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4 mai 2020

En Suède, les écoles et crèches n'ont pas fermé,

En Suède, les écoles et crèches n'ont pas fermé, sans mesures sanitaires poussées, et tout s'est bien passé.
L'école un jour sur deux, avec mille mesures de précaution, pour apprendre quoi ?
Il vaut mieux aller à l'école maintenant, s'habituer à ces mesures hallucinantes maintenant, avec un instituteur qu'on connaît bien, plutôt que découvrir tout ça en septembre, avec un maître inconnu.
Ce plan sanitaire est anxiogène et va angoisser les enfants.
Il faut bien se lancer pour éprouver le modèle, afin de le réajuster pour septembre.
Quelle frustration de voir ses copains et de ne pas pouvoir jouer avec eux.
Aller à l'école lundi prochain permet de les revoir, de leur dire au revoir, et à la maîtresse aussi.
Si il n'y a aucun risque à envoyer les enfants à l'école, pourquoi ce plan sanitaire ? Si ce plan sanitaire est mis en place, c'est que c'est risqué d'aller à l'école, alors pourquoi les rouvrir ?
Les enfants ont besoin de retrouver un semblant de normalité.
Hors de question que les enfants servent de cobayes, ni les maîtres et maîtresses.
On ne va pas rester confinés toute notre vie.
Ces mesures sanitaires sont impossibles à mettre en place.

(Phrases lues, entendues, pensées ces derniers jours.)

C'est l'ambivalence.

J. n'a pas tellement envie de retourner à l'école. Il est content de bricoler avec nous, de tester toutes les expériences de Youpi, tous les bricolages de Biscoto, d'aller courir sur la piste de vélocross, de rester en pyjama jusqu'à 15h30, de lire Gaston dans son lit le matin en attendant que le p'tit dej' soit prêt, de transvaser les semis dans de plus grands pots, et même pourquoi pas de faire ses devoirs l'après-midi (sauf si il y a de l'écriture au programme, brrr...).

On verra.

Je mesure ma chance d'attendre un bébé, plutôt que d'attendre la fin du confinement. J'en reviens pas (genre je ne réalise pas DU TOUT) de penser qu'on va à nouveau faire des bisous sur des joues molles, nettoyer des fesses grandes comme des balles de ping-pong, nettoyer des bodies pleins de caca, entendre la respiration endormante d'un bébé qui tète, revivre la vie avec le mini animal qu'est le nourrisson, reparler avec une voix gâteuse, se faire faire pipi dessus plusieurs fois par jour, avoir un bébé tout mou contre nous.

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4 janvier 2014

Au bout de six semaines ça va quand même déjà

Au bout de six semaines ça va quand même déjà vachement mieux. Six semaines déjà pour notre petit J..

Petit J. et son odeur de beurre, son haleine de Petit Beurre, ses cacas senteur pop corn, sa petite bouche de tortue qui me fend le coeur quand il va pleurer, sa façon de faire "aaeeuuuh aaaeeuuuh" au lieu de "ouin ouin", sa façon de m'empoigner la peau du cou, ses (déjà) sourires, la peau de sa nuque, juste sous le duvet-cheveux, si douce.

Petit J. est compliqué à installer dans une écharpe ou dans un porte-bébé, petit J. veut finalement bien boire au sein (depuis que l'ostéopathe lui a débloqué la machoire en fait, tout simplement... Il fait la nique à toutes celles qui m'ont dit qu'il était paresseux (une fois je me suis fâchée, c'était une énième sage-femme "oh il tète mal, il est paresseux", non mais quoi !)), petit J. veut bien rester éveillé pour regarder autour de lui, petit J. fait un mouvement de bras très reconnaissable pour dire qu'il veut faire un rot, petit J. regarde intensément nos cheveux, il nous fait pipi dessus à chaque fois qu'on le change (parfois deux fois) malgré le coton qu'on n'arrive pas à maintenir sur son zizi (il gigote beaucoup).  Petit J. a fait pipi chez la pédiatre et pendant que J. le rhabillait sur la table d'auscultation, je nettoyais la table à langer au papier essui-main et au savon désinfectant sans rinçage pour les mains sous le regard très amusé de la docteur.

Petit J. aime bien rester sur le dos, sur une couverture, dans le salon, il regarde tout autour de lui, on peut même l'y laisser un peu et vaquer à nos occupations, on l'entend faire des bruits, il remue bras et jambes, fixe des points mystérieux (le magnétoscope (ouais, on en est encore aux cassettes vidéo) ? le radiateur ?). Quand on s'approche, il sourit de toutes ses gencives et remue encore plus.

J'ai finalement réussi à sortir seule avec lui (parce qu'avec J. le grand, aucun souci, ce qui me stressait c'était d'être toute seule avec le bébé à l'extérieur). Un jour, j'ai pris mon courage à deux mains et on a été se balader ensemble, en fait j'ai adoré...

Les nuits sont fatiguantes, les journées désordonnées et pas toujours très constructives (je veux dire : des fois, je me dis "allez, aujourd'hui, je range mon bureau !" et puis en fait, bah non...). J'ai l'impression d'avoir un petit animal très très précieux. Des fois, comme le matin il termine souvent sa nuit dans notre lit, je suis couchée face à face avec lui, mon visage très près du sien, et je le regarde dormir (oui, moi aussi je ferais mieux de dormir mais il est si beau alors bon !) et je le dévisage et je réalise que j'ai un être humain miniature juste là devant moi, et ça me semble complètement hallucinant.

Il y a des jours où je me sens remplie de force et de joie, et d'autres où j'ai du mal à me retrouver, à faire la liaison entre la grossesse (période où on prend tant soin de soi) et aujourd'hui (où je me consacre presque intégralement à quelqu'un d'autre, il y a des jours où je ne trouve pas une seconde pour me laver les dents, et où je petit-déjeune à 13h00 (mais je petit-déjeune quand même, j'y tiens !)). Le côté "sans transition" est détonnant.

C'est un plaisir de lui montrer les choses, de lui parler, et de le sentir attentif quand on choisit le bon moment. Je pense à tout ce qu'il va y avoir à partager avec lui et ça me fait fourmiller le coeur et trépigner sur place.

J'ai hâte de le voir jouer avec ses cousins et avec les enfants de nos amis, j'ai hâte de passer du temps dans la nature avec lui, dans un jardin un peu sec, juste en short et débardeur parce qu'on crèvera de chaud, j'ai hâte de lui payer un milkshake eu Mokaf', j'ai hâte de lui lire tous els livres pour enfants qu'on a et que j'adore, j'ai hâte de sentir qu'il reconnaît notre rue ou notre immeuble quand on rentrera chez nous, j'ai hâte de voir quelle tête il aura evc des vrais cheveux, j'ai hâte de savoir si il aura toujours ces yeux gris souris, j'ai hâte de savoir ce qu'il aimera, j'ai hâte d'aller à la pistoche avec lui, j'ai hâte de rencontrer les gens qu'il choisira comme copains.

Je vous souhaite une super année !


14 novembre 2013

trois

Trois jours seulement. Il faudra que je me rappelle l'impatience mêlée au stress, comme quand on joue à cache-cache, qu'on est celui qui colle, qu'on sent qu'on va trouver quelqu'un et qu'on a la trouille que l'autre bondisse en faisant "WAAAAAHHH !!!". Pareil. Envie que ça arrive et peur du moment où ça va arriver par surprise.
Ne me sens plus bien dans aucune position. Assise : mal au dos. Debout : mal au bas-ventre. Couchée : mal partout. Me sens de plus en plus ramollie du genou. Valise prête, trousse de toilette comprise, je vis comme à l'hôtel. Vergetures débarquées depuis deux jours sur mon ventre alors que jusqu'à maintenant je n'en avais PAS. Grrrr... Petites mais bon, fais chier quand même. Six, de deux cm de long à peu près. Hier, monitoring. Bébé toujours aussi actif, mais descnedu encore d'un cran dans la mesure du possible. Sens sa tête qui appuie quand je marche - très désagréable sensation qu'il va me tomber sur les pieds. Mardi, dernier rendez-vous de prépa à l'accouchement avec Milky-la-kiné, qui nous a demandé si on accepterait de lui envoyer un sms une fois le bébé né, pour qu'elle puisse monter dans ma chambre me féliciter et rencontrer la crevette rose. Ai encore battu mon record au démineur (et celui de J. aussi, hi hi), 4 min. 11 pour trouver les 99 mines. Pas mal de lecture et de rêvasserie sur mon lit. Réveils nocturnes systématiques et bien longs, mais PAS dûs au bébé, non parce que tout le monde me dit "bah oui, c'est la faute du bébé qui bouge la nuit" quand je dis ça. Mais non, lui il dort peinard ! C'est juste moi toute seule, réveillée comme une grande. Réception d'une tonne de paperasses de ma mutuelle et de la caisse d'allocations familiales, à chaque fois on me dit "maintenant c'est bon ! "mais presque tous les jours je reçois de nouveaux papiers à faire remplir ou signer par moi, mon employeur, mon banquier, ma mutuelle pour les alloc', par les alloc' pour la mutuelle. Ce que je préfère, c'est qu'il est dit "à nous renvoyer" mais qu'il n'y a pas d'adresse et que le papier vient de Namur par exemple, alors que ma caisse d'alloc' est à Bruxelles. A qui renvoyer ? J'aime bien aussi le "à nous renvoyer au plus vite" avec menaces si je ne le fais pas, mais la lettre à déjà mis 7 jours pour faire Namur/Bruxelles, alors c'est déjà trop tard ou pas ? Pas de dead-lines fixées, juste "au plus vite".
Allez bébé, bouge-toi le fessier ! Au plus vite !

7 septembre 2013

accrocs

Je me suis réveillée un peu tôt pour un samedi, seulement 7 minutes après l'heure à laquelle sonne mon réveil en semaine. Je sentais que j'étais encore fatiguée mais aussi que je n'allais pas me rendormir, alors je me suis levée. Après avoir petit-déjeuné et déambulé un peu sur internet, je me suis remise au lit avec mon bouquin, et j'ai mi lu, mi sommeillé. Puis je me suis re-levée, lavée, habillée et j'ai entrepris de me préparer de quoi déjeuner. J'avais envie de me faire des languettes de poulet un peu dorées, avec du riz pilaf. Hop ! J'ai pris sur moi pour découper le poulet mort mais pas cuit, à l'aide de mon couteau qui coupe vachement bien, mais pas top.
Ensuite, j'ai eu mon Couacbrother au téléphone, pendant que le poulet grillait et que le riz gonflait. On a raccroché, mais à peine deux minutes plus tard, la sonnerie retentissait, sans code secret appliqué mais je me suis dit "il a  dû oublier de me dire un truc" et j'ai décroché comme ça, hop ! Sans réfléchir.
Et ce n'était pas lui, c'était quelqu'un à qui je n'avais pas du tout envie de parler, et qui posait beaucoup de questions indiscrètes. Alors j'ai répondu le plus vaguement et le plus brièvement possible et c'était assez réussi dans le genre. Mais après, malgré tout, j'avais le sentiment d'en avoir trop dit et je me suis sentie super mal.
En plus, de retour dans la cuisine, le poulet avait accroché au fond de la poêle (mais au moins il était très très doré) et le riz avait accroché au fond de la casserole et il était tout sec (alors que ce qui est intéressant dans le riz pilaf je trouve, c'est le côté humide).

Après déjeuner, j'ai un peu dessiné et j'ai fait un dessin qui me plaît même si je vais devoir le recommencer parce qu'il ne correspond pas à mon idée.
Ensuite, c'était l'heure de partir au cinéma. J'ai vu The Hours, le film dont on a tant parlé quand il est sorti, et que je n'avais pas vu. Ca ne m'a pas du tout remonté le moral, j'avais un de ces cafards en sortant de la salle !... Je n'ai pas grave kiffé. J'ai trouvé que les images étaient belles, qu'il y avait des dialogues beaux ou intéressants, que les musiques étaient fortes mais bon... j'ai trouvé ça un peu chiant et un peu trop larmoyant aussi, par moments.

En sortant de là, je voulais m'acheter de la crème du coup je file à l'herboristerie et là, sur le chemin, je croise un bus à l'arrêt (terminus et pause du chauffeur) et le chauffeur était debout à la porte de son véhicule en train de pisser sur le trottoir. Je l'ai fixé de mon oeil le plus noir (mais était-ce réussi ? Je fais rarement l'oeil noir exprès) et il a remonté sa braguette et a tourné les talons. Il m'a crié un truc, après, que je n'ai pas compris...

J'ai lancé une machine en partant au cinoche et quand je suis revenue, le linge était trempée et la machine remplie d'eau... Pfff...

Ensuite, ce soir, j'ai eu envie de patates sautées et elles ont, elles aussi, accroché. Mais elles étaient bonnes quand même...

Bon, au lit, vivement demain !

21 mai 2013

Un jour, j'ai rencontré l'adorable Lobster. Elle

Un jour, j'ai rencontré l'adorable Lobster. Elle a pris un thé, j'ai choisi un chocolat chaud. Au bout de trois gorgées, j'ai senti que ça ne passait pas, je n'ai rien pu avaler de plus, j'ai laissé mon chocolat refroidir comme ça, bêtement, dans sa grande tasse. C'était la première fois qu'une chose pareille m'arrivait.

Et puis après, je me suis mise à être à la fois affamée, et à la fois dégoûtée par tout ce qui se mange. Mon cerveau acceptait les chocos que je mangeais donc en grande quantité, mais mon oesophage n'était pas du même avis et me brûlait. Et puis j'avais envie de haricots verts, de patates à l'eau et de poissons pânés. Mais ça passait moyennement aussi.

Il y a des jours ou des moments de la journée où ça se voit vachement et d'autres où rien, et là je suis un peu frustrée.

Il a la même arrête dorsale qu'une sardine en boîte.

Vendredi, en partant pour la Bourgogne en voiture, la route était assez mauvaise et à chaque soubresaut du véhicule, ça tapait à tout va, là-dedans.

Ca fait comme des bulles de salive qui éclatent sur les lèvres, et comme quand Homer Simpson rôte : l'onde répercutée sur sa lèvre supérieure : c'est ça, pareil mais dans mon bas-ventre. Hyper agréable !

Il a déjà des coudes.

Il remue énormément ses jambes pendant les échographies, ce qui me fait complètement fondre.

Dimanche matin, au vide-grenier, on a acheté pour trois francs six sous quelques petits vêtements : des bodys taille un mois à manches longues et taille six mois sans manches, un gilet rayé rose et rouge.

J'ai dit à J. : "Si c'est un garçon, je m'en fiche de lui mettre du rose". Et il m'a dit "Ouais, moi aussi". Alors j'ai dit "Le truc chiant, c'est que tout le monde va nous dire "OOoh la jolie petite fille"". Et il m'a dit "On leur dira aux gens que rose c'est couleur couilles". Et on a ri bêtement.

Il va falloir qu'on range notre chambre, on va accrocher le mobile Calder que j'avais acheté au Habitat de Rennes au-dessus de son lit.

Au concert de Lescop, j'ai stressé comme une folle quand j'ai senti mon intérieur vibrer follement à cause des basses, j'ai eu peur que ça lui secoue le cerveau.

Il a déjà cinq cousins et plein de futurs amis.

Il est prévu qu'il naisse le jour de ma fête.

Depuis que je suis enceinte, j'ai découvert le sentiment de satiété qui m'était parfaitement inconnu avant. Je mange, je mange et tout à coup, j'ai plus faim et je ne peux rien avaler de plus. Du coup, j'ai maigri.

J'ai des envies de salade verte, de concombre, et de glaces en cornet.

Je ne mange presque plus du tout de chocolat.

J'ai trouvé les deux premiers mois hyper éprouvants moralement. Je me sentais complètement paumée, tout était devenu étranger. Mais ça va mieux...

Il est déjà inscrit sur liste d'attente à la crèche, depuis un mois même. J. était ému de donner son nom à la dame qui lui demandait quel serait le nom de famille de l'enfant.

Tout le monde me dit "ah, formidable, il sera scorpion !" quand j'annonce qu'il devrait arriver mi-novembre.

Je n'ai pas vomi une seule fois mais j'ai eu quelques vertiges, comme quand on se couche après avoir trop bu, je sentais mon lit tourner comme un radeau à la dérive.

Je n'arrête pas de sursauter.

J'espère qu'il va bien.

On est super heureux.

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7 décembre 2010

Je rêve d'une maison avec des arbres devant qui

 

Je rêve d'une maison avec des arbres devant qui feraient que la lumière y serait un peu verte, l'été. Je rêve aussi que dans cette maison, il y ait une grande fenêtre dans la salle de bains, qui donnerait sur le jardin et ses fameux arbres. Dans notre petit appartement, la salle de bains est la pièce que je préfère. C'est vrai, elle est glaciale, c'est vrai, le sol y est bancal, c'est vrai, le pommeau de douche ne pisse pas droit, c'est vrai, les robinets eau chaude/eau froide séparés, c'est un peu casse-pieds, c'est vrai, la chaudière à côté de la baignoire, c'est pas conforme à la législation, c'est vrai. Mais à ce côté mal foutu s'ajoutent le vélux qui donne sur les toits, le soleil qui y passe, le lavabo carré. Je ne sais pas pourquoi mais dans ma salle de bains, je suis dans une maison de vacances, et pas du tout dans la capitale européenne de la gaufre.


Jérome a reçu sa nouvelle carte bancaire française par la Poste. Figurez-vous qu'elle est arrivée signée ! Oui oui ! Et signée de son nom en plus ! C'est-à-dire qu'il y a un employé de banque qui s'est amusé à lui inventer une signature… Avec était joint un papier sur lequel était écrit "à nous renvoyer signer", avec un rond sur le point du "i", et les "n" en forme de coeur.

Bref, Jérome, en homme très pratique, s'est assuré de ne pas savoir imiter cette nouvelle signature, pour être sûr qu'il était nécessaire de renvoyer la carte à la banque. Mais bon, finalement, il l'a quand même renvoyée (d'ailleurs, il l'imitait très mal).


Si Jérome avait été une fille, il se serait appelé Hélène. Moi, si j'avais été un garçon, je crois que j'aurais été Benjamin. Benjamin et Hélène, nous serions-nous rencontrés ? Nous aurions travaillé dans le même office de tourisme.


J'ai perdu 1kg et 400g. Si vous les retrouvez…


Depuis août, j'ai mangé mais j'ai oublié de bouger. Je n'arrive pas à faire du sport. Dans ma tête, ça rime avec "l'angoisse". Quels sports vous ont fait aimer le sport ?


De chez nous, on voit encore la grande roue ! Mais plus du même angle, et puis plus en entier.


L'énorme monstre des glaces gonflable qu'on peut visiter, qui est d'habitude installé pendant le marché de Noël derrière l'église Sainte-Catherine, a cette année été installé dans le square qu'il y avait en bas de notre ancien appart'. Je suis deg', j'aurais adoré avoir l'impression qu'il y a un montre en bas de chez moi ! J'aurais bien aimé le voir de haut et le prendre en photo.


J'ai de nouveaux projets, je suis ravie...

Nous avons loué "Vol au-dessus d'un nid de coucou", pff, c'est l'horreur ce film... Enfin non, c'est vachement bien, mais c'est l'horreur.

Un dimanche soir, je dis au loueur de vidéos "Vous n'avez pas "Y a-t-il un pilote dans l'avion ?". Il me dit que non. Le lendemain matin, j'allume mon ordinateur et là, qu'est-ce-que j'apprends ! Que le pilote est mort la veille au soir ! 


Et vous, quoi de neuf ? Vous venez quand, nous voir ?

 

16 septembre 2007

(ne lisez pas ce post) (merci)

Je suis trop excitée pour aller me coucher alors je vais vous raconter un truc que je regretterai peut-être d'avoir raconté après (on verra bien). Alors voilà : figurez-vous qu'à la fac, il y avait une fille dans ma classe qui se la surpétait (elle aussi) mais vraiment quoi. Et en fait, un jour, dans ma boîte aux lettres, j'ai eu un prospectus Vet'affaires et elle posait dessus en string. Et bien voilà : sa carrière a décollé et maintenant, elle pose nue dans des magazines. Ca fait un peu bizarre de voir des gens qu'on connait tout nus. Je me demande si elle se la sursurpète, maintenant.

17 octobre 2016

Quand j'étais petite, des fois, on faisait une

Quand j'étais petite, des fois, on faisait une activité qui déchirait sa race : on rangeait les tiroirs. Deux très grands tiroirs sous nos lits superposés, un pour ma soeur et un pour moi. Une fois de temps en temps (suffisamment rarement pour que ce soit délicieux et incroyable), ma mère disait "bon, on range vos tiroirs ?" et OUIIIII, c'était trop bon ! Alors d'abord, on les faisait un par un, ils étaient complètement en vrac (le mien en tout cas) vu que je gardais tout et rangeais tout dedans mais sans l'ouvrir : je glissais tout par la fente entre le tiroir et le sommier du lit au-dessus, comme dans une boîte aux lettres, quitte à pousser un peu violemment si des trucs gênaient. Comme je ne l'ouvrais absolument jamais, je savais qu'on allait trouver des trésors enfouis et oubliés.
Bref, on s'installait, ma mère, ma moyenne soeur et moi, et la grande aussi était là, et on commentait chaque chose extirpée du fatras ce qui occasionnait beaucoup de rire et de joie. On se racontait un peu nos vies, ou des souvenirs évoqués par ce qu'on trouvait.
Le pompon, c'est quand tel un chat silencieux, mon grand frère sortait de sa chambre pour venir s'installer discrètement dans la nôtre, de la lecture sur les genoux genre "je suis là mais pas là", mais tout en riant avec nous à nos blagues, et en ayant lui-même quelques petites phrases bien senties.
Une fois, la très grande a eu la bonne idée de lancer le magnétophone et d'enregistrer le temps d'une face de cassette le rangement des tiroirs. J'ai perdu la cassette mais je l'ai écoutée pas mal de fois avant ça, et je me souviens de la petite voix aigüe de ma moyenne soeur, attrapant toutes sortes de choses dans son tiroir en me disant "ça je te le donne ! Ah, ça aussi !", et on m'entend répondre avec une voix tout aussi aigüe "oh ouiii, oh ouiiii !" et on entend ma mère dire avec un air indigné "bah non mais si tu lui donnes tout ton foutoir on ne va pas s'en sortir !" et on m'entend répondre avec ma voix aigüe "oh non mais j'adoooore, j'ai toujours rêvé de l'avoir...".
Ca reste un de mes meilleurs souvenirs d'enfance je crois, le rangement des tiroirs.

La semaine dernière, il y a un jour où au réveil de la sieste de Petit J., il jouait dans sa chambre et je suis venue m'asseoir par terre près de lui avec le matériel pour coudre des étiquettes dans ses fringues. Il était hyper content, on a discuté, rigolé, il a regardé ce que je faisais. Il a joué et moi je cousais. Ca m'a rappelé le rangement des tiroirs.

8 août 2016

Odeurs préférées.

Les bougies qu'on souffle (ça sent l'anniversaire).
La rhubarbe qu'on épluche.
La nature chauffée au soleil.
Les polycopiés (ça sent la pomme, ça sent le CP).
La poussière de voiture (odeur préférée partagée par mon fils qui ne manque pas de dire "ça sent bon la voiture !" quand on monte dans une voiture bien poussiéreuse et bien chaude).
La pluie sur le goudron chaud (ça sent la fin du monde).
Les Club des Cinq, qui sentent souvent le vieux grenier moisi.
Ma crème hydratante qui sent la tarte au citron meringuée.
Tous les parfums de mes parents, comme tous les parfums de mes instits de primaire.
Les odeurs de bouse et de caca de cheval (enfant on dit "berk ça pue", adulte on dit "mon dieu ça sent la nature c'est exquis").
L'odeur de peau de J. qui ne change pas malgré de nombreux changements de savon, lessive, shampoing, son cou sent son cou.
Toutes les odeurs de l'autre J. sa mauvaise haleine au réveil, ses pets, ses dessous de bras, et ses bonnes odeurs réellement sucrées comme un pain au chocolat comme dit Renaud.
L'ail (ça sent le dimanche).
L'intérieur des chaussures, entre odeur de cuir et odeur de transpiration des pieds.
En fait, j'adore les odeurs de pieds.
L'odeur de trousse et l'odeur d'école.
L'odeur de mon rouge à lèvres.
Les odeurs chimiques de savons chimiques, déodorants chimiques, que je n'utilise plus mais que j'adore sentir sur les autres car ils me rappellent d'excellents souvenirs olfactifs (exemple : un bon déo chimique à l'abricot porté par une fille qui marche devant moi dans la rue me remplit de bonheur).
Les odeurs de cuir et de certains tabacs.

4 juin 2016

Aujourd'hui, j'ai eu le même bonheur du jour que

Aujourd'hui, j'ai eu le même bonheur du jour que dimanche dernier : pouvoir ne plus quitter un bouquin captivant. Dimanche dernier, il pleuvait comme vache qui pisse et comme on était sortis tout le samedi, nous nous sommes autorisés à ne rien faire du tout, sauf que les J. sont allés acheter du pain le matin et sont revenus avec en plus deux roses de fête des mères, rrôôô... Et donc, justement, j'avais emprunté Miss Charity de Marie-Aude Murail à la biblio, ce qui était idéal : la pluie dehors, les petites lumières dedans, deux mecs de bonne humeur et qui s'occupent l'un de l'autre (l'un qui veille sur l'autre, l'autre qui sollicite l'un), et cette ambiance bourgeoisie anglaise, cousines pas sympas, belles robes, rideaux en velours lourd, beau mec convoité par tout le monde, solitude et animalerie. J'ai pu ne pas lâcher mon bouquin de la journée.
Aujourd'hui, ça a commencé cette nuit, la veilleuse de Petit J. s'était éteinte, j'ai donc dû me lever pour la brancher et après j'étais trop éveillée pour me rendormir, je me suis donc autorisé une bonne heure de lecture en pleine nuit. C'était Wild Girl de Audren, gros coup de coeur encore ! Coup sur coup, deux super bonnes pioches, trop de bol la fille. Une histoire de jeune institutrice qui quitte l'Est des Etats-Unis pour l'Ouest, en 1867, toute seule, et bien sûr elle tombe amoureuse mais il y a la voisine crainte par tout le monde qui est une emmerdeuse malveillante, et des bandits qui tuent au pif, mais aussi la grosse chaleur, les cheveux sauvages, les saloons, les villes qui sont juste une rue au milieu de rien comme dans Lucky Luke... Une ambiance de folie, quoi, et de l'amour qui fait frissonner, et il se trouve que je suis restée aussi fleur bleue qu'à 14 ans.
Et donc, ce matin, malgré la nuit cahotique, je me susi réveillée à 7h30, convaincue que Petit J. allait se réveiller vers 7h40 (une heure de prédilection), je me suis forcée à me lever parce que si il y a un truc que je déteste, c'est de me lever en même temps que lui (les articulations encore craquantes, devoir prendre quelqu'un qui pèse 15kg dans ses bras, devoir directement parler (il est très bavard) et devoir rester debout pour faire chauffer le lait et compagnie, je trouve que c'est le truc le plus dur de la maternité). Bref, 7h40, debout ! Je petit-déjeune, aucun signe de réveil dans la chambre du bout, je vole chercher mon bouquin sur ma table de nuit, je lis, je lis, aucun signe de réveil, je me recouche avec mon livre, aucun signe de réveil. Et ce jusqu'à 9h30 ! C'était super.

26 mars 2016

Je suis bouleversée par les attentats bruxellois.

Je suis bouleversée par les attentats bruxellois. J'ai peur des attentats. J'ai tremblé longuement quand vers midi j'ai allumé mon ordinateur et découvert ce qui s'était passé. J'ai découvert l'encore plus de peur qu'ajoute le fait de parfaitement visualiser les lieux et l'ambiance. J'ai appris que dans le métro, il y avait une fille que je connais. Pas quelqu'un que je connais super bien, pas une amie, mais une fille adorable qui a participé en même temps que moi au fameux fanzine bruxellois, une fille qui bossait dans un magasin juste à côté de l'endroit où j'achetais mes fruits et légumes, et avec qui j'ai eu parfois l'occasion de discuter, en passant devant sa boutique. C'est elle qui m'a appris à ne pas laver ma boule à thé (seulement la rincer), puisque de toute façon l'eau très chaude du thé tue les microbes qui pourraient être dessus. Elle a rencontré Joachim, elle connaît Jérome, elle nous a déjà offert un thé dans le magasin parce qu'il n'y avait pas de clients et qu'elle est hyper gentille, j'ai souvenir de quelques disucssions que nous avons eues ensemble. De cette fille, depuis mardi, plus personne n'a eu de nouvelles. J'ai les yeux carrés aujourd'hui à force d'avoir passé ma semaine à consulter facebook pour savoir si il y avait du nouveau, j'ai passé quelques nuits blanches à penser à elle, j'ai une boule qui se balade entre mon oesophage et mon foie.
Je repense à la dernière fois qu'on l'a croisée, juste avant de déménager, je voudrais revivre ce moment et lui dire d'éviter de prendre le métro en mars, j'imagine que si ça se trouve, mardi matin, elle s'est dit qu'elle en avait marre de sa vie et qu'elle a décidé de fuir sans se retourner, et que donc elle n'était pas dans le métro mais dans un train pour Ploutzek-les-Oies.
Je pense à ce qu'elle a sûrement vécu mardi et si elle y a succombé, j'espère que ce fut bref, instantané, sans temps pour avoir peur et sans douleur. Je pense qu'on lui a probablement volé sa vie et qu'on ne pourra pas lui faire justice et ça me désole complètement. Je me sens si triste.
Je lis les infos, beaucoup trop, j'ai le sentiment que tout se barre en couilles, je flippe. Je ne crois plus à la politique politicienne, je ne fais plus confiance.

Pour contrebalancer, j'essaye de penser à toutes les super initiatives qui fleurissent partout pour un monde meilleur.
Je décide ce matin de relire Résister, c'est créer De Florence Aubenas et Miguel Banasayag, qui m'avait fait tant de bien quand je l'avais lu dans notre deuxième appart' bruxellois. Et cette relecture, c'est une excellente idée pour se faire du bien et pour se motiver à aller de l'avant malgré le côté un peu foutu de chez foutu du monde tel qu'on nous le présente en ce moment.
Je vais recopier ici la 4ème, et je vous encourage à le lire vous aussi si vous vous sentez découragés...

"Depuis quelques années, dans les sociétés du Nord comme dans celles du Sud, une contre-offensive souterraine est en marche. Une contre-offensive qui est loin de se limiter à ses expressions les plus visibles, celles des mouvements "anti-mondialisation". Dans cet essai, le philosophe Miguel Benasayag et la journaliste Florence Aubenas en proposent une analyse originale, nourrie de nombreux exemples.

Ils montrent que les formes de cette "nouvelle radicalité" sont multiples et très diverses : certaines sont éphémères, d'autres s'inscrivent dans le long terme ; certaines revendiquent une "subjectivité contestataire", d'autres se veulent simplement pragmatiques. Mais tous ceux qui les portent partagent, sans nécessairement en être conscients, des traits communs. Ils s'inscrivent en rupture par rapport à l'individualisme triomphant des dernières décennies et le néolibéralisme n'est plus pour eux un "horizon indépassable". Et ils rompent également avec les formes anciennes de la contestation : ils n'agissent plus en fonction de modèles de sociétés prédéfinis ou de directives d'un parti à la conquête du pouvoir.

C'est un nouveau "désir de lien" que recherchent aujourd'hui des millions de personnes à travers le monde. Des universités populaires en France et en Argentine aux expériences de psychiatrie alternative, des mouvements de paysans sans terre latino-américains aux mobilisations européennes pour les sans-papiers, les auteurs montrent comment ce désir de lien a commencé à saper le projet majeur du capitalisme, celui d'un monde unique et centralisé. Et comment cette multiplicité joyeuse ouvre la voie d'une lecture alternative de l'économie."

Ce livre date de 2002 donc on peut s'imaginer à quel point toutes ces initiatives dont il parle ont pu s'étoffer depuis ! Se multiplier !

Et puis ce matin, au réveil, j'allume l'ordinateur (pour voir si il y avait des nouvelles de ma copine sur facebook...) et je tombe sur cet article qui m'explique que je vais encore pouvoir m'éclairer, même pas à la bougie, et sans centrale nucléaire !

15 janvier 2015

C'est quand même dur en fait. La dernière fois

C'est quand même dur en fait. La dernière fois que j'ai écrit là j'étais sous emprise d'Arcade Fire, je ne vois que ça comme explication.
C'est un vrai pain dans la tronche qui arrive à un moment où j'étais en confiance. C'est traumatisant, humiliant, choquant.
Je ne dors plus du tout la nuit parce que je fais la liste de ce qui m'atttend (entre autres, faire la queue chez Actiris et faire la queue à la capac (parce qu'il paraît que la fgtb et la csc c'est nul)). Quand mes collègues m'ont parlé de ça, j'ai eu les larmes aux yeux tellement j'ai pas du tout envie, pas de temps à perdre à ça, autre chose à faire. En plus, comme je veux revenir en France, je vais sûrement ajouter à ces plaisirs simples un petit rendez-vous chez Pôle-Emploi à Lille.
Bon, à chaque fois que j'arrive au travail, j'ai les larmes qui montent. Mes collègues ne me disent plus "salut ça va ?" mais un petit "salut..." gêné. Sans compter ceux qui font semblant de ne pas me voir (oui oui). Enfin, ceux-là, ce ne sont pas ceux de la partie de l'équipe avec laquelle je bosse. Parce que eux, ils sont bien. Ils me malaxent le bras, me sourient, me coachent et me disent que c'est carrément injuste ce qui m'arrive et qu'ils sont tristes.
Il y a aussi cette collègue (pas de mon équipe) qui me dit juste "il faut voir ça sous un angle positif" et celui qui me dit "je me suis rendu compte que si ça m'arrivait, finalement, ce ne serait pas négatif, ce serait pour moi un bon coup de pied au cul", à qui j'ai envie de dire "ah mais on échange hein, pas de souci !".
Bon, je le dis pour que la note soit complète mais bien sûr j'ai une boule dans la gorge et je remets ma vie entière en question. Je suis complètement déprimée. Malgré les projets, enfin surtout un.
Je n'aime pas cette pression des cinq mois qui me restent, beaucoup mais pas beaucoup. Je n'aime plus trop être au travail, je me sens déjà à l'écart, un peu comme la poubelle qu'on a oublié de sortir et qui doit rester encore trois jours dans la cuisine alors qu'elle ne sent pas bon et qu'elle encombre (et qui ne sert à rien vu qu'elle est fermée).
Je ne vois plus le décor de la même manière, c'est immédiatement devenu inconnu, plus du tout familier.
Je suis nostalgique de tout ce qui s'est passé pour moi, là. Je suis triste que ça se termine comme ça. Je suis fatiguée.
Comme j'avais les lamres aux yeux l'autre matin, mon patron m'a serrée dans ses bras. C'était bizarre et soulageant.
Ils vont me manquer, tous ces gens.

13 janvier 2015

2015
1ère semaine : 30 ans
2ème semaine : attentats
3ème semaine : licenciement économique, remerciée par mon patron.

Tout le monde n'a pas la chance de se faire virer en s'entendant dire d'une personne en larmes, qu'il est un papillon venu se poser là quelques années en apportant le bonheur, mais qui doit repartir parce qu'on a besoin de lui ailleurs (là j'ai vraiment failli pleurer).
J'étais en train de travailler à mon poste, à côté d'un collègue, et puis elle est venue me chercher, les larmes aux yeux, elle m'a dit "Elisabeth, P. et moi on voudrait te parler, c'est assez grave...". J'ai demandé si j'avais été trop en retard, elle m'a caressé le bras en me disant "mais non, si c'était que ça !...". Là on se sent flancher, on a le coeur qui rate un battement, je dis "vous me mettez dehors ?!", elle me dit, "Tu verras, P. va te dire". Je la suis dans l'ecalier, je lui dis "non mais vous allez me virer ?!", elle me dit "tu vas voir". Et puis me voilà dans cette petite salle de réunion où avant, je tirais mon lait, je dis "dites-moi parce que là je suis bien stressée". P. me dit "Mais tu peux. Assieds-toi". Et là, PAF, la nouvelle. Le virage mal éclairé qu'on n'avait pas vu venir.

Et ma rétrospective continue dans ma tête, qui m'empêche de dormir.
Je suis ces soirées à regarder Les Jeux d'Interville en chemise de nuit, cette nuit où on a vu la voie lactée dans le ciel du Gers, ces places couvertes, ces vestiges de romaineries en mosaïque, cette fille qui malaxe les verrues qui dépassent du filet à chien tendu entre les deux sièges avant de la voiture, cette fille qui joue à l'élastique sans élastique, substitué par deux lignes d'entre-pavés parisiens. Je suis cette fille qu'on soulève par le haut de son collant pour le remonter comme il faut, et que c'est trop bon, cette fille qui se dit en 1993 qu'elle pleurera toutes les années en 3 toute sa vie, cette fille qui frotte tellement le bout de la moquette de sa chambre du bout des doigts que ça finit par brûler. Je suis cette fille qui fait le voeu, en lançant une pièce dans la fontaine, de se faire payer aussitôt un pain au chocolat, et que ça marche. Je suis cette fille qui a envie de chanter Arcade Fire en allant au boulot mais qui n'ose pas, je suis cette fille qui profite d'avoir un bébé en porte-bébé pour chanter dans la rue, comme si c'était vraiment uniquement pour lui. Je suis ce pull troué par les mites mais que j'aime trop mais qu'à chaque fois que je le porte je me sens un peu nulle.

Quand j'étais petite, j'imaginais que le chat ne mourrait pas tant que je ne l'aurais pas embrassé partout (et comme je ne souhaitais pas l'embrasser partout...). Je me figurais qu'un zizi ressemblait à une saucisse Herta, je trouvais que la plus grande femme du monde du livre des records était la plus belle femme aussi et qu'elle avait la classe d'être aussi grande (la petite en rouge à côté me semblait minus). Je trouvais que les prénoms de mon père et de mon frère étaient les plus beaux de la terre et j'espérais n'avoir jamais de garçon parce que je ne voyais vraiment pas quel autre prénom donner. Mon père me prenait dans ses bras pour monter l'escalier le soir et il m'appelait "ma poupée", j'étais fascinée par les omoplates de ma soeur, je trouvais que c'était très beau de n'ouvrir les yeux qu'à moitié, jusqu'à ce qu'une copine me demande pourquoi je faisais un regard bovin.
Quand j'étais plus jeune, je ne tombais amoureuse que de garçons homosexuels, comme je prenais mon courage à deux mains pour aller leur parler (avant de savoir qu'ils l'étaient), j'avais beaucoup de copains homosexuels. On me disait souvent "tu es pure" et je n'ai jamais compris pourquoi. Je mettais du rouge à lèvres avant d'aller me coucher, je priais quand ça m'arrangeait même si je n'étais pas croyante. Je me disais que j'étais jeune.

Je ne sais pas ce qui se passe, ça doit être le grand remue-méninge de la trentaine dont on m'a parlé.

Sans compter les projets, les plans que j'échafaude, les possibles que j'étudie en me disant qu'il faut profiter de l'occaz', les choses que je n'aurais jamais imaginé faire et que je vais peut-être faire, une de ces choses, c'est sûr. Trop bien.

10 novembre 2009

très très fâchée

Les parents de Couacman nous rendent visite pour deux jours, ils viennent d'arriver, il y a une petite heure.
La dernière fois qu'ils sont venus, et même la fois d'avant, ils s'étaient étonnés que nous ne regardions pas la télévision. Nous avons un téléviseur mais il est minuscule et très très vieux, et nous le gardons chez nous car nous y sommes attachés et qu'il est mignon. Il fonctionne parfaitement mais nous n'avons jamais pris le temps de le régler, car nous n'avons pas envie de regarder la télévision. Couacman parlait quelquefois d'en acheter une, tout de même, car dans le cadre de ses études (artistiques) il s'en est pas mal servi et qu'il projetait d'en avoir à nouveau besoin (et que même si il fonctionne, notre poste n'a pas une image d'une qualité géniale). Mais cela restait à l'état de projet et nous regardait, nous et personne d'autre.
Bref, ses parents s'inquiétaient du fait que nous ne regardions pas la télé (et même, une fois, ils se sont inquiétés du fait que nous n'ayons pas de voiture  ! C'est somme ça, quand on est quelqu'un, qui a réussi, on a une télé et une voiture ou alors ça veut dire qu'on n'a pas de couilles, visiblement) et nous les assurions que nous savions nous informer par d'autres biais (nous lisons tout les deux les nouvelles du Monde sur internet) et que c'était un choix que de ne pas la regarder, que nous étions d'accord là-dessus.
Cette conversation est revenue deux fois sur le tapis. Et cette fois-ci, aujourd'hui, ils sont arrivés en nous disant "on a une surprise !..." et ils ont sorti de leur voiture une immense télé écran plat, vraiment énorme (genre 80 com de long !...). Je me suis écriée tout à fait spontanément "ah non mais moi je ne veux pas de cette télé chez moi !" et j'en suis ravie. Les larmes me sont montées aux yeux.
Ca peut paraitre ridicule lorsqu'on n'est pas dans ma tête mais moi, je trouve ça très grave. Je me sens rayée de la carte, bafouée. On fait comme si mon avis ne comptait pas. On veut choisir notre manière de vivre à notre place. Car cela s'ajoute à d'autres choses, au fait que la première chose que ses parents disent en arrivant chez nous, c'est que Couacman est mal coiffé, que son manteau est moche et que "Quoi, vous n'avez toujours pas d'autocuiseur ?!". Je crois que nous sommes des adultes, que nous sommes chez nous, merde alors ! On fait ce qu'on veut.
Là, ils sont partis se promener et j'ai décidé de rester à la maison pour me calmer un peu. Avant de partir, son père a dit "En rentrant, on installera la télé" et je me tâte : je crois que je vais peut-être annoncer que non, on ne va pas installer la télé.
Cette télé, elle représente énormément pour moi. Je la crains, j'ai peur qu'elle tue mon couple. Si on l'installe, elle sera juste en face de mon bureau et je devrais travailler en face d'elle. Je la sais abrutissante. Je n'en veux PAS. Merde merde MERDE.
Mais le problème, c'est que c'est à Couacman que cette télé a été offerte et je crois que lui est partagé (on en a parlé vite fait dans la cuisine) entre l'accepter car elle peut toujours lui servir (bien que ce soit une télé 16/9ème et que ce n'est pas ça qu'il envisageait d'acheter) et l'envie d'éviter cet envahissement (car il s'agit bien là d'un envahissement, ses parents ont l'impression que nous vivons comme des ermites (ça se voit qu'ils ne nous croient pas quand on dit qu'on lit le journal, par exemple. On ne peut pas être bien informé si on ne regarde pas la télé) et ont bien l'intention de changer cela )... Que faire ? Puis-je dire NON à l'installation de cette télé dans mon salon ?... Oui, hein ?

Edit de 23h32 : merci beaucoup pour tous vos commentaires, que je trouve justes, drôles, parfois futés et réconfortants.
Voici ce qui s'est finalement passé : Couacman et ses parents sont rentrés de leur promenade, je m'étais un peu calmée. Couacman et moi nous sommes retrouvés tout les deux dans la cuisine pour préparer la soupe. Nous en avons discuté et comme nous étions complètement d'accord sur le sujet, ça a été rapide et simple. A la fin du diner, ses parents ont dit "Bon, on va essayer la télé !" (ils avaient déjà commencé à débrancher l'ancienne avant le repas), et Couacman leur a gentiment expliqué que ben non, on en voulait pas. Sa maman s'est inquiétée de savoir comment nous nous tenions informés alors nous avons redit, pour les journaux sur internet. Ils ont un peu insisté mais pas trop, clairement déçu mais tout a été dit dans le calme, et avec le sourire. J'ai juste placé que quand même, ce n'était pas rien de prendre la décision d'installer la télé chez soi, et qu'elle appartenait aux personnes qui habitent dans le foyer. Et sa maman a acquiescé.
Tout est à peu près apaisé, sauf que Couacman n'aime pas trop que j'étale ce genre de choses ici...
Merci et bonne nuit !

8 mai 2012

pendant que le temps s'ennuie à passer et toujours passer

J'ai reçu une deuxième commande de faire-parts de naissance par notre site Stork & the Postman. Ca me rend super heureuse... Heureuse de penser qu'il y a déjà deux personnes qui auront toute leur vie dans leurs petites affaires leur faire-part, annonçant leur naissance, et que ce soit moi qui l'ai imaginé et mis en page. Heureuse de cette reconnaissance-là. Heureuse en travaillant de mettre de vraies adresses de gens qui existent sur les modèles de cartes, voire même d'intégrer la vraie photo d'un vrai bébé tout frais. En fait c'est simple, je n'en reviens pas... Ce que je trouve fou, c'est aussi que tout de même, j'imagine qu'on est quand même beaucoup, au moins dans notre culture, à avoir un faire-part de naissance, et donc j'imagine qu'il y a des chefs d'entreprise, ou bien des pompiers, ou des femmes en tailleur et lunettes carrées, des plombiers, qui ont été introduits dans le monde par une carte décorée de nounours et de petits chaussons à noeuds. Ca fait tout relativiser je trouve... 

A propos de notre site, la question se pose de savoir si je mets le lien de ce blog-ci dessus, ou bien le lien de mon blog d'illustration mais que je ne pense jamais à mettre à jour... Je me dis que ce blog-ci, Couac, pourrait aussi devenir aussi un blog d'illustration en plus de ce qu'il est déjà. Après, j'ai peur de restreindre ma liberté d'expression en rendant ce blog plus "public", parce que jusqu'à maintenant, il n'y a pas tellement de personnes que je connais qui savent qu'il existe et qui le lisent... Alors qu'on essaie de faire un maximum de publicité pour Stork & the Postman. Aimerais-je que tout le monde puisse arriver ici ? Pas sûr... En même temps, Couac, je l'aime bien, mieux que mon blog d'illu, même si j'aime l'illu. Et puis le Flick'r, je sais pas, c'est pas pareil. Bref, je sais pas, p't'ête bien qu'oui, p't'ête bien qu'non ! Si vous avez un avis sur la question, je vous écoute à grandes oreilles...

Depuis hier, j'écoute en boucle cette chanson, qui ne pique pas encore la vedette à la numéro 5 du dernier album d'Arcade Fire mais quand même.

Depuis ces élections et celles qu'il y a eu en Grèce, je ressens dans l'air comme une espèce de panique, comme si ce n'était plus interdit de se laisser aller à toutes ses pulsions d'agressivité, comme si depuis le premier tour et son résultat effarant des Farfelus Neuneux, c'était devenu tout à fait assumable de s'affirmer comme complètement rasciste, agressif, mal intentionné, profiteur. Je me demande ce que ça va être cette austérité qui va nous tomber dessus à un moment ou à un autre, comment la foule va réagir, par un mouvement de foule meurtrier ou avec calme, réflexion, solidarité ? Dans Psychologie des foules (que je lis en ce moment même, enfin pas là tout de suite vu que j'écris ici, mais le soir dans mon lit quoi), Freud explique (enfin, au début du livre, j'en suis qu'au début, peut-être qu'après il explique le contraire, je sais pas encore) que dans la masse, composée d'individus, et bien il n'y a plus d'individualités. Nous, on est une personne mais composée de plein d'atomes, et bien la foule, c'est comme une seule personne dont chacun d'entre-nous serait un atome. L'idée, c'est que le fait de faire partie d'une foule peut nous pousser à faire ou à dire des choses qu'on n'assumerait pas du tout en tant normal, en tant qu'individu... La foule est incontrôlable, elle est faite d'individus hypnotisés (j'vous jure). Elle est dirigée par un leader, qui plus il semble agressif, plus il semble crédible... hum hum...

Ce week-end nous commençons notre saison de mariages, je suis ravie...

Ce matin, au magasin, un enfant avait fait caca dans sa couche, il y avait dans l'air une odeur infecte. Un de mes collègues, qui me fait penser énormément à Prunelle dans Gaston, s'est raboulé avec une bombe d'huile essentielle senteur citron et s'est mis à en pschiter frénétiquement dans tous les sens (imaginez Prunelle) en disant "mais c'est une infection ici !".
Et puis il y a un autre collègue qui dit sans blaguer "rogntudju".

J'ai une tendinite au poignet droit mais je tarde à acheter les anti-inflammatoires qui m'ont été prescrits...

J'ai aussi passé dernièrement mon premier séjour de toute ma vie aux urgences. On craignait un hématome du cerveau, ou un traumatisme crânien. Je vomissais très fort après m'être cogné la tête... et puis finalement, après 12h00 de prises de sang en grands nombres, scanner, radio des poumons (???), perfusion, tripotage de crânes, bougeage des yeux pour ne pas perdre le stylo du docteur de vue, pipi dans un petit pot, le verdict : une gastrite. Ouf ! J'étais claquée après ça, tous ces examens ayant eu lieu de nuit, par exemple le scanner à 3h00 du mat', radio des poumons à 8h00, prise de tension toutes les heures dès 7h00 avec l'infirmière qui me demande si j'ai passé une bonne nuit alors que je me suis couchée à 5h30 et qu'elle me réveille 1h30 plus tard...
L'infirmière ressemblait à Vic de la Boum, l'interne à l'amie chevelue, alors ça va j'étais bien entourée. J'étais dans un grand dortoir, entre un petit vieux cardiaque et un type qui avait essayé de suicider et qui hurlait sa vie au psy, j'étais hyper gênée de tout savoir...

On a acheté un four, vive le gâteau au yaourt.

Je vous souhaite une bonne soirée !
 

17 juin 2010

l'appartement

Ce soir, nous avons visité l'appartement de nos rêves. On y est resté bien trois quarts d'heure et on n'a pas entendu un bruit. Il est d'un calme olympien. Il est sur deux étages, la cuisine est grande et splendide, il y a une terrasse, il y a un salon exposé au sud, une chambre et un bureau et une salle de bains/WC sous les toits. Il y a un vélux immense dans la chambre (exposé au sud aussi). Il est tout blanc, en briques peintes sur tout un côté, il est pas cher, par terre c'est du vieux parquet qui craque. Il y a même un grenier et une échelle pour y grimper depuis la chambre. Il est dans ma rue préférée du centre. Je tremble tellement je le veux. Sauf qu'on est arrivé juste après la ville de Brubru, qui veut peut-être le transformer en studios, et aussi après d'autres gens. On a vachement sympathisé avec le propriétaire (qui est l'un des fondateurs d'une grande maison d'éditions et m'a proposé qu'on parle boulot ensemble !!!...), mais bon, voilà, on n'est sûrs de rien... Il a dit qu'il pourrait nous donner une réponse dans à peu près deux semaines (le temps que Brubru se décide)... Je vais mal dormir pendant deux semaines ! Ca craint de la bite cette histoire.

12 novembre 2012

péripétie malheureuse

Il y  a un jour comme ça où je perds du sang quand je vais aux toilettes, en ayant un peu mal au ventre. C'est un samedi, celui où je lis La jeune fille à la perle. J., lui, lit Le monde selon Garp de John Irving, on est heureux, on file aux urgences, on attend quatre heures dans une salle d'attente mauve éclairée aux néons, et il y a un type qui a enlevé ses chaussures - ça pue horriblement. On lit, je dis que je prendrais bien un petit goûter, J. sort comme par miracle un petit pain au chocolat de son sac à dos. Tout est bien.

Puis c'est mon tour, prise de sang, prise d'urine. En attendant les résultats, on finit nos livres, puis on joue au Petit Bac, à Chifoumi. On se marre. Ensuite c'est l'heure de l'échographie, il est 21h00, on ne voit rien dans mon utérus, rien nulle part dans moi à part un gros kyste et puis un petit, contre mon ovaire droit, mais pas inquiétants quand on est enceinte. C'est le début de la grossesse, cinq semaines tout au plus, ça peut être normal qu'on ne voie rien, l'examen gynécologique est rassurant, il faut revenir le lundi, attendre que le taux d'hormones ait grimpé pour ré-échographier.

Le lundi à jeun, prise de sang, puis une attente très très longue, c'est le jour où je lis Jeux de main, on attend au service "consultations", c'est en sous-sol, nous sommes entourés de femmes enceintes jusqu'aux yeux. L'échographie ne montre toujours rien alors il faut recommencer 48h00 plus tard. Sauf que là, on nous dit "écoutez, c'est probablement une fausse couche mais il y a aussi un risque que ce soit une grossesse extra-utérine".
C'est là que les larmes coulent déjà, parce que de toute façon ce sera une mauvaise nouvelle, même si les dés ne sont pas encore lancés, ou si, ils sont lancés, ils sont en train de tomber au ralenti sur la table.

Le mercredi à jeun, on retourne à l'hôpital, ce coup-là je ne lis rien et J. non plus d'ailleurs. Prise de sang, attente interminable, puis échographie. Le résultat de la prise de sang n'est pas encore arrivé mais à l'échographie, la gynéco dit "ouh la la, maintenant il y a du sang dans l'utérus, et le petit kyste a grossi de 3cm en 48h00...".  Il faut opérer. Il faut ouvrir la trompe, pour pouvoir appuyer le diagnostic de la grossesse extra-utérine, à l'échographie on ne peut pas être sûrs de sûrs. Il faut opérer d'urgence. Dans trois heures. Là je ne peux plus me contenir, je pleure sur la table d'auscultation, J. a son regard inquiet.

Voilà comment on se retrouve un mercredi, à midi, à faire la queue pour les admissions de l'hôpital alors que la matin c'était juste un mercredi, bizarre mais pas anormal à ce point. Il reste deux heures 30 pour aller acheter de la lecture à la Fnac d'à côté, je choisis du Pennac et du Roald Dahl, je n'arrête pas de pleurer, j'ai envie de vomir. Je suis toujours à jeun. Je crève la dalle, ça ne m'éclaircit pas les idées. J'ai interdiction de boire ou de manger avant d'être opérée. Je n'arrive pas à joindre mon patron pour lui dire que je ne serai pas là le lendemain non plus, je frissonne en me disant "non, non, non, non". Je sens bien que c'est comme ça maintenant, qu'on n'y échappera pas, qu'il n'y a absolument aucune autre solution, aucun moyen de revenir en arrière. Et pourtant je n'aime pas ce que je vis, je n'ai pas envie de le vivre. J'ai l'impression qu'on va me jeter dans la fosse aux lions.

A 13h45, j'intègre ma chambre d'hôpital, une double mais où je suis seule, sans télé, avec vue sur la cour intérieure. On me montre le petit coffre fort où ranger mes effets personnels précieux, on me tend une chemise de nuit d'hôpital en me disant de l'enfiler sans rien en-dessous. C'est ainsi que je me retrouve assise sur ce lit, dans cette tenue, à trembler et pleurer sans fin, J. tout mal à côté de moi. C'est là qu'on réalise qu'on va se faire opérer, que c'est pour dans moins d'une heure, qu'on va se faire ouvrir le ventre et la trompe, qu'on va se faire endormir, qu'on va se faire retirer quelque chose qui était désirée, juste mal située. C'est tellement aux antipodes de la vie quotidienne, de ce qu'on imagine, de ce qu'on est habitué à vivre, c'est une sorte de cauchemar eveillé. Rien n'est familier, rien n'est agréable, rien n'est prometteur.

Et puis tout à coup, des infirmiers arrivent, ils me disent de me glisser sous le drap, pour la pudeur, parce qu'on va me promener en lit dans des couloirs et des ascenceurs. Je pleure, pleure, je suis tellement tendue, on m'emmène, je me retourne pour voir J. qui nous suit et je sens que dans mon regard il y a quelque chose qui chouine "Jérome" et je sens qu'il le voit et qu'il est aussi mal que moi. Je me sens complètement vidée tellement j'ai la trouille, une vraie trouille. Les infirmiers essayent de ma rassurer "ils vont s'appliquer, c'est leur métier", on me caresse le bras, on me pince la cheville à travers le drap, mais ça me fait pleurer encore plus fort toute cette gentillesse. Je suis entourée d'une espèce de bulle d'angoisse. J'interroge les infirmières, elles ne se sont jamais faite opérer et elles espèrent que ça ne leur arrivera pas. Une des deux est encore étudiante et semble tellement stressée avec moi, d'ailleurs elle finira par me dire qu'elle est super croyante et que là, elle va prier.
On arrive au sous-sol, il y a un panneau "bloc opératoire" à côté d'une porte, c'est là que J. doit s'arrêter alors que moi je dois continuer le chemin. C'est démesuré mais j'ai l'impression de rentrer à la morgue, moi qui ne suis jamais allée à la morgue, je me dis "on se croirait à la morgue".

On gare mon lit entre d'autres lits de gens qui vont se faire opérer. Il y a juste en face de moi une porte ouverte, c'est la salle de réveil, c'est écrit à côté, je vois des gens qui émergent. A côté de la porte, il y a une très grosse horloge qui dit qu'il est 15h00. Il y a des gens habillés et masqués de vert qui passent devant mon lit, tranquilles, genre pour eux tout est normal et banal, ça me fait super bizarre ; à droite je vois des panneaux "sens interdit - zone stérile". Il y a des tables d'opération qui ressemblent à des tables d'opération et ça ça fait super peur, il y a une armoire pleine de couvertures, il y a des gens qui installent des tables d'opération pour des gens qui vont se faire opérer tout de suite. Un truc pour caler la tête, un machin qui ressemble à une plaque de miel, des draps verts par-dessus. Il y a des infirmières qui nettoient des tables d'opération qui viennent de servir. Je ne cesse de pleurer, tout va mal là. Je voudrais Jérome.
Plusieurs infirmiers qui passent viennent me caresser le bras et me donner un mouchoir, à la fin j'en ai 7. C'est là que mon chirurgien vient me voir et que je lui dis d'une toute petite voix "j'ai pas envie de me faire opérer" et qu'il me répond que c'est parfaitement obligé et qu'en fait on n'a pas le choix, je le savais déjà. Et puis en fait, il m'annonce que sont arrivées deux urgences encore plus urgentes que moi et que donc, on va me remonter dans ma chambre et qu'on m'opèrera à 18h00.

Entre 15h30 et 17h30, j'ai passé deux heures avec J. qui avait mangé entre-temps un burger spécial Belgique chez MacDo, et qui avait retrouvé un peu d'énergie positive (au départ il était à jeun avec moi, enfin, il avait juste mangé deux biscuits en guise de p'tit dej'). J'ai eu au téléphone mon amie Chloé qui m'a parlé de ses opérations à elle. J'ai passé deux heures assise sur mon lit à ne rien faire, j'ai eu un peu le temps de me dire "bon, je vais me faire opérer". J'avais un peu moins le sentiment qu'on m'avait cueillie à la sortie de la Fnac pour m'enlever notre embryon.

On me remmène au bloc, je tremble toujours autant mais je ne pleure plus, j'ai demandé à J. de ne pas m'accompagner pour ne pas ajouter de drame à la situation qui n'en manque déjà pas. A 18h00, me revoilà dans le parking à lits du sous-sol, mais là je suis seule. J'ai la chair de poule et l'anesthésiste et l'infirmière qui vont assister mon opération débarquent et l'anesthésiste me serre la main en me disant son nom alors je lui dis "Enchantée, Elisabeth". Et là, il se met à me parler en Néerlandais alors moi aussi même si c'est pas simple et puis en fait après il a un air surpris et il me dit "Spreek jij Frans ?" alors je dis "Ja, ik ben Frans" alors il me dit "Mais pourquoi vous m'avez parlé en flamand ?" et je lui dis "Mais non, je vous ai dit mon nom". Ils emmènent mon lit jusqu'à la table d'opération, préparée là, pour moi, en zone stérile. Ce coup-là c'est la mienne. Je leur dis que je n'ai pas du tout envie de me faire opérer et que je préfère qu'ils le sachent. Ils me couvrent d'une couverture chaude. Je sanglote sans pleurer, je grelotte. Je leur dis qu'ils vont voir mes ovaires en vrai, ils me disent qu'ils en ont déjà vu des milliers.

La salle d'opération ressemble au vaisseau spatiale des Playmobiles qu'il y a à La Clusaz dans l'appartement de mon oncle et de ma tante. C'est la même forme et les mêmes gammes de couleurs. Je suis très impressionnée par la grosse lampe au-dessus de moi. On me cale les bras avec des serres-livres pour bras et des coussins, on me colle des autocollants ronds partout sur la poitrine et les côtes et en fait je n'arrête pas de parler, de dire "et vous, vous vous êtes déjà fait opérer ? Vous aviez eu peur ?" et l'anethésiste comme l'infirmière disent oui et non et je trouve qu'ils se la pêtent un peu. L'assistante du chirurgien débarque et me dit "ne vous en faites pas, vous allez entrendre des bruits, c'est juste que je prépare le matériel". Je demande pourquoi le bloc est en sous-sol, on me dit qu'il faudrait demander à l'architecte. Moi je trouve ça glauque. L'assistante du chirurgien dit "on n'a pas vraiment besoin de la lumière du jour pour notre travail". L'anesthésite me plante une perfusion dans la main, mais il le fait très bien car ça ne me fait pas mal. Je lui demande si je vais avoir l'impression de mourir quand il va me mettre le masque, il m'assure que non. Je leur demande de quoi ils vont parler pendant qu'ils vont m'opérer et ils me disent qu'en général ils parlent peu, ou alors de ce qu'ils sont en train de faire. Je demande à l'anesthésite de me pincer quand il pensera que je serai endormie, pour être sûr que c'est bien vrai, et il m'explique qu'il  a fait douze années d'études dont cinq de spécialité, et que donc il a d'autres techniques. J'ai peur de ne pas avoir mal mais de sentir qu'on me touche, comme quand le dentiste s'acharne sur votre dent, que vous ne sentez rien mais que ça vous fait bouger toute la tête. Mais on me dit que je serai parfaitement inconsciente.

Là, on me met un masque pour me rendre zen parce que je crois que je parle trop. Je demande si il y a d'autres opérations prévues après moi, ils me disent qu'ils en ont encore deux au programme, l'anesthésiste me dit que lui il va travailler toute la nuit. Je leur dis "bon, mais vous vous appliquez quand même, hein ? Vous prenez votre temps ?!". Là, le chirurgien débarque, on me dit qu'on ne peut pas me promettre que j'aurai encore ma trompe à mon réveil et qu'on est désolé, puis "on va vous endormir, pensez à quelque chose de positif", je sens un vent de panique monter en moi, on me dit "vous pensez à quelque chose de positif là ? vous pensez à quoi ?". Je m'entends dire "un barbecue" puis j'entends un éclat de rire général, quelqu'un qui dit "ah ouais, bonne idée un barbecue..." puis plus rien.

Une heure plus tard, on me réveille en me criant "Madame !" dans l'oreille, c'est trop dur d'émerger, j'ai mal, envie de pisser, je dis "ma trompe ??!!" et on me dit "c'est bon, vous avez toujours les deux, tout s'est bien passé". C'est l'horreur absolue, je redoutais l'endormissement et l'opération mais alors le réveil, je n'y aurais pas pensé, quelle angoisse ! En plus on me met un tuyau à oxygène dans le nez et ça me fait mal, et puis je suis reliée à des fils de partout et il y a un truc qui fait "tiiiip    tiiiiip" et ça me stresse à mort. J'ai la langue et les lèvres complètement désséchées, ils est 19h00 et ça fait presque 24h00 que je n'ai ni mangé ni bu. Il y a une grosse horloge pile en face de mon lit et comme on m'a dit qu'on me remonterait dans ma chambre à 20h00, je regarde les aiguilles tourner et le temps ne passe plus. Heureusement débarque un infirmier qui dit aux infirmières "bon, je peux ramener madame ? Il y a son compagnon qui tourne en rond en haut depuis une heure, ça me fait mal au coeur !". Les infirmières lui disent "mouais, seulement si elle n'a plus mal !" et me demandent "vous avez mal ?" et moi de dire comme je peux (langue et lèvres complètement désséchées) "non !... non, c'est bon !" alors qu'en fait si, j'avais mal.

Et voilà comment me revoilà dans ma chambre, J. souriant et l'infirmier aimable me proposant des cotons-tiges géants imbibés de jus de citron pour me désaltérer, même que ça marchait moyen. J. m'a lu les deux premiers chapitres des Deux gredins après que je lui ai donné des nouvelles de ma trompe (parce qu'on avait tous les deux les boules qu'on me l'enlève vu qu'on nous avait dit dix fois que selon l'emplacement de l'embryon et l'état de la trompe, il faudrait peut-être la retirer). Assez vite, j'étais trop nerveuse, j'avais envie de dormir, je lui ai demandé de partir. Je m'endormais et me réveillais toutes les heures, de 20h30 à 22h30. Je sentais une grande panique au bout de mes doigts, moi qui suis très très nerveuse, mes doigts ne me trompent pas, quand ça tremble, quand il y a là un surplus d'énergie, c'est très difficile à vivre. J'ai crû que je n'allais jamais passer la nuit tant j'étais dans le 36ème dessous, que j'avais cette folie dans les doigts, et puis j'étais obligée de rester sur le dos parce que j'étais reliée par la main gauche à ma perfusion, et par le ventre, à droite, à un drain énorme d'où s'écoulait du sang, du sang, du sang. Mais je commençais à avoir mal au dos, mal aux épaules, des courbatures comme si j'avais fait un déménagement. C'était invivable et il n'était pas tard alors j'avais toute la perspective de la nuit devant moi. J'ai pensé plusieurs fois que j'allais vraiment devenir folle. Heureusement a débarqué le chirurgien dans ma chambre aux alentours de 22h30, je ne l'attendais pas du tout mais que j'étais heu-reuse de le voir ! Il voulait juste me dire que l'opération s'était déroulée à merveille, que l'embryon était parti très facilement et que du coup tout avait pû être fait très proprement. Il me dit "tout va bien ?" et moi de lui répondre en chignant (c'est très infantilisant de se faire opérer à jeun à 18h00) "nooooonnn, je veux faire du spoooort". Oui, j'ai répondu ça, je sais c'est étonnant mais c'est clair que cette énergie insupportable des doigts, je voulais la dépenser. Il m'a dit, très étonné "ah ? mais malheureusement c'est parfaitement impossible là !" alors je lui ai expliqué ma nervosité et du coup il m'a dit qu'il allait m'envoyer une infirmière accompagnée d'un calmant, que j'avais probablement fait de l'hyperventilation vu comment j'avais été nerveuse avant l'opération. Et il m'a dit que j'avais le droit de boire.

Là, l'infirmière s'est raboulée avec une bouteille d'eau (une petite mais quand même) et un Xanax que j'ai pris et qui m'a soulagée, mais soulagée ! Parce que je commençais à battre des pieds au fond de mon lit. Et je me suis endormie comme un bébé. Je me suis réveillée quelques heures plus tard, j'ai longuement regardé les petites lumières de l'autre partie de l'hôpital, que je voyais depuis mon lit. J'avais "69 année érotique" dans la tête et à ce moment-là, je me suis sentie super bien, j'ai même fait durer ce moment en ne me rendormant pas tout de suite.

Voilà. Après, il y a eu le drain qu'on a  dû me retirer, les pansements qu'on m'a changé, d'autres prises de sang, les salsifis sans sauce du déjeuner, les rendez-vous notés sur une ordonnance pour les semaines et les mois à venir. Il y a eu la kiné qui m'a appris à me lever et à me coucher sans utiliser mes abdos, ma voisine de chambre qui se faisait opérer dans six heures mais qui s'est mise en chemise de nuit dans son lit, l'émission de télé qu'elle regardait, avec casque, mais sous-titrée, qui faisait que je pouvais suivre en même temps qu'elle alors que je n'avais pas payé pour le service télé. Il y a eu deux livres lus et du mal au dos dû à l'air qu'on avait mis dans mon ventre pour l'opération, pour la caméra passée dans mon nombril pour opérer par seulement trois petits trous dans le bas-ventre. Et puis à 14h00, on m'avait toute débranchée, on m'a dit que je pouvais partir, j'avais l'impression d'avoir fait un semi-marathon la veille. J. est venu me chercher et a noué mes lacets parce que je ne pouvais pas me plier en deux.

Ensuite il y a eu le cafard immense sur le chemin de la maison, le temps au crachin, le pas envie de venir de vivre ça et que ce soit fini, inexorable. Le sentiment de quitter ma maison en quittant l'hôpital, le pas envie d'en partir, l'impression que j'y étais depuis trois semaines, le dégoût de penser qu'on va retrouver sa vie et qu'il va falloir la vivre. Beaucoup de colère et de tristesse et de désespoir.

Et puis pendant tout ce temps, il y a eu des sms de mes amies dans la confidence, un énorme bouquet de fleurs, les versions Fémina abandonnés chez nous par la maman de J. précisément épluchés, le mal-être assise, couchée, debout, l'impression d'être grippée, les mauvaises nuits, des cauchemars aussi, avec des bébés qui meurent et mes cheveux qui tombent, il y a eu beaucoup de racontage à tout le monde, il y a eu des gens compatissants, d'autres qui m'ont dit "c'est rien" à qui j'ai eu envie de casser la gueule, des qui m'ont dit "ah oui, j'ai une copine qui a fait une GEU, après elle en a refait quatre !".

Il y a eu un rebondissement avec mon taux d'hormones qui avait grimpé en flèche au lieu de redescendre, trois jours plus tard, et la perspective exposée par le chirurgien qui était sûr de n'avoir pas laissé le moindre morceau de placenta dans ma trompe, que j'étais peut-être encore enceinte, dans l'utérus cette fois, que ça arrivait. Il y a eu un espoir de folie, de la joie retrouvée, de nouvelles prises de sang et échographies faites, mais rien, rien à voir que mon taux d'hormones augmantant comme un taré. Alors le chirurgien, désolé et déçu, m'expliquant que pour lui c'était un échec de devoir me faire ça, m'a prescris une piqûre à planter dans ma fesse pour empoisonner toutes les cellules qui pouvaient éventuellement rester dans ma trompe, les détruire et qu'elles ne me détruisent pas.

Il y a maintenant la pilule que je dois prendre, les fils que je fais retirer demain, la prise de sang de lundi à venir, la fin.
J'ai retrouvé hier mes collègues et ça m'a fait énormément de bien même si j'ai pleuré en les retrouvant. Alors ils m'ont proposé des Ferrero Rochers, une chaise, fermer la porte pour pas que j'aie froid.

Il reste la nausée, le mal d'épaules, l'envie de me gratter le ventre, mes cernes, ma voix toute petite, par moments. La peur des prochaines grossesses, de la récidive, des prises de sang que je devrais faire toutes les 48h00 jusqu'à ce qu'on voie quelque chose dans mon utérus.

J'ai l'impression de me réveiller d'un très mauvais rêve, je n'ai pas envie qu'on me dise que la vie continue, je le sais, mais j'ai perdu là beaucoup d'énergie, beaucoup d'énergie que m'apportait ce projet repoussé.

24 juin 2009

Pour le moment, l'été est assez chaud et beau, ça va.

Au mois d'avril, Couacman et moi farfouillions (il est bien conjugué ce verbe ?) dans le grenier de ses parents qui se trouve être un vrai grenier plein de foutoir et d'araignées noires (un très bel endroit), et j'étais tombée sur un tee-shirt Petit Bateau des années 70/80, d'un bleu magnifique, à ma taille, et avec du coup une belle étiquette avec l'ancien logo de la marque et le nom Troyes écrit en grosses lettres. La Maman de Couacman m'avait dit "Oooh, ça, c'est mon tee-shirt de peinture, vous pouvez le prendre !". Depuis, c'est mon tee-shirt préféré. Je lui ai dit et elle m'a répondu que si elle en trouvait d'autres au Secours Catholique (où elle est bénévole), elle me les prendrait ! :-)

L'autre jour, dans la rue, j'ai croisé une bande de mecs de 25/30 ans je dirais. L'un deux, en me croisant, m'a dit "T'as la même tête que ma feeeeeesse gaaaaaauuuuuche.". Ca m'a beaucoup marquée.

Je ne suis toujours pas officiellement embauchée pour le boulot incroyable mais comme on m'a fait un planning pour tout le mois de juin, je me dis que c'est bon signe alors j'accepte de vous en dire plus : je travaille dans ma librairie préférée (bravo Mariaba et Milky !) !!! Je suis à la caisse et je vois défiler tout un tas de gens et tout un tas de livres. Il y a des gens qui achètent des livres qui ont l'air trop bien, je suis jalouse. Aujourd'hui, je n'ai pas fait une seule erreur alors je suis rassurée parce qu'hier, j'en ai fait deux (dont une gravos) et en moins de cinq minutes, encore. En fait, je pense que j'étais secouée par la première erreur, ce qui a permis à la deuxième d'arriver.

Je suis redescendue à 66kg (alors que depuis quatre années, j'oscillais entre 70 et 68). Je n'ai jamais pesé moins lourd que Couacman (mais j'ai souvent pesé exactement le même poids que lui, alors qu'il mesure 14,5 cm de plus que moi).

Je n'ai toujours pas pû faire avancer mes histoires de passeport (effectivement plus rapide à obtenir qu'une carte d'identité, merci Anaïs !), car j'attends mon acte de naissance.

Je me demande pourquoi il faut faire refaire sa carte d'identité. Changer la photo, ok, mettre à jour l'adresse, ouais, mais tout refaire en partant de zéro, pourquoi ? Au cas où je ne serais plus Couacbeth Corcouac (hé hé...) ?

Notre plant de tomates pousse à vue d'oeil, c'est incroyable. Il fait même des fleurs !

Aujourd'hui, en revenant du boulot, une dame m'a demandé son chemin. Comme c'était le même que le mien, nous l'avons fait ensemble et elle m'a raconté sa vie. Elle avait été en réunion toute la journée alors là, il fallait qu'elle se promène avant de rentrer, sous peine de pleurer. Elle m'a dit que j'avais un accent français. On n'arrête pas de me dire ça. Flûte alors ! Je voudrais avoir l'air d'une vraie belge. Le voisin du dessus m'avait même dit, au début "Ouh la la, parlez plus lentement, parce que vous avez un tel accent français que j'ai du mal à vous comprendre !". Carrément quoi ! Bon, il est flamand, quand même, alors c'est peut-être pour ça ?

Dimanche soir, nous sommes allés fêter la musique et j'ai regretté d'avoir mis mes sandalettes parce que j'étais obnubilée par l'inquiétude qu'on m'écrabouille les orteils mais en fait ça a été, 'faut dire que j'ai bien fait gaffe.

Aujourd'hui, à la librairie, une femme cherchait son mari qu'elle avait perdu, elle pensait qu'on l'avait peut-être repéré car il portait une chemise en vichy rose. Mais non. L'histoire ne dit pas si elle l'a retrouvé.

Je trouve que le vin rouge, c'est vraiment très bon !

Cette semaine, j'ai vu Thomas du bus, mon pote depuis le lycée, et c'était super. Nous avons ri, mais ri ! Nous nous sommes rencontrés au lycée. Nous n'étions pas dans le même établissement mais nous prenions le bus ensemble (ses parents habitent dans une rue parallèle à celle des miens (de parents)). Puis je suis partie à Rennes où il est venu aussi ensuite. Nous avons de grands souvenirs bretons en commun. Puis il est parti à Bruxelles et moi au Havre. Et puis je l'ai rejoint. Et voilà, et on se voit peu et c'est bête. Nous avons bu des Westmalle Triples (une chacun), comme des hommes.

Je devrais aller étendre mon linge, là.

Nous n'arrêtons pas de croiser Arno alors je ne vous le dis plus parce que ce n'est plus drôle.

L'animalerie de la rue de Flandre a déménagé (comment ai-je pû omettre de vous dire ça ?). Il reste, rue de Flandre, entre autres : le Louvre, magasin de robes de mariées. La boulangerie où il y a les portraits du roi et de la reine. Le magasin qui répare des vélos avec écrit sur un mur "ne pas pisser, mur éléctrifié". Le lavomatique qui avait sa vitrine pêtée de manière très belle mais maintenant, la vitre a été changée. Le terrain vague.

A la librairie, je préfère les gens qui payent en liquide plutôt qu'en carte.

Nous allons peut-être composter nos déchets verts, à un endroit où on peut composter ensemble, citadins avec citadins.

En ce moment, je lis les livres de Madeleine Bourdouxhe, c'est bien.

La semaine dernière, les parents de Couacman nous ont rendu visite. Ils nous ont apporté des salades de leur jardin, pleines de limaces qui nageaient au fond de l'évier. Avec leur voiture, ils nous ont promené dans les Ardennes belges, c'était absolument splendide, vert, tout ce qu'on veut. Nous sommes allés à Dinant, wahou ! C'était vraiment trop beau, tiens. Le midi, nous avons pique-niqué sur un rondin, de chips, de taboulé et de cerises. Tout les trois, ils ont bu du café qu'ils avaient pris soin de mettre le matin même dans un thermos.

Le ciel est rose, Barbie l'a corrompu.

Et vous, vous allez lire quoi ce soir, au lit ?

9 mai 2023

Le mardi après-midi, si Brune s'endort pour une

Le mardi après-midi, si Brune s'endort pour une sieste, c'est banco. J est installé devant son ordinateur, il télétravaille. Moi je sors de la chambre sur la pointe des pieds (mais en vrai j'ai envie de faire un saut de biche de joie devant les deux ou trois heures qui s'offrent à moi (même si je sais qu'on payera le prix de la sieste de l'après-midi le soir-même, à 22h00, quand elle sera toujours incouchable)), je file me préparer un café (je me suis mise au café l'été dernier au camping). Ca met un temps pas possible mais les glurglurgs de la machine m'apaisent, c'est mon temps calme d'adulte. Après, je coupe deux bouts de gâteau et je rejoins J au salon. Je lui en donne un morceau, je m'installe à mon bureau qui est à côté du sien, puis je me mets à travailler à côté de lui, tout en parlant beaucoup trop mais il est gentil, il dit que ça ne le dérange pas. Et même, il répond, et souvent, on rigole. Des fois, il reçoit des coups de fil et j'essaye d'imaginer ce que la personne au bout du fil peut imaginer de J. : au bureau, avec une plante verte à côté de lui, en open space ? Et bien non, chez lui, au milieu des Playmobils, avec une part de cake et ses chaussons aux pieds. On est super bien, installés l'un à côté de l'autre pour bosser, genre collègues qui n'en sont pas.

30 avril 2023

Il y a un festival en ce moment à Saint-Étienne,

Il y a un festival en ce moment à Saint-Étienne, le genre d'ambiance super, avec un grand chapiteau de cirque bleu roi à deux bosses, avec plein de petites lumières, guirlandes, et caravanes décorées. On y est allés cet après-midi, voir un spectacle pour enfants et adultes en plein air (à deux pas du chapiteau), c'était hilarant, et comme à chaque fois que je vois un spectacle de rue, je me suis demandé ce qui rendait plus heureux dans la vie que la littérature jeunesse et les specatcles de rue ? Rien, si ? Et bien peut-être le super concert qu'on a vu ce soir sous le chapiteau, c'était beau et créatif, très coloré. On y est allés tous les quatre, et les enfants étaient tout calmes de contentement, silencieux mais sourires jusqu'aux oreilles, d'être dehors après le dîner, au milieu de la foule jeune et rigolante, sous la lune. Ca m'a fait du bien de sentir les odeurs mélangées de la clope et de la bière, comme un petit saut dans le passé, et d'être au milieu de tous ces gens.  Brune a bien observé autour d'elle, et nous a donc demandé un gobelet (ouf, on en avait) avec de l'eau dedans (ouf, on en avait), et elle ne l'a pas bu mais était toute fière avec son gobelet à la main, comme les gens autour de nous. Elle a voulu le tenir tout le retour, jusqu'à la maison.
Pourquoi ce n'est pas seulement ça, la vie, organiser des fêtes, mettre des guirlandes, admirer la créativité des autres, rire et peut-être parfois travailler, comme chez les Schtroumpfs.

28 avril 2023

Aujourd'hui, quand j'ai accompagné Joachim à

Aujourd'hui, quand j'ai accompagné Joachim à l'école, j'ai eu si chaud ! Brune n'avait pas voulu mettre son imper, et elle avait raison. On est allées au marché et sur le retour, elle a voulu que je la porte, en plus des bettes, du potimarron, des choux-fleurs (j'en ai pris deux, ils m'inspiraient)... Je suis revenue à la maison en nage, et là j'ai eu une idée de génie : mettre une jupe d'été avec un legging en-dessous. J'ai pris la grave décision de retirer mes chaussettes et de remettre mes pieds nus directement dans mes baskets, et ça, c'est un signe puissant de bonheur, car j'adore être pieds nus dans mes chaussures et je suis très malheureuse en octobre quand il me faut me bâillonner les orteils dans des chaussettes. Tout ça était délicieux et m'a procuré une envie de danser qui a duré de 9h15 à 18h30 !

25 mai 2020

Hier soir, pris d'une inspiration soudaine, nous

Hier soir, pris d'une inspiration soudaine, nous avons proposé à J. de dormir sur un petit matelas par terre dans notre chambre, loin des travaux de la gare sous la fenêtre de la sienne. Loin de sa fenêtre sans volet qui lui permet de regarder le ciel et ses belles couleurs pendant des heures et des heures le soir au lieu de dormir. Loin du lever de soleil magnifique trop tôt le matin.
Il a été ravi de la proposition, alors on lui a installé un nid douillet dans lequel je me serais bien assoupie personnellement (où ça je ne pense qu'à dormir ?). On lui a mis France Musique tout bas et il s'est endormi en moins de deux. Ce matin, 6h15, il se réveille en fanfare, le jour perce à travers les petits trous du volet roulant, il s'exclame, il est ravi, c'est le matin, ah la belle nouvelle journée ! Dans ma petite tête, je me dis non non non, pas déjà, pas déjà. Miracle, je l'entends s'arrêter devant la radio et je l'entends réfléchir en silence devant l'heure affichée. Et je l'entends ensuite aller au salon. J'entends qu'il hésite au salon aussi, je le sens revenir devant la radio et son heure, je sens que ça mouline dans son cerveau de lardon fumé, et pouf, il retourne se coucher ! Vraiment ? Incroyable ! Il a ainsi dormi jusqu'à 9h55. Ce qui m'a valu une séance de gym seule et peinarde, une douche réveillante en solitaire, une vaisselle faite avant le p'tit dej'. La bonne humeur. Heureusement parce qu'à part ça, ma journée n'a été que perturbation, je ne sais pas ce que je cherchais mais je ne trouvais rien, j'hésitais moi aussi, rien n'a réussi à me motiver, à me secouer. J. avait rendez-vous chez la dentiste ce soir à Lyon et je sens que j'ai tellement bien intégré ce rythme de vie avec lui que dès qu'il s'éclipse, je suis complètement larguée, ça fait peur. Il va falloir que je me fasse un peu violence à la sortie, pour retrouver mon indépendance. Je suis une fille qui aime vivre des imprévus et des aventures mais qui s'endort très bien dans le confort, qui s'oublie à la routine, qui ronronne dans le connu. Un bon coup de pied aux fesses il va me falloir.

Ca sentait bon, toute la journée, une odeur fleurie, sans que j'arrive à savoir d'où ça émanait. Et en fait, c'était J. qui avait renversé le flacon d'huile solaire offerte l'été dernier par des gens dans un refuge, sur son pantalon. A l'heure où j'écris, il passe derrière moi et à chaque fois, cet effluve délicieux. Certes il a une grosse tâche foncée sur la cuisse, mais il sent le printemps à plein nez.

3 mai 2020

C'est déjà le moment où les semis sont

C'est déjà le moment où les semis sont suffisamment costauds pour que J. leur fasse passer la nuit sur le froid du palier pour les habituer (pauv'bêtes).
C'est déjà 5 jours avant le 7ème mois. Je fais des listes mentales de tout ce que nous ne préparons pas pour l'arrivée de ce bébé. Nous voulions proposer à J. de choisir un body et un doudou dans des magasins lyonnais mais ça a été repoussé. Toutes les fringues taille naissance, 1 mois, 3 mois, sont en Normandie, ainsi que le couffin. Le biberon n'a pas de tétine, le coussin d'allaitemment est plat et archi-plat, le porte-bébé n'a pas d'adaptateur pour nourrisson, nous n'avons pas d'écharpe de portage, je n'ai pas de soutien-gorge d'allaitement. Nous n'avons pas mis à jour notre stock (très très élimé) de couches lavables, nous n'avons pas de couches jetables taille naissance, nous avons 6 lingettes lavables pour nettoyer les fesses des bébés. Il va être temps de faire sa place à cette enfant, et de réaliser qu'on sera une de plus dans pas si longtemps.

Pour les 6 ans de J., nous lui avons offert un lecteur-cd, que nous avons installé dans sa chambre. Mais un jour, grosses larmes entendues de loin. Nous accourons, et nous le trouvons assis par terre à côté du poste, le mode d'emploi à la main, nous expliquant entre deux sanglots qu'il vient de lire qu'il y a un rayon laser là-dedans, que c'est trop dangereux et qu'il est absolument hors de question qu'il garde un tel objet dans sa chambre. Impossible de le raisonner. Ok, nous installons le poste dans la cuisine (bon, je vous passe la période où du coup il ne voulait plus entrer dans la cuisine...), c'est cool, on peut écouter de la musique en cuisinant... Mais du coup, c'est comme si J. n'avait pas eu de cadeau d'anniv', on voudrait réparer ça mais là encore c'est en attente.

Notre levain a fini ses jours dans notre poubelle, suite à une erreur triste : nous conservons ce que nous éliminons lors des rafraîchis au frigo, dans un pot en verre. Mais hier, nous nous sommes trompés, nous avons mis ce surplus dans le pot contenant la crème de thon, et nous avons mélangé le levain-chef avec la cuillère thon-yaourt... On recommence tout demain. On a le temps.

28 avril 2020

La tarte à la rhubarbe était tellement bonne !

La tarte à la rhubarbe était tellement bonne ! Tiède, en plus.
J'ai dit "bon, J., c'est décidé, on ouvre une pâtisserie !".
Bien sûr, J. s'est exclamé "oh ouiiii !!!".
Alors j'ai précisé "à New-York".
J. m'a répondu "bien sûr, donc il faut juste qu'on s'inscrive à un cours de pâtisserie, et qu'on perfectionne notre anglais".
Alors je lui ai dit que nous ne parlerions que français, et un anglais mal parlé avec accent français et que c'est ça qui allait être chic, et est-ce-qu'on n'était pas contents, nous, au resto italien, que le chef soit un italien qui ne parle qu'italien ?
J. a demandé avec émotion "comment on va l'appeler notre pâtisserie ?".
J'ai proposé "la pâtisserie française".
J. a dit "non, les p'tits pâtissiers de France" et il est immédiatement sorti de table pour aller créer le logo dans sa chambre.
J'ai expliqué à J. que tout serait doré et blanc dans notre boutique, et que nous aurions un coin salon de thé. Que les vitrines donnant sur la rue seraient arrondies en haut. Que tous les gâteaux seraient posés sur des présentoirs à pied en verre. Que notre boutique allait ouvrir à New-York mais que vu le luxe, on aurait pu choisir Cannes ou Nice. Que ce serait lumineux et fréquenté par les vieilles dames.
J. est sorti de sa chambre pour nous dire qu'on ouvrirait de 9h00 à midi et de 13h00 à 17h00 alors nous on lui a dit que 17h00, c'était un peu tôt, pensons aux gens qui sont invités à dîner chez des amis et qui veulent apporter un beau dessert, acheté en sortant du boulot.
J. a dit "ce qui est bien, c'est que c'est pas cher, New-York, niveau loyer".
J. a dit "on aura une carte avec plusieurs catégories".
J. a dit "on devrait bosser comme des fous".
Alors je lui ai répondu "ouais mais on serait tout le temps ensemble donc on rigolerait bien, ce serait trop coucoule, et au moins si on était stressés, on saurait pourquoi".
Et J. a dit "ouais !" et s'est mis à détailler la carte des boissons chaudes en faisant de grands ronds dans le salon, hyper concentré, pour ne rien oublier.
J. a dit "il faudrait qu'on ouvre le samedi et dimanche matin, pour les croissants".
Alors moi j'ai dit "ah non, pas de croissants dans ma pâtisserie !" (mon rêve de chic se cassait la figure avec à la place une vision de boulangerie Banette).
J. a dit "ah bon, pas de croissants ?".
J. a dit "et on fera une quiche au chocolat !".
Alors j'ai dit "beunjouw, je voudwais oune quiche ow chocolat s'eul vous play".
Et J. a dit "ouais, si on met des pépites à le place des lardons, y a moyen".
Et J. a dit "on vendra aussi des éclairs, des petits fours et une tarte au citron meringuée".
Alors J. et moi nous sommes exclamés que "ah oui, carrément, une tarte au citron meringuée !", et J. a été ravi.
Alors je lui ai dit qu'on n'allait peut-être pas vraiment ouvrir une pâtisserie à new-York.
Et J. lui a dit que par contre, lui pourrait tout à fait réaliser ce rêve un jour si ça lui chantait.
Alors j'ai dit qu'il pourrait y avoir des serviettes en tissu brodées avec son logo qu'il tenait à la main.
Et il a dit "ah oui ! Et des fleurs brodées, aussi ! Je vais les dessiner !".
Et pendant ce temps, nous, on est allés s'allonger pour un temps calme, et j'ai demandé à J. "ça ne te dirait pas, quand même ?" et on aurait dit que vraiment, ça le branchait assez moyen.

13 avril 2020

confinement savant

Youhou, le confinement m'a appris un truc sur moi !
Les années où je suis sage, je m'inscris à une activité sportive (ok, ça ne m'est quasi jamais arrivé, genre trois fois en 18 ans...), dans un club, avec un prof, un rendez-vous hebdomadaire et tout. Qu'est-ce-que ça me fatigue d'y aller... Cette année je me suis inscrite à un cours de yoga tous les jeudis soirs (très bien, le cours !). J'y vais, hein, mais alors qu'est-ce-que ça me coûte... Je me sens contrainte toute la journée du jeudi... Je n'arrête pas de me dire "oh puis zut, ce soir je dois aller au yoga". Bref, dommage, quoi. Alors même qu'en 2018 (? je ne sais plus), j'ai pratiqué le yoga quotidiennement, seule, pendant plus de six mois il me semble, à raison de minimum trente minutes par jour... Je m'aidais de vidéos sur internet... C'était devenu un rendez-vous que j'aimais. Surtout à partir du moment où j'ai commencé à voir que je progressais clairement... J'ai arrêté en 2019 quand je suis tombée enceinte d'Amandine, ne sachant pas trop ce qu'il était recommandé ou pas de faire quand on était enceinte (et je trouve en général le yoga pour femmes enceintes un peu trop ramolli du genou).
Bon, là, je me suis mise à la gym, un peu obligée (enfin, non, pas obligée mais obligée quand même, par moi, bouh !). Et incroyable mais vrai, je suis un peu en train de commencer à aimer ça aussi ! Il y a un vrai plaisir à sentir ses muscles chauffer, ça détend, c'est dingue ! Ensuite, dès le matin, au saut du lit, hop c'est fait, ça me va très bien... Mais surtout, ce matin, les fenêtres étaient ouvertes, il faisait un peu frais, j'ai fait ma gym pendant que mes J. préparaient des scones, ensuite je suis direct allée prendre une douche, en sortant, j'ai sauté dans mon short et mon beau tee-shirt et là, je me suis rendu compte à quel point je me sentais éveillée, vivante, j'avais envie de danser, je sentais bien tous mes muscles, j'étais pleine d'énergie. Ca m'a donné envie de tenir un bar sur la plage à Saint-Tropez comme Jess', et d'y être dès l'aube, en habits d'été même si ça fait un peu froid, et de faire des footings sur la plage (dans le sable ! Carrément !), et que mon corps puisse m'emporter partout sans difficultés ou fatigues. Je commence même à me demander si depuis qu'on est confinés, les jours un peu moins chouettes ne seraient pas ceux où je n'ai pas eu le temps (ou le courage) de faire du sport le matin. A creuser.

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