilà... Alors je me suis dit "bon, je n'y vais pas mais j'essaye d'être un peu plus engageante dans mes amitiés" . Pourtant, j'avais prévu d'y aller mais au dernier moment...

Voilà, fin du billet ;-)

18 septembre 2014

Ok, donc j'ai lu toutes les réponses au tag du

Ok, donc j'ai lu toutes les réponses au tag du Phénix, pour l'instant on a 100% de gens qui ne portent pas de chaussettes trouées, ça sent la triche a plein nez. Et sinon, vos conjoints, elles ne sont pas trouées leurs chaussettes ? Parce que celles du mien, si... hé hé... et il en a de toutes belles pas trouées mais il est très fidèle donc il porte plus celles qui sont trouées (ah, aussi, il a la trouille d'abîmer ses chaussettes pas trouées si il les porte, hu hu). Ce sont des chaussettes d'été, aérées.

Enfin bon, ça, c'était une parenthèse. Ca ne va pas être un post long parce que j'ai une vaisselle qui m'attend, avec de la compote séchée sur des cuillères en plastoc, ma passion. En plus maintenant je suis obligée de porter des gants de vaisselle, quelle horreur ! C'est parce que j'ai de l'eczéma sur les mains et ma doctoresse elle m'a dit que c'était parce que je faisais trop le ménage sans me protéger les mains, alors je lui ai dit "hein ? mais je ne fais jamais le ménage ?" et elle m'a dit "hein ?" alors j'ai dit "enfin... pas si souvent que ça" et puis elle m'a dit "bon, vous faites la vaisselle, vous lavez des légumes ?". "Ah, ça oui !". "Bon ben voilà".

Alors je vous laisse.
Bonne soirée !

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15 septembre 2014

Bon, attention, aujourd'hui c'est du lourd

Bon, attention, aujourd'hui c'est du lourd puisque je vais vous parler de poils, oui oui les miens. Figurez-vous que j'ai un rendez-vous prévu chez l'esthéticienne samedi pas celui-là mais le suivant, ce qui veut dire qu'en ce moment-même, je suis poilue de chez poilue.

Or, j'ai rendez-vous demain avec un ostéopathe (pour voir si en-dehors d'une entorse à la septième côte (hum (très douloureux)) je suis sortie avec d'autres dommages de ma grossesse).

Et donc, le rapport, c'est qu'après avoir pris rendez-vous chez l'ostéo, je me suis dit "merde, je serai super poilue vu que je n'aurai pas encore eu mon rendez-vous chez l'esthéticienne".

Mais d'où-donc me vient cette idée selon laquelle je me dois d'être absolument désirable pour toutes les personnes succeptibles de me voir entièrement ou partiellement à poil ? Et d'où me vient cette croyance selon laquelle mes poils sont dégoutants, alors que si j'étais un homme j'irais à mon rendez-vous sans me poser la moindre question ?

13 septembre 2014

J'ai envie d'essayer de poster un billet par

J'ai envie d'essayer de poster un billet par jour, il est tout à fait possible que dès demain je change d'avis mais on s'en fout. C'est pour la survie de la blogosphère, qui paraitrait-il serait en danger et que moi je ne l'aime pas du tout ce danger parce que la blogosphère, je l'aime.
Oui, oui oui oui OUI je l'aime, c'est la quatrième dimension, avoir des copines dont j'attends des nouvelles via le blog, impatiemment alors même que je ne les ai jamais rencontrées ou alors pas bien souvent (sauf exceptions adorées). C'est pas banal.
Alors aujourd'hui, je crie OUI aux blogs, OUI aux blogueuses (puisque le seul homme que je lisais ne poste plus depuis des années), OUI aux nouvelles par le net, OUI à l'amour ! Voilà ! Et si vous n'avez pas encore de blog, je vous encourage vivement à vous en créer un, ça fait du bien !

12 septembre 2014

Le linge pas plié.La vaisselle pas faite.Le

Le linge pas plié.
La vaisselle pas faite.
Le cahier pas ouvert, la plume pas trempée dans l'encre (ou trop peu).
Le grog bu.
Le cheveu perdu.
Le kilo aussi.
Le bébé qui s'essaye aux relations.
Le bébé qui dit "maman".
Le bébé qui dit "papa".
Le bébé qui galope à quatre pattes.
La bibliothèque municipale qui devient la deuxième maison.
Lles bande-dessinées avalées.
Les purées confectionnées et jalousées.
Les compotes n'en parlont pas.
Les pâtes au pesto vite faites des parents.
La soupe du soir pour rééquilibrer.
La saucisse sèche du marché dévorée.
Le nez qui coule.
La gorge qui brûle.
Le type qui siffle "Capri c'est fini" sur le chemin du boulot.
L'amie d'enfance qui accouche et que ça me fait quelque chose...
L'envie d'aller la voir tout de suite avec l'autre amie d'enfance.
Les activités Montessori testées et approuvées (ou pas).
L'interview de Dodier à trois mètres de moi.
La future publication dans THE journal trop chouette (et la fierté qui va avec).
Le soleil photographié mais non posté.
Les vacances qui se profilent.
Les couches lavables qui fuient tout à coup.
Le bébé qui tout en pleurant m'appuie sur le bout du nez de son micro index, que je fais "muuuuuup" et qu'il rigole dans ses larmes.
Le bébé qui s'arrête de pleurer quand je mets Leonard Cohen.
Le bébé vêtu du pyjama avec gilet incorporé en faux dalmatien, de l'Aveyron.
Le bébé qui appuie de son petit index dans la joue du monsieur qui fait la file à côté de nous, qui fait semblant de ne rien remarquer.
L'hiver qui se profile.
Les feuilles des arbres qui tombent, comme juste avant mon accouchement (oui, encore lui).
Neuf mois et demi !
C'est tout ce que j'ai à raconter ici.
Je vous embrasse.

19 mai 2014

Aujourd'hui, j'ai vu un canard regarder un

Aujourd'hui, j'ai vu un canard regarder un robinet dans les yeux et je me suis demandé si il croyait que c'était l'un des siens.

Je voudrais bien voter aux élections européennes, le truc c'est que j'ai l'impression qu'on n'en parle nulle part et je ne sais pas du tout qui quoi comment.

Il y a six mois, j'étais en train de contracter assise au bord d'un lit.

Je n'ai plus le temps de grand chose, à part peut-être lire tous les romans gardés derrière le comptoir, au boulot, avec ma collègue. Ce sont les livres les plus demandés par les écoles, on a décidé de tous les lire pour pouvoir les conseiller ou les déconseiller. J'ai adoré Les enfants de Noé de Jean Joubert, La Sixième de Susie Morgenstern et d'autres encore. Je les lis en allaitant mais petit J. commence à se rebeller et à m'enlever le livre des mains pour que plutôt, je le regarde dans les yeux pendant tout le temps de la tétée (c'est une qualité l'exigence, non ?).

Si vous habitez Caen ou même le Calvados, que vous aimez coudre et que vous aimeriez bien pouvoir aller trainer/farfouiller dans une mercerie moderne, sachez que c'est en projet, je connais une fille qui a le même rêve que vous ! Elle aurait besoin que vous remplissiez ce (très petit) questionnaire ! Merci pour elle !

On va partir en vacances à la mer. Mais on a prévu, J. le grand et moi-même, d'emmener du travail. J'emmène aussi mon maillot même si j'y crois moyen (à la baignade).

Il y a une tache de vomi de poireaux sur mon lit.

On regardait les gîtes avec J. le grand, sur internet, il m'en montre un et moi je dis "oh non, y a des géraniums" et il me dit "nan mais c'est rien les géraniums, on les mettra dans le garage" ce qui nous a vallu un fou rire à rebondissements (c'est-à-dire qu'à chaque fois qu'on évoque cet échange, on se marre).

On a fait une recette de rôti de porc lardé (du livre Cochon & Fils), nan mais ça va pas d'inventer des recettes aussi bonnes !

J'ai un nouveau plan de carrière. Me reste plus qu'à trouver le temps, ha ha !

J'ai aussi une bonne résolution : prendre plus soin de mes amitiés, mes amies me manquent beaucoup... Mais il se trouve que, pas très adepte du téléphone au départ, et bien je déteste téléphoner avec le bébé dans les bras, du coup il faudrait que j'écrive mais je n'ai pas souvent le courage, le soir, je suis une vieille chaussette ramollie qui sent fort...

L'autre fois, J. le petit m'a fit un bisou-prout avec la bouche remplie de purée de brocolis, c'était ravissant.

Est-ce-que tout cela mérite réellement d'être noté ?

Gros bisous !

28 mars 2014

Quand il est fatigué, Petit J. se frotte les yeux

Quand il est fatigué, Petit J. se frotte les yeux de ses poings et ça fait un bruit : le bruit normal, en fait, de la peau frottée contre la peau. Mais venant de lui, ça m'émeut. Ca me fait prendre conscience de son individualité, de son existence réelle. C'est là que je comprends qu'un jour il aura des dents, des cheveux, une voix bien à lui, des idées, des projets. Et tout ça né d'un simple spermatozoïde et d'un ovule. Ma partie, l'ovule, aurait été la même si  Petit J. avait été conçu la veille ou le lendemain : exactement le même ovule. Par contre, le spermatozoïde, c'est fou, si ça se trouve est arrivé un millième de seconde seulement avant un autre, qui aurait rendu Petit J. tout à fait différent de ce qu'il est effectivement.

5 décembre 2013

le grand matin

A 4h57, je ne me souviens plus très bien de l'ordre. Le cordon à couper le bébé même pas encore complètement sorti de moi, parce qu'il était enroulé autour de son cou deux fois, J. à qui on dit "c'est à vous monsieur" d'un air pressent en lui tendant une paire de ciseaux, le sang qui a giclé sur tout le monde et qu'on a tous rigolé, la gynécologue qui dit qu'il est incroyablement long ce cordon, J. qui devient livide, la sage-femme qui me dit de pousser puis encore encore encore, ne pas lâcher et je n'ai pas lâché, puis il fallait absolument arrêter et je me suis faite docile, et là, là, ce long, long bébé qui est sorti de moi, ce long corps blanc, une tête, de grands bras ouverts, un grand dos, des fesses, des jambes, un corps qui n'en finit pas et qui sort de moi. Une sorte de trou noir tellement c'est pas possible. Une pensée pour la vidéo de sauterelle parasitée par des vers trois fois plus longs qu'elle, vue l'avant-veille au soir. L'envie de recommencer ça tout de suite.

8 novembre 2013

neuf

Retombée du trac, de l'excitation, de toute conscience que bientôt je ne serai plus enceinte mais que par contre nous aurons un bébé sous notre toit.

C'était mercredi, j'avais monitoring. La sage-femme me fait entrer dans une pièce où est déjà allongée une autre dame, toute branchée, et on entend le coeur de son bébé, tout bien régulier, bien calme. On me demande de mettre mon ventre à l'air et de m'allonger sur le côté, je m'exécute, on me branche sur le ventre deux gros capteurs (j'appelle ça des capteurs mais ce n'est peut-être pas le mot approprié), maintenus par des sortes d'élastiques. On entend le coeur de mon bébé à moi aussi en plus de celui de la dame d'à côté à qui je tourne le dos (de toute façon nous sommes séparées par un rideau jaune pisseux, enfin je veux dire jaune hôpital).

La sage-femme me dit qu'elle reviendra dans trente minutes. Puis elle part et me voilà seule face à un mur mauve. Sur le mur, il y a deux affiches de pub pour une marque de fringues d'allaitement, accrochées par des punaises et sur l'affiche de gauche, il manque la punaise du coin inférieur gauche. Il ya  des trous de punaise ailleurs sur le mur, me laissant imaginer que les affiches ont été changées ou déplacées. Il y a des éclats dans la peinture, dont un en forme de côtelette, en plus blanc sur les bords et un peu marron au milieu. Je ne suis pas dans une bonne position et je sens que la demie heure va être très longue. La dame d'à côté ronfle. Elle sent les chaussettes et les champignons des sous-bois et ça me donne un peu envie de vomir. L'air est confiné dans ce mini local. Le moment me rappelle des bribes d'enfance, des fois où on doit attendre quelque part et où on s'ennuie plus que de raison, où on apprend par coeur tous les détails des taches sur la moquette, où on pense mille fois au temps qui passe (ou pas), à l'ennui, à l'horloge qui ralentit quand on n'a rien à faire du tout et qu'on n'a pas trop le droit de bouger. Je lis ce qui est écrit sur les affiches à l'endroit, à l'envers, je me demande quelle mannequin je trouve la plus belle, quel bébé est le mieux habillé, bref, je m'enquiquine à mort.

Pendant ce temps, dans mon ventre, l'enfant fait connaissance avec les capteurs. Il bouge, timide, roule sous ma peau, fait la vague qui va et qui vient de gauche à droite et de droite à gauche. Puis il se met carrément à filer des grands coups de pieds dans les capteurs. Alors, par-dessus le coeur tout doux du bébé de la dame d'à côté commencent à résonner des grands "sarwwaaaatch chchchchcrôôôôk scraaaatch" et plus l'once d'un bruit de coeur.
Moi non plus je ne me sens pas terrible terrible dans cette position, j'ai le dos tordu et les os des genoux qui se gênent mais je n'ose pas bouger, de peur de faire tomber les capteurs. En plus, la sage-femme m'a dit de bien tenir la position...

Le bébé ne se calme pas. Enfin si, parfois, par intermittence, on entend un petit bruit de coeur lointain ou au contraire des bruits de coeur très forts selon le sens dans lequel il est j'imagine. Je le sens qui roule et se tortille au fond de moi, et je commence à me dire que ça craint cette histoire, parce qu'on est là pour écouter son coeur et que si ça se trouve, si on ne l'entend pas, on va me demander de rester une demie heure de plus là, comme ça, pour voir si il se calme... Alors je tente la discussion. Je lui dis intérieurement "calmos mon gars, c'est pas du tout stratégique là, ce que tu fais. Sois calme un petit quart d'heure, après tu te déchaineras si tu veux !" mais en fait, il s'en fout, ou alors je ne suis pas ultra douée pour la télépathie intra-muros, ce qui est probable. Je le trouve mignon, j'aime sentir ses genoux racler, ses pieds appuyer, ses mains (beaucoup plus délicates que ses genoux ou ses pieds me semble-t-il, c'est comme ça (et aussi du fait de l'emplacement où je les sens) que j'en conclus que ce sont ses mains) délicates. Je me dis que lorsque la sage-femme reviendra, je lui expliquerai tout pour qu'elle me laisse filer, je lui dirai que je ne suis pas inquiète et que je pense que vu comme il bouge, c'est qu'il va très bien. Je ne veux pas rester dans cet endroit qui me file la nausée...

Quelques temps plus tard, la sage-femme vient débrancher la dame d'à côté, elle lui dit que son bébé va bien, puis elle la laisse partir (et après, elle fait un petit pschit d'un produit qui sent bon alors je me dis que je n'étais pas la seule incommodée par l'odeur de chaussettes et de champignons). Elle me dit qu'il me reste cinq minutes à tenir.

Cinq minutes plus tard, elle revient, l'oeil vraiment très amusé. Je commence à lui expliquer les mouvements du bébé qui ont fait que niveau coeur, on n'a rien entendu, mais elle me coupe et me dit "oui il est en forme votre bébé dis-donc ! il va très bien ! il est très très actif ! vous n'êtes pas prête d'accoucher parce qu'il a l'air très bien à l'intérieur de vous ! et vous n'avez eu aucune contraction !".

Elle m'a débranchée, le bébé s'est aussitôt calmé (il n'aime pas les capteurs, c'est comme ça, moi je n'aime pas les tirelires et bien lui ce sont les capteurs, après tout chacun ses goûts. Ou alors il les adore et comme un petit dauphin, vient jouer avec eux à la surface ?!?). Et voilà comment la perspective de l'accouchement est devenue une perspective lointaine et que je sens que lorsque ça va arriver, on va se dire "ah ouais au fait, on attend un bébé là !".


(merci pour vos petits mots, j'essaie de vous répondre demain !)

5 novembre 2013

douze jours

J'ai tant de mal à me concentrer sur quoi que ce soit. Lire, impossible. Dessiner, impossible. J'ai passé de longues heures à jouer au démineur, il me faut seulement 4 minutes 58 pour trouver les 99 mines maintenant.

Comme j'en avais marre du démineur, il a fallu que je trouve autre chose et ça m'est venu dimanche en buvant ce chocolat chaud en compagnie d'une tricoteuse, du coup je m'y suis remise. Ah quel plaisir ! Depuis hier j'ai tricoté douze rangs de 58 mailles et cinq de 56, c'est beaucoup beaucoup !

Milky-la-kiné, qui d'habitude me dit "à la semaine prochaine" et moi je dis "sauf si j'accouche cette semaine" et qu'elle me répond "meuh non vous n'allez pas accoucher cette semaine !", et bien là, vous savez pas ce qu'elle m'a dit ? Elle m'a dit "à la semaine prochaine, enfin, sauf si vous avez accouché" avec un regard malicieux. J'en ai conclus que j'allais accoucher dans la semaine.

D'ailleurs, le bébé pousse avec sa tête sur mon col, et pousse avec ses pieds en haut de mon ventre, j'ai envie de lui dire "pas si vite mon coco, tu brûles des étapes".

Aujourd'hui, Milky-la-kiné a appris à J. à faire les massages de ventre appropriés entre les contractions, j'avais l'impression d'être une énorme boule de pâte à pain j'ai adoré. Le bébé aussi, qui nous a fait le coup du ventre assymétrique (c'est quand il pousse avec ses pieds à droite pour avoir le dos le plus collé possible à gauche, très impressionnant !).

Il y a des jours où j'ai plus le trac que d'autres. Alors je suis incapable de quoi que ce soit, je me contente d'écouter de la musique sur Yo*tube, l'oeil hagard, en frissonnant. Alors je ne sais plus où je suis. Je me dis "Bon, ma fille, jusque-là, ta vie se déroulait calmement et normalement, mais là tu vas accoucher !" et ça me fascine, comme perspective. C'est pas tout à fait normal de vivre ça.

Comme musiques, j'écoute Coeur de Pirate, soit celle-là, soit celle-ci. Ou bien Granville. Ou bien Kavinsky. Ou bien Arcade Fire. Ou bien Lykke Li. Ou bien La Chanson du Dimanche pour tenter de me détendre.

Depuis le début de cette grossesse, presque une fois par semaine, J. me force à manger du poisson sous prétexte que c'est bon pour son fiston.

Il va ventralement me manquer mais comme j'ai hâte de le rencontrer !

26 octobre 2013

trois semaines

C'est ce qu'il reste avant le terme. Trois semaines... nan mais c'est rien... glaglagla... Trois minuscules semaines, après quoi nous serons trois, pas pour quatre jours, pas pour une semaine, pas pour deux mois, mais pour à peu près 18 ans physiquement et pour toujours profondément. Ca fout les boules, je ne vous dis que ça.

Le bébé est descendu, hop, il me fait un ventre rond comme un ballon, qui tire et pèse. Il tente d'écarter ses jambes ce qui me donne l'air d'avoir une énorme tête de chat avec de belles oreilles dans la panse.

Vendredi dernier, je suis allée travailler, je me disais pour la dernière fois avant 2014. Au bout d'un quart d'heure, un de mes collègues/patrons vient me voir à la caisse et me propose de me remplacer, que je puisse aller aider en réserve au fin fond du magasin, là où c'est plus tranquille que de tenir la caisse. J'appelle mon collègue du fin fond pour savoir si il a besoin de mon aide et il me dit que oui pourquoi pas. Pendant ce temps, je vois le collègue/patron venu me remplacer discuter avec une autre collègue/patronne, et quand je raccroche le téléphone, ils viennent tous deux me voir. Je leur dis que je vais aller aider mon collègue au fond et ils me disent "non". Alors moi je dis avec ma toute petite voix "ah bon mais parce que du coup j'ai proposé mon aide et on m'a dit oui" et là, ils me disent "en fait, là, t'es en congé maternité et du coup t'es plus payée donc si on était toi on rentrerait à la maison".
J'avais donné la date du vendredi au lieu de celle du samedi, sur le papier pour préciser mon jour d'arrêt...
Alors après moult embrassades et paroles remplies de voeux et d'émotions, j'ai quitté mon boulot à 10h50 et je suis rentrée me coucher...

J'ai du mal à écrire mais j'ai envie de me forcer un peu parce que je crois que ça vaudra le coup d'avoir une trace de comment c'était trois semaines avant de basculer dans l'au-delà.

Par exemple, je n'arrête pas de me faire des taches de bouffe sur le ventre, parce que je ne peux plus m'approcher assez de la table et du coup le trajet de la fourchette, assiette-ma bouche, s'est considérablement rallongé, augmentant le risque d'accidents, ce qui fait qu'il y a des taches de gras sur toutes mes fringues.

Je pleure un peu pour un oui ou pour un non et je sens que cette naissance imminente n'y est pas pour rien.

Le bébé est fan de cette chanson, que j'ai écoutée en boucle pendant le voyage en Ecosse de J.. L'autre fois au ciné, en plein milieu du film (La Vie d'Adèle), on l'a entendue (en son cinémascope dolby stéréo 4000 décibels et là, on ne le contrôlait plus. Il s'est arrêté dès la scène suivante, sans la musique.

Ma copine C. m'a prêté son sac à dos avec l'étiquette du vol vers l'Islande, pour que j'y mette les affaires de maternité du bébé. La valise est prête... Enfin, la sienne, pas la mienne ! Presque presque...

Il ne faut pas que j'accouche cette semaine à venir parce que mon gynéco sera en vacances... Il me dit que je ne dois pas m'attarder sur sa présence ou pas pour être sereine (ou pas) lors de mon accouchement mais moi je lui fais tellement confiance à lui en particulier, je veux que ce soit lui qui soit éventuellement là (ça se trouve y aura pas besoin de gynéco après tout...). Il m'a promis que ses collègues et lui étaient sur la même longueur d'ondes. Il m'a dit "oh, j'ai croisé votre mari chez Inno !" ;-) Il m'a aussi dit que lui aussi il attendait un bébé ! C'est pas fou ? (bon, non, ok, c'est pas si fou que ça... moi ça m'attendrit dès que j'entends le mot "bébé" quelque part. L'autre fois, j'ai trouvé sous le vélux ouvert de notre chambre une plume duveteuse d'oiseau et ça m'a fait chialer, c'est vous dire comment je suis fébrile...)

Je suis inscrite à la maternité depuis deux semaines, ma chambre double sans télé est réservée, j'espère comme quand je monte dans le train, que je pourrais être côté fenêtre... On verra. Sinon je serai plus près de la salle de bains, c'est pas mal non plus.

Je suis retournée au job alimentaire pour le présenter à mes deux chères amies d'enfance qui me rendaient visite. J'avais beau être venue même pas cinq jours plus tôt, et bien les lieux m'ont semblé différents, je ne les voyais plus avec les mêmes yeux. Ca me fait peur quand on me dit que je vais changer complètement en devenant mère (et tout le monde me le dit... J'ai même une collègue qui m'a dit qu'elle voulait prendr ele temps de bien discuter avec moi une dernière fois avant mon accouchement parce que celle qu'elle allait retrouver après ne serait plus la même !... Carrément, vraiment ?).

Je ne me lasserai jamais de ses minuscules pieds qui appuient, de ses micros mollets tout fins que parfois je peux caresser de haut en bas (ou de bas en haut ?) parce qu'ils sont en relief, et puis de ces doigts que j'ai l'impression de me sentir effleurer, et parfois même du volume rond de la tête qui essaye de bouger mais difficilement. Je ne sais pas comment je vais bien pouvoir faire pour me passer de ça.

Et la nuit, je dors mal. Je me réveille systématiquement vers les 3h00 et je ne peux plus me rendormir. Je cherche une position un peu confortable, et à chaque fois que ej bouge, je sens que le bébé est obligé de se chercher lui aussi une nouvelle position. En tout cas c'est vraiment l'impression que j'ai. J'ai l'impression que c'est moi qui le dérange et pas l'inverse...

J'ai rêvé que j'accouchais et au pied de mon lit il y avait un homme en fauteuil roulant qui allait bientôt mourir. Mais mon accouchement se passait très bien, sans aucune souffrance, sans sang, rien, hop ! Comme ça.

Pour le match "pour ou contre aller à la maternité à pieds en cas de perte des eaux", nous en sommes à un score de deux partout : la kiné et l'échographiste pour le taxi, la sage-femme et mon gynéco pour venir à pieds (mon gynéco avait comme argument que de toute façon, si je perdais les eaux, on allait m'envoyer marcher dans le parc d'en face pour faire avancer le travail, donc autant pas s'embêter avec un taxi et venir à pieds).

J'ai déjà l'impression d'être passée dans un monde parallèle. C'est de ne plus aller bosser, de commencer à pas mal contracter, de savoir que j'ai le col mou (je vous donne les détails, bon ap' !), d'avoir tout le temps de penser, de voir le nombre de jours avant terme diminuer...

25 septembre 2013

Alors voilà, je suis à la caisse tous les matins.

Alors voilà, je suis à la caisse tous les matins. Je découvre les sueurs froides quand je dois calculer combien de monnaie je dois rendre et que tout à coup ça grésille dans mon cerveau et que la lumière clignote (toujours dans mon cerveau), façon néon que si il s'éteint c'est le noir complet. Heureusement que j'aime bien le calcul mental parce que je suis servie. Je découvre aussi le comportement des gens à la caisse, certains qui vous racontent toute leur vie, d'autres qui profitent que leur sac à main soit posé sur le comptoir pour y faire du rangement alors qu'il y a dix personnes qui attendent derrière. Et puis il y a le client qui pose un bouquin de philo devant moi, alors je lui dis "deux euros s'il-vous-plaît" et là il me demande "et vous trouvez ça normal ?" sur un ton très calme mais pourtant bien agressif, et du coup moi je dis "pardon ?" et il me dit "ce livre date de 98, ça ne vous choque pas un peu, deux euros pour un bouquin de 98 ?" et devant mon air halluciné, il m'a dit "et bien puisque c'est comme ça je préfère m'en aller" et il s'est barré. Ouais bah c'est ça, salut.
Et puis il ya  aussi le client qui vient tous les jours, le type un peu vieux et édenté et avec une coiffure pas coiffée, qui demande à ce que le caissier (ou la caissière. En tout cas moi je n'ai pas encore eu affaire à lui) écrive son prénom sur le ticket de caisse, pour "pouvoir penser à lui". Et aujourd'hui, il a dit à ma collègue qu'il avait bien pensé à elle et qu'il avait calligraphié son prénom, hier soir ;-) Y a de ces gens j'vous jure ! C'est un vrai échantillon d'humanité, j'aime beaucoup. On ne peut qu'être surpris à chaque coin de rue si les gens sont spéciaux comme ça.
Cet après-midi, je suis retournée bosser un peu à mon poste habituel, et mes collègues, adorables, se sont relayés pour ne jamais me laisser seule avec le tabouret, les clients, les listes de romans et les titres demandés qui se planquent en haut des étagères. Mes collègues, j'éprouve une gratitude infinie pour eux, ils font déborder mon coeur au même titre que mon mec et mon bébé !...

Ce week-end, c'est Marseille. Je ne vous cache pas que j'ai grave les boules d'accoucher là-bas, pas loin de l'Afrique, alors que J., lui, sera ici, pas loin de la Suède. Bref, on sera hyper loin. Naître à Marseille, c'est joli, mais j'aime tant et tant mon hopital bruxellois que pour rien au monde je ne voudrais accoucher ailleurs. Hier soir, on a eu visite de la maternité, après une petite séance de préparation à l'accouchement avec Milky-la-kiné, qui nous a enseigné les positions de travail à deux. Pour moi, c'est ultra confort, mais pour J. c'est plus musclé. Il doit me soutenir, me soulever, supporter mon poids contre lui et en plus de tout ça, me caresser le dos et le ventre. Mais on est hyper contents et le bébé a profité de cette séance pour faire quelques exercices de gymnastique lui aussi.
Et alors la visite de la maternité... Nan mais elle est TROP bien cette maternité ! Bon, déjà, toute l'équipe de gynécologues, je la trouve super. J'ai toujours l'impression que ce que je raconte passionne mon interlocuteur, quelqu'il soit et quoi que je dise. C'est très rassurant.
Ensuite, le coup de la préparation à l'accouchement destinée aussi au père, je ne m'y attendais pas du tout mais ça fait que j'imagine que les pères se sentent moins dépassés par les évènements, et personnellement je suis bien rassurée aussi de savoir qu'on sera deux pendant le travail, à le vivre et à pouvoir peut-être me soulager.
Et puis donc, la visite de la maternité était précédée d'une petite conférence qui expliquait comment se déroule un accouchement, et les deux sages-femmes ont insisté sur le fait qu'il fallait réfléchir dès maintenant aux positions dans lesquelles on se voyait bien accoucher parce qu'au moment venu on ne serait plus en état d'y réfléchir. Elles ont proposé des idées, accroupie, sur le côté... Elles ont insisté aussi sur le fait qu'elles n'épisiotomisaient que si absolument nécessaire.
Et puis en plus il y a des baignoires dans les salles de travail/d'accouchement (chaque couple à sa propre salle de travail dans laquelle il va aussi accoucher).
Et puis ensuite, dans la chambre, les lits de bébé sont de petits lits en demie lune qu'on peut coller à son propre lit pour pouvoir allaiter facilement la nuit.
Je suis complètement enthousiasmée, après on verra comment ça se passera dans les faits en tout cas j'y vais ultra confiante !
En fait j'ai hâte. J'ai envie d'accoucher. J'en crève d'envie même, même si je n'ai pas du tout envie de ne plus être enceinte. La salle de maternité qu'on a pu voir était hors du temps et de la réalité.
Bon, après, ce matin, quand je vois comment j'ai douillé pour une simple crampe au mollet, je me dis que j'aurais peut-être moins hâte une fois que j'y serai. On verra, on verra. Ce qui compte c'est que ça ne me fasse pas peur à l'avance, c'est toujours ça de gagné.
J'ai pleuré plusieurs fois pendant la conférence et pendant la visite. Les photos de bébés qui viennent de naître et qui sont couverts de vernix et de sang et qui sont tout rouges et qui hurlent, ça me fout la chiale, c'est trop énorme de penser qu'ils viennent de vivre une naissance.

Ca me rappelle qu'une fois, je m'étais dit que finalement, dans le fond, je trouvais plus angoissante une naissance qu'une mort naturelle de vieillesse, au fond d'un lit. On meurt, on s'arrête de respirer, mais on est dans son lit, ça s'arrête. La naissance, on est super bien là où on est, tout à coup on est expulsé par un endroit tout serré, et on débarque dans un milieu inconnu où on est un peu seul au monde vu qu'on ne sait rien et qu'on est complètement vulnérable. C'est terrifiant et magnifique à la fois. Non ? Je veux bien votre avis. Moi, quitte à choisir, je préfère mourir que vivre un truc inconnu et angoissant qui me propulsera dans un autre monde dont je ne sais rien (mais je me rends compte en écrivant ça que si j'étais croyante, je poserais peut-être le même regard sur la vie et sur la mort).

J'écris comme ça vient, c'est un flux de pensée, je réfléchis en même temps que j'écris. Vous en pensez quoi vous ?

Hier soir, J. a expliqué à l'enfant qu'on avait visité l'endroit où il allait naître, on lui a dit les lumières tamisées et tout et tout. Lui il s'est donné à fond en retour, j'avais le ventre qui se distendait sur la gauche et sur la droite à la fois, c'était très impressionnant.
Demain, dernière échographie, brrr....

23 septembre 2013

Samedi soir - nous sommes allés à une fête, trois

Samedi soir - nous sommes allés à une fête, trois filles dont une que je voyais pour la première fois de ma vie m'ont dit qu'elles m'enviaient d'être enceinte et qu'elles ausi elles voulaient mais que leur copain n'était pas prêt. Un mec m'a demandé si j'avais fait un bébé toute seule ou pas et quand je lui ai dit que pas (après avoir dit "quoi ?!" même si pourquoi pas, notez, mais je ne m'attendais pas à cette question, surtout venant d'un mec que je vois pour la première fois de ma vie), il m'a demandé si ça se passait bien avec mon copain et si il était sympa ou bof. On a  mangé du gâteau de carottes super bon (la première fois que j'en mangeais un pas sec) et on a un peu dansé, sans sauter parce que sinon ça tire trop la peau du bide. Il faut juste remuer ses fesses et faire des mouvements de bras, éventuellement se mettre sur un pied puis sur l'autre, quand on danse enceinte.

Dimanche - j'ai lu Benjamin et ses Copains, de Vincent Cuvellier, illustré par Aurélie Grand et j'ai vachement aimé, surtout les deux premières histoires (il y en a trois). J'ai trouvé très justes les histoires dans leur façon d'être "et t'imagines ce qu'il se passerait si tu t'endormais dans le bus de ramassage scolaire et que tu te retrouvais au dépôt ?". J'ai été emmenée. J'ai trouvé ça frais et drôle, je trouve que c'est pas si courant les auteurs jeunesse qui ont le ton juste pour faire parler les enfants. Et puis en plus, je ne me rappelais plus que lorsqu'on est élève, on connaît par coeur l'arrière de la tête de celui qui est devant nous en classe mais c'est trop vrai, et puis moi aussi j'adore être au-dessus de la roue dans le car parce que ça vibre. C'était bien de se rappeler de tout ça.
Sinon, nous sommes allés voir La Fille du 14 juillet au cinéma et que c'était drôle, mais drôle ! Dès le générique de début, on a éclaté de rire plusieurs fois ! On a carrément oser le mettre en côte à côte dans notre top 10 cinéma, avec Les Demoiselles de Rochefort, tant c'était lumineux et léger. Le genre de film où même quand il se passe des trucs graves, ben ça a pas l'air grave. Une pépite de chocolat ce film ! On est ressortis de là avec une pêche d'enfer !

Lundi - j'ai décidé de parler à mon patron de la difficulté de mon job, maintenant que je suis dans le huitième mois (monter sur un tabouret, m'accroupir, me relever, trois fois par minute, ça ne me semble plus trop d'actualité). Il m'a répondu que le boulot était difficile et que si je ne pouvais plus le faire, il ne voyait pas trop d'autre solution que m'arrêter. Du coup, sous le coup de l'émotion, je me suis mise à pleurer (si je m'arrête maintenant il ne me reste que deux mois de congés mat' pour après la naissance...). Heureusement est arrivée à la rescousse une collègue qui avait tout entendu et qui a dit "mais Elisabeth pourrait faire la caisse ?! Comme ça elle serait assise, ce serait mieux !" et mon patron a dit "ah ouais, carrément" (enfin, quelque chose comme ça) et moi j'ai dit "banco" et voilà comment j'ai reçu ce matin ma formation caisse et que c'était tellement moins crevant que j'ai même eu envie de rentrer à la maison à pieds après et que je n'ai pas eu besoin de sieste cet après-midi et que j'ai dessiné deux heures et que telle que vous me voyez là je déborde d'énergie. Top quoi !

Maintenant, J. est parti au cinéma voir Sugar Man, un film qu'il veut voir depuis 107 ans et moi bof même si tout le monde est unanime pour dire que c'est exceptionnel, et moi je crois que je vais me pencher sur la question du dîner...

15 septembre 2013

Mais POURQUOI tous les matins de la semaine

Mais POURQUOI tous les matins de la semaine travaillée, lorsque mon réveil sonne, je me dis "oh non déjà", et le week-end je me réveille dix minutes avant l'heure à laquelle sonne mon réveil en semaine ? Hein, pourquoi ?
Bon, c'est une bonne excuse pour faire une sieste après le p'tit dej', à chaque fois je ne sais pas si c'est un luxe confortable ou un truc cafardeux. En fait ça va. Après, j'enchaine direct avec une bonne douche vélux grand ouvert pour sentir le petit coup de froid quand je sors de l'eau.

Après manger ce midi (j'ai inventé une recette ! Bon, ok, c'était moyennement réussi... En fait, les courgettes, c'est pas terrible terrible, non ?), je ne sais pas d'où c'est sorti mais comme ça l'air de rien je ne sais pas comment, je me suis retrouvée assise à mon bureau à dessiner, tant mieux. D'ailleurs je suis contente de ce que j'ai fait... J'ai dessiné un père qui ne veut pas payer un chapeau de cow-boy à son fils.

Après, avec une amie, on a vu Une place sur la Terre au cinéma, et j'ai trouvé ça d'une lourdeur hallucinante, le film disait "je suis poétique, trouvez-moi beau, je suis émouvant, écoutez mes musiques tristes" et je n'ai pas réussi à le croire, il insistait trop pour être honnête.

Heureusement, après, on est passées par chez moi pour discuter et ça, c'était très très réussi.

Après, c'était l'heure de faire la soupe, poireau/carottes/patates, nickel.

Et demain... oh demain... je suis émue comme avant notre premier rendez-vous... Je sens que je vais avoir du mal à dormir cette nuit...

12 septembre 2013

Aujourd'hui, je me suis rappelé que j'ai toujours

Aujourd'hui, je me suis rappelé que j'ai toujours détesté le jeudi, c'est souvent le jour où j'avais sport au collège (sport au collège : angoisse de devoir faire du sport + angoisse de devoir être en jogging devant tout le monde + angoisse de devoir se trimballer son sac de sport toute la journée + angoisse de devoir avoir cours dans des salles de classe qui sentent le fauve, après), et puis maintenant c'est souvent le jour où j'ai un peu le cafard, où je suis un peu fatiguée.

Hier soir, à 21h30 j'étais au lit, le bébé a continué de gigoter, puis il a eu le hoquet puis ça s'est arrêté et j'en avais marre de lire alors j'ai éteint et j'ai dormi et je crois que lui aussi parce que je n'ai plus rien senti. Ou alors je dormais trop profondément. Mais du coup, à 4h00 du mat', je me suis réveillée et je n'avais plus du tout sommeil et d'ailleurs le bébé était réveillé aussi et il a eu le hoquet et j'ai lu pendant une heure puis je me suis dit qu'il fallait peut-être que je dorme et effectivement, je me suis rendormie. Ce matin, j'étais tellement claquée que j'ai dû repousser mon réveil à un quart d'heure plus tard quand il a sonné. J'ai encore eu le temps de faire un rêve.

Normalement, quand je me prépare, je le sens bouger dans mon ventre, je sens que c'est le matin pour lui aussi mais là, niet, je crois qu'il dormait comme une souche (le bol). Il a recommencé à gigoter vers 10h15, alors que je rangeais le rayon des dictionnaires de latin.

Presque au moment où je terminais de bosser, le quelqu'un que j'ai eu par surprise au téléphone fixe hier a débarqué sur place, à mon job alimentaire. Quel effet ça me fait ! En fait, quand des gens que je connais mais qui n'ont rien à voir avec mon job alimentaire débarquent, et bien je me rends compte que c'est comme si ils venaient entourés d'une brume de leur ambiance à eux, une rosée qu'ils déposent au job alimentaire (et que je peux convoquer après, en y repensant), et ça c'est génial. Ils déposent leur ambiance sur mon lieu de travail.

Cet ami-là m'a offert un jus pomme-poire et un cadeau pour l'enfant. On a discuté, c'était bien. J'ai eu du mal à revenir à la réalité après...

Après que nous nous soyons séparés, je suis allée faire les courses et j'ai oublié d'acheter la moitié des trucs qui manquaient, malgré ma liste (incomplète). Le caissier a soupiré très fortement pendant que je rangeais mes trucs dans mes sacs, du coup je lui ai demandé si sa journée avait commencé depuis longtemps et il m'a dit "depuis midi" (il était 14h30). Ensuite, il m'a demandé "c'est pas facile l'amour, hein ?". Du coup on a parlé amour le caissier et moi, c'était bien.

Ensuite, je suis rentrée (j'ai lu avec délectation une autre carte postale de J., reçue aujourd'hui !), j'ai mangé et j'ai entrepris de réparer la chasse d'eau parce que j'en ai marre de passer ma vie à ouvrir et fermer son robinet (au tournevis, ce n'est pas un robinet classique...). J'ai tout tout démonté, tout regardé sous tous les angles, nettoyé des trucs. Rien ne semblait endommagé ou excessivement encalcairé ou crade (c'était même assez nickel, en même temps on avait tout nettoyé il y a deux semaines). J'ai passé 1h30 assise par terre dans ma cuisine, une serpillère posée devant moi, les pièces étalées dessus, à les regarder sous toutes les coutures sans comprendre d'où venait le problème. Il y a bien un petit machin en caoutchouc qui pourrait être abîmé mais il est inaccessible, il est coincé dans une grosse pièce en plastique que je ne parviens pas à démonter. Alors je me suis assise à cheval sur les toilettes et j'ai tout remonté, le bras enfoncé dans le mur. Le test du PQ est toujours aussi pessimiste.

Après ça, j'avais le cafard, j'avais l'impression d'avoir perdu mon après-midi...

C'est pour ça que là, je vais aller faire un dessin ou deux histoire de me remonter le moral.

Je vous souhaite une bonne soirée et une chasse d'eau en forme.

10 septembre 2013

La chasse d'eau, qui faisait semblant d'aller

La chasse d'eau, qui faisait semblant d'aller bien malgré le test du PQ qui révélait qu'elle était bonne actrice, se met à faire des bruits de canettes de coca qu'on ouvre, bref, il va falloir que je me penche sérieusement sur la question, ça craint.
Je viens de me brûler la langue avec la soupe de carottes.
Aujourd'hui, j'ai écouté le nouveau single d'Arcade Fire et même si je le trouve assez sympathique, je sens qu'il ne remplacera jamais The Suburbs dans mes oreilles.

C'est sans dessus-dessous ce billet !

J'ai pas très bien dormi, j'ai eu trois contractions cette nuit, en moins d'une demie heure, et je me suis dit "oh non non non pas quand J. n'est pas là !", je me suis demandé si je devais aller aux urgences, c'était peut-être un peu excessif mais c'est parce que ce n'est pas tous les jours de ma vie que j'ai des contractions alors j'avais envie de partager la nouvelle. Comme j'ai plein d'amies mamans, je sais qu'aux cours de préparation à l'accouchement, on vous apprend à respirer pour vous détendre pendant le travail, j'ai donc décidé de mettre en pratique ce qu'on ne m'a pas encore appris, je me suis mise sur le dos, genoux repliés et j'ai entrepris de respirer très lentement, bien par le ventre. Je me suis aussi dit que je devais absolument m'endormir et qu'alors ça allait passer, et j'en étais tellement convaincue que moi qui tournais en rond dans mon lit depuis 1000 ans, je me suis illico presto endormie et ça a marché, les contractions m'ont lâchée.

Ce matin au boulot, j'ai dû avoir une discussion avec l'étudiante qui bosse avec nous en ce moment, elle est toute jeune, je crois qu'elle a dix ans de moins que moi, ça fait super bizarre. J'ai eu l'impression qu'elle retenait son sanglot dans sa gorge pendant que je lui parlais, et je relativisais la remarque que j'étais en train de lui faire, mais elle s'est dépréciée en retour. Je me suis vue, imaginée à 18 ans, exactement à sa place, mal à l'aise, liquide de l'intérieur, cafardeuse. C'est son premier job et je sais que ç'aurait été bien pour elle que ça lui file confiance en elle plutôt que l'inverse. C'est très étrange d'être la personne d'en face, de le vivre de l'extérieur, de réaliser à quel point c'est pas grave et à la fois si, à quel point c'est grave.

Ca me rappelle que dans ma vie, j'ai passé deux entretiens d'embauche pour être caissière dans des supermarchés, les deux fois il y avait dix candidats pour neuf places, et les deux fois je n'ai pas été prise. Grosses remises en question. Aujourd'hui je serais juste curieuse de savoir ce que j'avais bien pû dire qu'il ne fallait pas dire... je n'ai pas le profil supermarché ce qui est bizarre autant qu'étrange vu que j'adore les supermarchés, mais bon.

Ce midi, j'ai dit au serveur du bar que son tablier bleu (très beau !) lui allait vachement bien et il a pensé que je me foutais de sa gueule alors que non.

Après, je suis allée à pieds à la maternité pour ma première séance de préparation à l'accouchement. Sur la route, je me suis offert une brioche aux pépites de chocolat pour mon p'tit dej' de demain matin.

A la clinique : l'endroit est un vrai labyrinthe et je n'ai aucune idée d'où j'ai rendez-vous. Je file donc au comptoir gynécologie, me disant qu'on saura me renseigner. J'en profite pour expliquer à un gynécologue qui traine par là que j'aurais besoin d'un papier-arrêt de travail que mon employeur me demande pour définir la date de mon congé pré-accouchement. Je ne vais pas revoir mon propre gynéco avant une date reculée, et quand je le reverrai je serai déjà en congé maternité donc ce sera trop tard... Je veux m'arrêter quelques semaines avant la date prévue d'accouchement. Et là, le type me regarde et me dit "mais pour quoi faire ?!". C'est fou non ? (ça a aussi été la réaction de certains de mes collègues ! "ah bon, tu t'arrêtes avant la semaine obligatoire ? Mais pourquoi ?")

Bref, finalement, j'ai trouvé la partie kinésithérapie de l'hôpital. Je n'ai pas formulé de désir particulier quant au mode de préparation, j'ai demandé en août à mon gynéco comment ça se passait, il m'a filé un papier avec quatre noms de kinés et quatre numéros de téléphone, et j'ai décidé de suivre le mouvement proposé parce que dans cette maternité, je me sens vraiment vraiment en confiance... Je m'y étais sentie bien en novembre quand on m'avait opérée, bien entourée, et puis je trouve que tout le monde est très très gentil et se montre très concerné. Les médecins ne sont pas alarmistes, les sages-femmes expliquent qu'elles baignent les bébés seulement au bout de deux jours pour que leur peau ait bien bu le vernix (comme m'avait expliqué l'amie chevelue et que ça m'avait semblé vachement bien), les échographistes appellent le foetus "chéri" pendant qu'elles vous échographient le bide ("allez, tourne-toi un peu chéri"). Bref, c'est top quoi. Donc, j'ai pris le papier qu'on me tendait, j'ai décidé d'appeler la kiné qui portait le même prénom que mon amie Milky parce que ça porte bonheur d'aller vers les gens qui portent les mêmes prénoms que les gens qu'on aime, en tout cas dans ma vie ça marche comme ça.

Aujourd'hui, j'avais mon premier rendez-vous avec Milky-la-kiné, donc, et le courant est super bien passé, on a même bien rigolé. Je vais avoir 8 cours particuliers de préparation à l'accouchement, J. est prié de m'y accompagner parce qu'on va lui apprendre à me masser, à me coacher et à me supporter (pas au sens où je suis une grosse relou bande de bananes ! Au sens "supporter de foot"), pour qu'il soit au top le jour de l'accouchement. J'ai hâte de lui raconter tout ça, hé hé...
Milky-la-kiné, à qui j'ai pensé important de préciser que j'étais asthmatique, m'a demandé si quelqu'un m'avait déjà appris la respiration à avoir pendant une crise, et comme la réponse c'était non, elle m'a dit qu'elle allait m'apprendre !!! Trop cool ! Bref, je kiffe à donf la kiné.

Après, j'avais rendez-vous en ville avec un mec que je ne connaissais pas pour lui donner les clefs de pas chez moi, et comme il était en retard il est carrément venu en courant. Trop gentil le mec ! Il était tout essoufflé.

Et puis ce soir, en rentrant, j'avais une lettre pleine de pages dans ma boîte aux lettres ! :-D
Et pouf, là le téléphone a sonné en mode code secret et c'était pour une discussion amicale dépaysante.

Bref, la journée tip-top quoi.

Je m'engage personnellement à faire en sorte que demain soit aussi bien.
Bonne nuit les amis ! (ah oui, d'ailleurs ! Longtemps, longtemps, vous avez été 120 habitués à venir ici tous les jours. Depuis une ou deux semaines, vous êtes carrément 180 ! Je me demande bien qui vous êtes, alors bien sûr c'est le jeu, vous vous baladez sur internet et vous n'êtes pas obligés de vous présenter mais si le coeur vous en dit, n'hésitez pas, c'est marrant pour moi de savoir qui passe par ici ! En tout les cas, bonne nuit à tous !)

9 septembre 2013

Le lundi, je suis toujours un peu claquée,

Le lundi, je suis toujours un peu claquée, enceinte ou pas enceinte d'ailleurs, et pourtant, cette nuit, j'ai dormi 9h15. Je crois que j'avais du sommeil à rattraper de la nuit précédente, où j'ai passé une heure d'insomnie en pleine nuit, avec mon bébé qui avait le hoquet et qui visiblement du coup ne trouvait pas le sommeil, et qui sursautait toutes les trois secondes, et qui gigotait. J'avais ma main posée sur lui et il s'y collait, et il bougeait ses pieds, et le hoquet lui faisait faire de petits bonds, mignons mais empêcheurs de dormir en rond.

Finalement, sans que j'aie eu besoin de lui faire peur, le hoquet est passé et on s'est rendormis, mais à 7h00, le téléphone fixe sonnait, sans code secret. Vu l'heure, je décidai de décrocher quand même. C'était Belgocam qui voulait m'annoncer que la veille, quelqu'un avait laissé un message sur mon répondeur. Ca ne pouvait pas attendre une heure. Même pas possible de dire ma façon de penser en direct, c'était une machine qui m'appelait, bien sûr les employés de chez Belgocam dorment le dimanche matin à 7h00.

Alors aujourd'hui, j'étais claquée. Au boulot, j'avais beaucoup de boulot.

Après le boulot, je me suis résignée à filer à La Poste chercher le recommandé reçu il y a six jours. Je m'attendais à un truc administratif merdique ce qui ne me motivait guère. Et puis quand j'ai eu donné le papier signé à l'employé de La Poste, il est parti farfouiller dans une armoire et il en est revenu avec un paquet rose, énorme. C'était Noël.

Donc je suis rentrée à la maison, reboostée. Il était 14h00, j'ai mis un morceau du reste de la quiche au four et j'ai ouvert le paquet... rempli de choses concrètes et intéressantes qui font que je me dis "des trucs de bébé ? ah oui c'est vrai, on ne le voit pas mais on en a déjà un, il est déjà là".

Ensuite, après m'être encore un peu perdue dans les méandres d'internet pendant quelques temps, j'ai un peu travaillé. Puis j'ai lu le livre reçu dans le paquet rose et puis j'ai dormi. Et puis j'ai encore travaillé.

Et pourtant, je n'ai pas le bon sentiment du travail effectué, alors moi je dis merde, voilà. Il est où, hein, mon bon sentiment de tranquillité d'après avoir bien travaillé ? Mmmhhh ? Celui qui me l'a piqué est prié de me le rendre fissa.

Du coup je vais continuer tout de suite. A demain, portez-vous bien !

6 septembre 2013

Aujourd'hui il y a eu, dans l'ordre : le réveil

Aujourd'hui il y a eu, dans l'ordre : le réveil dur dur, Jean-Pierre Raffarin au p'tit dej', une lessive lancée en partant au boulot, un client qui a téléphoné et qui m'a raccroché au nez parce que je lui disais qu'on ne traitait pas les listes scolaires par téléphone, l'été qui est tout à fait revenu, les factures payées en sortant du boulot, les courses faites pour les quelques petits trucs qui manquaient, le colis cherché, le linge remonté en même temps que les courses et que le colis (flemme de faire deux voyages), les courses rangées et le linge étendu et le linge de l'autre fois plié, le colis ouvert et l'attendrissement devant un petit cache-coeur couleur lentilles corail, la mozzarella mangée malgré la date de péremption dépassée de quatre jours (puis le stress d'avoir été imprudente), le travail pas alimentaire poursuivi, la douche nettoyée, le tian préparé, la lecture sur le lit, l'amie qui vient manger le tian en discutant, une poubelle descendue, , le départ pour la Cinématek en mangeant un bout de chocolat, L'Exorciste, la trouille + la petite déception face au ridicule du truc, quand même. Et en rentrant, le message de J. sur mon répondeur.

8 septembre 2013

J'aime bien que quelqu'un soit assis dans mon

J'aime bien que quelqu'un soit assis dans mon fauteuil, être moi assise sur une chaise en face, et discuter. Ca s'est encore produit aujourd'hui, à partir de 10h20. Je me suis fait un thé, il y avait un rayon de soleil qui me chauffait les orteils et quelqu'un d'aimé dans le fauteuil, on a discuté, on avait plein de trucs à se raconter.
A un moment, il a été question de déjeuner alors j'ai fait une quiche et coupé un demi concombre en fines rondelles, pendant qu'on continuait de se parler, lui assis sur le marchepied ou debout pas loin de moi, et moi heureuse de préparer à manger pour nous deux.
Au dessert, après le raisin et les prunes jaunes, on avait de ces délicieux chocolats qu'il apporte toujours, à déguster.

Ensuite, on y est allé, on a filé jusqu'au Palais Royal, qui était portes ouvertes et soyez les bienvenus. On a suivi le chemin, tout admiré, j'étais étonnée que ce soit si grand, c'était assez doré, il y avait des ambiances feutrées, des lustres immenses et des parquets hallucinants. Lui, il a surtout admiré les tapis, surtout un même, monumental.

Après, on a rejoint une de mes copines qui était elle-même avec d'autres copines, place de la Chapelle où il y avait une fête, la fête des Marolles, le festival des saltimbanques, des géants, une fanfare, un concert. On est resté dans le quartier aujourd'hui mais partout il y avait des fêtes, toutes sortes de fêtes. On a bu un truc en terrasse en discutant encore et toujours, puis on est remonté jusqu'au Petit Sablon en n'oubliant pas d'acheter du pain sur le chemin. On a laissé ma copine à son arrêt de tram et nous, on a grimpé jusque chez moi.

Là, ça a été assez vite, il devait repartir, prendre son train et tout et tout.
Après, j'ai ouvert ma boîte mail et j'en avais un de J. qui était à Ullapool et qui semblait parfaitement heureux.

Alors je me suis fait une soupe aux poireaux et je l'ai mangée en écoutant Les P'tits bateaux et le début du Masque et la Plume, puis j'ai enchainé sur la fin du melon super dur mais assez sucré et sur un chocolat avec de la nougatine dedans.

C'était bien.

6 septembre 2013

Ca fait une semaine que J. est parti, j'ai

Ca fait une semaine que J. est parti, j'ai l'impression que ça fait dix ans et à la fois j'ai l'impression que ça fait deux heures. Hier soir, quand j'ai écouté son message sur mon répondeur, ça m'a fait spécial d'entendre sa voix. Ca m'a fait comme si c'était un mec sur qui je fantasmais mais avec qui il ne s'était encore rien passé.

Ecouter ce qu'il me racontait m'a temporairement divertie de mon stress d'être toute seule chez moi après avoir vu L'Exorciste. J'ai été obligée de dormir sous ma couette pour me protéger des mauvais esprits et je suis morte de chaud. Ce matin, je me suis réveillée et le ciel était bleu ce qui fait que je n'avais plus peur du tout. En y repensant, j'ai trouvé ce film vraiment nul (pas d'intrigue, zéro réponse offerte au spectateur, effets grossiers et improbables voire carrément risibles) et quand j'ai dit ça à mes collègues aujourd'hui, il y en a un qui m'a dit que n'importe-quoi, que c'était un chef d'oeuvre du symbolisme, un témoignage précieux sur une époque, et qu'en plus c'était le film qui faisait le plus peur possible.

Après le boulot, j'ai été enlevée par une charmante blogueuse qui m'a fait monter dans sa voiture et qui m'a fait faire un petit voyage dans la ville. J'aime beaucoup me laisser conduire, c'est une sorte de madeleine de Proust, c'est comme les parkings de supermarché, dans une voiture je me sens chez moi, je m'apaise complètement. L'apaisement s'est prolongé pendant l'après-midi alors que nous étions dans sa super belle maison à boire un petit thé, en compagnie de ses enfants et d'une deuxième charmante blogueuse. Je crois que si j'avais été assise dans un fauteuil je me serai littéralement endormie, c'était comme arriver dans une maison chaude avec une bonne odeur après avoir passé une journée sous la pluie et dans le vent. Je crois que ma pluie et mon vent, c'était mon boulot de cette semaine, alimentaire comme pas alimentaire, qui était fatiguant et questionnant.

En fin d'après-midi, je suis rentrée chez moi et j'ai mangé le reste de tian, le reste de semoule et deux oeufs mollets.

Je me demande si je ne vais pas aller directement me mettre au lit pour lire un grand coup...

3 septembre 2013

La nuit ? Nickel.Le réveil ? Bof.Dans le coaltar

La nuit ? Nickel.
Le réveil ? Bof.
Dans le coaltar en partant au boulot ? Complètement (angoisse de passer la même matinée qu'hier).
Le boulot ? Tip-top, en fait ! Certains collègues prennent vachement soin de moi et ont su me réchauffer le coeur comme ça en deux claquements de doigts. J'ai eu moins l'impression d'être dépassée par les évènements qu'hier, et puis l'étudiante commence à savoir alors ça va aller de mieux en mieux. Super !
Le croque-monsieur de midi en bonne compagnie ? Enthousiasmant !
La glace que je me suis offerte sur le trajet pour rentrer à la maison ? Hyper bonne !
Le trainassage d'une heure sur internet ? Hum...
L'heure et demie de travail pas alimentaire ? Bien concentrée, très gratifiante !
La vaisselle ? Apaisante.
Le steack hâché et la courgette au chèvre ? Parfaits !
Le coup de fil que j'attends ? Chic chic chic !

Bonne soirée !

2 septembre 2013

le jour rapide

7h47, réveil, 7h58, lever. Pipi, douche, p'tit dej' en écoutant la radio, blogging, lavage de dents - séchage de cheveux, changement de pull, enfilage de chaussures. Go !

Sur le trajet jusqu'au boulot, me rendre compte que malgré mes 8h45 de sommeil, je suis complètement dans le coaltar. Et pourtant, le sommeil long, doux, dans des draps propres qui sentent bon et qui sont encore un peu rêches du lavage, comme j'aime. Et le réveil, en douceur, sans violence, pas en plein milieu d'un rêve. De bonne humeur ! Motivée ! Mais non, visiblement tout ça ne suffit pas, je suis dans le coaltar...

Boulot, de 10h00 à 13h00 : beaucoup de clients, une étudiante toute neuve avec qui je n'ai jamais bossé pour remplacer les deux frères rockeurs. Comme je suis dans le coton et qu'en plus je réalise que je n'avais pas réalisé que vendredi c'était mon dernier jour avec les deux frangins et que je ne leur ai même pas dit "merci c'était super" (alors que ça l'était), je suis un peu triste. Ca a été difficile de gérer les bouquins dans lesquels noter des prix, les clients par milliers et l'étudiante qui ne connaît pas encore le rayon vu qu'elle débute... A la fin j'étais sur les rotules.

Je suis quand même rentrée à pieds parce que je devais passer à la pharmacie chercher la crème commandée samedi. J'ai encore fait une pause devant la cathédrale, sur le même banc qu'hier.

Arrivée à la maison, j'ai mis au four la deuxième tomate en nid confectionnée hier soir, et le reste de gougères. Puis j'ai mangé.

Après, j'ai un peu trainassé, l'oeil hagard, sur internet.

Puis je suis montée me coucher dans les bras de mon coussin d'allaitement et j'ai fait une sieste de trois quarts d'heure (j'avais mis mon réveil). Comme je dormais sur le dos, mains posées sur le ventre, le bébé s'est fait une joie de cogner comme un dingue à l'emplacement de mes phalangettes, mais je lui pardonne complètement, ça ne m'a pas totalement réveillée et puis franchement, c'est trop mignon...

Réveil, 16h30. Boulot pas alimentaire pendant 1h30.

Chpof, il est 18h00, l'heure de me mettre en route pour aller assister à la conférence sur le séjour en maternité et sur l'allaitement organisée par la clinique. En descendant, je passe à la cave lancer une machine à 30°C. Je file à la clinique.

Clinique. Super bizarre de n'être entourée que de gens attendant aussi un bébé. En attendant que tout le monde soit arrivé, je regarde les autres et je me dis qu'ils ont tous l'air d'adultes (genre ils sont habillés chez Jacqueline Riu), avant de me rendre compte qu'en fait les 3/4 ont sûrement le même âge que moi, et que je ne suis plus aussi jeune que ce qui est inscrit dans mon cervelet.

Conférence super intéressante, sage-femme passionnée, qui donne plein de détails et répond avec plaisir à toutes les questions. Dans la salle, des gens font des commentaires pendant qu'elle explique tout, et nous montre des images graĉe à son powerpoint. Genre, il y a des filles qui ont fait "baaaahhh" quand elle nous a montré les images de comment on peut se palper-rouler le sein pour le désengorger/détendre au moment de la montée de lait. Ca m'a rappelé le cours de bio de 4ème sur les MST où le prof nous avait montré des images de langues atteintes de maladies ignobles, et où toute la classe avait été révulsée et l'avait fait savoir haut et fort.
Le bébé a profité de cette conférence pour faire ses étirements, j'étais contente qu'il soit si présent.

A 20h45, j'ai repassé mon pas de porte. J'ai mis le dernier quart de tarte à la tomate au four, j'ai étendu le linge que j'avais au préalable été chercher à la cave en rentrant, j'ai plié le linge de samedi qui était sec, et au moment où je m'occupais du dernier torchon, le four disait "chting". Alors je suis descendue, j'ai dîné en écoutant la fin de l'Humeur Vagabonde.

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