Canalblog Tous les blogs
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
couac
Publicité
Newsletter
Publicité
Publicité
Archives
couac
Publicité
16 mars 2020

Confinement - jour 1

J'ai envie de garder trace de tout ce bizarre.

J'avoue, je redoutais ce temps sans école - d'un côté je me réjouissais pour Petit J. (école fermée pour une durée indéterminée : le RÊVE !!!), d'un autre, je me disais "zut, quand est-ce-que je vais bosser ?".
Dimanche, j'ai noté sur un papier des choses qu'on pourrait faire ensemble (garder contact avec les copains en leur écrivant des mails, écouter des trucs pour enfants à la radio, regarder un film tous les mercredis, prendre le temps de s'hydrater la peau le matin...). Et des règles que je me fixais à moi-même pour tenir le cap. Continuer de mettre mon réveil tous les matins (semblant de vacances infinies alors qu'on a du boulot = cafard absolu), continuer de me lever/laver/petit-déjeuner/faire la vaisselle sans traîner. Continuer la sieste en début d'aprem'. Au mieux, entièrement trier-ranger-nettoyer la maison. De toute façon, continuer de la tenir un minimum rangée-propre pour ne pas finir dépressive.
Continuer de bosser. J'ai eu une discussion avec Petit J. Quand préférait-il travailler les affaires scolaires ? Il préférait l'après-midi (le matin, il avait tendance à rêvasser, m'a-t-il dit). Ça tombe bien, moi je bosse vachement mieux le matin (moi, l'aprem', je m'endors). Je lui ai expliqué que j'allais donc être parfaitement indisponible 1h30 tous les matins, il a été parfaitement d'accord et miracle de la vie, aujourd'hui, en pratique,il a  parfaitement respecté ce temps, sans me déranger (il est venu me voir une fois pour me montrer le truc qu'il fabriquait en lego). Nickel. Demain, je tente de caser 1h30 de boulot l'aprem' aussi... Sait-on jamais...
Bon, par contre, j'ai prévu tellement d'activités qu'on n'a pas eu le temps de tout faire.
Ce que j'ai préféré aujourd'hui, c'était ce temps de travail presque inattendu (mais c'est un fait : mon enfant grandit). C'était le moment où on a écouté un podcast de Maman les P'tits Bateaux (ça m'a rendu infiniment heureuse que ça l'intéresse, qu'il soit attentif, qu'il réagisse à ce qu'il entendait, qu'il vienne me faire un câlin aux deux pauses musicales). C'était le moment où on s'est lancés ensemble dans la couture de mon coussin d'allaitement, épingler ensemble, discuter de la forme générale du truc, expliquer pourquoi on ne va pas mettre de la bourre classique pour coussin dedans (d'ailleurs : que mettre dedans ?), choisir ensemble les tissus - qu'on regarde ensemble des tutos pour apprendre à poser correctement des fermetures éclairs, qu'après ça je dise "bon, ça a l'air super compliqué je vais improviser" et qu'il me réponde "non mais Maman, fais comme elles, ce sont des professionnelles". Du coup, je me suis lancée dans une fermeture éclair avec "propretés", je ne savais même pas que ça existait, des propretés, ce matin.
Lui a préféré le moment où il a lu des Tom-Tom et nana dans son lit, le moment où on a fait de la couture ensemble, et le moment où il a bricolé sur Gimp.
J'ai moins aimé qu'il devienne intenable le soir au moment du dîner (la faute à l'absence d'activité physique j'imagine (on n'a pas eu le temps de danser (peut-être que demain on ira se promener ?... J'hésite...)).
Lui a moins aimé le moment "école".
C'était une super bonne journée.

Publicité
1 mai 2023

Aujourd'hui, il y a eu la joie de recevoir ce

Aujourd'hui, il y a eu la joie de recevoir ce mail qu'on attendait, et toutes les discussions passionnées et pleines de rêves qu'il a entretenues. Avec parfois un peu de tension, de doute, le revers de l'enthousiasme débordant.
Il ya  eu la préparation de la confiture avec la courge gingerine que des gens m'ont offerte en direct de leur jardin, au marché, accompagnée de sa recette, il y a au moins un mois - deux ? Dans la recette, la notion "retirer tous les pépins" avait repoussé la motivation à plus tard. On a profité de la garde des enfants de nos amis (les mêmes que samedi) pour se lancer.
Et puis il y avait des commentaires de Mariaba (Mariaba !!!) sur mon blog !

27 mars 2020

A la biocoop, quelqu'un s'est trompé de caddy et

A la biocoop, quelqu'un s'est trompé de caddy et a mis ses courses dans celui de J., qui s'en est rendu compte à la caisse. Pas à nous, ces pépites de chocolat, pas à nous, cette poudre de noisettes ! En revanche, il n'a pas vu le sac de 1,5 kg de flocons d'avoine, donc autant vous dire que les jours prochains, c'est porridge à tous les étages au p'tit dej', parce qu'en plus on n'en avait pas besoin, on en avait encore plein.
On a eu une pensée pour la personne qui projetait de faire des biscuits flocons d'avoine, noisette et pépites de chocolat, et qui s'est retrouvée toute bête dans sa cuisine en rentrant...
La petite fille qui est confinée dans mon ventre n'apprécie guerre les mains appuyantes, lourdes. Elle ne se manifeste sur commande qu'en cas de guilis très légers du bout des doigts. Là, ok. Je pense à elle comme à un petit écureuil grignotant une noisette, planqué dans mon ventre-tronc d'arbre (elle suçait ses poings aux deux dernières échographies, très tranquille).
J'ai mis une liste de liens de blogs, là, sur le côté, à gauche, au cas où vous seriez aussi vieux-jeu (et sous-équipée en smartphone et autres appareils permettant instagram) que moi.
Bon week-end !

26 mars 2020

un autre jour, le lendemain

J'ai décidé de cesser vouloir bosser. Ce n'est pas la décision de sacrifier mon travail pour le reste, juste cesser de ne penser qu'au moment où je pourrais m'y mettre. J'ai été beaucoup moins speed aujourd'hui... J'ai pris le temps de passer du bon temps avec Jo la Frite. On a fait du tri de photos sur l'ordi, en famille. J'ai fait ma gym pour avoir les fesses musclées (sait-on jamais), et je me suis rendu compte qu'un point ultra positif de ce confinement, c'est que mes cheveux ne se salissent plus, j'en suis à 7 jours sans les laver et ils ne me semblent même pas particulièrement sales !... Truc de gueudin quoi.
Bref, après le déjeuner, j'ai proposé à Jo de faire son travail d'école, on a regardé ensemble ce qu'il devait faire, je l'ai laissé devant l'ordinateur et je me suis installée à quelques pas de lui, au soleil, à table, avec mon dessin, et j'ai super bien bossé. En plus, J. a ramené sa face à ce moment-là, et on a carrément ri en faisant les devoirs. Que demande le peuple ?
Et vous, vous tenez le coup ?

24 mars 2020

Confinement, le jour suivant

Je sais bien que vous êtes restés enfermés aujourd'hui, guettant à la fenêtre une voiture passant, pour y apercevoir un autre être humain, inconnu. Je sais bien que vous avez collé votre oreille au plancher de votre salon, espérant entendre des bruits de voix de vos voisins du dessous. Je sais bien que vous avez sorti la poubelle malgré le fait qu'elle contenait uniquement le papier du boucher, et ce petit bout de fil à coudre contenant du polyester (du coup, vous ne pouvez pas le jeter par la fenêtre pour le nid des oiseaux), pour peut-être croiser un voisin dans l'immeuble.
Moi, aujourd'hui, je suis sortie. Environ 43 minutes. Vous aimeriez ça, savoir ce qu'il y avait dehors, hein ?
Alors, dehors, il faisait frisquet, ce matin, à 8h45, à Ambérieu en Bugey. L'écharpe n'aurait pas été de trop, malgré le beau soleil. Sur un trottoir, deux personnes attendaient devant une pharmacie fermée. Une dame en peignoir (!!!) promenait son chien. Une voiture de police passait sur la route déserte, à 2 à l'heure, en profitant pour me dévisager. Bien sûr, je gardai un air naturel et faisais comme si je ne remarquai rien, poursuivant ma route comme si j'avais tout à fait le droit d'être là, et c'était le cas, car j'avais dans mon sac une attestation.
Les arbres étaient en fin de fleurs. Au rez de chaussée d'un immeuble, une fenêtre était ouverte pour aérer. Sous la semelle de mes baskets, le sol (du goudron) était dur, ce qui faisait une sensation particulière à la marche, une petite secousse dans tout le corps à chaque pas. Les muscles du derrière des cuisses grinçaient un peu. Le coeur s'excitait. Le sac cisaillait l'épaule (idée : porter un sac sur l'épaule chez soi pour se souvenir de la sensation).
A mon arrivée chez la sage-femme, elle portait un masque FFP2, et il me semblait que c'était la première fois que j'en voyais un en vrai. Blanc, immaculé, muni de petits rubans pour l'accrocher de noeuds derrière la tête. Trop d'émotions.

Publicité
23 mars 2020

Voilà, sans vouloir vous rendre jaloux,

Voilà, sans vouloir vous rendre jaloux, attention, mais demain moi je sors. Ok, à 8h45, donc je vais devoir mettre mon réveil. Ok, pour une prise de sang et après je rentre. Bon, ok, vivement demain que je sois rentrée.

Avec J., on a fini mon coussin d'allaitement, il manque juste de quoi le garnir mais ça attendra... Je pense que demain on va se lancer dans la housse à coussin d'allaitement, que j'imagine comme un gros éclair au chocolat, même si je ne compte utiliser ni tissu marron sur le dessus, ni tissu beige sur le dessous.

Être confinée, ça signifie utiliser, en remplacement de ton dernier élastique à cheveux qui a pété (alors que tu ne l'utilisais que depuis 2013), un simple élastique caoutchouteux qui maintenait la botte de poireaux en botte.

Être confinée, ça signifie se sentir devenir molle, molle, molle, malgré la gymnastique tous les matins et les courbatures qui vont carrément avec.

Être confinée, c'est parfois bien réfléchir, se concentrer, et se demander "mais qu'est-ce-qui se passe ? Qu'est-ce-que c'est ? Vraiment ? La réalité ? Ou bien je dors ?".

24 mai 2020

La vie continue, les balades en plus. Difficile

La vie continue, les balades en plus. Difficile de ne pas marcher loin tellement on est contents de marcher, mais une fois loin il faut revenir, et mon ventre est lourd. A chaque fois à la fin je me dis "mais n'importe-quoi" et puis un jour sur deux, finalement, je suis partante et enthousiaste à l'idée d'y retourner, prendre le soleil, le vent, sentir d'autres odeurs, voir d'autres choses, être au milieu des éléments. J'adore regarder J. sautiller sur les chemins, vraiment sautiller, il ne marche pas, il bondit devant nous, et quand on aperçoit du goudron, c'est le drame. Il est tellement joyeux.

On se fait un repas de restes, idéal, que des petits trucs trop bons à grignoter. Trois bouchées du fameux taboulé aux fruits de J., un bol de soupe carottes/betteraves/orange, une larme de tarte tatin aux pommes de terre nouvelles, et 4 gnocchis à la sauce carotte/citron/mozzarella. En dessert, outre les cerises, du gâteau au chocolat !

Je me demandais comment ça se faisait que je gardais un souvenir si relax de ma grossesse de Jo, alors je suis retournée lire mes archives de blog du moment où j'étais autant enceinte de lui que je suis enceinte aujourd'hui. Et j'ai lu que le matin, je bossais, certes, mais je passais l'après-midi sur mon lit à lire et dormir, genre ça va la vie quoi. Il faudrait que je me couche plus tôt mais je lis ce super livre sur l'accouchement qui me donne tellement envie d'accoucher que j'ai peur de commencer à contracter tout de suite. Pendant ce temps, elle bouge et ça me fait tout comme si un chat me malaxait de l'intérieur en tournant en rond avant de se coucher.

8 juin 2020

Il y avait deux mouches épouvantablement reloux

Il y avait deux mouches épouvantablement reloux dans le salon, le genre à vouloir absolument se poser sur de la peau, et qui ne décollent que de 20 cm d'altitude quand tu les chasses, pour revenir se poser aussi sec sur toi.
Moi, je devais faire la vaisselle à la cuisine, mais je laissais J. entre leurs pattes, en train de faire ses devoirs.
Il a rapidement débarqué, ouvrant le placard sous l'égouttoir "cette fois-ci, j'en peux plus, je prends la tapette à mouches !", et une fois la tapette en main "je peux taper sur le scanner, si il est fermé ?".
Ok mais pas sur l'écran de l'ordi.
Non, d'accord.

Je l'entends taper à qui mieux mieux, et tout à coup, je le vois débarquer dans la cuisine, un peu étourdi "j'en ai eu une !".

Ah, mais bravo !
Mais... c'est un petit peu triste, quand même, non ? (lèvre qui tremble, bouche de tortue, fonte en larmes).
Oh mon Jojo, elle était vraiment casse-pieds cette mouche, quand même, tu crois pas ?
Non mais en plus là elle ne me dérangeait même plus, elle était de l'autre côté du salon (larmes larmes larmes).

Il file se mettre en boule sur notre lit, tout pleurant.

En plus elle bougeait encore un peu...
Oh !? Montre-moi, il faudra peut-êtrre finir de la tuer alors !

Il m'emmène. La mouche est morte, et bien morte, de sa belle mort, par terre à côté du modem. (il re-pleure).
(Je comprends très bien, un jour, j'ai écrasé un moucheron et ça m'a fait pleurer, à l'époque j'allais encore à la messe alors j'avais récité un Notre Père en son honneur, c'est dire)

Je lui raconte ça. Et une idée me vient. Et si on l'enterrait, qu'on lui organisait une petite cérémonie et tout et tout ? Joie et enthousiasme ! On choisit le pot le plus approprié (un semis de tomates exposé plein sud en bonne place devant la fenêtre), je l'invite à creuser un trou dans la terre avec son doigt. Je prends la mouche morte et la dépose au fond de la fosse avec délicatesse.

Veux-tu que nous fassions une petite pancarte, façon cimetière ?
Oui ! (il me fait écrire "mouche morte tuée par tapette à mouche le 08.06.20". Il dessine un coeur rose en-dessous. En guise de bâton, nous cassons une branche morte du clémentinier, je retire les épines piquantes et sèches, nous scotchons notre épitaphe).
Tu veux chanter une chanson ? (il chante).
As-tu quelque chose à dire à cette mouche ?
Oui, pardon, mouche, de t'avoir tuée, je regrette.
Bon, ben voilà, ça va mieux ?
Oui !
C'est fini alors, cette cérémonie ?
Ben non !
Non ?
Non, on n'a pas fait la fête !
Non, on ne va pas faire la fête, tu vas plutôt retourner faire tes devoirs.
Ah ! (déception)

11 août 2016

Paul Dédalus me porte. Je me sens inspirée après

Paul Dédalus me porte. Je me sens inspirée après l'avoir vu, mais inspirée ! Et on l'a vu hier soir, jeune et amoureux. Au départ, je regrettais de le voir jeune plutôt que vieux, parce que j'aime vraiment énormément Mathieu, et puis finalement, jeune, je l'ai aimé tout autant. Il m'a donné une envie très très forte d'avoir à nouveau vingt ans, ne serait-ce que le temps d'une soirée.
Paul dédalus est inspirant parce qu'il dit tout ce qu'il pense, comme ça, comme si c'était naturel et parfaitement normal de dire tout ce qu'on pense sans jamais anticiper ce que ça pourrait provoquer (et sans jamais être méchant, ce qui est encore plus fort). Moi aussi je veux faire ça, je vous préviens, je vais m'entraîner.
Paul Dédalus m'a rappelé les quatre accords toltèques, vous connaissez ça, les quatre accords toltèques ? Moi j'ai découvert chez Pêle-Mêle, on me le demandait dix fois par semaine, je savais que c'était rangé au rayon ésotérisme et mes collègues me disaient que c'était un truc pour illuminés. Et puis un jour, je vais passer deux jours chez mon amie M. qui est tout ce qu'il y a de plus carrée et pieds sur terre et là, paf ! Qu'est-ce-que je découvre dans sa bibliothèque ? Les quatre accords toltèques !...
Après ça, je suis intriguée, forcément, je me dis que je vais me renseigner, je lis la quatrième mais j'ai la tête ailleurs, je comprends rien, je ne me concentre pas vraiment mais je me dis "wahou, M. lit les quatre accords toltèques", limite je suis jalouse de tant d'audace.
Et puis ensuite, on est la veille de notre déménagement de Bruxelles, on boit un verre à la terrasse du snack d'en-bas avec S. qui est inspirante comme tout, et là de but en blanc, elle nous sort "bon, j'imagine que vous connaissez les quatre accords toltèques !?". Mais NON je connais pas je veux savoir dis-nous je t'en supplie !".
Et voilà comment j'ai découvert les quatre accords toltèques, et mes ex-collègues étaient vraiment des illuminés de ne pas se pencher sur la question.
Moi aussi je veux être intègre, droite, que ma parole dise des mots les plus précis possibles pour dire ce que je pense, moi non plus je ne veux pas que sortent de ma bouche des méchancetés sur d'autres, je ne veux pas non plus dire du mal de moi. Moi aussi je veux pouvoir entendre ce qu'on me dit sans que les mots qui entrent dans mes oreilles aient le pouvoir de me détruire. Moi aussi je veux me fier à ce que j'entends, à ce que je sais, sans chercher à imaginer la partie cachée derrière le rideau. Moi aussi je veux faire de mon mieux, même si mon mieux c'est parfois juste de lire un bouquin et de faire la vaisselle.
On m'appellera Paule Dédaluse.

24 avril 2020

confinement trépidant

J. est bien rentré, il est maintenant en vacances, c'est vachement reposant, il doit juste s'occuper du Jojo (occuper le Jojo) (hum hum) ! Et moi, j'ai pu me mettre... au boulot !!! Youhou ! Ça m'a mise en joie, et ça m'a mise en joie que ça me mette en joie. Voilà, donc aujourd'hui j'ai appris à dessiner un cheval, trop bien !

Aujourd'hui aussi, un petit embryon de levain est apparu chez nous, nous le regarderons pousser (on espère !) avec émotion. Quand on pense qu'un jour il sera grand et fera sa vie dans une brioche, on croit rêver...

En parlant de petites pousses, ça se confirme, le petit bébé qui est dans mon ventre surkiffe la chanson Le monde s'est dédoublé, de Clara Ysé. C'était en l'écoutant que j'avais senti de premiers mouvements francs, mais ça pouvait être le hasard ? Et puis ce midi, je l'ai sentie réveillée et j'étais devant l'ordinateur, alors j'ai mis la chanson bien fort, et après un temps que j'ai interprété comme de la stupéfaction, elle s'est mise à cogner de tous les côtés à la fois, je ne peux pas m'empêcher de l'interpréter comme de la joie (alors que si ça se trouve, c'est de la détresse "stop, stop !").
Hier soir, Jo m'a demandé où j'en étais dans ma grossesse et après un temps d'intense réflexion, je me suis rendu compte que j'avais déjà atteint le milieu du 6ème mois !... N'importe-quoi, là, la vie il faut se calmer. Ceci-dit, j'ai très hâte de me faire baver dans le décolleté.

22 avril 2020

confinement sans fond

Ce matin au réveil, J. était déjà parti et ma petite inquiétude de la journée sans lui n'avait pas disparu.
J'ai calculé avant de me lever, qu'il allait rentrer dans 11h30, ça faisait très long.
Joachim était à fond, alors après le p'tit dej' et la vaisselle, nous sommes sortis nous balader. Il n'avait pas franchi les remparts de l'immeuble (et de son parking) depuis le 14 mars... Il était radieux et ravi. On a pris la trottinette, et nos masques dans mon sac, mais pas sur nos figures parce que j'ai trouvé ça vraiment horrible hier... Et comme on ne croise jamais personne dans toutes ces petites rues résidentielles... Je les ai pris au cas où tout à coup il y aurait foule. Il n'y avait pas foule. On a trouvé un morceau de verdure au milieu du stade, il a couru sur des pentes herbues, moi je l'attendais en plein cagnard, il n'y avait pas un arbre à l'horizon mais de l'herbe partout et des insectes qui vrombissaient, tout de même. On était à côté du gymnase pas loin de chez nous, avec un peu de chance, le portail serait ouvert et on pourrait couper à travers le terrain d'athlétisme pour être à la maison en deux temps trois mouvements... Cool, le portail était ouvert ! Alors on l'a franchi, on a longé les maisons, les terrains de tennis, le terrain de foot... mais arrivés au terrain d'athlétisme, il y avait un autre portail, fermé. Alors qu'il ne restait presque plus de temps et que presque, on voyait chez nous à travers les barreaux de la porte... On a du refaire tout le trajet à l'envers, morts de chaud dans le soleil de midi (et je n'avais pas pensé à prendre une gourde). En plus, je me suis rendu compte qu'on avait tous les deux touché à la clenche de la porte, et bien sûr, c'est là que mes cheveux se sont mis à me rentrer dans la bouche toutes les trois respirations, et qu'un insecte débile s'est posé au bout de la langue de Jo, qui bien sûr l'a jeté dehors à pleins doigts (et tout ça ne serait pas arrivé si on avait porté nos masques...). Et je visualisais, dans ce retour pressé et trop chaud et assoiffé, en plus, tous les microbes qui étaient en train de ricaner bêtement dans nos bouches, sur nos joues, et sur mon nez (qui me grattait, bête nez), je pensais à ma sage-femme qui allait me dire "mais enfin Elisabeth, on avait dit "sortie quotidienne mais avec masque ?!"". C'était horrible.
Heureusement que Jo m'a laissé faire un temps calme de 45 minutes après les pâtes au comté (j'entends ses pieds qui galopent jusqu'à ma chambre, je le sens se pencher sur le lit, je sens sa présence à côté de moi, j'entends sa respiration forte, mais il ne dit rien puis il repart (parfois en bougonnant pour lui-même "ah non, elle dort encore")).
Mais ce soir, alors que je lisais Les Petits Mégots (de Nadia et Zaü) à Joachim, mon téléphone a sonné, c'était J. qui a dit à Jo qu'il me rappellerait plus tard, si on était en train de lire l'histoire du soir. Alors je l'ai rappelé une fois Joachim au lit. Et là, merveilleux : il m'a annoncé qu'il avait loupé son train, l'unique train du soir. Vivement demain.

6 juin 2016

La nuit tombe mais il fait encore beau et chaud,

La nuit tombe mais il fait encore beau et chaud, la fenêtre du salon est ouverte, les oiseaux chantent encore. On a déjà besoin des petites lumières pour y voir clair, il y a encore des passants dehors mais il est suffisament tard pour que ce soit un peu plus calme qu'en journée quand même. C'est vraiment l'été.

Ce matin, à 7h30, J. s'allonge sur le lit près de moi et me chante tout doucement "le soleil vient de se lever, encore une belle journée, et il va bientôt arriver, l'ami Ricoré, il vient toujours au bon moment, mais il oublie toujours les croissants...". Là, il éclate de rire bien content de lui et ma journée commence super trop bien.

Malgré la pénibilité du rendez-vous chez la pédiatre, j'ai aimé cette petite réplique de Petit J. :
La pédiatre : "Qu'est-ce-que tu vas faire maintenant Joachim ?"
Joachim : "Rentrer à la maison !"
La pédiatre : "Ah d'accord ! Et tu vas faire quoi à la maison, tu sais ?"
Joachim : "Jouer !"
La pédiatre "Ah oui, et à quoi aimes-tu jouer ?"
Joachim (après réflexion) : "Au magasin de cigarettes électroniques !"

J'adore ces moments où je vais le chercher dans son lit parce qu'il se réveille, et qu'il laisse sa grosse joue toute molle tomber contre la mienne, ou contre mes lèvres, c'est délicieux. J'aime bien quand il met son doigt dans la Penne Rigate et qu'il me dit "c'est un bandage !". J'aime bien qu'il aime tellement mettre le couvert qu'une fois les assiettes, les verres et les couverts mis, il déplace aussi tout le reste de la cuisine sur la table à manger, le cumin, les noix, la poudre d'amandes, les fruits secs, les confitures, le miel, on ne l'arrête plus.

J'ai apprécié comme tous les jours ce moment de travail avant son réveil du matin, en compagnie de la radio. En ce moment je sais ce que je veux dessiner et j'arrive très vite au résultat escompté, c'est d'un agréable... En plus il est hyper tôt mais il fait déjà jour, c'est moins dur que cet hiver !

Et puis ce soir, une de mes copines d'A. m'a téléphoné pour savoir si je pouvais aller chercher son bébé chez la nounou à sa place demain, elle avait peur de me déranger et moi je sautais de joie !

7 juin 2016

Il y a un truc que j'ai eu plusieurs fois envie

Il y a un truc que j'ai eu plusieurs fois envie d'écrire, qui me démange. Ca n'a rien à voir avec ce blog mais comme c'est un endroit où je peux écrire en sachant que je vais être lue, je vais quand même l'écrire ici. Plusieurs fois j'ai eu envie d'en parler, mais c'est délicat, et puis je ne sais pas trop par où commencer...

Je garde mon fils. Ca veut dire qu'il ne va pas chez une nounou, il ne va pas à la crèche. Au départ ce n'était pas un choix, on voulait qu'il aille à la crèche, on l'y a inscrit dès mon deuxième mois de grossesse, mais on n'a pas eu de place et finalement, nous nous sommes rendu compte que nous étions heureux de cette situation et que nous allions non seulement nous en accomoder, mais même en profiter. Nous nous sommes organisés, J. le gardait le matin pendant que j'étais au boulot, et l'après-midi on échangeait.
Et puis on a déménagé à A., J. s'est mis à bosser à plein temps (voire plus) et moi donc à garder le Petit J. à plein temps (voire plus). Au départ, à A., j'ai souffert de cette situation, je ne m'y retrouvais pas, il y avait bien moins de choses à lui faire faire qu'à Bruxelles et j'étais à court d'idées pour lui faire voir des choses nouvelles. Ca m'a obligée à me dépasser (parce qu'il avait pris l'habitude à Bruxelles d'être tout le temps dehors à voir plein de trucs et était donc très demandeur), je me suis payé une carte IGN pour l'emmener en grandes balades, on a pris le plan de la ville offert par la mairie et on a marché dans toutes les rues, testé toutes les aires de jeux, on a été frapper à la porte d'associations, rencontré un tas de parents et d'enfants... Aujourd'hui, cette situation me convient, elle me plaît. Je suis bien avec lui, j'aime notre petite vie, même si bien sûr il y a des jours sans, je suis heureuse. J'ai trouvé du temps pour moi, et je ne me lasse pas de ce temps que nous partageons.

Garder son enfant soi-même, ça ne veut pas dire passer toute la journée à la maison, repasser du linge devant la télé allumée en fond sonore, et voir son enfant trainasser toute la journée en disant "je m'ennuie, pffff...". Pas dans mon cas en tout cas.
Bien souvent, on fait une sortie le matin et une sortie l'après-midi. Le matin, Joachim se réveille à l'heure qu'il veut, il prend tout son temps pour petit-déjeuner, et souvent il lit des livres dans le fauteuil, ou joue, pendant que je prends ma douche (que je préfère ne pas prendre pendant qu'il termine sa nuit, je gagne ainsi du temps pous bosser). Quand nous sommes tous les deux prêts, nous sortons, faire une course, marcher dans la nature, jouer à une aire de jeux, lire à la bibliothèque. Il y a le jour où il va à la gym. Nous cuisinons, aussi, beaucoup, et nous lisons beaucoup d'histoires. L'après-midi, après sa sieste, nous voyons nos copains, nous faisons absolument tous les jours une balade, quel que soit le temps qu'il fait. Il y a une maison verte à A.. Il nous arrive aussi très régulièrement d'aller nous balader à Lyon, d'aller y voir des expos.
A Bruxelles, nous avions tous les jours une activité dédiée aux petits et organisée à l'extérieur : lecture à la biblio, maison verte, baboes, séance de psychomotricité libre... Nous habitions juste à côté du parc Royal et de sa super aire de jeux arborée. C'était extra et tout ça nous a manqué à tous les trois en arrivant à A.... Je pense même que ça a été la principale difficulté de notre déménagement. Malgré le fait qu'il n'était pas gardé à l'extérieur de la maison, Joachim avait tissé des liens avec tout un tas d'adultes et d'enfants qu'il adorait retrouver. Ce n'était pas seulement les intervenantes et les participants de toutes ces structures pré-citées, c'était aussi la nana qui tenait le snack en bas de chez nous et avec qui nous discutions immanquablement en sortant de l'immeuble (et que Joachim adorait), c'était mes ex-collègues qui gagataient avec lui, des vendeurs qu'on connaissait bien, des copains...
A A., l'offre était forcément plus limitée et ça a été un peu difficile de recréer un réseau mais nous y sommes arrivés, et Joachim voit des enfants, des adultes, des gens qu'il connaît, ou pas, absolument tous les jours.

Et pas seulement la caissière du supermarché ! Il connaît le vendeur du magasin de pêche qui lui a appris les noms des différents hameçons existants, toutes les femmes qui gèrent la maison verte de A., tous les copains que nous nous sommes faits et leurs enfants, il ya  aussi le prof de gym que Joachim adore, et les enfants et autres parents présents au cours. Il y a le boucher, les gens de l'AMAP qui ne manquent jamais de nous taper la causette, les boulangers, les coiffeuses qui lui font coucou par la fenêtre quand on passe devant leur salon de coiffure, les autres randonneurs, souvent des retraités quand on marche en semaine, ravis de croiser un si jeune marcheur...
Tout ça pour dire que si mon enfant ne va pas à la crèche, ce n'est pas pour autant qu'il est isolé, seul, qu'il s'ennuie, qu'il déprime, qu'il dépressionne.

Si vous saviez, depuis deux ans et demi, le nombre de fois où on me dit le plaindre parce qu'il reste à la maison avec nous/moi... Dès que j'ai repris le travail après sa naissance en fait (il avait trois mois et c'était donc son père qui le gardait au chaud à la maison), il y avait déjà des gens pour me dire que c'était mal pour lui, qu'il allait s'ennuyer, qu'on ne saurait pas aussi bien le stimuler que des pros, qu'on faisait le mauvais choix.
Ca a perduré, c'est régulier, récurrent ces remarques. ce qui fait que je démarre au quart de tour maintenant dès qu'on discute crèche, nounou/garde parentale, même avec mes amis, c'est un sujet ultra sensible pour moi.

J'aime les enfants, je m'entends hyper bien avec mon fils et j'ai le désir profond de profiter de sa présence un maximum avant qu'il ait envie d'aller voir ailleurs si j'y suis. Nous sommes bien tous les deux (trois), nous nous entendons bien, nous partageons des centres d'intérêt et nous satisfaisons de plaisirs communs. On m'a déjà dit que c'était égoïste, que je pensais à mon plaisir avant de penser à son bien-être (mais oui on m'a dit ça !), je pense qu'il faut redescendre sur terre, que les enfanst à la crèche sont certainement très heureux mais les enfants à la maison tout autant, tant qu'on les laisse expérimenter, qu'on les sort, qu'on leur montre des trucs... Il n'y a pas UN bonheur, il y a des expériences différentes. Ce n'est pas parce qu'un enfant ne va pas à la crèche qu'il est coupé des autres enfants, ça veut juste dire qu'il ne passe pas ses journées entières avec eux... Mais moi il est aussi assez rare que je passe des journées entières avec d'autres adultes (à part J., et encore !) et pourtant je vais bien ! J'ai même besoin, souvent, d'être tranquille.
Je suis heureuse de partager ce temps avec mon fils, de lui expliquer le respect, la politesse, les détecteurs de mouvements des portails, pourquoi on ne tape pas, ce que c'est qu'un panneau solaire et à quoi ça sert une auto-école. Ca ne me pèse pas, je le fais avec plaisir et même gaieté.

En juillet, il va aller à la crèche, on s'est dit Grand J. et moi que ce serait mieux de tenter de ménager une transition avant l'école, et il se trouve qu'on a eu une place... C'est le pompon. Les gens se lâchent et tout le monde m'explique que "ah ça va lui faire du bien !"(c'est un grand timide) "ah, enfin !"(et pourtant je trie sur le volet les personnes avec qui je dicute de ça vu que c'est un sujet sensible !). !!!

Ce matin, je devais prendre rendez-vous quelque part pour lui, le lieu est dans ma rue, je décide donc de ne pas téléphoner mais de me rendre directement sur place. La dame de l'accueil me demande si il va à la crèche, je lui réponds "non. enfin... il ira en juillet !" et là, elle me dit "ah, c'est mieux !" puis face à mon air offensé, elle ajoute "oui, la crèche vous savez, c'est très important pour les petits, pour la socialisation !".

Voici quelle est la définition du mot "socialisation" sur la page internet du Larousse : "Processus par lequel l'enfant intériorise les divers éléments de la culture environnante (valeurs, normes, codes symboliques et règles de conduite) et s'intègre dans la vie sociale.".

Ce n'est pas parce que mon enfant ne va pas à la crèche qu'il ne socialise pas ! Il n'a que deux ans et demi, sa vie n'est pas faite, sa personnalité non plus. Sa vie n'est pas fichue parce qu'il a été gardé en majeur partie par ses parents. Ce n'est pas de l'emprisonnement, de la séquestration de choisir de garder son enfant soi-même. Ce n'est pas d'avoir été ou pas à la crèche qui fait des enfants épanouis ou pas.

Autant je me suis sentie très peu atteinte par les commentaires de ceux qui trouvaient ça exagéré que je l'allaite encore à douze mois, autant en commentant ce choix-là, c'est notre choix de vie qui est remis en question, et c'est notre capacité à prendre les bonnes décisions pour notre enfant qui est mise en doute et c'est extrêmement méprisant et suffisant.

Voilà, c'est tout j'avais envie de le dire ;-) (ça va mieux !)

18 avril 2020

confinement intelligent

J. a deux bibles : un Larousse culinaire (pourtant très agaçant), et un manuel des farces et attrapes qu'il possède depuis son enfance, et qu'il garde précieusement depuis toujours. Si parfois vous pouvez le voir perdu dans ses pensées et se mettant à pouffer de rire tout seul, il est possible qu'il repense au sandwich au pâteux, ou au parapluie fermé rempli de décos de Noël.
J. a hérité de la passion pour les farces de son père (J. l'adulte a depuis toujours (enfin, au moins depuis que je le connais, ce qui est déjà pas mal) une boîte à chaussures cachée remplie de bonbons à l'ail, de coussins péteurs, de savons fourrés à l'encre noire et autres joyeusetés, il faut le savoir).
Forcément, quand J. a su lire, J. lui a montré son manuel des farces et attrapes. Ah, la passion ! Ah l'émerveillement ! Ah les rires partagés !
Ce matin, J. est parti faire les courses (j'en suis personnellement privée, trop dure la life), et quand il a eu fermé la porte derrière lui, J. est immédiatement venu à ma rencontre, me proposant de mettre en place un certain nombre d'astuces hilarantes pour égayer notre quotidien. Nous avons donc fait le lit en portefeuille (je suis bonne princesse car c'est aussi mon lit), attaché des grelots à une ficelle qui traîne au niveau du pied de lit de J., installé un papier "pour ouvrir, tournez" au-dessus de la poignée ronde purement décorative de notre porte d'entrée, et deux autres blagues (les meilleures) qui resteront secrètes pour l'instant, hi hi hi...

17 avril 2020

confinement sans tortillements

Les informations me donnent envie de m'installer à la campagne, ce qui est significatif car en temps normal, je me vois plus en ville (petite) du genre : pas de voiture, de la culture à proximité, des amis accessibles à pieds, une ludothèque et compagnie.
Mais là, tout à coup, je nous vois dans notre maison en pierres, dans nos vêtements à fleurs et nos pulls en laine de mouton, je visualise le potager qui déborde, le récupérateur d'eau de pluie, le four à pain au fond du jardin et la cheminée. Les pieds nus, les livres qui sentent le moisi, le patchwork près de l'âtre, les lits qui grincent et l'espèce de scotch pour tuer les mouches accroché au plafond de la cuisine. Les bottes terreuses dans la remise, les chats qui dorment dans le persil, les problèmes de souris sous le plancher, les araignées d'automne et le grenier poussiéreux investi par les enfants. Les chaussettes en laine raccommodées, les vélos de toutes les tailles, les jeux de société d'un autre temps empilés sur l'étagère. Les Gaston aux pages qui se détachent, les bouquets de fleurs de jardin sur la table de la cuisine et la radio au petit-déjeuner. Les tapis battus sur un fil dehors au printemps, l'étendage du linge dans le jardin, les oeufs des poules. Les ongles sales mais toujours le rouge à lèvres (quand même). Les Legos dans une salle de jeux en lambris dans la soupente, des pulls et des sous-pulls pour braver le froid, et l'odeur du café dans la cuisine. Les Birkenstock passées au soleil et sous l'eau du tuyau d'arrosage, qui traînent dans l'entrée, les pots à fleurs empilés dehors dans lesquels stagne de l'eau de pluie et font leur toile les araignées. Les rayons de soleil dans lesquels on voit voler la poussière comme tout un univers de planètes et d'étoiles, miniature, révélé. Les journaux qui ne sont plus du jour, un bol ébréché, des serviettes de table à carreaux. La tomette glaciale en hiver, la moquette qui sent la poussière, l'absence de pression pour l'eau de la douche. Un verre à dents avec 50 brosses à dents explosées dedans (alors qu'on est 4), le papier peint qui se décolle par endroits, il est plus clair sur le mur en face de la fenêtre qui donne sur le sud. Le noyau d'avocat qui germine sous le velux, le téléphone à fil en queue de cochon, une robe de chambre. Un stylo France Télécom, une chasse d'eau en l'air, qu'il faut littéralement tirer. Des meuglements qui entrent par la fenêtre, l'été. On n'aurait besoin de rien, on serait comme une famille lapin dans son terrier.

25 avril 2016

M. est là, chez moi à A.. On s'est rencontrées à Rennes en 2002 dans un bar de la Rue Saint-Malo où notre amie commune C. nous présentait. M. est une fille très posée qui sait rigoler de tout, tout en prenant les choses au sérieux. Quand on raconte un truc grave à M., après, il semble moins grave. M. est anti-nunuche tout en étant sensible, ce qui est bien pour moi qui suis sensible mais aussi un peu nunuche. M. est bretonne, elle sait danser breton, faire les crêpes, elle connaît les meilleures plages autour de Saint-Malo, elle connaît les meilleures petites routes pour aller à la mer, elle est moderne, joyeuse, lumineuse, drôle et écolo - bretonne quoi.
M. était là, dans mon salon, assise dans le fauteuil, et moi j'étais assise sur la chaise de l'ordinateur et il n'y avait aucune pression, aucune séduction entre nous, aucune tentative pour plaire, aucune peur de déplaire. M. m'a connue au Havre et à Bruxelles, je l'ai connue à Paris et à Marseille, on a dormi dans le même train couchette pour Berlin, un été, on se donne très peu de nouvelles mais je la sais juste là, présente si je veux et j'espère que c'est pareil pour elle. On se suit. A un moment, les amies, à force d'être des amies, deviennent des sortes de soeurs, on continue d'avancer sur le même chemin sans se concerter pour décider de la route. Dans l'angle mort, on est toujours là l'une à côté de l'autre.
Bref, M. est venue et c'était exquis.

Vendredi soir, après deux jours d'un chaud-lourd absolu, il s'est mis à pleuvoir des trombes d'eau, au moment où on devait aller à la gare. J'ai mis mes bottes et le K-way de mon frère qui est bien étanche, et on est sorties. Il faisait nuit, c'était le dernier train pour Lyon. Il avait dix minutes de retard, sauf qu'elle n'avait que quatorze minutes pour changer de quai à Lyon, donc c'était un peu stressant. Nous sommes allées voir le chef de gare pour en discuter avec lui, il lui a demandé "c'est un train pour Paris que vous allez prendre à Lyon ?" "Non, pour Aix" "En Provence ?" "Oui".
Et je pensais qu'on était une bretonne et une normande, dans l'Ain, en train de s'inquiéter pour une correspondance pour Aix-en-Provence, et ça, ça me fait complètement fondre le coeur. C'est un des trucs que je préfère dans la vie, juste jeter un coup d'oeil en arrière pour voir où on a été mené, où on n'aurait pas imaginé atterrir et où on est pourtant.

9 avril 2020

confinement gnangnan

C'est le soir, enfin seule ! Je m'écroule devant internet, j'ouvre un site, et là, une énorme musique genre techno se met en marche (et bien sûr, le son de l'ordinateur est au max). Évidemment, immédiatement, Joachim (qui était couché) déboule "c'était quoi cette musique Maman ?" et en même temps, le bébé se met à donner de grands coups dans mon ventre - comme un aperçu de ce qui m'attend ;-)

J'ai du mal avec le moral. J. va super bien, lui, j'ai donc suivi son conseil de sortir avec eux sur le parking pour prendre l'air et le soleil cet aprem', et surprise, un nouveau numéro de Biscoto m'attendait dans la boîte aux lettres, que j'ai lu en plein cagnard, assise sur la boîte électrique du portail. Le portail est en panne, bloqué ouvert, et heureusement, ça donne une sensation de liberté, même si on n'en franchit pas le rail.
Et J. avait raison, c'était bien, cette sortie. Un changement d'atmosphère. Une coupure. Mais du coup je n'ai pas eu de moment seule à la maison...

En remontant, je me suis assise dans la cuisine, et j'ai repensé à la sensation d'acheter de nouvelles sandalettes quand on est enfant. Déjà, c'est la fête, la perspective des nouvelles chaussures. Il faut aller au magasin, on peut choisir d'essayer toutes celles qu'on veut... On choisit et on repart avec, aux pieds... Elles sentent le cuir mais pas que : peut-être aussi la teinture ? Elles ont une couleur super flash parce qu'elles sont neuves. Vert menthe à l'eau, bleu roi, rouge cerise. La semelle intérieure est parfaitement lisse, sans craquelure. La semelle extérieure est propre, claire et sent bon, elle aussi. Elles sont extrêmement froides sous le pied. On les garde sur soi une fois à la maison. Ca sent les vacances. C'est toute une ambiance. On a hâte d'être à lundi pour les mettre à l'école. Le lundi, on se met en jupe et dans la rue, tôt le matin, on a un peu froid aux jambes mais c'est trop bon parce que tout sent la fin de l'année scolaire. On aime les gens, on se sent bien. On les a achetées un samedi et du coup, le soir, il y a un truc bien à la télé (Fort Boyard ?), qu'on regarde avec les sandalettes toujours aux pieds.
Éventuellement, avec les sandalettes neuves, on met un petit coup de vernis rouge framboise sur les ongles des orteils...

Aujourd'hui, ça fait 14 ans que Jérome et moi sommes devenus Jérome et moi. On a pensé à ce qu'on faisait à Bruxelles pour cette occasion et on a évoqué toutes sortes de restaurants dont nous nous souvenions des noms, des plats-phares, des ambiances. J'aime bien cette possibilité d'y être juste en en parlant.

5 avril 2016

vieux bonheur daté

Le vrai bonheur de ces jours-ci, c'est de caresser la table poncée et huilée par J., à chaque fois que je passe à côté. Qu'elle est douce !

Le vieux bonheur daté, c'était le jour de Pâques.
On était en Bourgogne, on avait dormi dans des draps entièrement blancs et lourds (et j'ai oublié mon mouchoir sale sous mon oreiller en partant), et pour le p'tit dej' c'était viennoiseries et pain + pâte à tartiner au chocolat faite maison. Là, l'ami chevelu nous annonce que si on veut aller au vide-grenier c'est maintenant parce qu'après il n'y a plus rien et qu'on doit être rentrés à 11h00 pour la chasse aux oeufs dans le jardin.
On saute dans la voiture (sans prendre le temps de se laver les dents, c'est dire !), il fait beau, on vide-greniète et c'est super, les gens sont de bonne humeur, on espère trouver des pépites, on prend l'air de bon matin...
On trouve des trucs puis on re-saute dans la voiture et on rentre à la maison.
Là, il faut cacher les oeufs. C'était la première fois de ma vie que je faisais ça, quel plaisir ! J'ai adoré ! J'ai adoré aussi regarder les enfants les chercher ensuite.
Après un bon repas de midi accompagné de bon vin en charmante compagnie, un peu ivre, on m'apprend à jouer à la belotte et j'aime bien.
Et puis on va à la fête forraine et aux jeux, dehors.
Et puis là, les amis de nos amis (qui pourraient tout à fait être nos amis) nous proposent de venir prendre l'apéro chez eux.

Chez eux, c'est biscornu, c'est chaleureux, c'est vivant, c'est humain. Le salon a des murs ocre rouges, il y a des instruments de musique, des livres sur les voyages. On s'installe, on est un peu serrés et c'est mieux, nos hôtes posent sur la table basse des petits morceaux de pizza qu'ils ont faite eux-mêmes et qui est très bonne. On nous sert du bon vin. Et puis du pain et du fromage. On discute, on rit, on joue, les enfants font leur vie. Et puis à un moment, M. s'installe au piano, et puis des guitares font leur apparition, et un petit tambourin pour enfants, et finalement on se met carrément à chanter. C'est exceptionnel comme moment. Il y a une électricité, une énergie, un truc ultra positif qui circule dans l'air à ce moment-là. Une joie, de la vie !
Vers 22h00, on rentre chez les amis chevelus, on se rend compte que les enfants ont faim, on leur prépare knackis et gnocchis, ils dînent à 23h00, ils sont tout contents et joyeux et je les comprends.

4 avril 2020

Samedi confiné confiserie praliné

Globalement, cette grossesse m'inquiète assez. Tout va bien, tout va bien, et puis un jour je trouve un motif d'angoisse (la listériose, la qualité de l'eau du robinet, le rouge à lèvres, un coup de jus en débranchant la cafetière...) et je mets plusieurs jours à réussir à me calmer. Maintenant, toujours, tout peut arriver. Tout peut basculer. Bref, je suis ultra relou avec mon bébé et je passe ma vie à appuyer sur son matelas gonflable (ce qui doit la faire rebondir, pauvrette) en lui disant "allez, bouge, bouge donc !". Elle bouge, bien sûr, mais je voudrais qu'elle bouge plus.
Le soir, J. discute un peu avec elle avant d'éteindre la lumière. Jusqu'à maintenant, cela faisait cesser immédiatement toute activité à cette petite (je l'imagine très bien, aux aguets, se dire "ah tiens ça recommence ! Qu'est-ce-que c'est que ce phénomène bizarre ?"). Mais hier soir, quelle ne fut pas notre joie : la voix de J. a provoqué une nouba du tonnerre de Zeus, mon ventre s'est mis à faire des vagues de folie, oh quel plaisir ! Je me suis endormie tellement sereine. Et j'ai été réveillée à 5h00 du matin par une réplique, comme un massage intérieur du ventre.
Alors ce matin, j'étais heureuse comme pas permis, en plus il y avait des scones aux framboises tout chauds pour le p'tit dej'...
Et puis on a écouté Etienne Daho en buvant nos infusions...
Et puis je ne sais pas, tout à coup, je me suis mise à baliser pour la suite de cette grossesse enfermée, à me dire que c'était triste de n pas pouvoir sortir, à me demander si en août on y serait encore et comment mon accouchement allait se passer, et même (summum de l'angoisse), à quel moment j'allais pouvoir commander une garniture pour mon coussin d'allaitement et ces 4 ou 5 trucs qui nous manquent pour nous occuper de notre bébé.

3 avril 2020

confinés déconfinés reconfinés

Depuis que j'ai lu que certaines régions de Chine étaient en train d'être reconfinées, ça mouline sévère dans ma tête.
Je me demande si on aura nous aussi un déconfinement avant d'être éventuellement reconfinés, ou si on sera juste confinés super longtemps.

Je n'arrive pas à croire à ce que nous vivons. C'est trop loin de la réalité, ça ne colle pas. Je veux dire, pendant 35 ans des règles de vie inébranlables, un monde qui semble souple sur ses articulations (tordues, mais difficilement tordables autrement, les articulations), des habitudes presque écrites dans nos gènes, et tout à coup, pouf. Tout s'arrête. Impossible.

D'ailleurs, je ne suis pas la seule à ne pas y croire, j'ai vu ça tout à l'heure en essayant de m'abreuver de vitamine D à la fenêtre, la rue était parsemée de promeneurs de bonne humeur, certains en groupe, genre "c'est le printemps  tout va bien les gars". J., qui est allé vite flash en ville chercher notre panier d'amap a pu y constater le même phénomène... La conclusion de cette étude est donc qu'au bout de trois semaines de confinement, l'humain oublie pourquoi il est confiné, relâche sa vigilance et se déconfine sans y avoir été au préalable invité.

Ça va être bizarre, en septembre, si on est restés confinés tout l'été de sortir dans la rue avec mon bébé, alors que je n'ai prévenu presque personne de ma grossesse (qui était cachée par mon ample manteau avant confinement).

Ça fait la troisième année de suite que j'ai l'impression de vivre des trucs pas tout à fait normaux. J'aspire à du rien (du tout ?). Des oiseaux qui chantent, de la verdure, de la vieille pierre, du voisin sympa, de la confiture aux fruits du jardin (ou du marché, soyons ouverts d'esprit), du J. et du J., des amis et des repas qui s'éternisent dans le jour qui décline au milieu d'une herbe pas tondue, sous un arbre, avec un peu trop de vin.

10 mars 2016

Samedi - J. prépare l'omelette et les petites

Samedi - J. prépare l'omelette et les petites patates, je mets le couvert, et pendant ce temps, le petit J. s'est installé sur les genoux de mon frère pour qu'il lui lise Picpus déménage. Mon frère lit super bien l'histoire, on dirait même que c'est lui qui l'a écrite tant il la dit avec naturel - en particulier un "c'est atroce !" sorti droit de son coeur. Je vais et viens dans l'appartement, le petit J. est super à l'aise avec tonton O., nullement intimidé de se retrouver par moments seul avec lui, ils se parlent, commentent les images, et je me sens vraiment heureuse.

Dimanche - Nous sommes tous les trois dans la rue, nous à pieds et lui en draisienne. Nous nous promenons. Tout à coup, petit J. dit "on est bien !".

Lundi - La PMI est au premier étage d'un immeuble d'appartements. Dans le hall en bas, j'attends l'ascenseur, et je réalise que ça sent exactement la même chose que dans le hall de l'immeuble de Mémé.

Mardi - Je lis des livres à la bibliothèque à mon petit J.. Le moment est très calme et très joyeux. On cherche des livres, on en trouve qui nous plaisent, il en demande qu'on a déjà lus des fois avant et on les retrouve (il est très content), on lit, il range les livres à leur place, il n'arrête pas de parler, j'aime beaucoup l'avoir sur mes genoux et que ses boucles de cou me chatouillent le nez et le menton.

Mercredi - A la gym, Guy Roux propose à Joachim de grimper à l'espalier. Il dit non. Guy Roux insiste. Il redit non. Guy Roux dit "allez !" en tendant la main vers lui. Joachim dit non ! Guy Roux dit "bon" en s'approchant pour l'attraper par le bras, et là je m'interpose et lui explique que si Joachim ne veut pas monter à l'espalier, ça le regarde. Guy Roux lâche l'affaire. Je suis fière que mon fils ne se soit pas senti obligé (moi, petite (peut-être pas si petite), je n'aurais pas osé insister), et je suis aussi fière de m'être interposée - c'est normal, oui, mais comme je suis la même fille que quand j'étais petite mais en version plus grande, et bien ça me demande un effort, et je suis fière d'enfin oser dire non ou zut ou si.

Bon après-midi !

5 mars 2016

bonheur de vendredi

J'avais vu les prospectus qui annonçaient cet apéro coup de coeur à la biblio, j'avais dit à J. mon envie d'y aller (j'adore la médiathèque d'A., le lieu, la sélection d'ouvrages, les gens qui y bossent) et puis j'ai complètement oublié...
Vendredi aprem', J. termine sa journée beaucoup plus tôt que prévu et nous fait la surprise de nous rejoindre à la maison verte (bonheur !). Après, nous décidons d'aller faire deux /trois petites courses en prévision de la venue de mon grand frère le lendemain... nous hésitons quant au plat à préparer, une idée fait consensus mais la recette se trouve dans un bouquin que j'avais pris à la biblio, et nous ne nous en souvenons pas suffisamment pour la faire de tête. Qu'à cela ne tienne, nous décidons de passer d'abord à la biblio pour voir la recette.
Le livre est emprunté, nous décidons que nous ferons donc de la potée au chou et à la grosse saucisse - ou une omelette. On verra... Mais au moment de quitter la médiathèque, J. me dit "au fait, c'est pas ce soir l'apéro coup de coeur ?!" (bonheur qu'il me le rappelle !). Je dis tout de suite, peureuse, que oui mais non mais je ne vais pas y aller, je n'ai rien préparé, pas apporté de livre, j'avais oublié, bref je me trouve mille excuses à la seconde, par timidité et peur de me confronter à l'inconnu. Mais J. insiste un peu (le cher !), me demande si je suis sûre, me laisse la possibilité de réfléchir, et je décide que je vais rester. Je me force mais ça me met en joie de prendre cette décision-là (bonheur).
Les bibliothécaires sont gentils et drôles (super drôles !), on s'assied autour d'une table, d'autres gens sont là, des jeunes, des vieux (qui viennent juste prendre l'apéro et commenter, mais rien présenter !), une journaliste qui est là pour le boulot mais qui finalement donne un peu son avis (très sympa). On est dix, certains ont apporté des trucs qu'ils ont cuisiné, on boit du mousseux, on parle bd, c'est trop bien... Je n'ai rien à présenter mais pas rien à dire donc c'est cool.
Et puis le pompon : elle n'a pas eu le temps de le faire mais une des bibliothécaires avait prévu de présenter un livre que je lui avais conseillé... J'étais ultra fière... (Broadway limited, Malika Ferdjoukh (un livre qui m'a apporté une énergie et une joie folles))
C'était hyper sympa, joyeux, marrant et intéressant.
A la fin, il pleuvait, le mec d'une des bibliothécaires est venu la chercher en voiture et ils m'ont raccompagnée jusque chez moi.

29 février 2016

en bonus - les voeux de Paulo Coelho, parce qu'ils valent le détour.

2015 - FERME LE CERCLE

Il est toujours nécessaire de savoir quand se termine une étape de la vie. Si tu insistes à vouloir rester en elle au-delà du temps nécessaire, tu perds la joie et le sentiment du reste. Il faut fermer des cercles, ou fermer des portes, ou fermer des chapitres, comme tu voudras le nommer. L’important est de pouvoir les fermer, et laisser aller les moments de la vie qui se clôturent.

Ton travail s’est terminé ? Ta relation amoureuse s’est terminée ? Tu ne vis plus dans cette maison ? Tu dois partir en voyage ? Tu peux passer beaucoup de temps de ton présent « anéanti » dans les pourquoi, en te repassant le film et en essayant de comprendre le pourquoi du comment de telle ou telle chose. L’usure qui s’en suit sera infinie, parce que dans la vie, toi, moi, tes amis, tes enfants, tes frères et soeurs, tous et toutes sommes sur le chemin vers la fermeture de chapitres, tournant la page, terminant avec des étapes, ou avec des moments de la vie et continuant à aller vers l’avant.

Nous ne pouvons pas être dans le présent en regrettant le passé. Ni même en nous demandant pourquoi. Ce qui s’est passé, est passé, et il faut le lâcher, il faut s’en détacher.

Nous ne pouvons pas être éternellement des enfants, ni des adolescents tardifs, ni des employés d’entreprises inexistantes. Les faits passent et il faut les laisser partir !

Voici pourquoi, quelquefois il est si important de détruire les souvenirs, offrir les cadeaux, changer de maison, déchirer des papiers, jeter des documents, et vendre ou offrir les livres.

Laisser partir, lâcher, se détacher. Dans la vie personne joue avec des dés pipés, et il faut apprendre aussi bien à perdre qu’à gagner. Il faut laisser partir, il faut tourner la page, il faut seulement vivre ce que nous avons au présent…

Le passé est passé. N’attend pas qu’on te le rende, n’attend pas qu’on te reconnaisse, n’attend pas qu’un jour on se rende compte de qui tu es… Lâche le ressentiment.

En te branchant sur « ton téléviseur personnel » pour tourner en boucle et ressasser maintes et maintes fois l’affaire, la seule chose que tu peux obtenir c’est te blesser lentement, t’empoisonner et développer de l’amertume.

La vie est faite pour avancer, jamais pour reculer. Des fiançailles ou des amitiés qui ne se terminent pas ? Des possibilités de retour arrière ? (vers quoi ?) Des besoins d’éclaircissements ? Des paroles qui n’ont pas été dites ? Des silences qui ont tout envahi ? Si tu peux les affronter maintenant et tout de suite, fais-le, sinon, laisse tomber, ferme les chapitres.

Dis-toi à toi-même non, ils ne reviendront pas. Mais pas par fierté ou orgueil, seulement parce que toi tu ne cadres plus dans cet édifice, dans ce lieu, dans ce coeur, dans cette pièce, dans cette maison, dans ce bureau, dans ce travail.

Toi, tu n’es plus le même que celui d’il y a deux jours, trois mois, un an. Par conséquent, il n’y a plus rien vers quoi revenir.

Ferme la porte, tourne la page, ferme le cercle.

Excellent 2016!

Paulo Coelho

19 février 2016

BDJ

The best moment of the day, c'est dans dix minutes, quand je me serai lavé les dents, que j'aurai enfilé ma chemise de nuit, que je me serai lavé la figure, et que je me glisserai dans mes draps PROPRES pour lire mon super journal (le 1).
J'ai bien aimé aussi quand j'ai écouté la nouvelle chanson de Katerine pour la première fois (délicieuse).
Et le moment où j'ai eu mes cartes de voeux dans les mains, chez l'imprimeur - enfin...

Bon week-end !

17 mars 2020

Confinement - jour 2

Ce qui est bien, avec la vie, c'est que c'est plein de rebondissements. Alors autant la journée d'hier était formidable, autant aujourd'hui c'était pas chouette du tout.
Au point qu'au dîner, j'ai demandé à Petit J. quels avaient été ses trois moments préférés et je pense que ma question nous a semblé à tous les deux saugrenue.
Moi j'ai mal dormi la nuit dernière, et lui aussi peut-être parce qu'il a passé une bonne partie de la journée à chouiner pour un oui ou pour un non... Bref, j'étais de mauvaise humeur et lui aussi. Nous étions tout à fait désaccordés. Dès le p'tit dej', il me faisait des MIAOU très forts dans les oreilles alors que je n'étais pas encore réveillée malgré les yeux ouverts. Mazette.
Bon, ensuite, il ne voulait plus faire école, il ne voulait pas écouter Maman les P'tits Bateaux (misère), il ne voulait pas se laver. Il voulait bien faire le pain (très bon ! Tiens, une réussite pour ce jour !), il voulait coudre le coussin d'allaitement.
Alors cet aprem', je lui ai montré comment fonctionnait la machine à coudre et il s'en est tiré comme un chef. Il a préféré la régler sur une vitesse très lente parce que comme le disait Maîtresse Céline, quand on va trop vite, on ne peut pas s'appliquer. Il était si fier et si ému qu'il souriait de tout son possible tout en cherchant à se cacher dans ma poitrine, tout en continuant à coudre. Ému de chez ému. Un rêve qui se réalisait. Heureusement qu'il y avait ça pour ce jour.

Je n'arrête pas de penser à la guerre, aux gens planqués sous des parquets, dans des annexes, dans des greniers. Je mesure notre chance, ce n'est pas la guerre, on peut ouvrir les fenêtres et s'y pencher, manger à notre faim, téléphoner comme on veut. On ne craint pas à ce point pour notre vie, il n'y a pas de bruit de missiles, et aucun aimé parti au front (enfin, peut-être les proches de personnel soignant ressentent un peu un truc comme ça ?). Comment tous ces gens ont-ils tenu bon, alors que même avec tous les privilèges de notre situation actuelle, c'est déjà vachement dur, je trouve ? Ce soleil, cet air chaud, et l'impossibilité d'aller crapahuter dehors comme on voudrait. Être ensemble tout le temps, avoir des difficultés à s'isoler franchement. Si vous avez un jardin, une terrasse, un balcon, la méga chance. Vraiment.

Je crois que ce qui va pouvoir faire du bien, ça sera vraiment de faire le vide dans la maison. Pour y avoir plus de place pour nous, pour y respirer, pour pouvoir mieux nous y déplacer. Oui, il va falloir faire ça.

Publicité
<< < 10 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 > >>