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4 octobre 2019

(j'ai hésité avant de publier ce texte, qui est

(j'ai hésité avant de publier ce texte, qui est très intime et très triste - mais j'avoue, ça me fait du bien de partager tout ça par ici. si vous n'avez pas envie de lire un truc triste, ne le lisez pas. je vous embrasse et vous remercie pour votre présence ultra réconfortante !)


J'ai tout le temps la sensation d'oublier quelque chose. D'oublier de faire quelque chose. Le soir, je n'arrive pas à aller me coucher, je tourne un peu en rond, comme si j'avais oublié d'accomplir un truc dans la journée, un truc qui pourrait pas attendre. Un peu comme si j'avais oublié de répondre à un mail super important, ou bien oublié de prévenir quelqu'un de quelque chose, et que ça allait avoir des conséquences. Alors le soir, je ne vais pas me coucher, je fais mentalement des listes, je me dis "c'est quoi ?". Qu'est-ce-que j'oublie, qu'est-ce-qui m'échappe ?
Et puis hier, j'ai réalisé, réalisé que ce que j'oublie, c'est de fabriquer le bébé. J'ai des espèces de sursauts, je me dis "le bébé !", comme si je me réveillais en sursaut d'un cauchemar dans lequel j'avais laissé mourir mon bébé, sauf que je ne dors pas et que je suis très consciente. Des fois, en journée, j'ai cette sensation poisseuse d'oublier un truc, puis ce sursaut, "le bébé !". C'est hyper bizarre mais je dois alors me remémorer, me re-raconter à moi-même ce qu'il s'est passé. Le sursaut me dit "il est mort !" comme si c'était parce qu'il avait été un jour né et vivant mais que j'avais omis de m'en occuper pendant trois jours, oublié dans un coin. Et puis j'ai une sensation très vive mais heureusement très brève de panique en pensant qu'il est effectivement mort, alors je dois me raisonner, et me réexpliquer pourquoi, pourquoi le bébé est mort, et pourquoi on a décidé ça. C'est une panique animale, de bête qui a perdu son bébé. Je comprends la vache à qui on retire son veau, je ressens comme elle. Il me manque un bout de moi. Je vis ma vie, je ris, je me sens heureuse, mais avec ma fille dans un coin de mon coeur et ces sursauts de panique, cette sensation permanente d'avoir oublié quelque chose, d'avoir oublié de m'occuper d'elle.
Ça doit être la suite du sentiment, à la naissance. Le sentiment d'amour qui t'envahit quand tu as ton bébé dans les bras. Mais ton bébé qui ne dort pas, ton bébé qui est mort. Ton bébé que tu admires, que tu renifles, à qui tu parles, sauf qu'une sage-femme vient te le prendre, à un moment. Tu retournes dans ta chambre sans ton bébé et tu es déchirée, arrachée, abandonnée.

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16 septembre 2019

J'aime tout dans cette vidéo. La chanson me

 


J'aime tout dans cette vidéo. La chanson me bouleverse tout à fait. J'aime les fausses notes, l'ambiance de Noël, le fait qu'il y ait un enfant debout sur une chaise devant le micro. J'aime le mec qui arrive en retard et les sourires de ses voisins qui le saluent. J'aime bien les lunettes rondes du retardataire. J'aime bien le rouge et le noir. J'aime bien le fait que ce soit un beau témoignage de la beauté des gens. J'aime bien ceux qui ferment les yeux tellement ils sont dans l'ambiance de ce qu'ils chantent. J'aime bien les mecs qui font "ooooh" en fond sonore. J'aime bien la dame qui chante en duo avec Camélia Jordana et je pense qu'elle sait la chance qu'elle a de chanter en duo avec Camélia Jordana. J'aime bien comme ils ont tous l'air heureux. J'aime bien les pieds nus de la dame. J'aime bien m'imaginer Camélia Jordana devant son dressing, décider, hésitante, de mettre son pull et son pantalon noir parce que quand même, il peut faire un peu froid dans une église. J'aime bien qu'on soit en retard pour chanter avec sa chorale et Camélia Jordana, sans stress. J'aime bien que Camélia Jordana se soit libérée samedi après-midi pour aller chanter avec cette chorale sympathique, alors que toute son équipe l'attendait sûrement en studio pour enregistrer son prochain album. J'aime bien quand plein de gens, ensemble, arrivent à faire un truc aussi réussi, ça donne de l'espoir.

31 août 2019

Comme je suis heureuse et à la fois tellement

Comme je suis heureuse et à la fois tellement malheureuse.
Comme je me sens punie.
Comme malgré la preuve scientifique que nous ne sommes pour rien à ce qui est arrivé à notre minuscule A., je n'arrive pas à me défaire de la sensation d'avoir mal fait, d'avoir loupé, d'avoir mal suivi la recette, de n'avoir pas su faire...
Comme je voudrais un bébé et en même temps je ne veux pas d'autre bébé qu'elle.
Comme j'envie mes amies enceintes, leur joie, leur épanouissement, leur légèreté.
Comme ce fut atroce de devoir choisir.
Comme nous ne voulions pas choisir.
Comme nous aurions préféré ne pas savoir, en fait.
Comme je ne regrette pas notre choix, et comme à la fois je le regrette complètement.
Comme ça m'a bouleversée d'apprendre que Philippe Katerine avait dû être opéré à huit ans d'une cardiopathie.
Comme c'est difficile de se projeter dans le handicap quand on ne connaît pas le handicap.
Comme on ne peut pas imaginer, malgré tous les témoignages possibles et imaginables recueillis.
Comme elle était belle, et ses doigts fins, et ses ongles microscopiques.
Comme ses cheveux, ses cils et sourcils étaient blonds-blancs.
Comme on peut avoir pris une si grande place, même seulement en quelques mois, en se manifestant juste par des petits coups, de l'intérieur.
Comme elle lapait le liquide amniotique, quand nous la voyions aux échographies.
Comme je veux revenir en arrière, qu'elle soit encore là mais qu'elle aille bien.
Comme je la veux, elle.
Comme c'est injuste.
Comme c'est une chance incroyable d'attendre un bébé qui va bien.

4 août 2019

Mardi soir, en revenant chez moi, j'étais devenue

Mardi soir, en revenant chez moi, j'étais devenue errante. Je n'ai pas compris tout de suite ce qui m'arrivait, je passais de pièce en pièce comme si je cherchais quelque chose, sans bien savoir quoi. Je regardais dans tous les coins, j'inspectais mon bureau, je regardais dans les poubelles. Je ne m'asseyais pas, je marchais, doucement, en regardant partout. J'avais perdu quelque chose. Et puis j'ai compris que je cherchais des traces d'elle. Mais bien sûr, elle n'avait rien oublié en partant, elle n'avait pas perdu de cheveux, elle n'avait rien déplacé et rangé différemment de d'habitude.
Je cherchais des traces de ce qui avait été avant qu'elle ne soit plus là. Je voulais voir les épluchures de fruits que j'avais mangés avec elle, je voulais voir comment j'avais plié le linge avant, comme si je n'étais plus la même (je n'étais plus la même) et que je voulais voir comment faisait l'Elisabeth d'avant, pour ce genre de choses. Je buvais dans un verre lavé avant, enveloppée, rassurée, comme si c'était une maman qui l'avait lavé pour moi, donc forcément bien lavé, particulièrement bien lavé, comme je n'étais plus capable de laver.
Je pensais que l'endroit où elle était restée, l'endroit qu'elle avait bien connu, finalement, je le portais toujours sur moi. Je n'osais plus me toucher le ventre.
Je regardais par la fenêtre en me demandant ce que j'y voyais, avant. Et qu'avais-je regardé, remarqué, alors qu'elle était encore là ? Et tout me semblait bizarre, connu mais étranger, car elle n'était plus là, et que sans elle j'étais abandonnée et perdue.
Le voisin de derrière avait défriché son jardin, pour la première fois en presque 4 ans que nous habitons là, et je lui en voulais un peu d'avoir fait ça à ce moment-là, je voulais que rien ne bouge, que tout reste comme avec elle. La nouveauté était comme le paysage du train qui défile en vous séparant de plus en plus de celui que vous aimez, la nouveauté m'éloignait d'elle, c'était comme une petite trahison, comme regarder la suite du film sans elle.
Je trouvais des pêches et brugnons achetés au marché avec elle, en lui décrivant dans ma tête la beauté de l'étal.
Je re-reniflais ce petit bout de laine qui sentait elle, je re-regardais ces empreintes de ses pieds fins, je relisais les 5 mots de son bracelet de naissance. Je voulais la boire, la manger, l'ingérer, et j'avais si peu d'elle.

31 mars 2019

Bon, allez, je me lance. Ça fait deux mois que je

Bon, allez, je me lance. Ça fait deux mois que je n'ai plus écrit ici, et  c'est à cause de la catégorie suivante, la fameuse "à l'école", qui m'a complètement bloquée... Aujourd'hui, ce n'est plus moi l'écolière (contrairement à l'époque où j'ai créé ce blog), et l'école publique française, c'est un sujet qui m'occupe beaucoup l'esprit...
Instit', j'ai l'impression que c'est un des métiers les plus passionnants qui existe, un métier qui permet de partager de l'enthousiasme, des idées, qui permet certainement de changer un peu le monde... J'ai l'impression que c'est aussi un métier ultra difficile, réussir à se faire entendre par trente personnes, réussir à partager des idées, à se faire comprendre, rester calme, bosser énormément, ne pas avoir beaucoup de reconnaissance, être juste, continuer de prendre soin de soi en prenant soin des autres, se remettre tout le temps en question...

Je trouve que ce n'est pas facile non plus d'être parent d'élève. Parce que je ne partage pas toujours les convictions éducatives des instits de mon fils, et que bien sûr c'est tout à fait normal (après tout, c'est logique qu'il y ait autant de façon de penser l'éducation que de gens sur Terre) mais pas toujours facile à avaler... Parce que j'ai tellement entendu d'instit' dire que le plus compliqué dans leur métier, ce sont les parents d'élèves, et que je trouve ça infiniment compliqué d'être les parents reloux (oui, c'est comme chou, genou hibou caillou), de remettre en question quelqu'un d'autre (d'autant plus dans sa spécialité), de se mêler de ce qui se passe dans la classe alors qu'on n'y est pas et qu'on n'a pas forcément envie d'être un parasite casse-pieds qui intervient alors qu'on ne l'a pas sonné... Et qu'en même temps, on a envie de protéger son enfant, de ne pas le voir développer certains traits de caractère encouragés (genre la compétitivité), qu'il soit bien à l'école et qu'il ne soit pas angoissé d'y aller, qu'on ne cherche pas à le faire devenir autre que ce qu'il est (qu'on respecte sa timidité, par exemple)...

Bref, la thématique "à l'école", ça me travaille tellement le coeur que je n'ai pas assez de recul pour y participer. Mais si vous, vous voulez me parler d'école, allez-y, j'adore !

On peut aussi aller visiter le blog de Bliss Cocotte, elle fait des supers billets d'instits qui font visiter leur classe !

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21 janvier 2019

Cette chanson me met dans un état pas possible.

 

Cette chanson me met dans un état pas possible. Elle me bouleverse, me donne envie de danser et m'apaise complètement en même temps.
Il y a une ambiance de sérénité, de paix, on se croirait dans une bulle, un peu comme quand on a les oreilles bouchées et qu'on entend les sons un peu lointains et qu'on se sent  à l'écart du monde même si on est en plein milieu.
Avec cette chanson, j'ai l'impression d'être assise en-dessous de la pyramide du Louvre et de regarder les gens passer, un condensé du monde, des gens de toutes les couleurs, avec toutes les tenues possibles, des américains en short et des japonais super design. On vient de voir la Joconde, on voit tous ces gens passer qu'on ne recroisera plus jamais ou peut-être que si mais on ne s'en rendra pas compte, alors on sent bien qu'on est rien du tout, et que ce n'est vraiment rien, la vie, qu'il ne faut pas en faire toute une tartine, juste profiter d'être là, là.
Sous la pyramide du Louvre, on se fond dans la foule, les gens sont tellement différents, et c'est tellement curieux de se dire qu'on doit soi-même être exotique pour d'autres. Le mieux, dans les musées, c'est de regarder la diversité humaine.

Cette chanson me fait le même effet. Un effet de joie pure, de cri du coeur, de chair de poule de bonheur.

31 janvier 2017

J'avais comme un peu la flemme d'y aller, mais il

J'avais comme un peu la flemme d'y aller, mais il fallait bien les rendre ces livres, même celui que j'étais en train de lire. Le 31 janvier, dernier délai. J'ai mis les livres dans mon sac et j'ai mis le sac sur mon dos et après l'école, j'ai continué vers le centre. Finalement, il faisait beau et doux et je me rendais compte que ça me réveillait, cette balade. J'ai marché vite pour pas perdre de temps, et en arrivant à la bibliothèque, et bien je suis tombée nez à nez avec ma bibliothécaire préférée, qui m'a invitée à entrer. On a discuté, on s'est dit que c'était dur, cette fermeture, on était d'accord. Elle m'a dit de garder le livre pas fini plus longtemps alors je l'ai remis dans mon sac. Sinon j'étais à jour. Après je suis repartie et dans ce sens, ça descendait, et j'ai presque regretté d'être déjà chez moi en arrivant.

8 décembre 2016

En ce moment, j'écoute à peu près trois fois par

En ce moment, j'écoute à peu près trois fois par jour le Boléro de Ravel. C'est mon fils : j'ai senti qu'il aimait bien les chansons qui filent des frissons, alors je le lui ai fait écouter et depuis il veut l'entendre, le ré-entendre, et encore. Comme je n'y connaîs strictement pouic à la musique classique, je lui ai mis le premier enregistrement en concert filmé trouvé sur Youtube. Comme je n'y connais rien en musique classique, je m'y connais encore moins en chef d'orchestre, je n'avais jamais entendu le nom de celui-ci avant, mais il m'a fait un effet boeuf. Il a l'air tellement joyeux, on dirait qu'il joue, qu'il a six ans et qu'il est dans un jardin. Il est d'un mignon... Et à dire vrai, quand pendant que je débarassais la table du p'tit dej', hier matin, Joachim a appuyé sur le son du volume pour le monter au max, et bien j'étais dans le même état de transe que le chef d'orchestre, et j'ai mis les couverts sales dans l'évier en dansant. Cette musique, ça fait penser "bon, les hommes sont capables du pire, mais aussi du tellement bien", parce qu'il fallait l'inventer, et après il faut réussir à la jouer tous ensemble. Ca me rend carrément heureuse.
A la fin du morceau, on voit les fossettes du chef d'orchestre se dessiner, il a l'air tellement ému, et je ne comprends pas comment les musiciens derrière restent aussi stoïques, je suis frustrée qu'ils ne  se jettent pas tous dans les bras les uns des autres en riant et en pleurant, vu ce qui vient de se passer.

16 octobre 2016

Parfois, je suis un peu découragée, désénergisée,

Parfois, je suis un peu découragée, désénergisée, démotivée, désenthousiasmée, et je ne sais pas toujours trop quoi faire pour retrouver l'envie. Et puis l'autre jour, je lisais Chat-Nouille de Gaëtan Dorémus à mon fils et je me suis rendu compte que le message délivré était pour moi : le Chat-Nouille, il retrouve l'envie en se forçant à faire des trucs qu'il n'a pas particulièrement envie de faire mais qu'on lui propose, qu'il voit d'autres apprécier. Donc, quand je sens une baisse de régime, j'essaye de faire mon chat-nouille et je crois que ça marche un peu.

Et il y a un nouveau portrait de voisine chez le voisin !

2 janvier 2015

Une nouvelle année qui commence, la précédente

Une nouvelle année qui commence, la précédente même pas encore adoptée. Je me crois encore en 2013. Il faut que j'écrive plus de lettres avec date en haut à gauche, ça m'aiderait.
Alors comme ça, en une seconde, on passe de décembre, en bas, dans les tréfonds, à janvier, en haut, au soleil.
On achète des bottines rouges à me faire pâlir d'envie mais en pointure 20, on les enfile et on sort juste devant la porte de l'immeuble. Je pose l'enfant à terre, il marche comme dans de la neige sauf qu'il n'y a pas de neige, ça a l'air de faire bizarre de marcher avec des chaussures pour la première fois.
Il marche, souriant, heureux, infatigable, serrant deux de mes doigts dans sa main (sinon c'est encore la chute). Je réalise que c'est la première fois qu'il a une si bonne visibilité, pas de parent gênant devant les yeux. Il est fou de joie. Il s'intéresse de près aux roues des voitures, aux bouches d'égoût, à la petite mousse entre les pavés, aux pavés, aux plantes. Il n'arrête pas les "'gad' !" ("regarde !"). Il rigole avec tous les gens qui lui adressent la parole, il veut un morceau de ces sandwiches mangés par des touristes devant la cathédrale. Il veut suivre les chiens, poser sa main sur tous les poteaux au bord du trottoir.

Depuis que j'ai arrêté d'allaiter Joachim il y a trois semaines, j'ai des espèces de bouffées de bonheur, un sentiment de plénitude, et un souvenir qui me revient en boucle.

Je suis à l'école primaire, c'est le début du printemps. On a sorti les habits d'été et rangé ceux d'hiver. C'est le matin, on sort pour aller à l'école, on a juste une culotte, une robe d'été, un gilet d'été et des socquettes dans des sandales. Il fait encore frisquet le matin. On sent le frais sur nos jambes. Ca sent les fleurs, les feuilles qui poussent, l'herbe qui verdit. Des oiseaux chantent, mais bien. C'est pas juste des pigeons, ce sont des oiseaux mélomanes et de différentes sortes qui nous offrent un concert de bonheur.
Eventuellement on va à l'école en courant dans nos cordes à sauter. Ca sent la fin de l'année, tout le monde a l'air plus détendu et plus heureux. On passe par l'allée des glaïeuls et les jardins sont bondés de verdure et d'oiseaux. Ou bien on passe par le parc dont je garde un souvenir majestueux.
Le bonheur, c'est ça pour moi.

Janvier, ça ressemble toujours au printemps.

19 mai 2016

Mon bonheur du jour, c'est, entre autres, d'avoir

Mon bonheur du jour, c'est, entre autres, d'avoir enfin lancé ce blog d'interviews qui m'excite depuis quelques semaines.
J'ai envie d'interviewer tout le monde. Ca m'est venu en lisant les portraits des victimes des attentats parisiens et bruxellois, sur le site du Monde. Je les lisais et à chaque fois, l'idée qui me venait, c'était "Mais cette fille/ce mec était si rempli de vie et de projets !..." et puis "Je suis sûre qu'on se serait super bien entendus et on ne se rencontrera pas". Un gâchis et une injustice incommensurables.
Alors je me suis dit que c'était dommage d'avoir envie de rencontrer les gens en lisant leur portrait alors qu'il était trop tard pour les rencontrer. Je me suis dit que j'allais essayer de faire des portraits de gens vivants, pour montrer la préciosité de mon voisin de palier, de mon voisin de bus, de mon voisin de queue au supermarché.
Si vous voulez rencontrer du monde, filez chez le voisin !

Voici l'adresse du voisin : www.unvoisin.canalblog.com
Et voici l'adresse de Grand chose (pas grand chose mais en mieux) (un blog à l'initiative de Lisa et Cati): http://grandchosepasgrandchosemaisenmieux.blogspot.fr/

Bises !

20 avril 2016

On part de la bibliothèque vers six heures moins

On part de la bibliothèque vers six heures moins le quart, il fait beau et bon, on discute Petit J. et moi, et tout à coup, rue Petite Croze, il me dit qu'il veut descendre de la poussette. Ok. Rapidement, il veut carrément pousser la poussette, sauf qu'il s'arrête tous les deux mètres pour regarder les roues, pour faire tourner un machin, pour voir un bidule. On traîne, on traîne, mais l'air sent bon et je suis bien alors j'accepte. Tout à coup, je vois arriver au bout de la rue la bibliothécaire, elle rentre dans un immeuble, pendant ce temps nous on avance de cinq mètres puis elle ressort de l'immeuble, nous croise, ironise de façon très drôle et malicieuse quant à la rapidité de notre retour chez nous (et moi, du coup, de me demander tout fort quelle heure il est, vu que la biblio est à un quart d'heure de chez nous et qu'elle ferme à six heures, et que la bibliothécaire a eu le temps de fermer la biblio et de rentrer chez elle et que nous nous sommes encore là). Elle va jeter des bouteilles dans la bulle à verre puis revient sur ses pas pour rentrer chez elle et nous recroise encore. On se sourit, amusées. Je l'aime bien cette fille.

Après le dîner, J. termine de cuire les poireaux tout en préparant de l'eau de chaux, moi je range (demain on aura une invitée) et Petit J. cuisine un gâteau aux fraises dans sa chambre. Chacun vaque à ses occupations mais le Petit nous appelle régulièrement, nous on discute quand on se croise aussi, J. (le Grand) dit "on est bien " et je trouve aussi.

C'est l'histoire du soir, il a choisi Engins et machines animés (de Anne-Sophie Baumann et Didier Balicevic). A la page du camion-poubelle, il nous demande de faire comme si on parlait dans le micro de la cabine. Il veut qu'on dise "Allô tu m'entends ? - Ouais, on te reçoit cinq sur cinq !" puis, ce qui lui fait très très plaisir, c'est quand on fait dire, dans le micro, au conducteur du camion "eh les mecs, coucou !" en imaginant qu'il fait coucou aussi de la main à ses collègues à l'arrière du camion, dans le rétroviseur. Son sourire de joie à ce moment-là !

15 décembre 2013

grand sondage Couac-Couac à l'usage des familles

Salut à tous, j'espère que vous allez bien.
Depuis que je suis devenue maman, mille questions se posent à moi (ou à nous), et j'ai donc décidé de venir partager vos expériences ici avec nous (si vous voulez ;-). Vous n'êtes pas obligé d'être parent, vous pouvez être grande soeur, tonton, nounou, sage-femme, tuteur (si vous êtes tuteur de plante verte ça ne marche pas), enfin ce que vous voulez qui vous donne une expérience/un avis particulier.
Si vous avez une réponse à seulement une question, no problemo, personne n'est obligé de répondre à toutes les questions !
Ne me donnez pas de conseil ("à ta place je ferais comme-ci, si j'étais toi je ferais comme ça") parce que je suis fatiguée et irritable, j'ai juste besoin que vous me racontiez comment ça s'est passé pour vous, quels choix vous avez fait et pourquoi. Oui, pourquoi, c'est super important de me dire pourquoi.
Ne me dites pas "tu es trop angoissée tu dois t'apaiser", je le sais très bien, mais je suis fatiguée, aussi, et je compose avec l'état dans lequel me plonge cette fatigue...


1 - Vous avez déjà rencontré un bébé inendormable ailleurs que dans des bras ou contre un sein. Quel a été LE truc (ou LES trucs, c'est encore mieux ;-) qui a marché pour l'endormir efficacement ?

2 - Pensez-vous, comme on vous l'explique à la maternité, qu'il faut être à l'affut des mouvements de succion de son bébé pour lui donner à manger avant qu'il pleure, ou bien êtes-vous partisan d'attendre qu'il vous signifie clairement sa faim en pleurant ?

2 bis - Vous êtes vraiment pro allaitement à la demande ou bien vous pensez qu'il faut toujours attendre minimum deux heures entre deux tétées ?

3 - Que pensez-vous du sérum physiologique ? Avez-vous l'habitude d'en asperger l'intérieur du nez de votre bébé tous les jours (comme indiqué à la maternité) ?

4 - Tous les combien de temps lavez-vous votre bébé ?

5 - Vous êtes plutôt liniement, eau + savon ou produit plus "élaboré" genre Moustello ?

6 - Quels vaccins avez-vous choisi de faire faire à votre enfant ?

7 - Avez-vous une idée de pourquoi un bébé vomit un peu après ses repas, et de comment lui éviter ça ?

8 - Avez-vous cédé à l'appel de la "tututte", "tétine" ? N'avez-vous pas peur de l'effet "bouchon" (tu pleures, j'te bouche) ? Comment et au bout de combien de temps d'utilisation vous en êtes-vous débarassé ensuite ?

9 - Avez-vous déjà rencontré un bébé s'endormant au sein avant d'être rassasié, de bien-être ? Si oui, quelle a été la solution pour le réveiller en douceur et qu'il continue son repas ? Quelle a été la solution pour savoir si il était rassasié ou pas (les livres disent qu'un bébé qui s'endort au sein est repu - notre bébé prouve que c'est faux) ?

10 - Vous a-t-il semblé facile et tout naturel de sortir de chez vous avec votre bébé, au départ ? N'avez-vous pas trouvé ça angoissant ? (angoisse qu'il veuille manger alors que vous marchez dans une rue longue comme un bras, sans banc, sous la pluie, par exemple)

11 - Quelles ont été vos premières sorties ?


Pour l'instant, je crois que c'est tout. J'ai commencé à écrire ce questionnaire il y a quatre jours, depuis, j'ai trouvé de nombreuses réponses à mes questions... je vais donc y répondre aussi dans les commentaires, au cas où ça pourrait servir à quelqu'un d'autre. Répondez quand même si le coeur vous en dit, je suis sûre que la diversité d'expériences fera relativiser tout le monde... moi j'ai bien besoin de ça.

Bonne soirée !

22 septembre 2013

Le plaisir du moment, c'est de m'installer sur

Le plaisir du moment, c'est de m'installer sur mon lit, nos deux oreillers empilés, coussin d'allaitement par-dessus et là, bien calée, dévorer bouquins et bandes dessinées. Normalement je vais à la biblio mais en ce moment, en sortant du boulot, je n'ai pas le courage d'y aller, j'ai juste envie de rentrer chez moi. Mais bon, comme je bosse dans une sorte de caverne d'Ali-Baba du livre... c'est pas très coompliqué d'avoir toujours quelque chose à lire dans les mains.

Cette semaine, je me suis offert Blankets, manteau de neige de Craig Thompson, que j'avais déjà lu chez ma grande soeur mais il y a suffisamment de temps pour que je n'en garde qu'un vague souvenir. C'était toujours aussi bien, pas forcément adapté à la saison parce que très sombre, et que lorsqu'il fait sombre chez moi j'ai plutôt envie de voir des films et lire des livres qui me racontent la lumière, mais quand même, c'était vachement bien. J'aime bien partager les réflexions sur la vie des autres. En fait ça m'a un peu foutu le cafard (les relations aux autres à l'adolescence, le père violent, la mère qui n'a d'yeux que pour Dieu, super bien-pensante mais effrayante, les deux frères qui font un peu de la peine, dans le même bateau et en même temps très seuls m'a-t-il semblé) mais quand c'est si bien raconté et si bien dessiné, on prend quand même du plaisir...

Et puis avant-hier, je suis tombée sur Le Confident d'Hélène Grémillon, la quatrième de couverture m'a beaucoup intriguée et déjà donné envie d'en savoir plus ("Camille vient de perdre sa mère. Parmi les lettres de condoléances, elle découvre un étrange courrier, non signé. Elle croit d'abord à une erreur mais les lettres continuent d'arriver, tissant le roman de deux amours impossibles, de quatre destins brisés. Peu à peu, Camille comprend qu'elle n'est pas étrangère au terrible secret que cette correspondance renferme.    Dans ce premier roman sur fond de seconde guerre mondiale, Hélène Grémillon mêle de main de maître récit historique et suspense psychologique").

Et voilà, et c'est exactement ça, les récits sont mêlés "de main de maître" et j'adore ça quand tout est emberlificoté et qu'en même temps, plus on avance dans la lecture plus ça semble logique et probable. J'ai adoré lire ce livre, je l'ai trouvé fascinant, absorbant et bien écrit. Par contre c'est une histoire épouvantable. J'aime bien lire des histoires d'amour impossibles, dans les livres j'aime bien la cruauté, la méchanceté, la manigance, la manipulation. Et bien là j'ai été servie. Quel choc !
Je l'ai commencé hier matin (et fini ce matin) mais je l'ai offert à une amie hier soir, pour son anniversaire, parce que vraiment !

3 mars 2016

Le jeudi, c'est le jour un peu compliqué où il

Le jeudi, c'est le jour un peu compliqué où il n'y a pas gym, pas maison verte, et où la bibliothèque est fermée. On peut faire une chouette balade sauf qu'aujourd'hui il pleuvait à verse... Tant pis, je me suis motivée, on a tous les deux mis nos bottes et nos capuches, et comme but, j'ai décidé d'aller acheter de la farine T80 (pour le crumble que je voulais faire, au potimarron et au tofu fumé (mais oui !)), et du comté.
Pour que la balade ait un intérêt particulier, j'ai décidé de la faire sans poussette, j'ai pris le porte-bébé dans mon sac au cas où vraiment J. en aurait vraiment, mais vraiment marre de marcher. Et puis nous sommes partis.
C'était particulièrement réussi parce que certes, il pleuvait, mais finalement, sans parapluie, sans poussette, avec les pieds et la tête au sec, ce n'est pas si gênant... Et puis surtout, J. a tenu de lui-même mon index pendant tout l'aller. Il me racontait des trucs.
Pendant qu'on était au magasin, il y a eu une averse de grêle énorme mais on était à l'abri. Et quand on est sortis, il y avait un grand soleil, et des flaques géantes, ce qui fait que nous avons mis 1h30 à rentrer parce qu'il les a toutes essayées. C'est cliché mais c'est cool, quand même, de sauter dans les flaques.

17 février 2016

bonheur du jour (je sais pas combien, tiens, j'arrête de compter)

Je crois que cette journée était intégralement agréable et gratifiante, pour contrebalancer celle d'hier qui était ardue (comprenez : j'ai mis 2h30 à faire comprendre à Petit J. qu'il était claqué et qu'une sieste pouvait améliorer son état (je crois que j'ai oublié de raconter que nous avons remis les barreaux au lit suite à cinq jours d'épouvante où il est sorti de son lit quatre fois par minute pendant 3h00, à chaque coucher de sieste (pas le soir (?)) - sauf que depuis hier, il sait sortir du lit même avec barreaux - ah ha !) - mais comme je suis maligne j'ai triomphé hé hé : technique : le coucher en lui disant que lui fait ce qu'il veut, dans sa chambre, mais que moi j'ai besoin de me reposer - bien sûr, il sort immédiatement de sa chambre - mais moi je me couche, je prends mon bouquin et je le laise sauter sur mon lit et m'escalader pendant 35 minutes - suite à cet épisode sportif alors qu'il était déjà claqué, le Petit J. accepte de s'allonger - ok, il se relève trois minutes plus tard (mais déjà, la durée allongée s'allonge, l'espoir de la mère revient), je lui explique que dans ce cas je vais fermer la porte du salon (il ne sait pas l'ouvrir, ce n'est pas une clenche, c'est un bouton de porte qu'il faut tourner) - il chouine - je le laisse chouiner quinze minutes puis je reviens le voir - il est toujours dans son lit, il est content de me voir, il veut que je ré-installe Petit Chat et Gros Chat (qui doivent être assis dans le coin du lit sinon ça ne va pas) je me barre - IL DORT !!!!).

Bref, ça, c'était hier.

Aujourd'hui, tout n'était que ruisseaux de jus de pomme et rochers de sablés.
La biblio, ce matin, très bonne idée (j'ai décidé de bien le fatiguer tous les matins pour faciliter le coucher de la sieste, et ça marche), bon moment, trouvé de chouettes livres pour moi, lu dix Belles Histoires et quinze Popi, parfait.
En rentrant, on croise J. en costume de facteur, devant la boîte aux lettres - marrant !
Ce midi, pâtes sauce tomate, enfant ravi.
SIESTE !!!
Pendant ce temps, j'ai flâné et travaillé et c'était super, j'ai bien aimé ce que je dessinais, et puis j'ai enfin réussi à capter France Inter, je n'en pouvais plus de cette émission de France Culture qui parle d'écrivains en long en large et en travers (ça me fichait le cafard) (et pas de bol, cette fameuse émission tombe pile pendant la sieste).
Ensuite, Petit J. se réveille, il est d'une humeur exquise, et J. l'adulte raboule sa face, nickel !
Je me lance dans un pâté végétal aux lentilles et aux noix. Pendant que les lentilles cuisent, je fais la vaisselle et je me dis que qu'est-ce-que j'aime ma cuisine !
Pendant ce temps, J. fait une sieste, et Petit J. joue près de moi, tout mignonnement. De son propre chef, il range tous les Duplo qui traînent dans leur panier (?), il commente tout ce qui se passe par la fenêtre, il n'arrête pas de me dire que mon pâté végétal va être bon (finalement il n'aime pas (alors que c'est exquis)). Le trop bon moment.

Et maintenant, je vais aller lire les bande-dessinées de la bibliothèque au fond de mon lit ! Youhou !

Portez-vous bien !

9 février 2016

Bonheurs 26.

Je faisais une sieste en même temps que Petit J. quand j'ai été réveillée par un bruit de clef dans la serrure. J. ! Je l'entends enlever ses chaussures, poser son sac, poser les sacs de courses dans la cuisine (en plus il avait fait les courses !), je l'entends me chercher partout et en dernier lieu il passe la tête dans la porte de la chambre, il voit mon nez et mes cheveux qui dépassent de la couette, on se sourit, salut ! Je lui demande un bout de chocolat, il m'apporte deux carrés, et puis il vient s'allonger près de moi, on se raconte les dernières, la tournée ultra rapide, les deux erreurs de parcours faites, sur la route pour y aller et sur la route du retour, le poisson acheté, Petit J. qui commence à peser trop lourd pour moi dans le porte-bébé et je me sens cassée après l'avoir porté comme ça deux fois vingt minutes, le cake à l'orange et au chocolat que j'ai prévu de faire, les projecteurs de cinéma dessinés et super réussis, les cookies qu'il va faire pour apporter demain à la formation, les livres empruntés à la biblio, la randonnée prévue en groupe annulée à cause du temps.

Après, on entend Petit J. se réveiller, on se retrouve tous les trois dans sa chambre, le petit qui construit une voie de chemin de fer, moi qui feuillette le livre de cakes emprunté, J. qui me raconte des trucs.

Ensuite, il pleut à verse, on est tous les trois dans la cuisine, d'abord je fais la vaisselle puis je les rejoins sur le buffet où ils sont occupés à faire les cookies, pour faire mon cake. Dedans la lumière est jaune et chaude, dehors tout est gris.

8 février 2016

Bonheur 25.

J'étais à deux doigts de passer une bonne grosse journée de merde, quand j'ai eu une drôle (mais bonne idée) : faire tout ce que je déteste faire, du genre téléphoner à des administrations, faire des démarches sur internet, et trier la paperasse. Après avoir jeté toutes les factures d'eau, de téléphone et d'éléctricité gardées depuis 2007, j'allais BIEN.

5 février 2016

Bonheur 22.

Hier, on part faire les courses Petit J. et moi, on sort, on marche dans la rue. Tout à coup, le facteur sort d'un immeuble, enfourche son vélo et se barre. Je lui cours après en criant son prénom, il s'arrête, regarde derrière lui, interrogatif, et a un air super heureux en nous voyant. On lui dit qu'on va faire les courses, il me dit de penser aux carottes et aux oignons.

22 février 2013

le choix de l'optimisme

Un jour vers la fin de l'année 2012, j'ai lu un article sur internet, c'était un philosophe super connu mais je ne me souviens plus lequel (mais pas le mari d'Arielle Dombasle en tout cas) qui disait sur je ne sais plus quel site (j'ai de super sources) qu'en fait, à son avis, la fin du monde ou plutôt la fin de l'homme était déjà en marche, qu'on courait à la catastrophe et que la fin du monde c'était pas forcément une énorme explosion un beau jour, que ça pouvait être quelque chose qui se passe à petit feu, l'extinction de beaucoup d'espèces, la nature qui répond à nos actes, des riches qui veulent plus de sous et des pauvres qui se battent pour une miette de baguette (je romance comme ça, c'était pas dit comme ça).

Et puis en ce moment, comme j'ai un petit fond optimiste, je repense au livre génial Résister c'est créer de Florence Aubenas et Miguel Benasayag, que j'avais lu dans notre lit, dans la lumière du vélux de notre précédent appartement. Le livre qui fait devenir responsable, qu'après l'avoir lu on a envie de prendre les choses en main, de devenir vraiment citoyen, de se bouger le fessier, d'agir localement mais d'agir, de devenir tous de vrais politiciens quoi.
Et donc, je tombe par-ci par-là sur des nouvelles qui me font penser qu'en fait, on est peut-être en train de vivre la fin de l'humain, mais on est aussi en train de vivre un bon début de révolution, c'est moi qui vous le dis.

Sur facebook, j'ai dit J'AIME aux Incroyables Comestibles et depuis, très régulièrement, dans le flux de mes infos facebookiennes, et bien j'apprends qu'une nouvelle ville participe, que de nouvelles personnes ont décidé de faire potager commun avec le monde entier, de planter des poireaux et des carottes disponibles aux passants au bord de leur terrain. Il y a même des endroits où les légumes poussent dans les bacs à fleurs de la ville (dans les rues piétonnes pas polluées). Et hop, +5 de moral sur l'échelle de Richter du moral.

J'ai découvert la Super Supérette qui propose des recettes joyeusement partagées pour réaliser chez soi ses aliments industriels préférés, sans les ingrédients non comestibles qu'il y a normalement dedans. A nous le Nutella maison, les Tuc fabriqués à la main, le Napolitain poli. Génial !

Sur le blog du Monde une année en France, j'apprends qu'à Poitiers, les étudiants se sont organisé une petite épicerie pas chère du tout pour les plus démunis d'entre-eux, j'apprends que dans un village français, on a construit une maison pour un homme qui vivait dans un mobil-home, je lis que deux classes de 5ème d'un collège sont embarquées dans une aventure d'opéra et sont enthousiasmées de découvrir Paris et l'opéra Garnier. Je lis que des gens cultivent des graines interdites et en font des échanges secrets pour retrouver la diversité.

J'entends aussi parler de gens qui se manifestent pour préciser leur désaccord quant à l'érection d'aéroports ou de choses comme ça.

J'entends que la Stib a compris que beaucoup de gens prennent les transports en commun et que par conséquent il faut en augmenter la fréquence de passage.

Les poêles en fonte existent.

Il me semble que de plus en plus de gens ont envie de tricoter, coudre... Les friperies sont réputées et dévalisées. L'armée du Salut, les Petits Riens, Emmaüs, sont à la mode.

Dans les produits Delhaize, il y a parfois moins de conneries que dans les produits dits de marque.

J'ai vu des moineaux en ville.

Les hommes dits politiques sont de moins en moins crédibles, non ? J'ai l'impression qu'on va enfin pouvoir les laisser gesticuler entre eux et passer aux choses sérieuses entre nous.



edit du lendemain matin au réveil : je me disais bien que j'avais oublié plein de trucs ! ça me revient ce matin !

Il y a les petits vieux qui choisissent la colocation plutôt que la maison de retraite (moi qui n'ai jamais fait de coloc', je m'dis que ce sera pour mes vieux jours) et qui jardinent ensemble, se baladent en groupe sur les chemins de campagne.

Il y a un magasin où rien n'est à vendre et tout est à donner (et je crois qu'il existe aussi des vide-greniers comme ça).

Il y a le Bon Coin qui a un succès d'enfer (lisez cet article, il file la pêche !).

A Bruxelles, il y a Precare, qui met en relation des propriétaires de locaux innocupés avec des gens qui ont besoin d'un local pour faire un truc (un atelier d'artiste, une salle de spectacle...).

En Belgique (mais aussi en France maintenant), il y a la Smart, une association qui permet aux artistes de ne pas travailler au noir, d'avoir des droits (les mêmes que ceux de n'importe-quel employé), de payer des impôts, d'être sûrs d'être payés pour leurs prestations, et beaucoup d'autres choses. Ca marche super bien...

Il y a aussi le groupe Google Thalys pas cher, que j'ai testé en tant qu'acheteuse mais aussi en tant que revendeuse de billets, et en fait c'est hyper agréable d'avoir un billet pas cher au dernier moment, et en plus de rencontrer des gens qu'on n'aurait pas rencontrés sinon. L'échange a été plutôt bref mais chaleureux dans mes cas, tout le monde est content. Une fois, un mec m'a même prêté sa carte Thalys pour pas que je me prenne une amende. J'avais été sa femme pendant deux trajets.

Et puis il y a un de mes collègues qui trouve que l'écologie c'est du blabla, et que j'ai vu l'autre jour s'interroger sur la poubelle appropriée pour y mettre sa brique de soupe (vide) (et il l'a mise dans la bonne poubelle).

On peut aussi signer des pétitions en ligne pour le mariage homosexuel (maintenant c'est bon), pour dire qu'on veut un audit de la dette plutôt que l'austérité,  pour protéger les abeilles.

Et puis ça, ça me rend heureuse aussi...

5 septembre 2015

Vendredi matin, un homme m'a vue à l'arrêt de

Vendredi matin, un homme m'a vue à l'arrêt de tram Porte de Halle. Nous sommes montés dans le même wagon, nous nous sommes levés pour laisser s'asseoir des petites vieilles, nous nous sommes rassis, à côté l'un de l'autre à un moment, nous avons regardé l'heure, le même décor par la fenêtre. Et puis trente minutes plus tard, nous sommes descendus au même arrêt. Et cet homme, alors qu'il serrait ses cousines dans ses bras parce qu'il était là, à l'enterrement de son oncle, m'a lancé un regard étonné - j'étais une voisine de siège de Porte de Halle, une inconnue dans le tram, et tout à coup, j'étais là, à l'enterrement de son oncle. Il m'a fait un clin d'oeil. A la fin de la cérémonie, j'ai serré la main de sa tante, de ses cousines, de son cousin, de son autre oncle, j'ai embrassée mon amie, et puis je lui ai serré la main avec un air de dire "bon courage, de tout coeur avec vous". Alors qu'au départ c'était juste un type à la station Porte de Halle, qui laissait tomber tous ses papiers par terre, puis qui s'asseyait à côté de moi. Un type qui tenait des papiers dans ses mains, et comme je m'ennuyais, j'avais jeté un coup d'oeil discret pour voir ce que c'était que ces papiers, et j'avais lu "et si on vivait ensemble ?" et comme je le sentais nerveux, je pensais qu'il s'apprêtait à déclarer son amour. Et puis quand, à un moment, dans le tram, nous nous sommes retrouvés assis l'un à côté de l'autre, j'ai re-regardé le papier, y ai vu quelque chose qui ressemblait à un discours, et comme il montait et baissait son papier comme si il l'apprenait par coeur et se le récitait, je me suis dit que oui, c'était un discours. Et quand il a téléphoné pour dire qu'il était en retard parce que le tram était en retard, je me suis dit qu'on allait au même endroit, et quand il est descendu du tram en courant, je ne savais pas où était le crématorium mais je l'ai suivi sans réfléchir, sûre qu'il m'y mènerait.

23 juin 2015

La corde à sauter, j'ai commencé ce matin, hier

La corde à sauter, j'ai commencé ce matin, hier il pleuvait, 'faut pas déconner non plus. Au réveil, j'ai immédiatement pensé "oh nan merde je dois aller faire de la corde à sauter". Quand on est à moitié endormie dans son lit tout chaud ça semble inconcevable.
J'ai failli ne pas y aller (en plus j'avais assez mal dormi), et comme je sentais que ça me mettait déjà de mauvaise humeur, je me suis sentie obligée d'y aller malgré tout. Alors j'ai enfilé le short de footing de Jé, un tee-shirt du Monoprix de Caen, des chaussettes de sport (oui !)(qui ne me servent pas pour le yoga car le prof a dit à une fille qui en revêtait "faire du yoga en chaussettes, c'est comme faire l'amour avec des gants" et même que la fille est devenue toute rouge (d'autant plus que le prof ressemble à Mathieu Amalric alors imaginez qu'Amalric vous dise ça (en fait j'étais jalouse))), et je suis descendue m'attabler en face de Jé et à côté de Jo, pour manger une tartine et boire un bol de thé parce que j'avais lu que la corde à sauter, c'est seulement en étant bien hydratée de l'intérieur. Bon, finalement, le thé était trop chaud, je n'en ai bu que la moitié parce que là il fallait que j'y aille sous peine de laisser tomber encore.
En bas de l'immeuble, So, la tenancière du snack d'en-bas, m'a demandé où j'allais comme ça de bon matin, je lui ai expliqué et elle est devenue ma coach sportive.
Enfin, j'ai vécu le moment que je redoutais : marcher dans la rue en tenue de sport pas hyper seyante au milieu de tous les gens qui allaient au boulot en costard (je vis dans un quartier d'affaires). C'est comme être nue quand tout le monde est habillé. En plus, j'avais une vraie corde à la main, j'avais peur qu'on croie que j'allais me suicider.
J'ai suivi une dame en trench très chic qui prenait la même direction que moi, je me suis postée à côté de la cabane de Guignolet et j'ai commencé à sauter. J'avais lu que c'était super dur donc étant donnée ma condition physique, je ne me faisais pas trop d'illusions quant à ma performance. Déjà, si j'arrivais à sauter sans me prendre les pieds dans la corde, ce serait pas mal. Je m'étais dit "6 séries de 40 sauts". Hop, je m'y mets. Je ne me prends absolument pas les pieds dans la corde. J'ai l'air d'une pro. Au bout de 40, je me dis "quoi ? Nan mais je ne vais pas m'arrêter là, je viens à peine de commencer" et j'ai été jusqu'à 100. J'ai fait 6 séries de 100 en quinze minutes. Truc de ouf, la classe totale. Je suis donc douée en sport, il fallait juste que je trouve le sport.
Voilà, et puis je suis rentrée, et tout à coup, malgré ma tenue pas très seyante, je me trouvais trop classe avec ma corde toute terreuse à la main et mes giclures de bouillasse sur les tibias. J'avais vaguement mal aux bras et aux mollets.
Bon, voilà, le seul truc, c'est que je sens que demain matin, ça va être le même casse-tête pour réussir à dénicher la motivation au fond de mon cervelet...

23 avril 2015

Je tente des trucs, bilan de compétences, visite

Je tente des trucs, bilan de compétences, visite d'une porfessionnelle sur son lieu de travail, questionnaires envoyés à mes copines. J'ai envie de dire "allez, c'est bon, c'est ça, je choisis ça, on n'en parle plus", mais à chaque fois j'ai une nouvelle idée.
Et l'autre nuit, je me réveille, comme souvent je pense trop donc je n'arrive pas à me rendormir et je me dis "et si je faisais, plutôt, ça". C'est nouveau tiens. Alors je retourne ça (je ne veux pas dire ce que c'est), j'imagine les problèmes que je rencontrerais, j'essaye de le combiner avec les autres envies qui me sont venues depuis que je cherche l'envie qui me fait le plus envie, ça s'ajuste pas mal, je pense à la volonté qu'il me faudrait, au cafard que je pourrais avoir, à l'immobilisme qui pourrait être le mien si je n'arrive pas à me mettre avec assez de joie à ça. Mais quand même, ça sonne assez évident.
La même nuit, J. l'adulte bouge, je le regarde, il se trouve qu'il a les yeux ouverts, je me mets à lui raconter, il dit "ah ouais !".
Et depuis, on brode autour de ça. Alors ça me semble pas mal parti dans cette direction. Je suis mi-excitée et enthousiaste, mi-déçue par ça. Il va falloir qu'il se passe autre chose à côté, qui pourrait être mon ex super projet pas viable mais super génial quand même, même si le projet du ça n'est pas viable non plus mais deux projets pas viables ensemble peuvent peut-être devenir viables, ou peut-être que J. l'adulte peut devenir un type super rentable du portefeuille ? Je vote pour cette dernière solution qui m'arrange bien.

Cet après-midi, je file chez l'imprimeur pour voir ce que donnent ces deux images qu'on m'a commandées. Il y a trois employés libres mais je demande à travailler avec le seul qui est occupé, qui est mon préféré, un ZZ top bougon mais souriant. En plus, à force de demander à bosser avec lui, il se souvient parfaitement de moi, des logiciels que j'utilise, des problèmes que j'ai déjà rencontrés, et des mails que je lui ai envoyés. Parfait. Il ouvre mon fichier et lui qui ne commente jamais rien, il me dit "vos dessins, ils me font penser à ceux de Cocteau". Nickel. J'adore cette journée.

17 janvier 2015

merci

Vous êtes une bande de gens super moelleux. Et merci pour vos petits mots, je me sens mieux accompagnée... Et puis ça m'a fait du bien de dire ce qui se passait.

Le problème des virages à 90° qu'on n'avait pas vu arriver, c'est qu'ils rendent le décor entièrement flou, pas juste le petit coin là en haut à gauche. Ca ajouté à la remise en question traditionnelle des trente ans, c'est un peu fort de café si vous voulez mon avis. Bon, alors, où suis-je, que veux-je ? Hop, à mon stylo, ne copie pas sur ton voisin Couac-Couac ! (bah non, certainement pas, je n'ai pas envie de vomir dans le hall d'entrée sans rien nettoyer, merci (ah mais ce n'était pas elle, c'était son invité, elle lui a envoyé un mail pour qu'il vienne nettoyer mais il n'est pas venu, c'est pas de sa faute !)).

Bref. A la fois, quel plaisir de savoir que tout est à inventer. Et quelle peur de se tromper...

A part ça : vous vous y connaissez en persil, vous ? Parce qu'on en a un qui est en train de devenir tout jaune. Il faut l'arroser tous les jours mais genre tous tous ?

4 novembre 2014

Dans la rue, j'ai croisé un groupe d'étudiants,

Dans la rue, j'ai croisé un groupe d'étudiants, et l'un d'eux disait "nan mais moi à douze ans j'avais déjà des poils".

J'ai failli laisser crever mon clémentinier mais je me suis reprise.

Petit J. a une passion pour les plantes vertes, les arbres et même les fleurs en plastique, ce qui me réjouit.

J'ai vu Etienne Daho en vrai et j'étais à moins de vingt mètres de lui à vol d'oiseau. Je connaissais toutes les chansons par coeur, le public était pas mal ambiancé secrétaire en pré-retraite mais il y avait toutes sortes de gens. Ca m'a fait le même effet que si je voyais Mickaël Jackson ou Madonna sur scène : le sentiment de rencontrer une légende.

Etienne Daho m'évoque une fois où on roulait en famille, au printemps, sur cette route reliant Poissy et Saint-Germain-en-Laye, au milieu de la forêt le long du golf, pour aller nous acheter des nouvelles sandales dans le magasin où il y avait un très grand cheval à bascule en bois avec vraie crinière : on l'avait entendu à la radio et je m'étais sentie profondément bien.

A Rennes, on a tout fait pour le rencontrer, mon ami M. et moi. On est sortis là où on avait entendu dire qu'il sortait, on a rencontré un mec qui se disait être son meilleur ami, on a rencontré un mec dont la mère avait fait une coloc' avec lui pendant ses études, rue de Nemours. On a vu une interview de lui à la télé, où il disait "j'adore Rennes, j'adore y retourner". Mais on ne l'y a jamais croisé... A Bruxelles, je connais un mec qui l'a déjà rencontré dans un bar, et qui était accompagné d'une fille qui l'a accosté et qui a chanté avec lui ! Bref, je gravite autour de lui mais je ne le rencontre jamais dans la vraie vie, il faut que J. le Grand m'offre des places qui coûtent peau du'c pour mon anniv', pour que je puisse le voir à vingt mètres alors que je pourrais lui faire la bise si j'avais un peu de chance, groumf !

Bon, ok, c'est une chance d'avoir un copain qui m'offre des places pour le voir. D'accord, d'accord...
Quand j'ai rencontré J. le Grand, il m'a dit "Hein, t'aimes Etienne Daho !!??!!??" et je lui ai dit "ouais, tiens, je te prête ce double-album pour le week-end" et quand je l'ai retrouvé le lundi, il m'a dit "ah mais j'adore en fait !". Ah ah ! J'ai aussi réussi à lui faire aimer Benjamin Biolay (et ilo adore même ne fait, et pourtant c'était pas gagné...). Par contre, Véronique Sanson, c'est l'échec total.

Tous les soirs, je remets tous les livres dans l'étagère, tous les cd dans le range-cd, les 100 cubes dans le baril.

Petit J. dit "pain", "cd" et presque "banane". J'aime ses priorités.

Il y a des travaux de voirie dans mon quartier et il va y avoir un arbre ou deux au bout de ma rue. Chouette !

Un an plus tard, j'ai enfin cessé de perdre mes cheveux.

Aujourd'hui, en plein après-midi, j'ai bu une flûte de mousseux pour fêter le premier an du snack en bas de l'immeuble.

Je souhaite que demain soit au moins aussi chouette qu'aujourd'hui.

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