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18 décembre 2016

l'affaire sapin

Cette journée a commencé duringue-duringue, le problème c'est qu'elle a continué duringue-duringue. On a pourtant misé sur des trucs qui énergisent, genre musique, cuisine, rangement, mais ça ne voulait pas aller bien. Ca a duré comme ça jusqu'à 16h30 je crois, on ramait, on était au bord de se fâcher, l'horreur.
Et puis finalement, j'ai enfin enfourné ce gratin dauphinois de topinambours que j'ai mis des plombes à faire (légume complètement biscornu, plus assez de beurre dans le frigo (courses à l'épicerie du coin (qui vient d'ouvrir (ouf))), et surtout, J & J se sont mis au sapin. Il s'agissait de le peindre, c'était la mission de la journée, ils s'y sont enfin mis et toute la tension est retombée. Je retiens : quand ça va pas, il faut s'y mettre. Bon, on le savait déjà mais j'avais envie de faire semblant d'avoir une révélation.

Le sapin.

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Il y a dix jours, on a dessiné le sapin, on était déjà hyper contents.

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Petit J. aussi voulait dessiner et c'était un moment parfait que je n'oublierai jamais.

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Après, J. le Grand l'a découpé, et la première fois qu'on l'a monté, on était surexcités et de plus en plus contents.

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Ca, c'était le fameux aujourd'hui, le moment de baisse de tension, et même d'arrivée de bonne humeur, carrément.

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Ca, c'est ce soir, J. heureux avec son morceau de sapin et son pinceau. Une impression de forêt.

Petit J., sera-t-il entièrement convaincu ou continuera-t-il de dire qu'il est très content, mais qu'il voudrait aussi un vrai sapin coupé dans la forêt ? La suite au prochain épisode...

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20 janvier 2016

Bonheur du jour 7.

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Le bonheur du jour, c'était un bonheur d'efficacité. C'était pas une journée spécialement positive, il y a eu des trucs qui m'ont taraudée et qui vont me tarauder encore dans les jours qui viennent... Mais dès le saut du lit, j'étais dans le rythme, à 7h00, j'étais lavée/crémée/habillée, j'avais déjà fait un dessin et j'avais regardé mes mails. J'étais satisfaite. Cet aprem', Joachim a fait une sieste de trois heures qui m'a permis de bosser efficacement comme rarement, j'ai vraiment très bien avancé, comme je mettais en page des dessins dont je suis contente, le résultat me plaisait... C'était serein. Au réveil de sa sieste, Joachim s'est mis à jouer à la dinette ce qui m'a permis de ranger franchement, puis à 17h00 j'ai décidé de lancer le dîner (on mange de plus en plus tôt (parce qu'on a faim de plus en plus tôt)), j'ai commencé à éplucher les légumes, et pendant ce temps, je l'entendais jouer aux Playmobils dans le salon, dans sa petite maison. Je guettais ses petits bruits. Ca a duré vingt bonnes minutes, il venait me voir de temps en temps pour me demander de remonter des meubles démontés, puis il repartait en courant dans l'autre sens, c'était charmant, et j'aime bien quand on est ensemble mais chacun à son truc. Après, il est venu me seconder, il a installé le marche pied tout seul devant le buffet, il s'est mis à jouer avec les épluchures, on discutait en même temps. Une sorte de modèle de journée.

7 novembre 2016

Livres que Joachim a voulu lire aujourd'hui. Mon

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Livres que Joachim a voulu lire aujourd'hui.

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Mon bien-être d'aujourd'hui (lumière et contrastes).

Aujourd'hui, la lumière m'a semblé par moments très printanière. J'oublie qu'on est en novembre alors que j'ai l'impression qu'il y a deux semaines c'était encore l'été, et l'hiver à venir ne me semble être qu'une simple formalité.
Il ne me reste plus qu'un seul Jérôme K. Jérôme Bloche à lire et après j'aurais relu toute ma collection (qui heureusement est très légèrement incomplète).
Je découvre en ce moment Annie Ernaux, que j'avais déjà essayé de lire plusieurs fois (Les Années) sans y arriver. Et puis dans l'armoire de troc de livres devant la biocoop, j'ai trouvé Une Femme alors je l'ai pris et dévoré, et comme prévu il y en a toute une petite mine à la bibliothèque... Maintenant que je la connais mieux, je relis Les Années avec beaucoup de plaisir...
Faire du sport me fait tant de bien qu'à la gym je suis au bord de m'endormir pendant certains exercices, de détente.
J. m'a encore demandé un flan à la vanille. Ma mère m'a justement envoyé sa recette après que j'aie loupé celle trouvée sur internet samedi. J'ai cru que j'avais encore loupé, parce que je n'ai pas très bien compris les explications, mais j'ai réussi à rattraper le coup, à réussir parfaitement le flan (et je me suis souvenu que c'était bon saupoudré de sucre glace) ET à sauver ma casserole qui avait brûlé, sans aucun effort spongiaire.

30 octobre 2016

Avec J., ces dernières années, presque à chaque

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Avec J., ces dernières années, presque à chaque fois que nous avons été invités à un mariage, nous avons offert aux mariés de la confiture fabriquée maison. Nous n'avons pas beaucoup de sous, et nous ne nous voyons pas du tout donner de l'argent...
Hier, nous étions invités au mariage de nos copains, et je me suis amusée à faire des étiquettes n'importe-nawak pour les pots.

Bon dimanche...

29 mars 2020

dimanche confiné boudiné

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Un dimanche qui a commencé à 10h00, avant qu'on se rende compte à la fin du p'tit dej' à 11h00 qu'on avait changé d'heure pendant la nuit et qu'il était donc midi. Pas de panique ! On a respiré par le ventre et on a décidé de renommer le p'tit dej' que nous digérions "brunch" et hop ! On était carrément dans les temps normaux d'une journée avec plein de temps pour ne rien faire devant nous. Ouf ! Beau rebond !

Joachim s'est rapidement mis à jouer aux legos, et nous on s'est mis à trier les photos sur l'ordinateur. On a décidé de trier les plus vieilles, et nous nous sommes retrouvés en 2007, à Bruxelles. Nous avons trié 4 bonnes années de photos, on en a jeté les 3/4 en nous sentant de plus en plus légers et en réussissant à conserver tout de même les plus emblématiques de l'ambiance générale de notre vie à l'époque... Nous avons perçu et retrouvé nos maux, nos évolutions, nos soucis, nos courages, et ça nous a fait un bien fou. Et ce travail de tri a donné le ton du reste de notre journée, passé à réfléchir, se souvenir, discuter, analyser, admirer le chemin parcouru.
Je suis tellement fière de nous. Et on entend parfois que l'amour est plus fort ou plus beau au début et qu'il se transforme en tendresse un peu tiède au fil du temps, en habitude, habitude de l'autre. Je trouve que c'est tellement le contraire, c'est tellement plus beau aujourd'hui, on s'est tant construits ensemble, on a tant grandi ensemble, on est comme deux arbres dont les racines se seraient entremếlées en poussant et qui seraient quasi inséparables. Deux arbres qui auraient puisé de la force l'un chez l'autre et qui seraient tellement amalgamés qu'ils seraient presque devenus siamois.
Je vous conseille vous aussi de trier vos photos en couple pour vous coucher demain soir amoureux comme jamais.

Jo a une sorte d'agenda sur internet, rempli chaque jour par ses maîtresses. Le mercredi, il n'y a jamais rien, c'est mercredi, quoi ! Ce soir, je vois qu'il y a une chose inscrite à la page du mercredi, je me dis "what ?" - intriguée, je clique : un fichier "les poissons" à lire... Je clique... un reportage sur les poissons carrés qui vivent dans les eaux gelées du Pôle Nord et qui doivent se méfier des poissons-fourchettes ! J'aime cette maîtresse.

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27 juillet 2016

Est-ce-que je serai une bonne petite vieille ?

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Est-ce-que je serai une bonne petite vieille ? Est-ce-que je sentirai la lavande ou l'eau de cologne ? Est-ce-que je porterai des blouses ? Est-ce-que je porterai des chaussures de petite vieille ? Est-ce-que sous mes robes je porterai des combinaisons ? Est-ce-que chez moi ce sera propre et silencieux ? Est-ce-qu'il y aura une horloge qui fera tic-tac ? Aurai-je un canapé mou ? Donnerai-je du pain aux oiseaux ? Est-ce-que je viderai moi-même la poule avant de la cuisiner ? Est-ce-que j'irai régulièrement chez le coiffeur pour ma mise-en-plis ? Est-ce-que j'aurai une petite chaîne de lunettes pour pouvoir les laisser pendre sur ma poitrine ?
Et si les générations de vieux ne se ressemblaient pas ? Et si les petits vieux assis devant leur maison en pierre dans le Gers était une espèce amenée à disparaitre ? Et si les vieux suivants ne voulaient pas porter de bérets ?
Comment ça fera quand les vieux seront des gens en baskets Nike ? Quand Kevin sera devenu un prénom de petit vieux, porté majoritairement par des petits vieux ?

Tous ces questionnements m'ont valu un moment sans dormir l'autre nuit, et je me suis dit que j'accepterai d'être une vraie petite vieille, fidèle à mes valeurs petite vieille. Et que ce n'est pas un problème d'être une petite vieille puisque d'un point de vue petit jeune, les petits vieux ont toujours été vieux. C'est comme une espèce différente, il n'y a pas de comparaisons possibles, alors il faut assumer sa petite vieillerie. Il n'y a pas de pitié. La petite vieille qui marche pliée en deux, pense-t-on souvent à la femme pressée qu'elle a été ?

En ce moment il m'arrive un drôle de truc : je ne rencontre que des gens plus jeunes que moi (nés la même année ou l'année suivante), et à chaque fois je tombe des nues intérieurement en apprenant qu'ils sont plus jeunes que moi. Je me dis "mais non ?! Mais elle a l'air adulte !", et je comprends que moi aussi je dois avoir un air adulte maintenant, et que les 25 ans ils sont seulement dans ma tête. Au club de gym de Petit J., j'ai même rencontré des mamans qui m'ont fait penser à des mamans de personnes qui étaient dans ma classe en primaire (et qui me semblaient donc très mûres et très adultes à l'époque), et qui pourtant ont le même âge que moi !

Et je me demande si la petite vieille pliée en deux a elle aussi toujours 25 ans dans sa tête. Je suppose que oui...

Et l'autre jour au magasin, un frère et une soeur, je dirais 11 et 7 ans, étaient au milieu du passage. Je leur dis "pardon !" pour passer avec ma poussette. Le frère dit à sa soeur "pousse-toi, il y a une dame qui veut passer !". La soeur dit "mais non, c'est pas une dame !". Moi dans ma tête, je me dis "bah non, je ne suis pas une dame, je suis super jeune !". Le frère dit "bah si c'est une dame !" et la soeur lui répond "bah non, c'est une maman !".

14 novembre 2018

Attention au départ

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Cette année, j'ai écrit un livre. Il était déjà commencé avant, mais c'est à la fin de l'année dernière que deux éditrices m'ont dit "banco". Alors des habitudes se sont mises en place, un peu déjà prises à l'avance heureusement. Il y avait du boulot, et j'avais sept mois devant moi. Je me disais "ça va le faire" mais je sentais bien qu'il n'y avait pas trop moyen de procrastiner non plus... J'avais envie de le faire bien, et j'avais plein d'idées et la trouille que le résultat ne soit pas à la hauteur. Alors au début, ça a été dur de m'y mettre (à cause de la peur)... Et puis une fois les rituels précisés (allumage de la radio, vaisselle, nettoyage de la table à manger, lits, aération de la maison, lançage de machine à laver, asseyage à mon bureau), j'ai adoré...
Ah quel plaisir d'être assise à mon bureau, à dessiner des gens sympathiques (ou pas d'ailleurs), à faire des petits motifs, à rêvasser en regardant par la fenêtre, tout en écoutant France Inter... J'en ai écouté des Grand Bien Vous Fasse pas toujours passionnants, mais contente d'être accompagnée par des gens qui me racontaient des trucs... Je suis devenue professionnelle du diabète de type 2, du cinéma, de la cuisson des pâtes et de l'intelligence artificelle (des sujets très abordés sur France Inter). Des fois, j'ai écouté des trucs vraiment super intéressants en coloriant tel endroit précisément, ou en dessinant tel truc super dur à dessiner, et je me demandais si j'allais me souvenir, après, en regardant mon livre fini, que j'avais entendu telle émission en faisant tel dessin.
Voilà, en 2018, il s'est passé des choses terribles, et heureusement, l'une d'elle, c'était que j'allais publier ce livre.
Il est sorti vendredi, sa maison d'édition, c'est la géniale Biscoto. On peut l'acheter dans des librairies normales, on peut le commander et on peut se le faire dédicacer ce week-end au festival BD Colomiers, ou au salon du livre de Montreuil ou même au festival d'Angoulême l'an prochain !
Si vous venez me claquer la bise, le dessin sera un peu tremblé (car je suis émotive tendance timide avec option arrêt de respiration, donc ceci explique cela), mais vous êtes les bienvenus !

11 mars 2016

J. ne travaillait pas.On a lu à Petit J. Pettson

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J. ne travaillait pas.
On a lu à Petit J. Pettson piège le renard pour la première fois et ça nous a tous les trois fait rigoler.
J'ai super bien réussi le gâteau.
Il ne pleuvait pas.
Petit J. a tenu à téléphoner à sa mamie M. et était émerveillé de l'entendre lui parler pour de vrai (oui il découvre le téléphone à deux ans... nous ne sommes pas de grands téléphoneurs...). Il lui a fait des bisous dans le combiné.
On a pris le car (enfin... la camionnette) pour Lagnieu.
On s'est baladés au bord du Rhône.
On a vu un ragondin très mignon.
On a écouté les Beatles pendant le dîner.
Les Blondy Brownie ont sorti leur chanson de mars.

21 juin 2015

Le puzzle de l'autre soir.Voilà, c'est fini le

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Le puzzle de l'autre soir.

Voilà, c'est fini le job alimentaire. Je n'ai pas pleuré mais j'ai eu le coeur très très gros.
On a été au restaurant, avec mes collègues, on a bu beaucoup de bière et beaucoup ri. J'éprouve un sentiment d'affection très fort pour eux. Je pense qu'ils sont si spéciaux que dans quelques temps, ils me sembleront irréels, comme si c'était pas possible que de tels gens existent pour de vrai. Comme des personnages de bd. Vraiment, il y en a un, c'est Gaston, un autre, c'est Prunelle ! Alors !
Après le restaurant, je suis allée dans une direction avec deux d'entre eux, on était assez ivres, quand même, on a attendu au même arrêt de tram et tout à coup, hop, le leur est arrivé, ils ont sauté dedans en me disant "ah salut on y va c'est le nôtre !" et les portes du tram se refermaient déjà, je me retrouvais toute seule dans la nuit saint-gilloise, et le silence total et un peu glaçant.
Alors je me suis mise à m'auto-parler, ce qui m'arrive souvent quand je vis un truc très très émouvant, et encore plus quand j'ai un peu bu. Je me suis parlé, toute seule, dans ma tête. J'ai pensé à qui j'étais, à l'âge que j'avais, à ce qui m'arrivait, à la page qui se tournait. Le fait de m'auto-parler rend les trucs émouvants encore plus émouvants, c'est comme si l'Elisabeth du début qui a vécu tous ces trucs d'Elisabeth venait me saluer presque uniquement dans ces moments-là, et c'est comme si je retrouvais quelqu'une qui était un peu comme morte parce que je ne l'avais pas vue depuis longtemps, et comme si j'étais un peu triste à l'idée qu'elle reparte aussitôt... Ca al'air un peu obscur comme ça... Quand j'écoute la Lambada, elle revient systématiquement, je pense que c'est la musique qu'il faudra mettre à mon enterrement.

L'âge que j'ai. Pas si vieux, mais quand même plus vieux qu'avant. Je ne fais plus partie des tous jeunes. Mon enfance commence à être loin, j'ai vécu des époques que d'autres pas.

J'ai décidé d'écrire à mes ex-collègues, il y a une lettre qui attend posée sur mon sac à mains. Je l'ai mise dans une enveloppe mais c'est une carte postale de Provence avec un champ de lavande devant une maison, d'ailleurs trouvée dans une poubelle de cet ex-job alimentaire. Sur l'enveloppe, j'ai mis "à l'attention de N." et après, j'ai écrit l'adresse du magasin. Ca va faire bizarre de recevoir un courrier personnel sur son lieu de travail !

Je me suis mise au yoga, motivée par Milky et aussi par Marine (et aussi par deux copines adeptes mais qui n'ont pas de blogs, du coup je ne vous mets pas de liens). J'ai besoin de me muscler, je me trouve moooolle. Bref, yoga. Et  j'ai aussi décidé de me mettre à la corde à sauter. L'air de rien, je me sédentarise vu que je ne vais plus au job alimentaire ( 20 minutes x 2 de marche rapide sur terrain pentu, 5 jours par semaine), qui était assez physique (debout, assise, grimper sur un tabouret, porter une pile de bouquins, etc).
J'ai beaucoup réfléchi, mon frère m'a dit de continuer à marcher mais en fait j'ai envie de me muscler pour de vrai, et je n'ai pas du tout envie de me remettre au footing, et comme j'ai toujours ma corde (en vraie corde) de l'école primaire... on verra bien.

20 octobre 2016

Pendant mes trois petites heures du matin, je

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Pendant mes trois petites heures du matin, je commence par allumer la radio, le son très fort pour couvrir le bruit de l'eau qui coule et des assiettes qui s'entrechoquent, parce qu'après je fais la vaisselle. C'est nul au départ la vaisselle mais en écoutant la radio et en s'ébouillantant bien les mains sous l'eau, ça devient agréable. C'est la fin de l'invité politique, l'humoriste-chroniqueur (quand c'est François Morel ou Nicole Ferroni, j'arrête l'eau et je pose ce que j'ai dans les mains pour être sûre de bien entendre). Je commence toujours par les bols, je les empile au fond du Tancarville à vaisselle. Finalement, j'apprécie de faire la vaisselle.
Après, je débarrasse la table du p'tit dej', coup de lavette, éventuellement coup de balai par terre, je lance une machine si la précédente est sèche (et si elle n'est pas sèche je peste intérieurement car j'adore lancer des machines), et puis ça y est, je suis assez satisfaite pour me mettre à bosser.
Je baisse le son de la radio, je m'assieds à mon bureau, et je continue ce que j'ai au l'idée de génie de ne pas finir la veille. Je fais des pauses pour regarder les sept chats du voisin d'en face qui se chauffent le poil sur les poubelles à ordures ménagères (il y en a toujours (mais vraiment toujours) au moins un qui passe par là au moment où je regarde par la fenêtre (ça me rappelle : il y a quelques mois, le voisin d'en face a fait de menus travaux chez lui et pour se faire, il a sorti son escabeau sur sa terrasse. Il l'a laissé sorti quelques jours, et j'ai pu observer les cinq chats (à l'époque, les deux petits derniers n'étaient pas encore nés) se disputer le plateau en haut, vous voyez ? En haut de l'échelle de l'escabeau. Ils se filaient des coups de patte, hérissaient les poils et se crachaient dessus, ils voulaient tous être à cette place, et des fois ils cherchaient à s'y installer à plusieurs et ils se cassaient un peu la gueule. Charmant. Bon, et bien visiblement, le voisin a aussi assisté à la scène parce que quelques jours plus tard, il avait installé un deuxième escabeau juste à côté pour préserver la paix des ménages - ça m'avait rendu heureuse de noter ça)).
Je pourrais me sentir seule mais la présence de la radio (bien que selon moi, les émissions actuelles ne valent pas celles de l'été dernier qui me faisaient plus plaisir) est de vraiment bonne compagnie. J'ai l'impression d'être au milieu du monde tout en étant toute seule à mon bureau, dans mon appartement, dans un bled paumé, alors bravo France Inter.
Si il fait assez bon, j'ouvre la fenêtre et à 10h30, j'ai le privilège si le vent est favorable d'entendre les enfants crier dans la cour de récré (mais comme mon fils ne sait pas crier, je sais bien que ce n'est pas lui que j'entends).
Mon réveil de téléphone est enclenché pour 11h30, pour ne pas louper la sortie de l'école (sauf le mercredi où la sortie a lieu 1/4 d'heure plus tôt et d'ailleurs la semaine dernière j'ai complètement zappé, je suis donc partie de chez moi à 11h38, comme une fleur, en prenant le temps d'aller prendre mon courrier avant d'y aller et tout et tout, et quand dans ma rue j'ai croisé des gens avec des enfants, c'est là que j'ai réalisé que j'avais quinze minutes de retard, ça faisait longtemps que j'avais pas couru aussi vite (et il y avait un parent encore plus en retard que moi vu que J. n'était pas le dernier sur le banc devant le tableau)).
En général, vers 11h00, je lâche mon bureau pour la cuisine, histoire de préparer un légume, parce qu'à 12h30, mon enfant s'écroule de fatigue dans son lit, alors je dois préparer quelque chose avant d'aller le chercher, pour qu'il n'ait plus qu'à s'asseoir devant son assiette une fois rentré. Des fois, même le lavage des mains est délicat, il est mou sur le marchepied, il s'effondre, il est vidé. Des fois, il y a un reste de la veille et ça c'est formidable.
Après je pars pour l'école et suivant les parents que je croise dans la rue, je sais si je suis à la bourre ou pas.
Ce qui me remémore : un vendredi, J. l'adulte nous a accompagnés à l'école et on n'était vraiment pas en avance. Je lui dis "il n'y a plus aucun enfant dans la rue, ça veut dire qu'on est à la bourre. Le pire, c'est quand tu entends arriver derrière toi un enfant, qui te double en courant, alors là c'est trop le stress, tu sais que t'es mal niveau timing". Et paf, au moment où je dis ça, LE gosse qui passe à toute allure tête baissée en plein sprint. On a bien rigolé (et accéléré le pas).



En image : pâte de coing maison (avec des coings de A.).

21 mai 2016

Je peux être énervée, en colère, déprimée. Si on

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Je peux être énervée, en colère, déprimée. Si on part se balader, au bout d'une heure dans la nature à marcher, tous mes maux se sont envolés et il ne reste que de la paix.
Aujourd'hui il a fait beau et chaud, on entendait des bêtes comme dans le sud, vous voyez ? Des cigales ? Des grillons ? Ca fait "cric cric cric" très fort. Magnifique. Il y avait des prairies et des sapins.
A midi, on a fait deux pauses à Douvres (pas la Délivrande) où les six vieux fours étaient allumés pour y cuire des tartes. On a goûté tarte à la crème et tarte à l'oignon. Pour la tarte à l'oignon, on a du attendre une bonne heure que le four soit chaud. Quand on est partis après ce laps de temps, tout le monde appelait Joachim par son prénom, il s'était fait trois amis retraités dont une dame qui n'arrêtait pas de lui dire qu'il était mignonne même si on lui disait que c'était un garçon et elle disait "ah oui j'ai cru que c'était une fille" puis elle lui redonnait du "elle" et du "mignonne". Avant de repartir marcher, un monsieur m'a ouvert la porte de sa maison puis de sa cuisine pour que je remplisse ma gourde à son robinet. On s'est dit "à bientôt" et j'avais envie d'y croire tellement ils m'ont plu. Et après, en marchant, je me disais : quel luxe d'avoir pu remplir ma gourde au milieu d'une rando, j'avais le coeur débordant de gratitude.

11 novembre 2015

D'habitude on aurait choisi de partir

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D'habitude on aurait choisi de partir l'après-midi. Mais comme nous nous sommes réveillés tous les deux d'un réveil naturel à 7h40 (2h25 de rab' par rapport à un jour normal), en pleine forme, J. a suggéré au p'tit dej' que nous nous mettions en route directement une fois nos bols posés dans l'évier. Le petit J. était aux anges de cette balade qui s'improvisait, sur la carte IGN, on a directement su où on voulait aller, on ne s'est même pas lavés, on a pris le paquet de biscuits, une gourde et le porte-bébé dans un sac-à-dos et on a filé.

C'était parfait. Tout y était. La lumière, la douceur, la joie de ce petit enfant, notre bonne humeur, un écureuil énorme et tout noir, des lézards... Qu'on était bien, là, ce matin !

19 mars 2016

Le pique-nique au soleil dans l'odeur de foin. La

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Le pique-nique au soleil dans l'odeur de foin.

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La table pour quatre, vide, juste là, elle était pour nous.

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Le château.

Aujourd"hui, ce n'est pas le bonheur du jour, c'est le jour de bonheur. Une randonnée bien usante en plein soleil, en tee-shirts, de la belle nature, le chant des oiseaux toute la journée, les odeurs de nature chauffée par le soleil. Une bonne humeur générale, un enfant qui dit qu'il est bien, une crêperie qu'on n'attendait pas au bord de la route, un pique-nique nickel à midi, un château fort mastoc, une sieste dans le porte-bébé, des discussions, de l'amour !
Et la satisfaction des jambes lasses en rentrant, le plaisir de retirer les chaussures de rando et de s'asseoir pour manger des nouilles vite faites bien faites en répétant "ah c'était génial !".

16 mai 2016

Lyon Lyon Lyon Lyon, Lyon en large et en travers,

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Lyon Lyon Lyon Lyon, Lyon en large et en travers, et rien de prévu. Quelle ville...

On est si bien, là. Et moi qui répétais en arrivant ici en octobre que ce serait temporaire, comme le contrat signé par J., et je me disais comme pour me donner du courage que dans un an on serait dans un endroit autre, parce que là je me sentais perdue. Et puis longtemps, même si c'était bien, je continuais de dire qu'on partirait vite, que nos coeurs appartenaient à d'autres endroits.
Et puis un jour, quel jour ? Un jour je dis à J. "tu sais en fait je crois que je n'ai pas du tout envie de partir..." et lui qui me répond "ben moi non plus en fait...". On est si bien, là, on rencontre des gens biens, on fait des balades tellement vertes qu'on n'a pas l'impression d'être devant une charlotte à la menthe mais carrément à l'intérieur. On a une place à la garderie, le Petit J. inscrit dans l'école de quartier qui se trouve être une sorte d'idéal d'école (et pas seulement grâce aux marronniers dans la cour). On connaît déjà des gens chez qui sonner pour rigoler le temps de boire un truc frais. En plus il fait beau, chaud, on a quitté la liste d'attente de l'amap pour devenir de vrais amapiens effectifs. Et quand on en a marre de la nature, on saute dans le train et vingt minutes plus tard on est à Lyon, rien que ça.
Et ce fichu contrat qui se termine dans même pas un mois...

2 novembre 2015

à A. (appartement - débuts)

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Quelques dizaines de kilomètres de Lyon. Plusieurs milliers d'habitants. Des boulangeries, des coiffeurs, des banques, des crottes de chien, les magasins qui ferment à 19h30, les zones commerciales.
Tout à coup, je me sens belge et j'ai l'impression d'être en terre presque inconnue et à la fois incroyablement familière. Je ressens énormément de choses, de l'euphorie à la tristesse en passant par la nostalgie et l'espoir.
Un appartement presque sur le quai de la gare, la dame de la SNCF qui répète tout le jour "pour votre sécurité, ne traversez pas les voies". Une vue splendide d'un côté, cafardeuse de l'autre.

6 juillet 2015

Les dimanches soirs sont plus durs maintenant.

 

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Les dimanches soirs sont plus durs maintenant. Avant, je me disais que j'avais la flemme d'être lundi, maintenant, j'angoisse de ne pas réussir à travailler bien comme il faut. J'ai un nouveau job alimentaire : mon ancien job pas alimentaire. Pour l'instant, il est très modérément alimentaire. En 2015, il m'a rapporté 1700 euros brut (c'est à dire rien du tout en net, vraiment). Je me suis fixé un objectif : avoir gagné 10000 euros brut en juin 2016. Je n'ai aucune idée de pourquoi tout à coup ça va me rapporter plein d'argent, mais je compte sur moi pour inventer un truc pour que les petits sous arrivent en trottinant jusqu'à mon porte-monnaie...

Le point positif, c'est que ce n'est pas un but dans ma vie, d'être riche. Tant que j'ai de quoi payer l'électricité et les courses... Bon, un jour, il faudra bien que j'aie de quoi me payer deux semaines à la montagne au mois de juin, mais j'ai le temps.

Donc, je suis illustratrice, et auteur aussi, même si dans les histoires que je m'écris il n'y a quasiment jamais de texte.
J'ai conservé les mêmes horaires qu'à l'époque où je bossais chez le bouquiniste, je bosse le matin et en début d'après-midi pendant la sieste, et je récupère la garde de Joachim quand il se réveille dans l'après-midi.


Au départ, quand mon ex-job alimentaire s'est terminé, c'était facile parce que j'étais en pleine commande : une série de marque-pages pour mon ex employeur (oui oui). Ca commençait très bien parce que j'étais ravie de les faire et que je prenais beaucoup de plaisir à les imaginer.
Quand j'ai eu rendu cette commande, ça a été un peu plus compliqué : tout à coup, le temps, là, et la possibilité de vraiment continuer mes projets à moi, dont un entamé il y a quatre ans, toujours pas terminé.

J'ai réussi à m'y mettre, et sans tarder. Je suis d'une efficacité qui m'étonne moi-même... Je trouve ça très difficile de ne pas céder à l'appel d'internet qui me tend les bras, avec ma boîte mail, facebook, des blogs, des instagrams à lire... J'allume l'ordinateur, je mets Franec Inter et hop, au boulot.
Si je tombe dans le piège du web, je fulmine. Au moment où je me mets à bosser, je sens l'excitation qui monte... Ca faisait longtemps que je n'avais pas ressenti ça vis à vis de la création, alors j'ai visé juste en faisant ce choix d'être pauvre mais en ébullition.

Je suis tellement dedans que je me suis même remise à la couture.

Ca m'est venu en deux temps : une visite chez notre ex-proprio qui est resté un petit vieux de référence dans ma vie. Des questionnements ? Hop, je file sonner chez lui, je m'assieds dans le fauteuil en velours dans le coin de son bureau, il me demande comment ça va et il réfléchit avce moi, avec toute sa bienveillance et son humour. On peut donc devenir amie avec son ex vieux propriétaire. Et donc, là, j'étais en pleins doutes quant à mon avenir, et le samedi matin où je me suis pointée chez lui, il m'a dit "non mais Elisabeth, vous êtes illustratrice, soyez illustratrice !" (en m'expliquant que ce n'était pas grave d'être pauvre, que ce qui comptait, c'était de faire un truc qui avait du sens pour moi (il m'a dit que c'est ce qu'il dirait à ses enfants adolescents aujourd'hui, si il avait encore des enfants adolescents)). Bon, son avis compte d'autant plus qu'il est l'un des deux fondateurs d'une très grosse maison d'édition... Je lui avais montré mes dessins quand il était encore notre propriétaire et il s'était montré tout à fait enthousiaste, il avait rigolé pendant une heure en les regardant. Je garde ça dans un coin de ma tête pour réussir à me mettre au boulot le matin...

Ca, c'était le premier temps. Je me disais "hors de question, illustratrice, l'angoisse" (bon, je n'avais pas complètement tort...).

Le deuxième temps, c'était au bilan de compétences, que je faisais pour savoir quel job alimentaire je pouvais faire à côté de l'illu. J'ai passé des tests de personnalité et des tests d'intérêt, tout allait vers la créativité (à ma grande surprise parce que je ne suis plus si créative que ça, dans ma vie (bon, on dirait que ça pourrait revenir...)). Les premiers boulots qui ressortaient de tout ça étaient des trucs du genre potier, fleuriste, journaliste, scénariste...
Ca m'a fait réfléchir...

Alors j'essaye, on verra bien. Ce ne sera peut-être pas viable, je trouverai autre chose. En attendant, c'est comme ça.

Voici en image la vue qu'on a du train, et à dessiner des gens qui voyagent, je me sens moi aussi en vacances.

Voici un blog d'illustration qui renaît un peu : www.bolduc.canalblog.com
Voici un site qui propose des faire-parts originaux ! www.storkandthepostman.blogspot.com

Bonne soirée.

22 janvier 2016

Bonheurs du jour 9

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Aujourd'hui, soyons fous, plusieurs bonheurs parce que je n'ai pas envie de choisir, j'ai envie de tout consigner.

D'abord, à 8h54 (c'est précis, mon beau-frère m'a offert une superbe radio pour Noël qui donne aussi l'heure, je la regarde toutes les trois minutes), proposer à J. le minus de préparer des biscuits, et m'entendre répondre "ouiiii ouiiiii !", alors consulter immédiatement les livres. Bon, je suis difficile en recettes de biscuits, je trouve que les livres n'en proposent pas assez... Du coup, je consulte la rubrique "galettes" du Grand Larousse Gastronomique, et justement, il y a la recette des galettes orangines, jamais entendu parler mais j'ai tout ce qu'il faut. Dehors, le brouillard nous donne l'impression de vivre dans la barbe à papa, mais le soleil perce quand même, la lumière est magnifique. Joachim est hyper content, il malaxe la pâte avec moi tout en répétant "malaxer" avec délectation. Un de nos trois oeufs se révèle pété et donc il nous en manque un pour la recette, mais je décide, comme ça, de sang froid, que ce n'est pas grave et que ce sera sûrement très bien aussi avec un oeuf de moins, et puis je me rends compte que la balance déconne du coup je rajoute du sucre au pif, mais je reste détendue malgré tous ces aléas, bref, je me demande ce que ma mère a mis dans sa confiture mangue-vanille (mangée au p'tit dej'), mais ça fait de l'effet. A 9h25, la pâte repose au frigo, on peut passer à la suite alors que la journée vient seulement de commencer, je me fais la réflexion qu'à cette heure-là, autrefois, j'étais seulement en train de me brosser les dents avant de partir bosser - immense satisfaction.

Après, c'est le midi, c'est une situation qui commence pourrie, je couche ce petit enfant et au bout de deux heures il ne dort toujours pas alors qu'il est clairement crevé. Dans la petite chambre ensoleillée par les petits trous entre les lames du volet roulant, ça rigole, ça chouine, ça discute tout seul, ça chantonne... Je finis par mettre un cd de musique classique (sonates pour violon et basse continue, de Westhoff, merci O.) , déjà, ça apaise les moeurs, mais comme ça ne suffit pas, je rentre dans la chambre, et je le prends dans mes bras. Il y a la belle musique et la sensation de ce corps tout tendu qui se délasse instantanément. Je lui suggère de poser sa tête sur mon épaule et il s'éxécute directement, je sens que la peau de mon cou commence à transpirer contre la mollesse de sa joue. Je sens ses quinze kilos de plus en plus lourds. Cette situation ne s'est pas présentée depuis des mois, et tout à coup, ça me semble luxueux d'avoir ce petit être endormi dans mes bras. Au point où je me dis que je vais m'asseoir pour le garder encore comme ça, sauf que j'ai envie de faire pipi donc finalement je le pose dans son lit (zut !)...

Enfin, c'est le soir, on va à la boulangerie acheter le pain, tous les trois. On s'entend très bien avec le boulanger, on peut rester discuter une heure alors qu'on venait juste acheter une baguette, et on rigole bien bien... Au point qu'on projète de l'inviter à dîner. Et c'est là que c'est lui nous invite à dîner en premier. Il nous dit qu'il est bon cuisinier, et qu'il va nous concocter un plat typique vietnamien (il est vietnamien). C'est le bonheur.

14 décembre 2015

Ca fait deux mois qu'on habite à A., et je me

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Ca fait deux mois qu'on habite à A., et je me lève tous les matins horaire facteur pour bosser avant le réveil de petit J.. Je trouve aussi quelque temps pendant la sieste de midi. Je travaille tous les jours et pourtant j'ai le sentiment d'arriver à rien, j'ai plein de projets à réaliser, des tas d'idées qui ne demandent qu'à prendre forme mais je n'arrive pas à faire ce que je veux. Je sens que quand ça va se débloquer, ça va peut-être être le feu, l'explosion, la danse du ventre, mais en attendant je commence à avoir le cheveu terne et l'oeil triste.

27 février 2014

Et trois mois. Et tout a changé.Au début, il

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Et trois mois. Et tout a changé.
Au début, il faisait sombre, il pleuvait, le jour se couchait à 15h30, on se couchait à 2h30, je me levais à 12h30, le bébé pleurait, on ne savait pas pourquoi, je l'aimais tant que j'avais peur de lui, j'étais sonnée de ce qui m'était tombé dessus, j'étais estomaquée, j'avais les bras coupés, j'avais peur (peur de le nourrir, peur de sortir, peur qu'il soit affamé, peur qu'il ne s'arrête plus jamais de téter, peur de voir ma vie filer aussi vite que les heures, peur de voir que les heures filant, son minuscule âge filait aussi, peur de me rendre compte que chaque jour il avait un jour de plus alors que je comptais son âge en jour et que du coup il me semblait vieillir très vite), j'avais le vertige, j'étais perdue, j'étais nostalgique (nostalgique de la liberté d'avant (le vendredi soir : "tiens, on se fait un cinoche ?", le vendredi nuit "tiens, on se fabrique une pizz' ?, le mardi à 22h30 "tiens, on allume la téloche ?", le mercredi à 8h30 "tiens, si je lisais un blog ?"), nostalgique de la grossesse).

Des fois encore, je m'assieds dans mon fauteuil et je regarde tout chez moi et je me dis "qu'est-ce-qui n'a pas bougé depuis le 19 novembre ?" et je fouille tout du regard mais ça devient dur de trouver des trucs. Il y a un sac rouge derrière l'étagère de notre chambre, les pailles dans le placard de la cuisine). Et je me dis "quand j'étais enceinte, ce truc était déjà là. Il n'a pas bougé. Tout a bougé mais pas lui. Quand j'accouchais, quand j'étais possédée par les contractions, quand j'ai poussé et que je suis devenue mère en voyant une vraie personne sortir de moi, ce truc était là, il ne bougeait pas". Quand je traverse une rue, je me dis "pendant que j'accouchais, ce feu a continué de devenir vert puis rouge". Je pense au fait qu'on était cinq dans la salle d'accouchement, tout à coup on a été six et alors j'ai réalisé qu'il y avait eu une vraie personne dans moi, et puis j'ai visualisé cette salle où on était juste cinq et où tout à coup on a été six, et c'est là que le vertige a commencé, qui ne s'est plus jamais arrêté. Ca arrive à plein de femmes, on dit basiquement"tiens, Machine a accouché" mais en fait c'est une révolution à chaque naissance et rien que d'y penser j'ai le coeur qui bat plus fort. C'est un basculement, une chute, un retournement, une hallucination, un big bang, presque de la science-fiction, de penser que quelqu'un de bien vrai, avec des coudes, des yeux, des ongles, quelqu'un qui bouge et qui pense et qui ressent, a été en soi et en est sorti. Et puis l'accouchement, c'était tellement incroyable comme expérience (vraiment oui, les contractions, plus que de douleur je parlerais d'habitation. Elles nous habitent, nous possèdent, on ne maitrise plus rien du tout... Enfin moi c'est comme ça que je les ai vécues (même si ça m'a fait mal hein, mais ce n'est pas ça qui m'a le plus marquée)), en fait ça arrive à tout un tas de femmes chaque jour d'accoucher mais à chaque fois c'est un miracle ou quelque chose comme ça. Ca a l'air cucul mais c'est vraiment ce que je pense, trois mois plus tard... On a envie de le dire autour de soi" il m'est arrivé un truc de ouf", mais en fait c'est compliqué, ça semble presque banal alors que c'est loin de l'être... Aujourd'hui, toutes les femmes me semblent être des héroïnes. Je voudrais le revivre mille fois.

Et puis maintenant, il y a eu la reprise du travail, la fatigue qui va avec, le bébé qui fait mille sourires, qui joue, qui se manifeste, qui dit qu'il est content ou pas content du tout. Le moment que j'aimais le moins pendant mon congé maternité, le lever du matin, est devenu mon moment préféré avec mon moment préféré de pendant mon congé mat' (le soir, le rituel du coucher). Deux moments bien paisibles, joyeux. Le matin, maintenant, quand mon réveil sonne, je me lave sans tarder (comme ça c'est fait) pendant que le bébé fait "schgling schgling" en faisant grelotter le grelot qui est accroché au chien au bord de son lit. Je sais alors que J. se lève, que le bébé sourit jusqu'aux oreilles en le voyant parce qu'alors ça veut dire qu'on va enfin se bouger les fesses et s'occuper de lui alors que ça fait une plombe qu'il nous attend en s'enquiquinant dans son lit. Il faut l'habiller sinon il pleure, il n'aime pas petit-déjeuner en turbul'. Ensuite, on mange tous les trois ensemble et ensuite, pendant que je me lave les dents, J. le grand change la couche du petit et c'est un moment festif où nous on chante n'importe-quoi (mais en particulier ça (parce que le modèle de couche choisi s'appelle "flip" et que c'est difficile de ne pas y penser)) et où lui se marre mais se marre !!! Sans bruit mais quand même, il se marre.

Ca me fait partir au boulot le pas assez léger.

25 janvier 2016

Bonheurs du jour 12.

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Aujourd'hui, c'était une randonnée, limite improvisée, puisqu'on en avait préparé une autre avant d'aller se coucher hier mais qu'on a loupé le bus qui devait nous emmener au point de départ. Mais bon, encore un envoûtement de la confiture de ma mère je pense (à la carotte), nous sommes restés joyeux comme si on s'en foutait complètement. On a notre carte IGN sous les yeux, on se dit "tiens, là, on n'y est jamais allés". On y va.

Liste des sous-bonheurs : le soleil qui passe à travers les branches et rend tout plus vert/les maisons en bois montagnardes/un lac bleu/regarder J. faire pipi derrière un arbre (enfant fasciné)/pique-niquer debout parce que tout est boueux/les odeurs de nature/les lézards/Joachim qui chantonne pendant tout le trajet (ça c'est nouveau)/...

16 septembre 2014

le tag du phénix

Aujourd'hui, je vais taper fort puisque ce matin en allant au boulot, j'ai eu une idée : j'allais inventer un tag. Dans le genre vieille blogo qui sent le savon, c'est pas mal je trouve !
Et donc, le truc de ouf, c'est que je vais tagger des gens et que je vais leur demander de tagger d'autres gens à leur tour après avoir répondu au tag sur leur blog ! Ca va être tip-top moumoute.

Alors voilà la règle du jeu du tag pour les nouvelles blogueuses qui débarquent (au cas où) : c'est simple, 'y a des questions, 'faut répondre aux questions et ensuite envoyer les questions à quelqu'un d'autre qui y répondra à son tour et les proposera à quelqu'un d'autre, etc.

Le tag !

1 - est-ce-que ça t'arrive de porter des chaussettes trouées et de te dire que tu t'en fous parce que personne n'est au courant ? Si oui, tu troues tes chaussettes plutôt au niveau du pouce ou du talon (ou ailleurs !) ?

2 - quels sont tes prénoms, les deux ou trois ? En es-tu contente ? Pourquoi tu t'appelles comme tu t'appelles ?

3 - raconte-nous un détail précis de ton rêve de vie pour le futur ?

4 - elle est comment ta culotte pref' de pref' ?

5 - qu'est-ce-que tu adores dans ta vie (à part tes amis et ta famille) ? Que voudrais-tu, au contraire, y améliorer ?

6 - que veux-tu comme cadeau pour Noël ?

7 - quel âge as-tu le sentiment d'avoir ?

8 - dans quel lieu as-tu aperçu pour la première fois la perosnne dont tu es amoureuse ?

9 - tu es plutôt thé, café ou chocolat au p'tit dej' ? (ou autre chose !)

10 - montre-nous la photo de tes dernières vacances qui te fait le plus rêver.

11 - quel blog aimerais-tu voir renaître de ses cendres ?

Il faut tagger 5 personnes + la/le propriétaire du blog qu'on aimerait voir renaître ! (au fait, j'ai mis le tag au féminin parce qu'on est surtout des femmes par ici)

Alors je tagge Milky, Ktl, Camille, Zoline et au Colibri ! Et la bloggeuse a faire renaître, Mariaba !

Et je réponds au tag, quand même...

1 - ça ne m'arrive JAMAIS parce que je trouve ça atrocement désagréable d'avoir un orteil coincé dans un trou de chaussette.

2 - Je m'appelle Elisabeth Jeanne Marcelle. Elisabeth était une amie d'enfance de ma mère. Jeanne et Marcelle sont les prénoms féminisés de mes grands-pères.

3 - Dans mon futur, j'aurai une maison en pierre  et il se trouve qu'il y aura une fenêtre dans la salle de bain. Par cette fenêtre, on pourra voir de la verdure, mais pas n'importe-quel genre de verdure : de la verdure un peu sauvage, pas domptée. Des arbres, des buissons. Par terre, dans cette salle de bain, il y aura du parquet.

4 - Elle est blanche à petites fleurs roses.

5 - ce qui me contente vachement dans ma vie, c'est d'être en recherche, de tatonner, de sentir que je n'ai pas encore trouvé mon essentiel et de pouvoir, du coup, le rêver. De penser à toutes les choses que j'ai envie d'améliorer, d'entreprendre, de réfléchir à quel environnement serait euphorisant. De tenter des trucs, d'avoir l'impression d'aligner des petits cailloux, parfois trop lentement à mon goût, mais quand même.
Ce qui y est à améliorer, c'est l'état de nos finances qui nous bloque souvent un peu...

6 - Je voudrais 52 pots de confiture, ou même 104, deux par semaine pour l'année à venir.

7 - 28 ans ! Donc ça va, vu qu'en vrai j'en ai 29. Par contre, j'ai encore l'impression d'être en 2013...

8 - à la cafet' de l'école d'art du Havre.

9 - je suis très thé ! Ou chocolat si c'est un vrai bon chocolat avec du chocolat fondu dedans !

10-
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(Kerlouan, mai 2014)

11 - Fun for meeeee !!!

Salut !

31 juillet 2015

un billet assez pathétique

Normalement, je ne devrais pas du tout être là à écrire des trucs mais là, c'est un peu obligé, parce que j'ai passé ma nuit à penser au lieu de dormir.
Je repensais...

à la rue de la Chalotais à Rennes. Je ne sais plus quel numéro, mais le code de la porte c'était 8A25. Il y avait un escalier vert sapin étroit et sombre qui m'évoquait l'intérieur d'un bateau (mais en Bretagne, tout m'évoque l'intérieur d'un bateau, c'est psychologique).
Je me revoyais, une fois, voulant monter avec un bouquet de fleurs mais n'en trouvant pas, me rabattant sur un bouquet de poireaux.

Je repensais à Manu qui, trouvant que la visite guidée du musée qu'il avait visité était vraiment pas terrible, envoyait une lettre à la directrice (la femme de l'artiste (une certaine Elisabeth qui se fait appeler Liseron, j'aime beaucoup)) pour le lui dire, directrice qui le rappelait ensuite pour l'embaucher si il voulait, et il voulait.
Je me revoyais, en Mayenne, dans un groupe de quatre ou cinq retraités actifs, sous nos parapluies, et lui qui faisait sa visite guidée, et moi, émue de le voir me lancer des regards complices alors que les autres visiteurs ne savaient pas de prime abord que nous nous connaissions. Je me souviens de ce jardin détrempé et de ces oeuvres monumentales et dépaysantes, je me souviens de ce que j'ai ressenti.

Comme je l'aimais, Manu.

Moi, j'étais comme la graine qui enfin pousse après avoir germiné 107 ans sous la terre. J'avais 17 ans, je venais de partir de chez mes parents, tout me semblait liberté : faire le ménage chez moi, liberté ! Aller acheter le pain le dimanche matin ? Liberté ! Sortir quand je voulais où je voulais, liberté ! Je jouissais d'être là, juste ça. Des fois, je marchais dehors, simplement, et ça me semblait être le plus beau des cadeaux. C'est cucul mais je ne peux pas le dire plus simplement. J'étais heureuse de vivre, tout était nouveau, tout était à inventer, et j'avais très très envie de m'amuser.
Lui, il n'avait pas ma naïveté, ni ma candeur, mais il partageait ma légèreté. Je le voyais tous les jours à la fac, on rentrait toujours ensemble, on allait toujours chez lui (chez moi, c'était trop petit, on s'étalait), on dinait ensemble, on fêtait ensemble, on discutait, on se renseignait, on avait plein d'idées, plein d'idéaux, plein de folie, vraiment, je crois.
On se disait "oh ! si on faisait ça !" et on le faisait.

Ainsi, un jour, en février 2003, je décrochais enfin mon permis (après trois essais infructueux, moi qui aimais tant conduire...) et je lui faisais immédiatement part de la nouvelle par sms. Quand je le retrouvais l'après-midi même, il me dit "bon ben on part, vu que t'as ton permis, on va à Saint-malo, c'est toi qui nous emmènes, j'te prête ma voiture !" et hop ! Il me faisait toute confiance, ne commentait absolument rien de ma conduite automobile, et nos deux passagers arrière s'étaient carrément endormis.

Une autre fois, comme ça, nous allions à La Rochelle, ou dans le Morbihan.

Le Morbihan. Très peu de temps après la rentrée à la fac, un voyage était organisé à Kerguéhennec, au centre d'art contemporain.
Je me souviens de la prof, en cours, demandant "bon, j'imagine qu'il n'y a pas de mineurs dans cette classe !?" et moi, levant la main "ben... si... moi...", et elle (adorable) "ooooh, le bébééé de notre claaasse... bon ben tu me ramèneras une autorisation de sortie de la part de ton papa et de ta maman !" . Je me souviens de l'éclat de rire général. Je me souviens que d'étudier en Bretagne, ça me faisait un effet boeuf. Pour moi, la Bretagne, c'était ma Mémé, son appart' surchauffé, le rhume que je chopais immanquablement en sortant de chez elle, et les balades au bord de la mer dans une lumière terrible (même l'hiver) avec le nez encombré et la tête comme une pastèque. Et là, du coup, toute ma vie portait cette tenue-là, cette ambiance-là. C'était merveilleux. Un apaisement...

Et donc, Kerguéhennec. Les profs qui arrivent en bottes de pluie, et nous en petites chaussures (ben quoi, on va visiter un centre d'art). Moi, en Converses, avec les oeillets presque au niveau de la semelle... Le centre d'art était un parc d'art, bouillasseux (mois de novembre...) comme pas permis, j'avais de la boue jusque dans mes chaussures. Malgré tout, je me souviens de combien je me suis sentie bien ce jour-là, vraiment libre, unie à moi-même, heureuse de partager ce moment-là avec ces gens-là. Comme je me suis sentie électron libre, détachée du reste de mon monde connu. Comme nous avons rigolé, marché, senti des odeurs d'automne gelé, entendu le bruit du rien, juste de nous marchant, là, et de la nature très calme. Je me souviens de ma joie, dans le bus du retour, d'être assise à côté de Manu, et complètement décomplexée par les circonstances (la boue partout et nous, transis et trempés), combien j'avais ri et discuté et raconté n'importe-quoi. je me souviens aussi de la douche que j'ai prise ce soir-là, et combien elle m'avait fait du bien.

Je me souviens qu'au début de ma vie à Rennes, il me semblait que c'était Noël tous les jours. On sortait beaucoup le soir, on allait au cinéma, on allait chez des gens, on revenait de chez les gens, on allait au Virgin. On voyait Pas sur la bouche de Resnais, on apprenait la BO par coeur et on soulait tout le monde avec.

Manu n'est pas mort, je parle au passé parce que je ne suis presque plus en contact avec lui. A l'époque, ça m'aurait paru inimaginable de pouvoir presque le perdre, ce contact, tant il était important pour moi. Tant je riais avec lui, tant on entreprenait, tant on faisait n'importe-quoi.

J'étais très, très, amoureuse de lui, même si comme Céline Dion, je savais qu'il ne m'aimerait jamais. Nous passions tout notre temps ensemble. Une fois, je me souviens que nous nous sommes dit que trop c'était trop et qu'on devait un peu se détacher, mais l'après-midi même, nous nous croisions par hasard au Virgin et décidions de passer la soirée ensemble.

L'été 2003, nous ne nous voyons pas pendant un ou deux bons mois, je ne sais plus trop, et comme on a des forfaits téléphoniques merdiques, on ne se donne quasi pas de nouvelles. Et puis on se retrouve, et il me propose de retapisser son appart' avec lui, et même de le repeindre, et je me souviens de la pièce vidée, de la fenêtre ouverte, de la chaleur, du blanc éblouissant des murs repeints, des Amours Perdues d'Elysian Fields en boucle et des grains de maïs d'un déjeuner, que nous essayons de lancer pile sur le toit des voitures qui passaient dans la rue.

Je me souviens qu'il m'avait dit qu'il avait quitté son nouveau copain parce qu'à force de passer du temps avec lui il n'avait plus le temps de me voir.
Et puis la fois où on avait sonné chez des gens parce qu'on passait dans la rue, qu'on avait entendu qu'il y avait une fête et qu'on avait envie de venir, et on nous avait ouvert.
Et la fois où il m'a invitée chez ses parents pour l'aider pour un travail, et ses parents nous avaient invités au restaurant, et à 23h, nous, on avait du s'éclipser (pour le travail), et le cuisinier (un ami des parents) et les parents avaient fait de gros sous-entendus genre "ouais ouais, on sait ce que vous avez à faire comme genre de travail, hu hu".
Et la fois où on avait une sortie à Paris organisée par la fac mais on avait décidé d'y aller en voiture. On avait calculé qu'on devait partir à 2h00 du matin pour être devant le musée d'art moderne à je ne sais plus quelle heure. On devait partir à 4, on avait décidé de tous dormir chez Manu pour faciliter le départ, à 4 dans le lit, on avait surtout rigolé comme des andouilles et à 2h, on était assez peu frais. On avait sauté dans la voiture, écouté les cassettes de Led Zeppelin d'Aurélie, et il pleuvait et sur une nationale, Manu avait dit que les camionneurs étaient trop sympas parce qu'ils le prévenaient à cousp de clignotants quand la route était libre et qu'on pouvait doubler. On avait fait une halte en Mayenne pour déposer son linge sale chez ses parents (vers 5h00 du mat' je pense, sympa la vie de parents d'étudiant !), et il avait ramené un chiot dans la voiture et on avait bêtifié.
On décidait d'assumer tous nos goûts même les plus obscurs et étions donc fiers d'écouter Alizée.
On allait le plus souvent possible au Batchi dans l'espoir d'y croiser Etienne Daho (jamais vu).
On bricolait, on travaillait ensemble, on se donnait nos avis sur nos boulots, on s'encourageait, on se félicitait.
Une fois, il avait décidé de photographier la rue vue de dessus et donc on avait été sonner chez les gesn pour savoir si on pouvait prendre des photos depuis leurs fenêtres et ç'avait été possible.

On était dans la même classe à la fac, la classe des "C" parce que mon nom commence par un C. le sien par un D mais heureusement, le début des D alors on était dans la même classe. Je l'avais rencontré le premier jour, repéré dans un couloir (il m'avait plu), recroisé et justement j'étais perdue, et il se trouve que nous cherchions la même salle.
Le soir-même, il venait me préparer des pâtes carbonara chez moi parce que moi, avec une autre fille. Ce soir-là, c'était le bonheur.
On en a mangé des Pringles crème-oignon, ensemble.
Manu décidait des choses, avait des avis et s'y tenait. Il faisait des trucs. Et moi, j'étais fort aise de l'avoir rencontré et de profiter de son énergie. Il me donnait le sentiment de s'être posé là, de voir ce qu'il y avait à en tirer, et de préparer son prochain envol. Et d'ailleurs, c'est ce qui s'est passé, au bout de deux ans, il partait continuer ses études à Paris.
Il était excessif, il se passionnait pour les choses, s'enthousiasmait, trouvait tout génial, se plongeait dans ses intérêts à n'en plus se coucher la nuit. Il vivait, mais vraiment !
Penser à lui me ramène aussitôt aussi aux week-ends à Paris chez ma soeur, à Thomas Fersen, à la maison des parents de Béné à Saint-Brieuc dont la porte retsait toujours ouverte au cas où des amis passeraient quand ils n'étaient pas là, des petits mots des amis passés quand ils n'étaient pas là laissés sur le meuble de l'entrée, du salon assez poussiéreux et très confortable, avec plein de livres, donnant sur le jardin vert, avce des toiles d'araignées, et on avait écouté Brassens. Ca me rappelle des tas et des tas de chosolats chauds bus à rennes, Paris, ou peut-être ailleurs. Les PMU le matin, le bruit de la machine à café qui siffle je sais pas pourquoi mais c'est bien. Les gens qui parlent un peu fort, du coup.
Alors je regrette de ne pas avoir une odeur un peu plus piquante, une odeur de cigarette. Je regrette de ne plus aller dans les PMU.

Cette nuit, je repensais à tout ça, et je me disais que finalement, ce qu'on fait, ça compte peu, ce qui compte, c'est de faire des choses.

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Ca, c'est mon sourire forcé du samedi où mes parents m'ont laissée à Rennes. Je souris mais en vrai j'ai une boule dans la gorge et j'ai super envie de pleurer.

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Chez moi.

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L'escalier de chez Manu.

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La vue de chez moi (cette maison et son jardin...) : la lumière et l'odeur bretonne, qu'on imagine fort bien.

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Le domaine de Kerguéhennec.

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A droite, le bâtiment Mussat, fac d'arts-plastiques de Rennes.

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Kerguéhennec par Manu.

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Vue par la vitre arrière sur le parking du musée Robert T..





14 septembre 2014

Il y a des rituels que j'aime bien, comme par

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Il y a des rituels que j'aime bien, comme par exemple le soir, quand je laisse Petit J. dans son lit et que je descends l'escalier (en croisant les doigts pour qu'il ne se mette pas à pleurer à gorge déployée) pour retrouver mon entièreté, mes bras, mon esprit, mes occupations, mon regard de veau perdu dans le vide : bon, et bien donc, le soir, quand je descends, je range tout : les cd éparpillés sur le sol, les livres sortis de l'étagère, les jouets en goguette, les cuillères qui dorment sous la table. Et la couverture, sur le dossier du fauteuil. Hop ! Après, ça semble plus grand.

Je repense à il y a un an, quand je me demandais ce que ça ferait d'être en bas juste J. l'homme et moi, alors que le bébé dormirait en haut. Aujourd'hui, je n'arrive plus à me détacher de cette idée qu'il y a l'enfant qui est là, bien là, même endormi hors de notre vue. Je ne peux pas me projeter en arrière et imaginer ce que ça faisait de n'être que deux, de pouvoir se coucher tard parce qu'on ne risquait pas d'être réveillé à 5h00, de pouvoir cuisiner un truc chiadé même à 21h00, de penser que le lendemain tout mon temps m'appartiendrait.

On n'a pas de place en crèche. Au départ, ce n'était pas un choix, je me revois enceinte, montant l'escalier en ouvrant la lettre de l'ONE m'annonçant qu'on était carrément virés de la liste d'attente tellement on était loin dessus. J'avais été partagée entre stress et joie. Puis en fait, la joie a pris toute la place : j'étais super heureuse à l'idée de passer plein plein de temps avec mon bébé, que son père aussi (le père plus stressé que moi par cette annonce), que le matin on allait pouvoir le laisser dormir au chaud dans son petit lit et non pas le sortir dans le froid de février. Tous les deux, nous aimons passer du temps avec notre bébé, l'observer, partager notre quotidien avec lui. Et à la fois, quand je compte sur les doigts d'une de mes mains le nombre de fois où j'ai été seule, complètement seule, depuis sa naissance... je suis très fatiguée. Je suis bloquée dans une situation, le plaisir, la joie, l'intérêt d'un quotidien avec mon bébé (et c'est pour ce quotidien-là que je désirais un enfant) et le désir de me retrouver (partagé par J. le grand).

En fait, la solution idéale, ce serait qu'on trouve une nounou à mi-temps (je préfèrerais qu'il teste la collectivité, les relations avec d'autres jeunes enfants, au calme, que le groupe soit très restreint, comme une fratrie), qu'il puisse y aller seulement quelques matinées par semaine, ou quelques après-midis. J'ai envie de vivre ma vie, et à la fois je n'ai pas envie de louper une micro miette de lui, tant qu'il est encore petit, tant qu'il est heureux lui aussi de nous voir beaucoup.

11 juillet 2015

Il y a des moments purement merdiques ou le petit

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Il y a des moments purement merdiques ou le petit vit sa vie mais où les deux grands sont tout à fait mécontents. De quoi ? De tout, la météo, trop froid, trop chaud, pas assez de lumière, pas assez d'espace, trop de voiture, pas assez de boustiffailles entre amis, trop de nous deux,  une sieste pas aussi longue qu'on aurait espéré, rien de prévu pour la balade de l'après-midi, plus de chocolat, les courses à faire, un bordel inexorable, une ampoule encore morte, les plantes à arroser, la vaisselle à faire, des escaliers trop généreux, une garde-robe pas inspirante, internet trop attirant, des dessins qui ne veulent pas, un avenir inquiétant, une voisine effrayante, le journal rien ne va, un banquier qui n'est pas si doué pour faire fructifier de l'argent, un livre terminé, l'agacement de devoir nettoyer une table pleine de miel, l'éponge qui avait été mal rincée, le liniment qu'on a oublié de fabriquer, encore des travaux bruyants dans le quartier. Plein de raisons.

Et il y a des moments, de plus en plus nombreux dans ma vie, où tout semble aller b i e n. Comme sur des roulettes, sans effort, comme ça. Où on assume ses choix, on choie sa vie, on choie ses choix, on décide d'arrêter de remttre en question mais plutôt de profiter, de se laisser aller à imaginer, à espérer, à se demander comment faire.

On est bien, tous les trois, c'est un grand plaisir d'habiter avec Joachim, de partager notre vie peinarde avec lui. Il est tout à fait sympathique, il s'est très bien intégré à notre équipée. Avec Jérôme, on se le dit, des fois "tu trouves pas qu'il est vraiment cool ce mec ?" "ouais, carrément !".

J'espère que ça va durer, cette légèreté.

Ce soir, explosion de vocabulaire : "pou-i !" (: pourri (oui oui...)), "mignon" dit parfaitement, et "gago" (gâteau"). C'est "pourri" qu'il préfère...

11 août 2014

Le rythme se fait moins cahotique, plus

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Le rythme se fait moins cahotique, plus harmonieux. Les matins avec Papa, les aprem' avec Maman, et le week-end, tout perturbé d'être dans mes bras après 9h30. Des fois, alors, il réclame son père et alors j'ai à la fois du temps libre et les bras libres. Ce qui fait que je songe à retourner à la piscine mais je ne suis pas sûre parce que j'ai tellement de trucs à faire et j'ai très envie d'avancer.

Petit J. parle, il n'arrête pas même, une vraie pipelette. Normalement, il devrait parler français mais pour l'instant ça ressemble plus à du polonais, par exemple il dit "tadek !" ou "cot-ta" ou "dégrop' dégrop' dégrop'-da". Des fois, il fait des phrases et ce qui est absolument adorable, c'est qu'il y met le ton, même si il en invente chaque mot.

Il galope à quatre pattes et s'est trouvé plusieurs passions : les bouteilles de bière vides qui attendent d'être jetées par terre dans un coin de la cuisine, les prises de courant et fils éléctriques de lampes, baver par terre et faire des dessins en trempant son doigt dans ces petites bulles de salive.

J'aime beaucoup me balader avec lui et lui aussi aime bien se balader, visiblement. Il faut trouver un but, même juste aller s'asseoir pour goûter/pique-niquer sur une pelouse du parc, à l'ombre des platanes, et regarder les gens (et les chiens et les pigeons et les canards) passer. Veiller à ce qu'il ne mange pas trop d'herbe parce qu'elle n'est pas nickel-nickel. Des fois on fait des trucs administratifs ou des courses mais c'est moins la fête, sauf aujourd'hui où il s'est endormi au marché, et réveillé alors que je buvais un truc en bonne compagnie rencontrée par hasard. Il aime bien rencontrer des gens.

J'ai dit à mon patron et à mes collègues que j'allais chercher du travail ailleurs, c'était le premier pas. J'ai écrit ma lettre de motivation, je n'ai pas encore revu mon cv. J'ai avancé vers mon nouveau but créatif, on m'a dit "non" mais ce n'était pas grave, j'ai envoyé autre chose et envoyé le refusé ailleurs. Finalement, moi qui paniquais de ne plus avoir le temps de rien en étant devenue mère, et bien j'ai cessé de jouer au démineur et j'ai multiplié mon temps investi dans la vie qui bouge, sans m'en rendre compte, par peur de ne plus rien faire pour de bon, je crois.

Et puis il y a le baby-blues, enfin, le truc qui me collait aux bask' depuis mon accouchement et me fichait le bourdon un peu trop souvent, qui a consenti à se faire la malle. Ca ne veut pas dire que j'étais triste d'avoir eu un bébé, que j'étais déçue par mon fils, que j'étais triste tout le temps, ni même que je regrettais (mais pas du tout !), mais c'était là. C'était la nostalgie de choses possibles avant et devenues impossibles, le stress face au temps qui passe dix fois plus vite une fois qu'on a un bébé dans les bras, la fatigue sûrement, la difficulté à laisser de côté le sentiment extraordinaire que j'ai ressenti en acouchant pour revenir à la vie normale (même si accompagnée d'un super bébé tout neuf, mais normale quand même - c'est-à-dire réussir à se motiver pour lancer une machine ou nettoyer le lavabo alors qu'on a vécu un truc fou comme un accouchement pas si longtemps que ça avant). C'est fini. Aujourd'hui, ça va, ça allait aussi mais pas constamment, et moi qui suis une bonne lunatique, la maternité a rendu mes hauts plus hauts et mes bas plus bas !...

J'ai encore les larmes aux yeux quand je passe devant la maternité, mais sinon ça va. Ah, si ! J'ai aussi les larmes qui montent au boulot quand je vois des gens avec un petit bébé. Mais bon, à part ça, ça va.

Mon bébé rigole tout le temps, tout seul même, il aime tirer les cheveux, toucher les dents des gens, les miettes qui trainent, les moutons de poussière, le bolduc, le papier, lire des livres, les chats, manger, se caresser l'arrière de la tête du plat de la main, les trucs qui couinent, l'appareil-photo (il pleure parce qu'il n'a pas le droit de le mettre dans sa bouche), mon pull vert (il a finalement choisi comme doudou le pull que je me suis offert chez American Vintage (je précise la marque parce que je trouve ça luxe pour un doudou) après ma grossesse extra-utérine - j'avais besoin d'un doudou, c'est devenu le sien. Le hic, c'est que c'est un pull en angora et croyez-moi, serrer dans ses bras un pull en angora toute la nuit en plein mois d'août fait transpirer, et les poils du pull angora collent à la transpiration, bref on retrouve notre bébé tout recouvert de poils verts tous les matins). Il est ultra sympathique et charmant. C'est un super lardon.

 

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