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10 avril 2020

Confinement à pas de géant.

22h00, la fenêtre encore grande ouverte, les légumes sont dans la place, rien de très excitant, des carottes, des patates, des poireaux, de la salade, un céleri-rave, et petite pointe de printemps : des radis avec leurs fanes.
J'ai commencé à repriser ma chemise de nuit préfrérée, en soie, qui est aussi la chemise de nuit préférée des mites.
J'ai cuisiné aujourd'hui une sorte de cake aux carottes confites à l'orange super bon, et une soupe glacée de betteraves rouges aux pommes de terre chaudes.
Avant, on laissait les salades flétrir dans notre frigo ou on les distribuait à nos voisins, maintenant, il nous arrive d'en acheter. On doit vieillir.
Le mois prochain, ce sera le 7ème mois de ma grossesse puisque ce mois-ci c'est le 6ème et ça me semble remarquable, wahou, déjà presque le 7ème mois, limite ça commence à sentir l'accouchement, ça se concrétise, je n'ai pas encore réalisé que j'étais enceinte, et on n'a toujours pas choisi de prénom (on a une short liste de 25 propositions à peine).
On va manger cette semaine une tourte Auvergnate aux pommes de terre, avec plein de crème dedans, ça m'a toujours fait fantasmer.
L'irrégularité de l'humeur et de la réussite des journées est épuisante. Ma vie est devenue bipolaire, en gros. Un jour nickel et le lendemain tout pourri (aujourd'hui c'était nickel, ceci-dit).
J. a été inspiré toute la matinée pour s'occuper seul, moi j'ai fait ma petite vie, et à la fois il venait me voir régulièrement pour me demander un truc, me montrer un truc, et c'était très bien comme ça. Il ne souffre pas du tout du confinement, sortir une heure par jour sur le parking (jouer à "attrape-mémère" comme il dit (c'est lui qui a trouvé ce nom et il nous a expliqué que Mémère, c'était lui ;-))) lui suffit amplement, il ne voit pas du tout où est le problème et pourquoi il faudrait se défaire de cette nouvelle vie un jour. Tant mieux...
(bon week-end !)

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8 avril 2020

Cette semaine je n'arrive pas du tout à

Cette semaine je n'arrive pas du tout à travailler. Je suis complètement claquée depuis que J. télétravaille (ceci-dit, j'aime bien, quand même, c'est sympa de manger ensemble le midi, de se voir tôt l'aprem'...). J'ai dormi 8h30 la nuit dernière, en un seul morceau. Je pense que l'échographie m'a bien détendue...
J. a voulu se coudre un masque, ce qui nous a occupés de 10h30 à 13h30. Il a tout cousu lui-même, même les liens super fins pour lesquels il fallait faire une couture très au bord. Non sans râler, mais il refusait d'arrêter quand je lui proposais que nous reprenions plus tard (en fait, il aurait voulu que je fasse à sa place, alors même qu'hier il était mécontent parce que j'avais presque tout fait toute seule (alors qu'il ne voulait pas faire quand je lui proposais de prendre le relais)). Bon, enfin, voilà, c'est un rêve réalisé en tout cas, une bonne chose de faite.
La période a de bons côtés pour lui, je pense : je fais mille trucs avec lui le matin (pour éviter qu'il aille embêter son père...), il m'a toute à lui. Et à 15h00, il a son père en entier (et moi je m'endors aussitôt dans le fauteuil). En temps normal il est assez autonome mais là, il a vraiment besoin qu'on l'occupe... Il commence peut-être un peu à tourner en rond...
On n'a pas trouvé de levure de boulanger samedi, il ne fait pas encore assez chaud pour faire du levain, mais on a trouvé une recette de pain au bicarbonate de soude qui fait l'affaire parfaitement, il est même très bon et il est prêt en moins de 45 minutes ! La révolution !
Aujourd'hui commence le sixième mois de ma grossesse. Incroyable.

5 avril 2020

Mardi après-midi, j'irai seule faire

Mardi après-midi, j'irai seule faire l'échographie de deuxième trimestre de grossesse, et ça fait bizarre. Mais j'ai de la chance parce que mon échographiste est génial, que c'est lui qui nous a suivis pour Amandine et que c'est extrêmement important que ce soit lui qui nous suive pour la Cocotte (il connaît bien notre dossier, il connaît mes angoisses, il a envie de connaître la suite de notre histoire et qu'elle soit belle). Il a son cabinet à Lyon, mais il est très ami avec ma sage-femme d'Ambérieu et ils se sont démenés pour qu'il puisse ouvrir un petit cabinet d'échographie temporaire dans un coin de son cabinet à elle... Il n'y a presque plus de trains pour Lyon, je ne sais pas si j'aurais pu voyager jusqu'à lui, mais c'est lui qui est venu à nous... C'est dingue. Mais j'irai sans J.. Mais nous avons de la chance parce que le mois dernier, il nous a conviés tous les trois, mes 2 J. et moi, pour une échographie pour le plaisir... Juste pour avoir la joie de voir la fameuse nouvelle petite soeur toute bienheureuse et peinarde dans mon ventre (pour rassurer le grand frère pas tout à fait confiant)... Nous avons de la chance.

J'ai le moral dans les chaussettes. Je crois qu'il faut que je dorme plus mais je dors tellement mal. Cette nuit, je suis restée éveillée trois heures, mais j'ai eu deux bonnes idées alors ça va. Des fois, c'est pire, la même chose mais sans les idées... Vivement demain... Des fois, ça change tout que ce soit demain.

2 avril 2020

jeudi confiné sans filet

Ce matin, j'ai préparé le café de J. sous l'oeil bienveillant de Jo qui m'a montré hier comment il fallait faire. J'aime bien que ce soit lui qui sache et pas moi. Des fois, au supermarché, moi je ne sais pas quoi choisir et c'est lui qui me dit "ah non maman, ne prends pas ces sardines, elles sont pêchées au Maroc, ils sont en zone de surpêche !", ou bien "attends, prends plutôt les Reflets de France, il y a -10% dessus le lundi" (il est au courant de TOUT. Une fois, à l'école maternelle, la maîtresse m'a même dit qu'il savait précisément où étaient rangées ses affaires et celles de sa collègue, dans des placards auxquels il n'avait pas accès - et que donc, quand elles ne trouvaient pas un truc, il suffisait de lui demander).

Après le p'tit dej', on a entrepris de ranger tout son matériel de bricolage, et ça fait une sacrée quantité. Je ne compte plus le nombre de jolis scotchs, colles à paillettes et petits carnets mignons qu'il y a sous ce toit... On a tout sorti du tiroir, du meuble à roulettes et du carton et on s'est mis à regarder chaque chose pour décider de son sort, de son futur rangement. J'ai adoré parce qu'il y avait exactement la même ambiance que lorsqu'on faisait ça avec notre mère quand on était petites. Ce qui était très bizarre, c'est que cette fois-ci, ce n'était pas moi qui disais "oh non, non, on garde, c'est trop mignon, j'adore !" et par contre, c'est moi qui disais "non mais on ne va pas garder ça, c'est un vieil emballage déchiré, je suis sûre que tu avais oublié que tu l'avais !". J'ai réussi à lui faire jeter sa collection de feuilles de PQ (assez fournie et un peu poussiéreuse) (il a dû passer totalement à autre chose, j'ai dit "ça on jette ?" et il m'a répondu "ouais"). Bref, on a fait ça deux heures durant (et on n'a même pas fini). J'ai bien aimé, et ce qui m'a ravie c'est que lui aussi, il m'a dit qu'il aimait bien ce moment, pendant. Après, il était 12h30, je suis allée à la cuisine pour préparer le déjeuner et ça m'a fait bizarre de retrouver la réalité, j'étais vraiment plongée dans une ambiance d'enfance et de trésors.

J'ai flanché à 14h00, j'ai demandé à J. de venir m'aider en cuisine, j'avais mis les légumes au four mais j'avais vraiment la triple flemme de préparer la semoule (je déteste préparer la semoule, je me sens nulle en semoule...). Mais il a quand même bien travaillé, il était hyper content.

Ce soir, j'ai lu la suite de "Ma mère est un gorille (et alors ?)", de Frida Nilsson, à Jo et à J. qui était assis entre les fesses de Jo et le fauteuil, c'est super ce livre !

1 avril 2020

mercredi confiné saucissonné

Hier, c'était trop haché pour J., trop haché pour moi. On était tous les deux frustrés. Alors on a élaboré un plan avant d'aller se coucher : que je m'occupe de Jo jusqu'à 15h00, et qu'ensuite, lui prenne entièrement le relais.
Du coup, je me suis levée pleine d'énergie positive. J'ai décidé de ne rien faire comme d'habitude, pour voir ce que ça donnait.
J'ai quand même commencé par ma séance de gym (la prof est insupportable et à la fois, je suis sûre qu'à la fin du confinement elle me manquera), ce matin, c'était les bras, je me sers de nos dernières bouteilles de bière en guise d'haltères, c'est nickel.
Après, avec Jo, on s'est lancés dans la préparation de scones que nous avons mangés fumants, en famille.
Ensuite, au lieu de prendre ma douche, j'ai sorti la machine à coudre et nous avons cousu-cousu-cousu, jusqu'à 12h30, en devisant gaiement, en réfléchissant aux associations de tissus idéales, bref, super. Après, j'ai lancé le déjeuner pendant que Jo préparait toutes sortes de merveilleuses blagues de premier avril avec un enthousiasme sans limite.
Puis nous avons mangé (je n'avais toujours pas pris ma douche ni fait la vaisselle, admirez le lâcher-prise), et ensuite, je l'ai contraint à faire une toilette de chat (oui, il aime moyen se laver, mon fils) et là, pouf ! Il était 15h00 !... Heure à laquelle j'ai pris ma douche, avant de faire la vaisselle (la fille qui n'attendait que ça depuis le lever...) avant de bosser peinarde à mon bureau, ah quel délice !... Pendant que mes J. jouaient dehors, puis cuisinaient une pizza et du pain (tout en élaborant encore de truculentes blagues de premier avril).
Bref, voilà qui est mieux.
J. a aussi préféré aujourd'hui, avoir de vraies plages horaires pour bosser. Il n'a pas résisté à se remettre au boulot ce soir après le dîner (je le savais bien que c'était dangereux de faire rentrer son boulot dans notre foyer...), mais vous ne devinerez jamais ce qui s'est passé vers 21h30 : son patron lui a envoyé un mail pour lui dire d'arrêter, maintenant, que ça allait bien.
Yeepee, yeah yeah !

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30 mars 2020

- Bonjour,

je m'appelle Joachim, j'ai 6 ans, et je voudrais savoir pourquoi beaucoup de gens pensent que des habits chics ce sont des habits gris ou noirs alors que moi je pense que des habits chics ce sont des habits colorés et à motifs ? Merci de répondre à ma question !

- Bonsoir Joachim, quelle bonne question, mais oui, pourquoi dit-on toujours de cette petite robe noire qu'elle est si chic alors qu'elle est aussi si triste !? Pour répondre à ta question, nous avons fait appel à la spécialiste du chic Elisabeth Corblin, autrice de l'essai "chic en couleurs" éditée aux éditions Flemmarion. Bonsoir Elisabeth Corblin, alors, que dire à Joachim qui se demande pourquoi le gris et le noir seraient chics plutôt que les couleurs et les motifs ?

- Bonsoir Joachim, oui, très bonne question. Le chic supposé du gris et du noir, c'est une croyance qui remonte à très, très longtemps... à dire vrai, elle remonte au Moyen-Âge. A l'époque, les villes étaient sales, les gens vidaient leur pot de chambre par la fenêtre, les chasses d'eau n'existaient pas. Les routes étaient en terre, il y avait beaucoup de poussière... Alors les gens riches portaient des habits couleurs saleté, pour que ça passe inaperçu. Ils avaient toujours l'air propres.

- Alors qu'ils étaient aussi sales que les autres, c'est juste que ça se voyait moins !?

- Exactement. Ils méprisaient les paysans souillés alors qu'eux-mêmes, si on y regardait de plus près, étaient vraiment négligés. D'ailleurs, ils ne trompaient personne, parce qu'ils sentaient très mauvais. Mais bien sûr, personne n'osait leur faire quelque réflexion que ce soit.

- Ah oui, ils voulaient paraître propres mais ils n'avaient pas pensé à l'odeur ?

- On pense qu'ils y étaient habitués, de fait, tout le monde sentait mauvais. Si ils avaient senti bon, les autres l'auraient remarqué, mais comme leur odeur n'avait rien de remarquable, c'est bien qu'elle était la même que celle du peuple.

- D'accord, donc ce qu'on peut répondre à Joachim, c'est qu'aujourd'hui que la lessive et le savon sont démocratisés, et les routes goudronnées et les wc installés, il peut être chic en couleurs et à motifs, il n'a plus rien à cacher ?

- Oui, en plus on a remarqué que les habits colorés imitant les couleurs des fleurs, on a tendance à trouver que les gens qui en portent sentent délicieusement bon, même si ils ne se parfument pas.

- Très intéressant ! Merci Elisabeth Corblin, on peut retrouver votre essai en librairie, et maintenant, on écoute la question de Margoton.


28 mars 2020

confinement, rien à dire

J. est en train de fabriquer des biscuits apéro au romarin du jardin cueilli l'an dernier.
Avec l'autre J., nous avons entamé la fabrication de la housse pour coussin d'allaitement, j'aime bien l'entendre me parler de marges de couture et de fil à bâtir.
Nous avons décidé de cesser le compostage jusqu'à la fin du confinement, parce que le compost est à 200 mètres de chez nous et la dernière fois que J. est allé y déposer nos épluchures, il a été contrôlé par la police qui lui a dit qu'il n'était pas du tout en train de pratiquer une activité physique, alors il a dit "si, je me dégourdis les jambes et j'en profite pour aller jeter le compost" et le policier a répondu "groumf".
J. a un masque FFP2 de chantier qu'il a retrouvé dans le placard de la salle de bains. Moi j'ai le masque chirurgical que ma sage-femme m'a filé. J. voudrait qu'on lui fabrique un masque en tissu, mais où trouver un patron de masque taille enfant ? Je vais peut-être lui faire un masque pour adultes et ajuster ensuite.
Les semis de tomate poussent à toute vitesse.
Je me suis tellement faite à l'élastique de la botte de poireaux que je ne suis même pas sûre de revenir aux élastiques à cheveux un jour.
Les semaines passent à une allure hallucinante. Tant mieux et au secours.

25 mars 2020

confinement, jour d'après

Ouh que c'était douloureux aujourd'hui ! C'était le premier jour de télétravail de J., mais l'ordi du boulot ne fonctionnait pas. Et du coup, comme cet ordi ne fonctionnait pas, et bien nous non plus on n'a pas fonctionné. Je n'ai pas bien travaillé, on n'a ni rangée, ni nettoyée la maison, je n'ai pas cousu avec Jo, je n'ai pas cuisiné pour me faire plaiz', je ne me suis pas allongée pour une sieste (mais du coup je me suis effondrée dans le fauteuil en plein aprem'). Je n'ai pas lu, je n'ai pas écrit à une copine, je ne suis pas sortie jouer sur le parking. Rien. Et J. un peu pareil, à part son courage de préparer une bolognaise pour le dîner, avec les vieux restes de viande, la vieille sauce tomate, et tout ça servi dans les vieilles pâtes fraîches. Ce qui nous a quand même remonté le moral au dîner.
Heureusement que quelqu'un a inventé la phrase "demain est un autre jour". Demain il faut que je chouchoute un peu le petit Jojo...

ps : il y a des familles où la bonne humeur est au rendez-vous, même pendant le confinement : jugez plutôt en écoutant Radio Mimo (Charlotte, chroniqueuse sur Radio Mimo, est une lectrice de ce blog, et je la salue ! Et pour sa première chronique, elle a choisi de parler de mon livre !... Trop sympa ! Ca éclaire un peu mon confinement, qui en a bien besoin vu que ma chambre donne plein nord (ok, le salon donne plein sud, mais je bosse dans la chambre). Gros bisous, portez-vous bien !

19 mars 2020

ok, c'est le confinement mais bon.

Si Amandine avait vécu, elle aurait été opérée de sa cardiopathie, déjà. Peut-être qu'elle serait encore hospitalisée. On serait super inquiets parce que le coronavirus est dangereux pour les gens fragiles du coeur. Alors ça me donne la sensation apaisante de l'avoir protégée, de n'avoir gardé pour elle que le rassurant du ventre, le tendre de la vie.
Dans trois jours, ce sera pile le milieu de cette grossesse, et le terme exact auquel Amandine est née. Alors on sait précisément à quoi ressemble notre deuxième petite fille, on sait quelle taille elle fait, on visualise les ongles, les cils et sourcils, la langue humectée, les longs doigts et les petites fesses. L'échographiste nous a dit que ce bébé ressemblait comme deux gouttes d'eau à Joachim, et comme Amandine lui ressemblait énormément aussi, je me réjouis. Tous les trois, le même nez en prise de courant. Et je crois aussi le même menton à fossette.
On a plus de filles que de garçons, et à la fois, le seul enfant concret dans la maison, c'est un garçon.
Ça nous fait parler, d'attendre une fille. On discute de stratégies éducatives, réussir à ne pas s'occuper d'elle "en fille". Comme on a tenté de ne pas s'occuper de Joachim "en garçon". Ça me semble plus difficile dans ce sens là... Peut-être parce que j'aime les choses dites "féminines", les fleurs, les motifs, les couleurs, le dessin, la couture, la lecture, la cuisine, choses qui donnent l'impression d'être une vraie rebelle quand on les transmet à son fils, mais qui semblent plus rétrogrades quand on les transmet à sa fille ? Je ne sais pas, je réfléchis tout fort par écrit. Heureusement qu'elle pourra scier, clouer, fabriquer des cabanes, faire des figures de cirque et jouer de la basse avec son père. Et la coiffure ? Comment on va la coiffer ? On a choisi : on ne fera rien à ses cheveux tant qu'elle ne réclamera rien (exactement comme on l'a fait pour Joachim en fait). Ca nous a pris un morceau de dîner pour réussir à trouver cette solution "tiens, on fera comme pour Joachim". On lui mettra aussi les mêmes fringues, ce sera plus simple... et très féminin ;-)

12 septembre 2019

Hier, la médecin m'a fourni la photo de ses

Hier, la médecin m'a fourni la photo de ses chromosomes. Pas des chromosomes au hasard, de quelqu'un, photographiés un jour. Les siens. En noir et blanc, de mauvaise qualité, sur un papier très simple d'imprimante. On dirait des lardons. Ils sont numérotés. Au numéro 21, ils sont trois, et j'ai passé le trajet de retour en train à les regarder, ces trois 21, en me demandant si c'était vraiment trois fois le même, si ils se ressemblaient tant que ça, si l'un des trois n'avait pas été rangé à la mauvaise place. Du coup, presque, heureusement qu'il y avait le fémur court, la cardiopathie, le flou dans le cerveau, pour me confirmer les trois 21. Je pense ça et immédiatement en fait non, je ne le pense pas du tout.
Je regarde ces chromosomes, et c'est comme un petit signe d'elle, comme un coucou, un peu d'elle que je ne connaissais pas encore et que j'avais à découvrir. Un peu comme le roman de jeunesse de ton auteur préféré que tu découvres par hasard longtemps après avoir lu plusieurs fois tous ses romans (celui-là, il l'avait écrit sous pseudonyme).
Et mon coeur se pince, car là, sous les yeux, à travers ces chromosomes, j'ai tous les détails de cette petite fille, mais à part les trois chromosomes 21 et les deux chromosomes X, je ne peux pas lire, pas comprendre, je ne peux pas en savoir plus d'elle.
La médecin, c'est elle qui m'avait fait l'amniocentèse, et du coup j'ai la trouille de la revoir. Elle me dit qu'elle était sûre que la prise de sang s'était trompée, étant donnés mes très bons résultats au tri-test. Avant mon accouchement, plusieurs personnes m'ont déjà dit ça, et ça m'avait fait du bien, alors que là, ça me donne envie de pleurer.

Je me sens convalescente. Heureusement que j'ai du travail. Heureusement que maintenant que J. est à l'école primaire, je retrouve une copine à la sortie de l'école (même si elle est enceinte et qu'on a(vait) le même terme à trois jours près...).
Heureusement que J et J. Heureusement que le beau temps. Heureusement que les bons légumes. Heureusement que les amis. Heureusement que j'aime vraiment beaucoup la vie.

5 août 2019

la blessure

Le 14 juin, j'avais mis ma robe noire avec des leggins et mes chaussures à pois. Il pleuvait et j'étais de mauvaise humeur, on devait passer chercher le pain au marché devant la gare avant d'aller à l'école, sauf qu'on était déjà en retard à l'école. J'étais en colère, sans trop savoir pourquoi, c'était ce genre de jours où on est mécontent alors que la veille ça allait et qu'on sait bien que le lendemain ça ira.

Sur le coup de 9h00, le pain était acheté, Jo déposé à l'école, finalement tout avait été, ça ne valait pas tant de mauvaise humeur. J'écoutais la radio, c'était l'heure de Boomerang. Il me semble que j'avais fini de faire la vaisselle, et qu'alors j'étais plutôt d'humeur dansante.
Et c'est là que j'ai reçu le coup de fil. Celui qui a fait basculer, trébucher, s'étaler ma vie sur le bitume. Je me souviens de mon téléphone posé sur la table, qui sonne, avec un numéro inconnu noté sur l'écran. Je me vois décrocher pleine d'enthousiasme, et aller m'asseoir, va savoir pourquoi, sur le lit de Jo. Je me souviens de l'homme qui se présente, et de son "malheureusement je vous appelle pour vous annoncer une mauvaise nouvelle". Je me souviens que j'ai tout de suite compris et qu'il a pensé que quelqu'un d'autre me l'avait déjà annoncée avant lui. Je me souviens de l'impact que ces mots ont eu sur moi avant même qu'il m'ait expliqué exactement de quoi il retournait, "malheureusement", "mauvaise nouvelle". Je me souviens de la façon dont j'ai senti mon coeur se liquéfier en moi. Je me souviens que j'ai pensé alors à la joie de Petit J. à l'idée de devenir grand frère. Je me souviens du flottement, après le coup de fil, du "mais non" répété en boucle dans ma tête. Je voulais que mon bébé aille bien. Je le souhaitais de toute mon âme.

Et puis après, comme si je tombais au ralenti, mes genoux déjà écorchés par l'annonce, c'était ma tête qui cognait par terre en allant faire l'amnioscentèse, c'était mon nez qui se brisait quand se fissurait la poche des eaux, c'était mon foie qui éclatait quand je passais la nuit à perdre du liquide amniotique allongée dans ce lit d'hôpital. C'était mes os qui se fracassaient quand je recevais ce nouveau coup de fil qui me confirmait le mauvais premier résultat. Et malgré tout ça, j'étais toujours vivante.

On mesure la gravité de ce qui nous arrive au fait que tout le monde se met à nous appeler par notre prénom. "Bonjour Elisabeth, comment allez-vous ?" me demandaient ce cardiologue, cette généticienne lyonnais, d'un air compatissant. Tout le monde se met à vous parler avec douceur. Tout le monde vous connaît, la secrétaire que vous n'avez jamais vue vous dit "ah, madame C. !" quand vous arrivez. Vous recevez des mails de sage-femmes qui vous proposent un contact avec une amie chère à leur coeur qui a vécu la même chose que vous. Votre sage-femme vous propose de passer au tutoiement et termine ses sms par "je t'embrasse".

3 août 2019

le coeur

Je n'avais pas imaginé le bien que ça me ferait.
C'était son idée, il voulait exactement le même coeur brodé que celui que je lui ai bricolé, à elle.
Depuis la semaine dernière, depuis qu'il l'avait vu, ce coeur, il voulait le sien.
J'avais dit oui mais je ne l'avais pas encore fait, je crois que je n'avais pas calculé la puissance de cette minuscule broderie.
J'avais brodé un minuscule coeur sur un petit morceau de tissu blanc, doublé d'un petit reste de liberty à fleurs, dans l'idée de le mettre tout contre cette minuscule petite fille. Je pensais le faire pour elle, pour l'accompagner, pour lui dire encore et encore combien je l'aimais, et pour lui tenir chaud.
Et il s'est avéré que ce coeur allait nous soigner, nous accompagner, nous tenir chaud, à nous aussi. A lui, et à moi.
Ce matin, il a pleuré, il était triste, elle lui manquait. Il nous a dit que tout ça l'énervait.
Pendant le petit-déjeuner, il a réitéré sa demande que je lui brode le même coeur que le sien, celui qu'on lui a laissé, serré entre ses mains et son coeur.
Je n'avais qu'à moitié envie, mais j'ai dit oui, et ça l'a tout de suite rendu heureux. Je voulais l'apaiser, lui faire du bien.
Alors après ma douche, nous avons ressorti ma valise de tissus, il insistait sur l'importance d'utiliser exactement les mêmes, que nous avons retrouvés tout de suite sur le dessus, puisque le sien, je l'avais brodé il y a tout juste sept jours.
Il voulait que le petit rond de tissu blanc sur lequel j'allais broder soit exactement de la même taille, et heureusement, il restait le trou rond découpé dans le tissu la semaine dernière, pour avoir la même taille et même exactement la même forme de rond un peu ovale.
Il ne restait presque plus du fil à broder rouge, mais en utilisant tous les micros morceaux qui restaient, je suis arrivée au bout du coeur.
J'ai retrouvé l'aiguille de la semaine dernière, avec un morceau de fil encore dans le chas, piquée dans le revers de ma trousse à broderie, et j'ai pensé le coeur serré que la fois où je l'avais piquée là, il y a juste sept jours, elle était encore en moi. Je lui avais parlé en brodant, assise dans le fauteuil, pendant que mes J faisaient les courses.
Pendant que je brodais aujourd'hui, J s'inquiétait de savoir si je faisais bien parfaitement, exactement, tout à fait, comme pour elle. Oui, oui, le même fil, le même coeur, le même rond, les mêmes tissus.
Nous avons parlé du manque d'elle, de la chance qu'elle a eu d'avoir un si chouette grand frère, pendant sa si courte vie. Nous avons parlé du fait qu'ils étaient un peu reliés par leurs coeurs brodés, maintenant. Nous avons parlé des guilis qu'il lui faisait, à travers la peau de mon ventre. Nous avons parlé de pourquoi c'était important pour moi qu'elle soit incinérée avec son petit coeur brodé tout contre elle.
Et puis je lui ai expliqué comment nous avions choisi le prénom de cette si petite soeur, un prénom qui signifiait quelque chose pour nous et qui, je le sais, a signifié aussi quelque chose pour lui, ce matin, après mon explication. Ce n'était pas juste un prénom très très beau, c'était aussi un prénom qui parlait de confiture d'abricot et du moelleux du ventre de la mère.
Après ça, il était tout mou, tout souriant, calmé.
Ca lui a fait du bien, et c'était bien pour ça que j'avais accepté, ce matin, après le petit-déjeuner, de lui faire le même petit coeur brodé.
Mais je n'avais pas vu venir la paix qui m'a envahie moi aussi.

22 août 2017

Bonsoir, si vous passez encore par là.Un petit

Bonsoir, si vous passez encore par là.
Un petit message pas pour dire adieu, parce qu'on ne sait jamais, mais quand même au revoir.
Je laisse filer le temps en me disant que l'envie reviendra peut-être mais c'est devenu un peu incongru de venir raconter ma vie ici.
Je recommencerai peut-être un jour, puisque j'aime toujours lire les quelques blogs qui restent.
Des fois j'ai des idées de ce que cet endroit pourrait devenir, mais je ne prends pas le temps de m'en occuper.
J'espère que vous allez bien. Je lis vos mails, envoyés par le lien sur le côté (Sylvie, il faut absolument que je te réponde !), merci de me les envoyer.
Portez-vous bien, et si vos chemins vous mènent vers l'Ain, n'hésitez pas à frapper à la porte.
Je vous embrasse !
Elisabeth

4 novembre 2016

Il y a eu deux semaines de vacances, j'ai passé

Il y a eu deux semaines de vacances, j'ai passé deux semaines à lutter contre un rhume. Mais pas un petit rhume mignonnet qui fait joli dans le mouchoir à fleurs, non, un gros rhume verdâtre et épais que tu dois mettre ton mouchoir au sale à chaque fois que tu te mouches, et que donc tu salis tous les mouchoirs en deux jours (et encore), du coup tu passes aux torchons, et puis quand tous les torchons sont au sale et ben tu passes aux serviettes de table et après, il est vraiment temps de lancer une machine et bonjour l'étendage relou.
Après il y a eu la période où je me suis mise à tousser, tousser, tousser. Et puis tout à coup, on ne sait pas trop d'où ça sort, il y a eu de la fièvre. Genre (pour un rhume !). Bon... Je mets en place ma technique anti-fièvre (rester sous ma couette tout le jour en lisant des bandes-dessinées (ça tombait bien, c'était férié, J. était là pour gérer J. toute la journée pendant que je grelottais en transpirant sur mon oreiller (quelle horreur la fièvre !)). Et puis on n'avait pas de Doliprane pour adultes du coup j'ai pris de l'Advilmed pour enfants de moins de trente kilos parfumé à la fraise, c'était immonde mais J. était quand même jaloux parce que lui il trouve ça délicieux et il en voulait aussi.
Avec tout ça, j'ai perdu l'appétit. Impossible de manger, de la soupe de lentilles à la rigueur, alors J. qui adore les lentilles a fait de la soupe de lentilles et j'ai dû me forcer pour finir ma louche. Je me disais que le lendemain ça irait mieux.
Le lendemain, ça n'allait pas mieux. J'étais épuisée d'avoir passé ma nuit à tousser, ce qui n'avait même pas empêché J. de dormir, j'avais la gorge en sang et des courbatures aux abdos. Et toujours le nez qui coulait et la gorge prise. Le cauchemar...
Du coup, je suis allée chez le docteur. Il y avait genre neuf personnes avant moi dans la salle d'attente, il restait juste une chaise d'école pas confortable et j'ai lu deux Marie Claire (dont un pas en entier parce qu'à un moment je me suis rendu compte que je l'avais déjà lu) et deux magazines "maison créative" que je ne connaissais pas avec des "avant/après" où qu'c'était vachement mieux après. La fille d'à côté jouait à un jeu sur sa tablette, genre Dynomite mais pas avec des oeufs de dinosaures, avec d'autres trucs pas identifiés. Elle était en tongs alors qu'il faisait environ -12°C et elle avait les ongles des pieds longs, comme si c'étaient des ongles de mains. Le mec à droite avait peur de se faire piquer sa place alors quand il a voulu sortir de la salle d'attente pour faire j'sais pas quoi, il a posé son chéquier sur sa chaise et il m'a dit "vous me le gardez ?" et j'ai dit "non" et c'est tout. Un type a pris l'initiative d'ouvrir la fenêtre et c'était une bonne idée mais il a perdu confiance en lui pendant qu'il se débattait un peu avec le voilage, il a eu peur de déranger je pense, ou de se faire remarquer, et donc il l'a ouverte juste de trois centimètres et comme la personne qui était assise à côté de la fenêtre a été appelée à ce moment par le docteur il a pris sa place.
Le docteur a écouté mes poumons avec son stéthoscope et il a fait mine de s'étrangler de choc en entendant le grésillement là-dedans (un peu le même bruit que la machine pour faire frire les oeufs Fisher Price). Il a dit "bon, je suis désolé mais je vous donne des antibiotiques".
Je n'en pouvais tellement plus de mes nuits blanches à tousser que je comptais sur les antibiotiques pour avoir un effet immédiat et miraculeux. Je DEVAIS aller mieux.
Donc hop hop hop, je prends mes petites pillules, mes petits sachets parfum orange dégueulasse à diluer dans l'eau, un peu de Doliprane pour l'ambiance vu que maintenant j'en ai carrément du pour adultes, et puis j'attends et en fait il ne se passe rien, je me dis "demain, ça ira mieux".
Et puis le lendemain, c'était aujourd'hui et là, catastrophe, c'était pire que tout. La toux à son apogée, le méga rhume verdâtre de retour, la fièvre, pas faim, crevée, mal partout... Je commençais à me dire que le docteur s'était planté, que ce n'était pas une bronchite aigüe que j'avais mais une pneumonie et que j'allais mourir à cause d'une erreur de diagnostique, l'angoisse.
Heureusement, le vendredi, J. ne travaille pas (parce que le jeudi si, même si le jeudi matin je lui ai demandé de prendre une journée femme malade mais il n'a pas voulu) et comme c'est quelqu'un qui aime rendre service, et bien il a accepté sans tortiller que j'aille me recoucher vers 11h00, et après j'ai passé 6h dans le lit à claquer des dents en transpirant sous les bras, tout en relisant toute ma collection de Jérôme K. Jérôme Bloche (que je n'avais pas lue depuis longtemps donc c'était comme si c'était une première lecture, trop bon !) et en faisant des micros siestes.
Et puis tout à coup, j'ai eu le désir de sortir de mon lit, et j'étais épuisée, K.O., mais ça allait mieux : narines débouchées, respiration fluide, fièvre envolée... J'ai compris qu'aujourd'hui avait été le jour du combat et que les antibiotiques et moi, on avait gagné.

25 mars 2016

Quand on dit que le nucléaire, bof bof, on

Quand on dit que le nucléaire, bof bof, on s'entend souvent répondre "Bah oui mais alors ? Tu veux t'éclairer à la bougie ?".
Je réfléchissais à ça en dessinant et je me suis tout à coup dit "oh ouais !".
Ne serait-ce pas excitant de dîner aux chandelles ?
De se coucher tôt et de se lever tard l'hiver (hiberner un peu, faire l'amour quand on n'a plus sommeil mais que le soleil se fait attendre) et se réveiller et coucher comme on veut l'été.
Ne plus avoir de frigo mais un placard qui donne sur le dehors, des marchands de fruits et légumes partout pour manger tout le temps frais.
Pouvoir encore aller au cinéma ou brancher un peu son ordinateur grâce aux éoliennes. Bon, pour l'eau chaude aussi peut-être... pour une douche (rapide promis).
Se chauffer au feu de bois, avoir un poêle chez soi (le rêve).
Partager la machine à laver avec les voisins comme dans Rosemary's baby.
Pour la cuisinière je ne sais pas, on verra.
Pour la télé c'est tout vu.
Pour la musique, prendre des cours et organiser tous les soirs et même tout le jour des concerts sur les places publiques (artistes payés avec les impôts - des artistes fonctionnaires).
Pour le sèche-cheveux on laisse tomber.
Pour le vélo électrique, on pédale.
Pour les caisses enregistreuses on paye en liquide.
...

18 mars 2016

Bon, ça y est, cette semaine est passée... une

Bon, ça y est, cette semaine est passée... une semaine où J. était en formation, ce qui rime pour moi avec levers plus tardifs que d'ordinaire, mais du coup, réveils en même temps que Petit J. = pas de temps pour moi le matin, pour bosser, pour rêvasser, pour écouter la radio, pour prendre une douche avec rideau de douche (= tapis de bain trempé sous mes pieds pendant que je me sèche). Ca veut dire préparer un biberon alors que j'ai juste envie de m'asseoir les yeux dans le vide devant mon bol de thé et mes tartines (de confiture abricots/basilic, exquise).

Bref, j'ai peu dessiné. Le moral s'en retrouve fort secoué. Mais j'ai bien dormi (je me suis couchée horaires facteur malgré tout), ouf !

Je manque de temps pour moi, c'est clair, mais heureusement je m'entends très bien avec mon petit garçon, même si des fois j'en ai marre de débloquer son "bébé machine" (à laver).

Cette semaine, entre autres bonheurs, il y a eu une visite au magasin de jouets et l'achat de la salle de b' playmobil (et autre bonheur : j'ai découvert que c'était fabriqué en Allemagne les playmo !). La découverte de la géniale ludothèque de Bourgue, un voyage en car de 40 minutes assise à côté d'un enfant ravi de chez ravi d'être dans le car limite au saut du lit. Il y a eu un gâteau tout simple mais très bon, au citron (recette de Trish Deseine dans I love cake, nom de code "gâteau au citron"), un risotto de coquillettes au jambon et au comté. Il y a eu la lecture hier soir d'une bande-dessinée empruntée sans trop y croire à la biblio, Le Temps des Mitaines, de Anne Montel et Loïc Clément. Le titre ne m'inspirait pas des masses, je l'ai feuilletée très vite fait (Joachim s'impatientait), le dessin m'a plu, j'étais moyennement inspirée par le côté histoires de petits animaux. Mais bon, je l'ai prise. Et bien je l'ai lue d'une traite hier soir, c'est extraodrinaire ! Un univers de folie, des personnages plus attachants que ça tu meurs, c'est drôle, charmant... J'ai adoré et je faisais des pauses pendant ma lecture pour réfléchir à qui j'allais l'offrir ! Les petits animaux vivent dans des maisons un peu détritus d'humains (genre un pot de miel vide), dans des villes un peu déchets (l'école c'est une vieille brique de jus de fruits), il y a un chickenbus qui peut les ramener de l'école si ils ont de quoi se payer un ticket, et à l'école, Will, le petit insecte (une luciole ? je suis nulle en insectes !) est assis à un pupitre à sa taille posé sur un pupitre normal vu qu'il est beaucoup plus petit que les autres. J'ai kiffé ma race (mais oui ça se dit encore !). En plus on ressent hyper bien l'ambiance forêt.

Bon week-end !

18 avril 2016

Aujourd'hui, J. était en week-beginning et il a

Aujourd'hui, J. était en week-beginning et il a emmené Petit J. à Ludispace, lieu de perdition pour enfants de plus de deux ans (une aire de jeux couverte avec toute une structure en mousse de folie à escalader, pousser, dans laquelle se vautrer, sauter, glisser...), où nous avons décidé d'aller sans complexes dès qu'il pleut et qu'on ne sait pas où mener nos pas. Petit J. adore y aller, ça le rend fou de joie, et en fait il y a plutôt une bonne ambiance dans ce petit hangar coloré.

Pendant la sieste, je me suis mise au boulot, j'ai écouté toute une émission sur la chirurgie esthétique qui ne m'intéressait pas du tout mais j'ai très bien dessiné. Que ça m'a fait du bien de m'y remettre enfin un grand coup ! J'étais tout à fait satisfaite du travail fourni. J'avais ma petite lampe allumée, la radio qui parlait tout bas. J. vaquait à ses occupations administratives dans le salon et à un moment il est venu me voir et m'a dit "oh, tu es bien là dans ton petit coin avec la jolie lumière et la radio !" et il m'a embrassée.

Pendant qu'ils étaient en vadrouille, j'ai continué à travailler, bien, en écoutant le cd d'Arcade Fire très très fort (toujours le même, je suis très économe en cd) et je me suis dit que si un jour je devenais connue et que j'étais invitée à Remèdes à la mélancolie sur France Inter, et bien j'aurais plein de choses à dire (plus sur la mélancolie que sur les remèdes d'ailleurs).

1 mars 2016

Ce matin, J. s'installe en plein milieu de la

Ce matin, J. s'installe en plein milieu de la cuisine, assis sur le marchepied, avec sa guitare. Le Petit J., passionné, est à côté, à regarder, rêvasser en se prélassant par terre (j'adore quand il fait ça). J'entreprends de faire la vaisselle et on est bien, là, tous les trois, chacun occupé de son côté, à se dire un truc une fois de temps en temps.

Cet après-midi, nous sommes allés chercher ma machine à coudre réparée à Bourg-en-Bresse (prononcez "Bourgue" si vous voulez avoir l'air d'un mec du coin). C'était clair, lumineux, tout calme. Ca faisait vacances... Nous avons déambulé, puis nous avons décidé de visiter le monastère. Petit J. s'est endormi sur la route, dans la poussette, et nous étions donc peinards pour la visite. Il y avait une ambiance très "des racines et des ailes". Ce monastère en dentelle blanche de pierre, vidé de presque tous ses meubles, une lumière folle (et un froid de gueux)... et puis trois cloîtres charmants. C'était trop bien... Joachim s'est réveillé au moment où on partait, on a acheté trois pains au chocolat qui se sont révélés excellents, et on l'a regardé jouer aux jeux en face de la boulangerie. Nickel.

29 février 2016

Si l'exercice est de voir le verre à moitié plein

Si l'exercice est de voir le verre à moitié plein plutôt qu'à moitié vide, alors voilà : cet après-midi, pendant la sieste, j'ai décidé de faire cette démarche administrative nulle que je repousse depuis belle lurette, je me lance : je vais téléphoner à la cité administrative de Bruxelles, département étrangers, pour signaler mon déménagement. Je téléphone. Le Lac des Cygnes tourne en boucle, une fois de temps en temps la musique s'arrête et j'entends des gens qui parlent, je ressens bien l'ambiance cité administrative rayon étrangers, mais la musique reprend de plus belle. Bon... Au bout de 25 minutes, on me raccroche au nez. Ok... Je rappelle. J. m'apporte mon livre et un biscuit. J'écoute le Lac des Cygnes pendant 21 minutes et pouf, ça raccroche. Bon. je rappelle. Au bout de 16 minutes, ça raccroche. Je regarde l'heure : 15h58. Le service étrangers ferme à 16h00. Super... Bon, et bien au moins, j'ai pu lire mon livre peinarde, allez...

14 février 2016

Week-end de bonheur.

Je n'étais pas venue depuis ma grossesse mais j'y avais beaucoup pensé, à cette maison en bois et couleurs, à ses habitants pleins d'humour, au chat qui contrebalance, à la verdure par la fenêtre, à la rivière qui coule au fond, aux travaux faits qu'on n'avait pas encore vus.
On part de nuit, pourtant il n'est pas si tard, on a dîné à 18h00 pour que Joachim puisse s'endormir pour la nuit. On l'attache dans son siège, je m'installe à l'avant, J. au volant, il fait nuit noire sur le parking mais nous, on a les petites lumières du tableau de bord qui nous éclairent chaleureusement. On démarre et c'est le moment trop bon où on sait qu'on va rouler longuement, qu'on va écouter de la musique (Nostalgie, pour avoir de la vraie musique de voiture ("femmes je vous aime", j'ai un peu pleuré)), qu'on va être sur l'autoroute, soit LE lieu hors du temps hors de l'espace, surtout de nuit. Loin de tous les problèmes du monde. On sait qu'on va discuter, rigoler, penser, et EN PLUS, au bout, on arrive chez eux, où on sait qu'on va être bien accueillis, qu'on va dormir sur un super oreiller, qu'on va rire, qu'on va voir Petit J. évoluer au milieu des autres qu'il ne connaît pas encore très bien.
Et quand on arrive, une flambée flambe dans le poêle, alors qu'il pleut à verse dehors !

10 février 2016

Bonheurs 27.

Aujourd'hui, je ne sais plus trop d'où c'est venu, j'ai décidé de revoir entièrement ma manière de voir les choses. Je suis souvent angoissée de ne pas faire assez de choses, de perdre mon temps, de perdre ma vie, de ne pas assez me faire peur, de ne pas prendre de risques, de ne pas essayer assez de nouvelles choses, de ne pas me lancer dans de grandes choses. J'ai le sentiment que tout le monde fait tout ça, sauf moi.
Bref, aujourd'hui, enfin, non, pas seulement aujourd'hui si je me regarde bien en face dans les yeux et que je ne peux pas mentir, en fait, je le pense souvent même si je me tape sur les doigts de le penser vu que c'est clair qu'il faudrait que je fasse plus de trucs un peu osés, mais bref, aujourd'hui, j'ai assumé de me dire qu'en fait, c'est bien. C'est bien ces deux J. pour moi, c'est bien ce joli appart', c'est bien ces désirs d'évolutions communs qu'on a J. et moi, c'est bien mes projets, c'est bien mes rêves, c'est bien de m'ennuyer un peu à A., c'est bien de tester autre chose, c'est bien d'être un peu obligée de me mettre des coups de pied aux fesses, c'est bien de cuisiner, c'est bien de ne rien faire, c'est bien de lire, c'est bien d'avoir des amis en or, c'est bien d'allumer des bougies, c'est bien d'écouter de la musique, c'est bien de se balader, c'est bien.
Et donc, j'ai décidé de ne rien attendre de plus, de juste savourer ça. Ca me contente, ça me comble. C'est une expérience pour voir si l'absence de peur va revenir si je ne me mets plus aucune pression. Je pense aussi que je dois plus prendre soin de ce que j'ai.
Bon, c'est dur de s'auto-changer de mentalité comme ça, quand même...

A part ça, ce soir, Petit J. a découvert le mot "cornichon" et ça l'a fait rire... mais rire ! Et quand on l'a couché, il en riait encore, il a voulu le dire mais il s'est emmêlé la langue et à la place il a dit "gronichon". Hu hu !

3 février 2016

Bonheur du jour 21.

Il y a eu le moment où à 7h00 du mat', je me suis dit que ça allait être galère de cuisiner en rentrant de la gym à midi (on n'avait aucun reste dans le frigo) parce qu'en général, Petit J. est épuisé et il faut que ça aille vite... Bref, à 7h00, je me dis "tiens, je vais faire une sorte de risotto", et me voilà à éplucher l'oignon et tout et tout alors qu'il fait nuit dehors. En plus j'ai ouvert la fenêtre en grand, et pendant que ça cuisait j'ai lu mon bouquin et dessiné, j'avais l'impression d'être la seule personne debout dans le quartier, c'était super bien.

1 février 2016

Bonheur 19.

La nuit éveillée à écouter dans l'autre chambre mon petit enfant discuter tout seul. Une insomnie vécue à 2,5, J. ayant réussi à trouver par moments le sommeil. A un moment, j'entends en plus de la discussion, de l'énèrvement, et entre deux trucs pas compris, je comprends "maman, border !", je me lève donc, il doit être dans les 5h00 du matin, la dame de la gare prévient déjà qu'il ne faut pas traverser les voies. Il est assis dans son lit, quand il me voit il s'allonge et il dit "border !". Alors je le borde, je remets bien les couvertures, et puis je ne sais pas, je pose ma tête à côté de sienne sur son matelas. On se regarde comme ça, je sens son haleine, on ne dit rien, mais il a un sourire de bonheur.

Ce matin, J. travaille plus tard, il m'offre une grasse matinée. Quand je me lève, il est presque l'heure de lancer le déjeuner, ils s'en chargent pendant ma douche, et je me retrouve à déjeuner en serviette, et Petit J. dit de sa voix débutante "Maman petit-jeuner toute nue !", ce qui n'est pas tout à fait vrai, déjà parce que c'est pas le p'tit dej', ensuite parce que j'ai ma serviette quand même...

Puis J. part travailler, entre-temps je me suis habillée, et c'est déjà l'heure de la sieste de Petit J.. Il a découvert la liberté du lit sans barrière et ne peut s'empêcher d'en profiter allègrement malgré la fatigue. Finalement, il s'endort, pour un long temps, et j'en profite pour bosser...

A son réveil, la nuit est au bord de tomber, il sort tout seul de son lit et de sa chambre et je le vois presque encore en train de dormir, traverser le couloir, enjamber l'antenne de la radio, et venir coller sa joue bouillante contre la mienne. Je sens sa délicieuse mauvaise haleine du réveil que j'adore, et il me demande un bout de cookie et une brique de jus de pomme.

Ce soir, J. rentre tard du travail, je fais dîner Petit J. assis sur le marche pied, adossé au buffet de la cuisine, je lui dis "je te donne la becquée comme à un poussin !" et il s'exclame "piou piou !".

29 janvier 2016

Bonheur du jour 16.

On arrive à la maison verte et au lieu de se cacher derrière ma jambe comme d'habitude, il s'installe à la petite table du goûter, il boit sa brique de jus de pomme. Je lui demande si je peux aller dire bonjour à une maman que j'aime bien, il me dit "oui !". Je la rejoins, je le regarde de loin, paisible, au milieu de gens que nous ne connaissons pas. Quelques minutes plus tard, il vient me voir, tout content, puis il repart, jouer au garage avec une petite fille, là où il est je ne le vois plus il ne me voit plus. A un moment, un petit garçon pleure, il s'approche de lui, tendant un croissant en plastique. Trop bon.

27 janvier 2016

Bonheur du jour 14.

Ce matin, nous ne nous sommes pas levés horaire facteur, parce que J. avait formation toute la journée. Le hic, c'est que du coup, nous nous sommes réveillés horaire petit enfant, ce qui signifie "adieu petit dej' juste toi et moi". Et à la fois... on entend qu'il gazouille, cet enfant, mais il ne nous appelle pas, alors hein !? Nous décidons donc de petit-déjeuner discrétos dans la cuisine (parce que sa chambre est accolée au salon (salle à manger)). Nous voilà donc comme deux débilos, debouts dans la cuisine glaciale, à manger trop serrés sur le buffet, et à la fois on se marre bien. Et puis finalement, très vite, Joachim nous appelle, donc on va le chercher et on se retrouve à petit-déjeuner à trois debouts dans la cuisine glaciale, nous debouts par terre et lui debout sur son marchepied, alors qu'on a tout le confort huit mètres plus au sud, table, chaises, jolie lumière, air chauffé. Mais c'était chouette en fait.

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