Canalblog Tous les blogs
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
couac
Publicité
Newsletter
Publicité
Publicité
Archives
couac
Publicité
19 janvier 2016

Bonheur du jour 6.

Aujourd'hui, c'était plutôt éprouvant. J'ai passé une partie de ma journée à courir après un rappel de vaccin introuvable, tous mes interlocuteurs me répètent l'importance de vacciner mais personne ne veut m'aider... J'ai fait le tour de trois pharmacies, téléphoné à la PMI d'A., à celle de Lyon, au centre de vaccination de Lyon, j'en ai discuté avec un médecin, j'ai même rappelé notre généraliste belge, tout le monde se renvoie la balle, on est même prêts à lui faire faire un autre vaccin équivalent avec plus de maladies comprises dedans (qu'on en finisse) mais même ça, personne ne veut le faire. Au départ, je me disais que je vivais tout ça trop personnellement, j'ai décidé de faire appel aux pros et de les laisser choisir en toute confiance sauf que personne ne veut rien faire ! Ne veut rien dire ! J'hallucine complètement et je ne sais plus trop vers qui me tourner... Même à la PMI, la nana m'a dit que si je n'étais pas cliente chez eux ils ne voulaient rien faire pour moi, je lui explique que je viens d'emménager et elle me dit "oui bah vous allez attendre alors, hein !" (sur un ton du genre "on est déjà assez généreux d'accepter de vous rencontrer"). Le premier rendez-vous libre était le 29 février... Sauf que ce rappel aurait dû être fait en octobre, que notre pédiatre bruxelloise nous avait dit d'attendre la fin de l'année parce que le fabricant du vaccin s'était engagé à avoir refabriqué un stock avant la fin de l'année... Sauf que non, du coup on a perdu du temps. Bref bref bref...
Heureusement, il y a eu des lucioles sur le chemin, deux colis reçus (un livre magnifique et des chocolats du Chat Bleu), un voyage réussi à la bibliothèque avec mon cher Petit J., une soupe brocolis/bleu d'Auvergne, un dessin fini et qui me contente complètement (c'est devenu rare donc complètement délicieux à prendre !).
Allez, vivement demain (que je rappelle la PMI hu hu).

Publicité
18 janvier 2016

Bonheur du jour 5

Aujourd'hui c'est deux en un. C'est le moment où je suis debout à mon bureau et où je réussis super bien mon dessin, et où je trouve quoi dessiner là où des blancs subsistaient dans ma tête, associé à l'émission de radio. La dame dit que souvent, on ne se lance pas parce qu'on est cervellement convaincu qu'on fera les choses le lendemain, ou bien parce qu'on se dit que quitte à changer des choses il faudrait tout changer donc autant ne pas commencer. Et là, elle dit quelque chose comme"alors ce qu'il faut..." (elle réfléchit et moi je fais de la télépathie avec la présentatrice "ne la coupe pas ne la coupe pas !" et elle ne la coupe pas), alors cette dame ajoute "Ce qu'il faut, c'est appréhender de l'inédit, que le réel propose constamment finalement". Et là j'ai mon ordonnance et mon bonheur du jour.

17 janvier 2016

Bonheur du jour 4

Le moment où on décide de sortir se balader sans grande conviction mais on se dit que pour notre moral on doit - sauf qu'on ne sait pas où aller. On s'habille chaudement, on sort, on met la poubelle à la poubelle en faisant tout le tour du pâté de maison parce qu'on a oublié le bip du portail de derrière. Après ça, on ne sait toujours pas où on va aller. Il fait glacial, gris, il y a de la boue partout (mais ce coup-là on a mis nos chaussures de rando). Le moral est borderline entre "moui" et "tout pourri". On décide de partir vers la tour de Saint-Denis, et puis devant Pôle Emploi, J. me demande "et si on partait dans l'autre sens ?" et je lui dis "ah ouais, je n'ai pas du tout envie de prendre cette rue-là" "ben moi non plus". Cool. On repart en marche arrière. On repasse une troisième fois devant le même groupe de mecs devant qui on est passés avec notre poubelle, puis sans poubelle mais direction Saint-Denis, puis sans poubelle mais direction le centre. Je propose de longer les rails. Tout le monde est d'accord, on prend un chemin que j'ai pris une fois avec Joachim mais que J., jamais. On entre dans une impasse, on se retrouve bloqués par des rails, un train nous passe sous le nez, on fait coucou, personne ne nous répond. On marche sur des petits chemins, on prend cette route qu'on sait pas où elle mène, elle mène à des wagons abandonnés et à des maisons super belles mais aux volets arrachés. Il y a une ambiance de port industriel à l'abandon et j'adore ça. On discute, on regarde, on se dit que finalement on est hyper bien, voire carrément de bonne humeur et excités.

17 janvier 2016

Bonheur du jour écrit le lendemain - jour 3

Hier, il neigeait, vous allez me dire "formidable !" et bien non, pas formidable du tout, il neigeait et il faisait gris, le sol était tout bouillasseux, gelé sur les trottoirs, bref, ça dérapait, c'était moche, l'angoisse. On avait rendez-vous à 10h30 à la médiathèque pour une lecture spéciale très jeunes enfants, et il ne fallait surtout pas louper le début parce qu'on commence toujours par une chanson que Joachim adore. Ca dit quelque chose comme "sardine et crocodi et crocoda verra, et ratchitchi et ratchatcha, sardine et crocodi et crocoda verra, ça ne sera pas moi le chat cha cha - miiiiiaaaaaaoooouuuu". Ce sont les deux conteuses qui chantent et à la fin, tout le monde fait "miaou" en même temps, et ça met les enfants en joie. Joachim nous demande régulièrement de lui chanter ce petit machin... Et donc, là, la veille, quand on lui a dit que le lendemain on avait lecture, il était très en joie à l'idée de cette chansonnette.
Sauf qu'on est pas partis assez en avance de chez nous, et comme c'était tout verglassé, on est arrivés en retard...

Et le bonheur du jour, c'était quand, une fois sur place avec dix/quinze minutes de retard, on a  vu que tout le monde était en retard et que ça n'avait pas commencé. Et après, pendant les 25/30 minutes de lecture, assise par terre au milieu de ces autres parents et autres jeunes enfants, j'ai croisé les doigts pour que ça ne se termine pas trop vite parce qu'on était bien.

16 janvier 2016

bonheur du jour d'hier - jour 2, donc

Le bonheur du jour d'hier qui était une journée assez merdique, c'était le gâteau de carotte. Ca fait cinq jours que j'ai décidé de cuisiner et ça me plaît, et surtout, ce qui me plaît, c'est de voir Joachim dévorer ce que je prépare et en re-demander, et aussi la surprise de J. quand il rentre et qu'il y a un gâteau fumant juste là. C'est moins light qu'avant où j'étais spécialiste du potimarron-vapeur (délicieux ceci-dit !) et des carottes à l'eau (pas mal non plus finalement...), mais c'est hyper gratifiant. Cette semaine, j'ai préparé un gratin potimarron-blé, des brownies, une purée de carottes, une galette au fromage et un gâteau de carotte.
Le gâteau de carotte, c'était hier. Je me suis lancée sans conviction, pas pessimiste mais sans aucun espoir de résultat tout en étant très motivée. Le plus compliqué a été de gérer Joachim qui voulait manger les carottes au fur et à mesure que je les râpais. Bon, et puis tout à coup, dans la recette, on me dit d'ajouter à mes carottes râpées les noisettes en poudre grillées (remplacées par des amandes parce que je n'avais pas de noisettes) et les amandes en poudre pas grillées. On me dit de rajouter les oeufs battus en omelette, la cassonnade, la farine, la cannelle, la pincée de sel. Et tout à coup, l'appareil (oui du coup je parle comme une pro) prend une teinte très "gâteau de carotte", et une odeur très gâteaudecarottée aussi. Et là, je n'en reviens pas, je goûte, Joachim goûte, c'est hyper bon je trouve, Joachim trouve aussi, je suis aux anges.

Publicité
14 janvier 2016

Bonheurs, jour 1

Aujourd'hui, je décide finalement de réécrire un peu ici, après avoir presque fermé ce blog (j'ai cru que c'était fini mais je réessaye). Je lis depuis le début de l'année les billets de bonheur de ma chère amie Milky, et comme j'ai bien retenu la leçon lue dans un petit cadre bleu ciel dans les toilettes de ma Mémé (quelque chose comme "un chagrin partagé est un demi chagrin ; une joie partagée est une double joie") et que je constate qu'elle dit vrai (les billets de Milky me fichant carrément la patate), je décide moi aussi de raconter ce qui va. Je te remercie Gilda de m'avoir suggéré de jouer le jeu, aussi, et de m'avoir encouragée sans le savoir, vu que l'idée me trottait dans la tête, et que tu as achevé de me convaincre en m'écrivant de me lancer.

Il se trouve que j'ai été déçue par 2015 - il y a un an et un jour, j'étais licenciée, j'étais sûre qu'il allait se passer 1000 choses durant les 353 jours restant de l'année, et puis finalement, bof... Bon, ok, j'ai déménagé, j'ai fait un bilan de compétences, j'ai décidé de tenter l'illu pour de bon... Mais je ne sais pas... peut-être que je ne me suis pas assez fait peur... (même si quand vous apprenez que vous allez déménager de Bruxelles à A., croyez-moi, vous flippez quand même bien).

Bref, 2015, bof. Mais 2016, je sais pas, ça m'excite (d'ailleurs j'ose à peine le dire de peur de conjurer le sort).
L'année commence bien, je note mentalement des choses positives tous les soirs : un tri de fond qui décoiffe (méthode KonMarie pas lue, mais articles à son propos, oui, alors nous aussi on se demande si les objets nous mettent en joie et franchement, je crois que lorsqu'ils sortent des cartons c'est encore plus facile : le nombre de trucs que je sors de leur boîte en me disant "merde, où est-ce-que je vais mettre ce truc ?!", et bien la réponse : au secours catholique, au bout de la rue, pan dans les dents ! Je me sépare même de mon sac de piscine Boule & Bill du CP !), une inscription à la crèche qui avance, la décision prise de cuisiner (je me suis dit "j'adore les livres de cuisine, comment ça se fait que je n'aime pas cuisiner ?" et en fait, je me suis rendu compte que ce n'était pas que je n'aimais pas cuisiner, c'était que ça m'angoissait - et comme je sais maintenant que les angoisses, ça se dépasse ou ça persiste, et bien j'ai décidé de me faire violence...), de la musique chouette, des tas de projets qui me mettent en joie... 2016, ça va le faire, en fait il le FAUT.

Bon, et puis j'ai décidé d'accrocher toutes les cartes postales que je reçois dans mes toilettes, du coup je suis contente à chaque fois que je vais faire pipi.

Mon petit bonheur du jour, c'était dans le bus cet après-midi, on se rendait chez une copine (je me suis fait une copine à A. !). Bon, déjà, j'adore prendre le bus ici, toutes les lignes passent en bas de chez moi (ok, il y en a 3 et j'habite à la gare), il doit y avoir 8 chauffeurs donc tout le monde les connaît et ils connaissent tout le monde (même moi ! Joie et bonheur !), et donc on leur dit bonjour ET au revoir quand on descend, voire "merci, bonne journée !", et ils répondent, et ils semblent heureux, ce sont un peu nos parents à tous, des fois ils parlent à la cantonnade "je ne m'arrête pas à Sarrail, personne ne va à Sarrail ? Vous, madame, non ? Non, bon. Personne, hein, je démarre, c'est bon ?!". J'adore l'ambiance.
Cet aprem', j'étais dans le bus avec ma poussette, Joachim a voulu s'asseoir sur un vrai siège, ok baby, je bloque les roues de la poussette avec les freins, sauf qu'au premier coup de frein du bus, la poussette se fait la malle et traverse tout le bus, en plus je ne m'en rends même pas compte, c'est une petite vieille dame qui me tient au courant. Je lui colle Joachim dans les bras (RA-VIE la dame !) et cours chercher ma poussette. Je la re-cale, la re-coince, mais deuxième coup de frein, pof, elle repart (mes sacs tombent par terre, les fleurs que j'apportais à ma copine se retrouvent écrasées en-desous, c'est n'importe-quoi), je redonne Joachim à la dame et tout et tout. Après, Joachim dit "bras d'la dame !" et la dame est encore plus contente. Mais au troisième coup de frein, malgré mes précautions, la poussette se refait la malle. Deux autres dames la tiennent le reste du voyage pour me rendre service, en me faisant de grands sourires. Ca me rend heureuse.

Je vous souhaite une super année 2016, et je vous conseille d'aller écouter cette chanson plus bruxelloise que Bruxelles, qui fait pleurer mais est trop belle.

1 janvier 2016

Bon, vous sortez ou quoi ! il crie, le gars. De

Bon, vous sortez ou quoi ! il crie, le gars. De la patience, il en a pas, du plaisir non plus, qui ne voit pas tous ces beaux chats qui se chauffent là.
Colette, elle ne sait plus où elle est : « oooooh », « ooooh », elle s'émerveille à tout va, elle est en jupe. Je regrette de ne pas avoir opté pour un short quand déjà ces frottements de flans sur mon mollet vêtu m'extasient. Jambes nues, ces poils doux et chauds de soleil, ça doit être délicieux. Colette commence à leur parler, elle a pas entendu le type, ou alors elle fait semblant mais je crois pas, pas une grande rebelle, juste elle est trop emportée par toute cette mignonnerie sensuelle.
Il y en a plein, je dirais cent, mais ma mère me reprendrait sûrement pour dire meuh non une vingtaine tout au plus, alors disons vingt. Ils sont sur le mur de pierre, dans la poussière du chemin, étirés, poussiéreux, ou en train de se lécher la patte. Ils font leurs yeux contents, fiers et confiants. Confiants en eux, confiants en la vie, mais oui, que redire d'une vie de soleil, de radiateurs et de gamelle pleine ? Ils peuvent bien être confiants, moi aussi je le serais dans ces conditions, pas de quoi être si fiers.
Colette opte pour un attrapage (ils sont un peu mous de torpeur), c'est à ce moment-là que le type s'énerve pour de vrai. Il gueule un truc (je sais plus quoi mais en gros qu'il va nous coller dehors à coup de rateau si ça continue) et ça effraie carrément le chat de Colette qui pousse un râle en griffant à qui mieux mieux en s'échappant. Colette, se frottant comme de froid ses bras blessés, moue boudeuse et sanglot bloqué, finalement pleure.

24 janvier 2016

Bonheur du jour 11.

Ce midi, j'ai commencé à préparer des cookies aux flocons d'avoine peu avant midi, et J. & J. m'ont rejoint pour préparer le déjeuner. J. le grand d'un côté du buffet, moi de l'autre, et J. le plus petit au milieu debout sur son  marche pied, à éclater de rire quand l'eau bouillante a débordé de la casserole (lui valant même un fou rire ressemblant comme deux gouttes d'eau à un bruit de cascade clair et dansant), à demander à son père un bout de champignon, et à vouloir malaxer avec moi. Je devais d'abord battre le beurre en pommade avec le sucre glace, et quand j'ai allumé le fouet électrique, le sucre glace a volé en nuage de poussière sur nous, il s'est alors écrié "il neige, il neige !", on a bien rigolé.

Pendant sa sieste, j'ai assuré la cuisson des cookies, j'ai aussi eu le temps de les laisser refroidir et d'étaler le chocolat fondu dessus, ils sont très bons et je suis très fière...

Et puis après la sieste, nous n'étions pas très inspirés mais comme il faisait beau et chaud comme hier, nous avons décidé de retourner à la balançoire. Au départ, il y avait une onde de stress (ou de déprime ?) qui nous accompagnait, mais elle nous a lâchés une fois sur place, et du coup, au retour, nous avons pu parler de choses joyeuses et positives, ce qui nous a encore fait du bien. Et puis dans notre rue, nous avons croisé le boulanger avec qui nous avons encore discuté, et qui nous a proposé qu'on se dise "tu", et ensuite il nous a dit qu'il nous aimait beaucoup et on lui a dit que nous aussi et après, J. et moi, on s'est dit que c'était super bien quelqu'un qui pouvait dire, comme ça, à d'autres gens, "je vous aime beaucoup" si simplement.

24 juin 2015

Finalement, ce matin, je me suis défilée, parce

Finalement, ce matin, je me suis défilée, parce que j'ai trouvé une excuse à la hauteur, et ma super excuse c'était que j'avais yoga le soir et que du sport une fois dans la journée, c'était suffisant. Encore ce soir, je trouve l'excuse excellente, alors j'ai bien fait.
J'ai des petites courbatures aux abdos, qui veulent dire que j'ai encore des abdos, qu'ils ne sont pas complètement atrophiés.

Le yoga. D'habitude, j'arrive super tôt histoire de choisir mon emplacement : sur le tapis orange. Il n'y en a qu'un et je le trouve moins gluant que les bleus. Ce soir, par un insignifiant concours de circonstances, je suis arrivée assez tard, je vois toutes les chaussures bien rangées devant la porte, je me dis que merde je vais me taper un tapis bleu, j'entre : tous les tapis sont pris sauf le orange. Dieu devait être dans la salle de yoga, si ça se trouve c'est le prof, enfin je veux dire Mathieu Amalric.
Avant que le cours commence, j'étais bien sagement assise sur mon petit tapis orange, face à la fenêtre ouverte, et je voyais que sur la terrasse en face, ils avaient planté plein de fleurs genre gazon japonais, et puis ils ont accroché une guirlande de grosses ampoules de toutes les couleurs. C'est magnifique.
Bref, je n'étais pas allée au yoga depuis trois semaines pour des raisons diverses et variées et j'étais ravie de retrouver l'odeur de salle de yoga, ses murs couleurs yoga, son signe indien ou je sais pas quoi qui veut dire je sais pas quoi, doré, accroché à un clou.
Au yoga, il y a un vestiaire de neuf mètres carrés, et on s'y serre à vingt à la fin du cours, hommes comme femmes, une fois je me suis dit "bon ben je vais me changer dans la salle de yoga" mais comme il y avait Mathieu Amalric, je me suis dit que c'était un peu bizarre.
C'est moins gênant de se changer à vingt dans un vestiaire qu'à deux dans une salle de yoga, je pense que c'est parce que le vestiaire s'appelle "vestiaire".
Le cours de yoga, c'est de la grosse folie, comme c'est du yoga où on s'aide d'accessoires (avec Mathieu Amalric), non mais des accessoires de yoga hein, du genre des couvertures pour nous surélever les fesses quand on est en tailleur, ou des briques en liège pour nous appuyer dessus quand on n'a pas le bras assez long pour toucher le sol, bref, du coup, le prof en profite pour nous faire faire des trucs de folie, c'est horrible, j'adore.
J'aime bien les noms des positions, "anamaskara", "tadazana", ça me fait penser à des pâtes carbonara.

Après le yoga, je rentre à pieds, j'ai l'impression de me tenir au top du parfait pour le squelette.

26 avril 2015

Aujourd'hui, je me suis dit qu'une chose qui

Aujourd'hui, je me suis dit qu'une chose qui compte, finalement, pour moi, c'est de faire des plans. C'est d'avoir des trucs prévus, de remplir mon agenda (que je n'ai pas) - rectification : de remplir le calendrier de la cuisine, de dire pourquoi pas à ce qui se propose et à le caler dans les blancs. Si ça me dit.
Ca me rend légère d'avoir des voyages prévus, même pas tout de suite. Ca me rend légère de savoir que je vais voir des gens avec qui je me sens bien.
Il y a une espèce d'énergie qui bouillonne à l'intérieur de moi, qui ne demande qu'à sortir, mais que je ne sais pas encore sous quelle forme faire sortir.
Pour l'instant, ça se cantonne à du tri (aidée par les mails hebdomadaires de Flora Douville, j'ai viré la moitié de ma garde-robe (déjà pas bien épaisse), je mets tous les jours le même pull et quand il est au sale je suis trop dans la merde, il va falloir faire quelque chose...). Je ne veux presque plus mettre de noir, c'est Flora Douville qui a dit que ça ne mettait pas vraiment en valeur, j'ai bien regardé dans le miroir et j'ai trouvé qu'elle n'avait pas tort - ça me donne mauvaise mine.
Bon.
J'ai envie de couleurs, de gris parce que je me rends compte que j'aime beaucoup porter du gris.
J'ai envie de mettre les mains à la pâte, de tout virer, de tout recommencer mais en mieux, sauf ce qui est déjà très bien, bien sûr.
J'ai envie de partir d'ici avec le moins de bagages possible.
Comme je suis très très sentimentale, aussitôt je pense à tout ce qu'on laisse quand on part et mon coeur se serre jusqu'à l'essorage. Je ne me sens pas d'ici mais je ne sais pas si je suis encore d'ailleurs - ça fait huit ans que nous sommes à Bruxelles.
J'ai envie de partir comme on part en vacances.
Petit J., lui, est un vrai bruxellois pur jus - il ne jure que par les trams, les pavés, les chiens, les bus, les cars, les grues, les mégots et les horodateurs, alors je me dis merde. Mais il reviendra si ça lui dit, chacun sa vie et là c'est quand même la mienne que je vis.

22 janvier 2014

pour me souvenir

Lundi, j'avais rendez-vous chez le docteur à 10h30, je suis arrivée à 10h26, j'étais hyper fière ! Dans la rue, je chantais "le jeu de la marelle" pour endormir Petit J. parce que je me doutais qu'il allait falloir patienter dans la salle d'attente et je n'avais pas tellement envie qu'il y pleure (j'ai chanté même les paroles dans je sais pas quelle langue, enfin, j'ai essayé). A un passage piétons où le feu était rouge, petit J. a fait un immense sourire à la dame qui attendait à côté de nous qui n'en pouvait plus de sourire non plus, du coup on s'est souri aussi, la joie régnait.

Mon médecin de la femme s'est émerveillé sur le bébé, "oh mais qu'il est mignon ! Et son pull, super ! C'est vous qui le lui avez tricoté ? Et votre porte-bébé il a l'air top, le mien c'est un Babybjorn, il est pas terrible !". Quand il m'a vue dans la salle d'attente, il s'est exclamé "oh, madame Couac-Couac, vous allez bien ??!!". Comme c'est lui qui m'a opérée en novembre 2012, c'est vrai que ça fait plus d'un an qu'on en se quitte pas mais quand même, je vous le dis, cet hôpital, ce service gynécologie/maternité, ces médecins, je ne m'en remettrai jamais tellement il y a là de gens super impliqués et sympathiques. Par exemple, ce même médecin est passé son jour de congé (oui oui) me voir à la maternité, avec sa fillette !... Pour voir si tout allait bien. C'est fou. Ca m'émeut vachement en fait.

Après ce rendez-vous de lundi matin, on avait rendez-vous chez la pédiatre à midi. Il y avait une foule pas possible dans la salle d'attente, des enfants qui criaient, des parents qui appelaient leurs enfants, des gens qui s'énervaient contre la secrétaire, une petite fille qui avait une pneumonie et qui toussait sur tous les autres enfants (j'ai essayé de tourner le mien du côté du mur pour qu'ils ne reçoive pas trop de postillons). Petit J. ne dormait plus et ne pleurait pas non plus mais il a  fait sa fameuse bouche de tortue pendant tout le temps de l'attente.

L'autre jour dans le métro, une dame lui a fait un grand sourire et en réponse, il lui a aussi fait sa bouche de tortue, la dame a bien rigolé (nous aussi, c'était irrésistible).

7 octobre 2013

Dans sept semaines (dix jours post-date prévue

Dans sept semaines (dix jours post-date prévue d'accouchements compris (dix jours après lesquels l'accouchement serait déclenché)), c'est sûr, on aura un bébé dans les bras. C'est vraiment rien, sept semaines...

Je m'assieds dans le fauteuil et j'essaye de me concentrer sur cette idée : le bébé est né, il dort en haut. Nous on est là, en bas, il est 21h19 et on se prépare à dîner. On sera les mêmes, les locaux seront les mêmes, les recettes seront les mêmes, mon pull sera le même, le pull de J. sera le même, la table sera la même, l'odeur sera la même, j'aurais la même tête, J. aussi, on aura les mêmes cheveux, on aura les mêmes mains, chez nous il y aura le même fauteuil, on verra la même chose par la fenêtre, peut-être que le basilic sera toujours posé en bout de table, peut-être qu'il y aura des choses chez nous auxquelles on n'aura pas touché d'ici-là et qui seront dans la même exacte position que là, tout de suite, mais en haut, il y aura un bébé qui dormira. Ca n'arrivera peut-être pas tout de suite, ce bébé endormi en haut et nous en bas, comme ça, mais je veux au moins une fois penser à penser à "c'est comme avant, les mêmes locaux, les mêmes personnes, le même décor, le même environnement, les mêmes âmes, les mêmes soucis, mais avec un enfant, notre enfant, qui dort en haut".

Ca me paraît tellement hallucinant. Du coup, j'essaye de me dire que c'est déjà le cas, pour voir, mais c'est pas possible d'imaginer ce que ça va faire, ce que ça va changer, ce que ça va donner qu'on soit des parents et plus seulement un petit couple comme ça, qui habite tout seul en haut d'un immeuble banal dans une grande ville.

Est-ce-que ce jour-là, où à 21h19, le bébé dormira en haut et où nous, nous serons là, les mêmes personnes, en bas ; est-ce-que ce jour-là on laissera traîner le dîner comme on sait si bien le faire en reprenant du raisin et un bout de chocolat ? Est-ce-que nos discussions ne tourneront plus qu'autour du bébé ou bien on continuera de parler aussi des mêmes choses qu'aujourd'hui ? Est-ce-qu'on aura les mêmes comportements ? Est-ce-qu'on sera chacun personnellement déséquilibré par cette nouvelle condition de parent ? Est-ce-qu'on aura peur ? Est-ce-qu'on sera juste bien ensemble, comme avant, enfin comme maintenant, mais avec la valeur ajoutée de cet enfant qui dormira en haut ?


L'autre soir, un copain venu dîner nous faisait remarquer qu'on parlait du bébé à venir comme d'un invité encore sur la route alors qu'il était déjà là, dans la même pièce que nous. Ca faisait très longtemps que je n'avais pas eu cette pensée et j'étais heureuse qu'il me la remette en tête. Il est là, la tête en bas devant cet ordinateur, d'ailleurs il pousse vers le haut de ses pieds riquiquis.

Quand je prends ma douche, il vient se coller contre mon nombril. Quand mon réveil sonne, il bouge dans tous les sens. Quand il a le hoquet, il semble dérangé. Quand J. lui parle, c'est la folie. Quand J. pose sa main, il semble aimanté à ses doigts et vient se lover, caresser sa paume. Quand je lui appuie sur un genou ou un pied qui fait une bosse, il se rétracte puis revient et des fois, finalement, il se laisse caresser sans jouer. Quand je lui parle, il semble n'en avoir rien à faire de ce que je lui dis. Quand je pose mes mains la nuit, j'ai l'impression que c'est lui qui me caresse et plus l'inverse. Quand je travaille, il n'arrive pas à dormir. Quand je lis allongée sur le lit, c'est notre rendez-vous.

14 septembre 2013

Je viens de dîner en écoutant un podcast

Je viens de dîner en écoutant un podcast d'Eclectik, avec Sandrine Kiberlain. J'aime beaucoup cette émission, et j'aime beaucoup beaucoup Sandrine Kiberlain. A un moment, il était question d'Etienne Daho et ça m'a donné envie de mettre de côté Arcade Fire au moins pour la soirée.

C'était un samedi de pas grand chose, avec un passage au pressing pour y déposer mon pull gris, un passage chez le docteur pour montrer la boule toute dure qui me pousse sur le dessus du pied (un kyste a priori) et qui me gêne. Un passage chez le cordonnier pour déposer mes chaussures. Un passage au magasin pour acheter du shampooing et du savon.

Avec tout ça, il était 14h00, et après avoir mangé et trainassé sur internet, je suis montée me coucher - et j'ai dormi deux heures. Après, j'ai lu - deux heures et j'ai fini mon livre. C'était bien...

Et ensuite c'était l'heure de préparer le dîner. Vraiment un samedi de rien.

Quand même, ce matin, sur le chemin pour aller au pressing, j'ai dû parler deux fois en néerlandais, ça ne m'arrive jamais.
Dans les champignons de ce soir, j'ai mis de la muscade. Ce midi, j'ai fini le stoemp poireaux/pomme de terre et les saucisses d'hier soir. J'ai mangé du melon (le dernier de l'année ?), il était super bon.
Ce matin, avant de partir, j'ai enfilé mon pull vert en angora et j'ai immédiatement eu bien trop chaud. Du coup, quand je suis sortie de l'immeuble et que l'air frais est entré dans mes poumons, ça m'a fait la même sensation que lorsqu'on allait chez Mémé, l'impression d'étouffer et d'être ramollie par la chaleur de l'intérieur de son appartement, et l'impression de renaître en mettant les pieds dehors.

Dans un mois je serai en congé maternité et je sais que ça veut dire que dans un mois le trac va commencer à monter. Je n'ai pas peur de l'accouchement, je n'ai pas peur d'avoir mal mais par contre, je sais déjà que j'aurai le trac comme avant de rentrer sur scène, je sais que je vais me dire "oh la la, dans quoi je me suis lancée", je sais que je vais me sentir dépassée par l'incroyable de ce qui m'arrivera, que je vais avoir du mal à faire admettre à mon cerveau que ce qui se passera sera bien la réalité. J'ai l'impression que ce sera le mois le plus à côté de la réalité de toute ma vie, ce mois d'attente. Je sais qu'après, je me demanderai "est-ce-que c'est possible, est-ce-que ça a pu vraiment se passer ?". Ca me dépasse. J'ai l'impression que ça ne me dépasserait pas autrement de vivre un truc comme la fin du monde, un truc qui me renverrait complètement à ma condition de minuscule chose sans importance.

11 septembre 2013

Aujourd'hui, je crois que j'ai un peu trop forcé,

Aujourd'hui, je crois que j'ai un peu trop forcé, il y avait du monde au travail, beaucoup de choses à faire et j'aime bien faire les choses que j'ai à faire au boulot. C'est pour ça que je me suis assise, levée, rassise, relevée, penchée, rassise, relevée, penchée, beaucoup. Le bébé, qui normalement fait une petite sieste l'aprem' (ok, j'en sais rien, en tout cas d'habitude l'après-midi on ne l'entend plus pendant quelques heures) n'a pas arrêté de gigoter tout le jour non stop et d'ailleurs là ce n'est pas fini, il se tourne et se retourne et je sens ses pieds qui frottent et ses genoux qui raclent l'intérieur de mon utérus. Pauvre coco. C'est pour ça qu'après avoir fini d'écrire ce billet, je vais aller me laver les dents et la figure, mettre de la crème sur mes pieds et lire au lit, d'où je ne bougerais plus jusqu'à demain matin.

A part avoir travaillé, je n'ai pas fait grand chose. J'ai eu cinq surprises : vos commentaires qui m'ont rendue vachement heureuse (j'y reviendrai), un coup de fil étonnant et joyeux de quelqu'un qui a eu le code secret du fixe par quelqu'un d'autre et que même si je savais que ce quelqu'un d'autre l'avait filé au premier quelqu'un de cette phrase, et bien j'étais quand même surprise. Et puis une carte postale de J. dans la boîte aux lettres, et une petite fille dans la rue, assise sur les épaules de son père (j'imagine) avec elle-même sa grosse peluche Daisy qu'elle tenait par les pieds, assise sur ses propres épaules, ça faisait une grande montagne de gens et c'était très mignon. Et puis pendant ma pause cet après-midi au boulot, je regardais par la fenêtre de la cuisine, et dans l'immeuble d'en face, un type est venu à la fenêtre aussi et m'a fait coucou.

Maintenant, au paddock !

4 septembre 2013

Hier soir, après avoir reçu le coup de fil de mon

Hier soir, après avoir reçu le coup de fil de mon amie depuis le CE2, je me suis installée au fin fond de mon lit avec le bouquin que je m'étais acheté plus tôt dans la journée, un livre dont on m'a beaucoup parlé, en super bien et en pas terrible, mais que mon amie de samedi dernier m'a décidée à lire, Le Choeur des Femmes de Martin Winckler. J'ai tellement été happée que j'ai éteint un peu trop tard mais heureuse (le bonheur de lire un livre accrochant). Et ce matin, après une nuit de la mort qui tue, je me suis réveillée à 7h00, soit 47 minutes avant que mon réveil sonne, et du coup j'ai pu lire encore et encore. La journée qui commence bien.

Avant de partir au boulot, j'ai replongé, j'ai eu l'idée de ré-écouter Arcade Fire, et je me suis demandé comment j'avais pu passer au moins deux mois sans l'écouter, ce qui m'a un peu fait danser mais j'avais quelques minutes avant que ce soit l'heure de partir au boulot. Régine, cette fille, elle me bouleverse. J'arrive pas vraiment à passer à autre chose depuis que je me suis attachée à cet album, il m'habite. Quand j'écoute ça, je me sens si petite, si destinée à redevenir pelouse (non traitée au r*und*up j'espère quand même, un peu de respect pour mes atomes s'il vous plaît les jeunes de demain), mais ce n'est pas inquiétant, c'est même un super sentiment et alors je n'ai pas du tout peur de vieillir.

Au boulot, c'était foule. LE mercredi de l'année où on est obligés d'être tous les vendeurs derrière le comptoir tellement il y a de clients, où on s'égosille en criant "suivant !" et où on vend des livres scolaires par centaines. C'est le jour de l'année où mon travail est le plus intense et où on vend tous les livres que j'ai notés d'un prix et précieusement rangés dans la réserve arrière comme une fourmi qui fait ses provisions pendant le reste de l'année. J'aime énormément ce sentiment de solidarité et de fraternité que j'éprouve alors pour mes collègues, que je ressens particulièrement ce jour-là, où on est tous ensemble à transpirer et où l'ambiance est quand même détendue et à la rigolade, où on se sent efficace. D'ailleurs, je me suis sentie si bien, que poussée sûrement par la grâce d'Arcade Fire qui m'était resté en tête, je le leur ai dit, que j'aimais être là, avec eux. Comme ça ils le savaient et puis je me dis que ça fait toujours plaisir à entendre. Ils ont ri, souri en levant les yeux au ciel en disant "Elisabeth...". Ce soir quand je suis partie j'ai eu l'impression qu'on était tous de bonne humeur et qu'en fait, on avait peut-être tous ressenti cet aimable sentiment.

Ce midi, en mangeant mon croque-monsieur, j'ai lu Le Choeur des Femmes que je n'arrive plus à lâcher.

Et puis ce soir, à peine rentrée, je recevais le coup de fil de mon amie de Rennes qui habite dans les Hautes-Alpes, et qui voulait me raconter plein de choses positives.
Juste avant, je venais de trouver dans la boîte aux lettres un avis du facteur me disant qu'il avait sonné pour me donner un colis, dont le destinataire était "Barbenzinc" (le petit nom que mes parents donnent aux bébés pas encore nés), écrit un peu maladroitement, genre "c'est bien ça, je lis bien ?".

Ensuite, je recevais un sms de J. qui voulait juste me dire...

Bref, ce soir, j'ai le coeur en joie.

11 juillet 2013

Lundi soir, nous sommes allés au cinéma, voir

Lundi soir, nous sommes allés au cinéma, voir L'Avventura d'Antonioni. J'ai trouvé ça long. Je me disais pendant le film que ça me donnait quand même vachement envie d'aller en Italie. Le lendemain soir, nous retournions au cinéma, voir Frances Ha, qui m'a semblé bien trop court tant c'était bien. Ca m'a fait penser à plein de trucs après coup mais à rien d'autre que ce qui se déroulait sous mes yeux pendant le film, ce qui est bon signe. Je crois que je m'étais fixé des objectifs de grossesse un peu trop ambitieux. Je comptais finir un projet d'histoire illustrée, long et fastidieux à réaliser, commencé il y a deux ans, très important pour moi. En plus, j'ai d'autres projets qui m'attendent et qui me font rêver donc il est vraiment temps de terminer celui-là. Il est très largempent avancé mais il y a quand même encore du boulot.
Mais le midi, quand je rentre, après manger, si je m'assieds à mon bureau, mes yeux se ferment vraiment, et finalement je m'allonge et je dors deux ou trois heures. Et ces siestes ne m'empêchent pas de dormir les nuits qui suivent, ce qui est exceptionnel.

Aujourd'hui, je suis allée faire à jeun les prises de sang du diabète. Après avoir donné mon sang une première fois et avoir bu la fameuse lotion sucrée dégueulasse mais qui ne m'a pas donné envie de vomir, on m'a proposé de m'installer dans un fauteuil très confortable, seule dans une pièce, porte ouverte sur le couloir où les gens passaient pour aller faire leur prise de sang. Et là, paf, je me suis endormie, complètement endormie. C'est l'infirmière, très belle et très douce, qui m'a sortie de mon rêve très gentiment pour m'annoncer qu'il était l'heure de la deuxième prise de sang. Puis elle a penché mon fauteuil, a éteint la lumière et je me suis immédiatement rendormie. Et là, pareil, je me suis réveillée seulement pour la dernière prise. Si j'avais su qu'un jour j'allais faire une méga sieste au labo ! C'était fort bien. Après, j'avais envie de brioche aux pépites de chocolat, ce que je me suis offert de bon coeur, et je suis arrivée au boulot de fort bonne humeur.

Hier, je travaillais avec une des étudiantes embauchée pour m'aider dans la fatiguante tâche de la vente de livres scolaires, on était assises au comptoir, et là est arrivé un client, très sympathique mais malheureusement incompréhensible. Il parlait flamand mais avec un accent que je ne connaissais pas et je ne comprenais vraiment rien à ce qu'il disait (et l'étudiante était française aussi et ne comprenait pas mieux). Je lui ai fait répéter, plusieurs fois. Au bout d'un moment, il a enlevé une des bretelles de son sac à dos, l'a attrapé par devant, ouvert, en a sorti un pompon rouge qu'il nous a montré posé à plat sur la paume de sa main et là, sous nos yeux ébahis et sans que nous n'y comprenions rien, le pompon disparut. Pouf ! Je dis "oooooh". C'eut l'air de lui faire plaisir. Je l'emmenai jusqu'au rayon des livres de magie.

Je me demande ce que ça va faire de ne plus pouvoir aller au cinéma sur un coup de tête, dans quatre mois. L'autre soir, en revenant de L'Avventura, cette idée m'a fait un peu peur.

Et puis avant hier soir, je sentais le bébé qui se réveillait, j'ai invité son père à se joindre à nous, il a investi la peau du côté gauche de mon ventre. L'enfant a trouvé cette présence-là, connue mais pas encore vraiment échangée, bien agréable et a eu envie d'en profiter mieux. Alors il s'est roulé à gauche, il s'est mis le plus près possible des lèvres de son père et mon ventre est resté vide à droite et plein à gauche. Il gigotait. On était tous les trois, émus et bien.

Nous avons monté le lit échelle bébé dans la chambre. C'est moi qui en avais le désir, pour voir ce que ça faisait (je n'arrive toujours pas bien à comprendre qu'il y a quelqu'un à l'intérieur de moi). Le lit monté, ça nous a fait vraiment bizarre, et puis rapidement quand même on s'y est fait. C'était dimanche ou samedi peut-être, mais déjà le lit fait partie des meubles. On n'a pas encore acheté le matelas parce qu'on en veut un top moumoute, qu'on s'est penchés sur la question mais qu'on n'a pas encore sorti la carte bleue.

Je me demande si notre bébé aura les cheveux de son père, les yeux bleus de son père, les grains de beauté de sa mère, le triple menton que semblait avoir sa mère sur les photos, enfant. Le visage long, la pâleur de peau de ses deux parents ou peut-être qu'il aura été chercher des gènes plus anciens.

Au boulot, un faucheux est venu s'installer au-dessus de la pile d'oefenboeken de Nieuwe Tandem 1. Je me suis exclamé que merde devant une étudiante amie des faucheux il se trouve, qui l'a donc poussé aux fesses en faisant pschiiit, et le faucheux s'est carapaté sous une étagère.

Quand je veux me pencher en avant, mon ventre me donne la même impression qu'un jean trop serré à la ceinture quand je me penche en avant pas enceinte. Ca me semble être le même genre d'étouffement et d'absence de souplesse, comme Barbie qui ne peut pas plier ses jambes à 90°C vers l'arrière.

L'enfant n'a toujours pas de prénom mais nous avons temporairement mis entre parenthèses le prout-prout, même si je le garde quand même dans un coin de ma tête donc ça ne veut rien dire...

La fleur de notre cactus vit comme nous, elle dort la nuit, se lève quand elle en a envie et se recouche peinard le soir.

25 mai 2013

merci tout le monde !

Avec J., nous nous sommes acheté, jeudi, des bottes au rayon chasse d'un supermarché du sport. Les bottes de bateau, c'était plus beau mais c'était pas adapté à la marche dans la bouillasse. On va aller marcher dans la bouillasse ! On a copié ma grande grande soeur et son compagnon, on a pris un gîte avec cheminée. Il y a aussi une terrasse avec vue splendide, dont on espère profiter aussi, quand même...

Hier, on a revu notre bébé ! Il est tout fin, tout bien fini, tout petit. Il mesure dix centimètres du haut du crâne aux fesses. Il a le menton très bien dessiné, les jambes et les bras repliés comme tous les foetus du monde. Les pieds et les mains comme les notres mais en miniature. Il avait le hoquet, il paraît que c'est très bien. Quand le médecin a allumé l'appareil pour échographier, le bébé avait sa main pile face à nous et la bougeait de gauche à droite, même le gynéco a dit "mmwwwoooo".

J'apprends en direct pendant que j'écris ce post la naissance d'un autre enfant, ce matin-même, pour agrandir la joyeuse troupe !

Je vais lire La Peste, certains m'ont dit "quelle horreur !" et d'autres "fantastique !".

Pour l'instant, dans cette grossesse, j'ai l'impression (en discutant avec mes copines et en lisant la "bible" de Laurence Pernoud) que certains trucs ne se passent pas de la même manière en Belgique et en France : par exemple, en Belgique, pas la peine de s'inscrire à la maternité, on accouche d'office là où bosse son gynéco. Aussi, aux rendez-vous mensuels, on ne m'a jamais fait aucun examen gynécologique de base (genre toucher vaginal ou trucs de ce type). Mon gynéco se contente de me peser, de me demander si je vais bien, et de m'échographier le bide. Il a un stylo à motifs spermatozoïdes, il nous a dit qu'il le laissait toujours dans son cabinet quand J. lui a dit "on ne peut pas le sortir en toutes circonstances !".

On ne compte pas déménager (pas dans l'immédiat en tout cas, même si notre but n'est pas de rester à vie dans cet appart'), on ne compte pas changer de boulots pour devenir soudainement riches, on ne compte pas faire un emprunt pour lui payer une PS3 pour ses 11 ans, on ne compte pas investir dans du matériel de bébé incroyable (un lit, un porte-bébé, des couches lavables et pour le reste on verra bien si ça nous manque vraiment). Par contre, on compte bien l'emmener en vadrouille, lui faire goûter le basilic thaï et pas thaï, construire des châteaux de sable avec lui, je compte bien ne pas lui refiler ma peur des faucheux (et donc peut-être surmonter la mienne et lui dire "oh le gentil faucheux avec ses longues paaaattes !!!") et je compte bien lui mettre des salopettes pour qu'aucun courant d'air ne vienne lui chatouiller le ventre.

J'espère que vous allez bien et je vous souhaite un bon week-end !

15 mai 2013

Bonjour mes petits loukoums, vous allez bien ?Je

Bonjour mes petits loukoums, vous allez bien ?

Je vous écris depuis un nouvel ordinateur ronronnant et qui pour l'instant cohabite pacifiquement avec le petit vieux qui ne crache pas trop en le voyant.

Depuis trois semaines, je travaille dans une roulotte installée au milieu d'un chantier de garage automobile qui se transforme en restaurant. Le matin, job alimentaire, le midi, boustifaille vite fait avec J., et l'aprem', hop ! Tram 94 et peinture à tout va. La caravane va devenir un coin de lecture de contes. Au début j'étais hyper impressionnée de devoir passer du temps sur un chantier bruyant, poussiéreux, avec des types en bleu de travail qui fument des clopes en commentant ce que je dessine "ça ressemble vachement à Kitty Crowther !" euh, merci mais vous êtes sûr ?. Et maintenant je me rends compte que ça va me manquer, la semaine prochaine, de ne plus devoir y aller... Je dois finir demain. Je suis exténuée mais heureuse.

Ne me demandez pas comment s'est passé le fameux repas où tout le monde était invité : il n'a pas eu lieu ! En fait je crois qu'un jeudi soir c'était pas très pratique, et puis comme on partait le week-end juste après à Paris pour rencontrer ma toute nouvelle filleule chevelue (comme mon filleul - je suis abonnée aux enfants capillairement fournis), on n'a même pas eu le courage de préparer tout ça pour nous. Bref, le repas va être reporté, je vous dirais quand au cas où vous n'auriez rien de prévu ce soir-là !

Aujourd'hui au boulot, un gosse m'a demandé "Le petit prince de Florange" au lieu du "petit peintre de Florence".

Hier j'ai préparé mon premier poulet rôti. J'ai dû beaucoup prendre sur moi pour le toucher, cet animal mort et froid, mou, avec les pattes et les ailes ficelées, ça m'a foutu les larmes aux yeux de le voir comme ça et j'ai vraiment dû me raisonner pour me décider à le prendre en main.
Mais à la sortie du four il était doré à souhait, avec les petites patates qui vont bien, et là je n'ai pas eu de mal à manger mon bout de blanc (ne me parlez pas d'une cuisse, un os dans mon assiette c'est hors de question !).

On est allés au concert de Benjamin Biolay, J. et moi. Il m'avait offert les places pour mon anniv'. C'était vraiment un moment fort... Et moi qui ne me croyais pas si fan de Vanessa Paradis, quand elle a débarqué sur scène pour le rappel, par surprise (je crois que tout le monde hurlait dans la salle, c'était l'émeute, jamais entendu autant de boucan dans un concert), j'étais soufflée. Quel charisme, et même, quelle voix ! Même J., carrément pas fan pour sa part, ça l'a fait changer d'avis. Le lendemain, j'étais ahurie, j'en revenais pas d'avoir vu Vanessa Paradis en vrai. Ca m'a rappelé l'enfance, l'Intermarché de Chanteloup-les-Vignes, la pharmacie toute neuve d'en face de l'Intermarché, très verte dans mon souvenir, avec des montants de fenêtres verts, des plantes vertes, et une odeur exquise (un des meilleurs endroits où il m'ait été donné de mettre les pieds dans ma vie), et puis ma soeur, son sweat blanc-bleu rose saumon, et ses cassettes de Madonna. Bref, le lendemain, j'étais nostalgique.

On a vu Lescop en concert, J. et moi, c'était son cadeau pour moi de Noël. Quel drôle de type ! Très animal. Super sympathique. C'était un vrai moment de joie partagée. Et puis en première partie, un mec qui faisait de l'électro, qui à un moment nous dit "je m'appelle Truc-Chouette et je viens de Caen en France", et qui à la fin est revenu sur scène aider les ingénieurs du son à démonter son matos, et qui m'a lancé un sourire franc en me disant "bonsoir !" (on était au premier rang contre la scène), ce qui fait que tout le reste de la soirée je me suis dit "mais je le connaissais ? Il était pas dans ma classe au lycée, il ne me disait rien ?!?".

Comme chez vous, il fait un temps pourri ici. Je mets encore une écharpe et un gros pull et même des chaussettes dans mes Bensimon, comble de l'horreur. J., lui, exprime sa détresse face à la pluie ambiante en frisant du cheveu, il a l'air tout permanenté. Moi rien, je peste juste contre les pavés fourbes qui me font gicler de la bouillasse dans le jean, à part ça aucun signe extérieur de réaction face à l'adversité météorologique.

Je vais me créer un site internet, ça y est, je suis toute bien renseignée, maintenant il faut juste que je me lance !

Mon patron de job de roulotte, lorsqu'il m'a embauchée, m'a dit qu'il fallait qu'il me prévienne qu'il ne me donnerait jamais son avis sur ce que j'étais en train de faire, même si je le sollicitais. Tous les soirs, avant que je parte, il venait regarder et ne pipait mot, il regardait sans rien dire, le visage relativement vide d'expression. L'angoisse ! J'ai bien essayé de lui extorquer un petit avis mais non, il était concentré sur son mutisme. Bon, ok, je me dis et répète que je fais quelque chose qui me plaît à moi, que c'est bien là le principal, "mais si mais si ma fille" me disais-je, même si parfois, les jours où je ne savais pas trop où j'en étais et bien ce n'était pas facile... Et puis un jour, je me dis que c'est l'heure de partir, je m'en vais rincer mes pinceaux, et quand je reviens, j'entends qu'il est dans la caravane avec l'homme à tout faire, et je l'entends dire "c'est magnifique hein ?". Grande joie !

Ce qui fait que je me sens super heureuse, en plus ce week-end on va manger des saucisses grillées.

Je vous embrasse tous, même les pas rasés qui piquent de la joue ! Bonne nuit !

3 avril 2013

J'ai laissé l'ordinateur faire sa mise à jour

J'ai laissé l'ordinateur faire sa mise à jour anti-virus comme bon lui semblait si bien qu'il est frais et dispo pour écrire un billet avec moi. C'était comme sa douche du soir, toute la poussière de sa journée est partie dans le tuyau d'évacuation de l'eau, il a mis son pyjama, sa robe de chambre et ses chaussons et il attend sa soupe avant d'aller se coucher. Bref, il se sent bien et il est de bonne composition pour se laisser manipuler les touches et l'internet.

Aujourd'hui, j'ai mangé un sandwich en marchant dans la rue, et j'ai eu un haut le coeur en voyant traîner par terre devant le commissariat de police, une aile de pigeon, sans le reste du corps. L'aile était dépliée. Son pointu était propre et rangé, les plumes bien alignées, comme neuves. La partie raccrochant normalement l'aile au buste de la bête était parfaitement rongée, comme quand on arrache les restes de la cuisse de poulet directement sur l'os, c'est rongé, parfaitement nettoyé. Et c'était ensanglanté. Dix minutes plus tard, près de la cathédrale, je croise une pie, entière et même carrément vivante (la veinarde), en train de manger un truc qui traine par terre. Je m'approche pour regarder ce qu'elle a trouvé là, et avant de partir en piétant, je la vois arracher un morceau du bout de son bec - et c'était une crotte en relief d'un autre oiseau.

L'autre matin, vous n'allez peut-être pas me croire, mais j'ai croisé dans la rue une dame tout à fait chic genre femme d'affaires, qui se BROSSAIT LES DENTS en marchant dans la rue, malgré son manteau, son écharpe et tout et tout. Elle se les lavait avec une vraie brosse à dents et tout et tout. J'en revenais tellement pas que j'ai été obligée de téléphoner à J. pour le lui dire.
J'ai aussi vu un homme d'un certain âge sortir d'un immeuble, traverser la rue, puis s'arrêter sur le trottoir d'en face, se retourner, lever le nez et faire coucou à une fenêtre à rideaux en dentelle derrière lesquels une femme se tenait.

J'ai un collègue, 29 ans, qui est mort d'une crise cardiaque. En fait, il avait démissionné depuis septembre mais venait régulièrement nous rendre visite. Il était venu quatre jours avant et comme à son habitude m'avait dit :"Tiens, Elisabeth ! Comment vas-tu ?". Il portait son manteau fermé à deux rangs de boutons et son sac en bandoulière habituels. Et quatre jours plus tard c'était fini. Ni lui ni nous n'aurions soupçonné ça quatre jours avant et c'est une vraie catastrophe de penser que la vie s'arrête comme ça.
Un jour, on avait communiqué à propos de travail par petits mots interposés. Il s'était appliqué à découper une très belle image dans un livre qu'il avait trouvé dans la poubelle et avait écrit son mot au dos. Je l'avais accroché dans la réserve de dictionnaires. Aujourd'hui je crois que je vais dépunaiser cette image et l'emporter chez moi.
Un jour, il m'avait raconté une histoire qui lui était arrivée, que voici : il était en voyage en Asie (je ne me souviens plus du pays exact...) et il avait décidé d'aller visiter un temple. Il avait choisi d'y aller à pieds depuis son lieu de résidence, bien que ça fasse une trotte. Voyage aller, ok, visite dusite, ok. Et puis le retour, il marche au bord d'une route où roulent des voitures, une route droite, il fait très très chaud, c'est long et fatiguant, il en a plein les pattes. Et tout à coup, une pluie diluvienne, le truc qui vous trempe comme une douche en une seconde. Sur ce, une voiture très belle, très riche, s'arrête au bord de la route, la vitre s'ouvre, un bras sort et lui tend un parapluie, la vitre se referme et la voiture repart aussitôt.

Cette nuit, j'ai rêvé que je loupais mon bus plusieurs fois de suite. Il passait toutes les trente minutes mais à chaque fois, j'avais un moment d'inattention au moment où il passait.

29 mars 2013

une invitation

Jeudi 4 avril, à partir de 19h00, nous mangerons nos deux recettes piochées au pif de la semaine. Il y aura des sardines à la Catalane (recette trouvée sur internet il y a de ça plusieurs années, imprimée, et rangée dans le classeur MacDouglas avec un husky dessus) et en dessert des dômes pralinés (recette de Orathay Souksisavanh et Vania Nikolcic dans Mini Pâtisseries Maison, éditions Marabout).
Avez-vous envie de goûter tout ça avec nous ? Si oui, qui que vous soyez, vous êtes bienvenu, il y a six places libres à notre table et nous vous demanderons une aimable participation de quatre euros. Enfants, vieillards, économistes, chômeurs, sportifs, critiques culinaires, aveugles, manchots, saltimbanques, bavards, timides, connus de nous ou non... n'hésitez pas. Seuls les animaux (sauf épilés) seront enfermés sur le palier (je suis allergique).
Pour vous inscrire, tapotez sur votre minitel au 3615 code couac couac et laissez un commentaire avec votre e-mail sous ce billet.

Attention, comme nous n'avons jamais testé ces recettes elles peuvent tout à fait être dégueulasses.

ps : nous habitons à Bruxelles.
Fin des inscriptions mercredi midi.

29 mars 2013

à la suite de janvier et février

Je tente un message depuis un ordinateur que j'avais trouvé sous le sapin de Noël il y a presque dix ans, en voyant le paquet j'étais convaincue que c'était un gaufrier, j'avais répété pendant tout le repas "non mais un gaufrier, c'est super, j'adore les gaufres, mais vous voulez ma mort, je vais grossir comme pas permis - mais c'est gentil hein, ça me touche, mais quand même !". J'avais ouvert un autre cadeau avant, un pot de trois kilos de pâte à tartriner à la noisette et aux huiles hydrogénées offert par mon frère, du coup j'étais encore plus convaincue que c'était un gaufrier qui m'attendait dans l'autre paquet. Et puis en fait c'était ce petit ordinateur portable, avec son clavier si agréable. C'est avec lui que j'ai monté ce blog un soir de 2006, depuis mon lit havrais, après avoir passé un coup de fil à J. (à l'époque on n'habitait pas ensemble) pour lui demander ce qu'il pensait de "couic" comme nom (je n'avais pas d'idée mais je voulais créer un blog tout de suite maintenant donc pas le temps de réfléchir 107 ans) et il m'avait dit "mwof, j'aime mieux "couac"" (ça fait un peu canard) et voilà.

On a été cambriolés et lui, à cause de ses cheveux gris et de son haleine moisie, il n'a pas été volé, il est lent, leeennnnt, mais il est là et il nous sert bien... Quand sa base virale vps se met à jour, il réfléchit pendant vingt bonnes minutes et pendant ce temps il ne répond plus de rien. je lui caresse le dos pour l'encourager à tenir le coup.

Je me sens triste, triste, vraiment super triste. J'ai le coeur infiniment gros et mon cerveau turbine autant que le moteur de mon ordinateur. En fait je ne suis pas sûre d'avoir été déjà aussi triste mais c'est peut-être ce qu'on se dit à chaque fois qu'on est triste. je trouve en ce moment la vie bien triste (et bien sûr, le temps qu'il fait ne m'aide pas du tout, j'ai un côté plante verte), décevante et déconcertante. J'ai juste envie de vacances.

J'ai entrepris d'apprendre de la poésie, je me suis dit que ça pouvait servir. je commence par L'Albatros de Baudelaire, dont je ne connais pour l'instant que le début mais bientôt je vais apprendre la suite.

1 février 2013

comme un tag sauf qu'il n'y a pas de tag

Je n'aimerais pas habiter dans un loft. Les endroits trop blancs, trop vides, trop bien rangés et trop carrés m'angoissent.
Ce soir on va dîner de crêpes sucrées et c'est tout parce que je fais un régime sans sucre sauf une fois par semaine où j'ai le droit d'en manger et on a choisi que ce serait aujourd'hui et ce sera sûrement trop de sucre surtout pour une fille qui fait un régime sans sucre mais je m'en fous ça rentre quand même dans mon contrat de moi avec moi.
Une radio a prouvé que je n'avais pas les trompes bouchées.
Hier, mon sac à main s'est bloqué entre la porte coulissante du métro et la paroi du métro, j'ai du tirer dessus comme une forcenée en disant "merde merde merde" pour réussir à le décoincer.
J'ai offert des chaussettes à mon collègue qui m'avait offert des chaussettes, c'était le deal.
Dans les crêpes de ce soir, on va mettre du rhum.
Je me suis acheté un livre de pâtisserie alors que je fais un régime sans sucre, très dangereux mais on dirait que j'aime jouer avec le feu.
En fait c'est pas si dur d'arrêter le sucre (ça fait déjà presque deux semaines, là), et je me sens déjà vachement plus légère.
Je me suis acheté des chaussures à talons, des bottines, je les aime beaucoup et je les porte !
Janvier, c'était nul et je suis bien contente que ce soit terminé.
Mon parapluie acheté cinq euros chez "tout à un euro" a rendu l'âme dès le premier coup de vent.
J'ai réussi l'exploit d'accumuler six crevasses sur un seul pouce, celui qui feuillète les livres poussiéreux du boulot. Je me suis acheté une super crème pour les mains depuis.
Un collègue a trouvé une semelle intérieure de chaussure, usagée, à l'intérieur d'un livre pour enfants.
J'étais derrière le comptoir et un enfant de 3 ou 4 ans s'est précipité vers moi, sa maman lui a dit "non, tu n'as pas le droit d'aller là !" et il a dit d'une toute petite voix "mais je voulais faire un bisou à la dame" (c'était moi). Sa mère lui a dit qu'il ne pouvait pas faire des bisous à tout le monde comme ça, il est ressorti de derrière le comptoir, a embrassé le bout de ses doigts et a soufflé en ma direction.
J'ai aimé cette semaine revoir des amis de longue date, qui ont toujours leur coiffure malmenée par le vent du Havre, et discuter et me marrer avec eux comme si on s'était vus hier.
On s'est rendu compte qu'on avait peut-être des voisins sympas. Ce n'est pas le cas de ceux qui sont juste en-dessous de nous, qui sont assez méprisants. En plus, le mec est macho.
J'ai coupé les cheveux de J..
En fait pour le crawl, ce n'est pas si gagné que ça. Je savais parce que je ne connaissais pas encore toutes les subtilités de la nage, et maintenant que je dois y réfléchir pendant que je nage, c'est plus compliqué... Accélérer le battement de pieds quand on plonge sa main dans l'eau, souffler en deux fois sous l'eau, ne pas mettre sa figure face au fond de la piscine, ne pas décoller ses jambes l'une de l'autre, donner un coup d'épaule quand on pousse l'eau avec sa main...
J'ai vu ce film et ça m'a fait un bien fou.
J'ai la frange dans les yeux.
J'ai encore perdu au bowling.
Je suis retournée à Poissy, à la gare, ça n'avait pas changé depuis 1998, en plus vieillot et abîmé. J'ai eu l'impression de faire un saut en arrière. J'ai eu l'impression que c'était une métaphore de mon propre vieillissement.
Dans mes crêpes j'aime bien mettre du sucre en poudre.
Mes cicatrices ont changé, le point de couture disparait et on ne voit presque plus que le coup de scalpel, toujours aussi rouge.
Dans le tram, je me suis mise de biais parce que sinon, mes genoux et ceux de la dame d'en face se touchaient, et elle a ri, m'a attrapée juste au-dessus du genou et m'a collée à sa cuisse chaude et moelleuse, et elle est restée un moment la main sur mon genou. C'était très bien (j'adore qu'on me touche).
A côté, la fille s'était mise aussi de biais, pour que ses genoux ne touchent pas ceux du monsieur en face d'elle. Et lui, il arrachait les peluches de son manteau à elle, et il me regrdait le regarder en riant, et elle, elle ne se rendait compte de rien.
Maintenant, le mercredi midi, c'est décidé, je mange dans la cuisine de mon job plutôt que dans un bar, c'est une façon d'avoir des sous à dépenser pour autre chose. Il y a une ambiance assez familiale dans cette cuisine, je dois dire que c'est plutôt sympa. C'est bizarre de ne pas sortir du magasin de la journée. Et en même temps, avec cette pluie...
J'ai voulu m'acheter une robe en soldes mais il n'y avait pas de robes qui me plaisaient. Je me suis souvenu pourquoi je détestais faire les magasins.
Je préfère la pluie à la neige salie.
J'ai trouvé deux trèfles à quatre feuilles dans un dictionnaire, au boulot. J'en ai gardé un et j'ai donné l'autre au collègue qui se trouvait près de moi.

Je vous souhaite une bonne soirée.

24 janvier 2013

visite guidée

Aujourd'hui, j'ai fait une visite guidée de l'exposition COLORAMA à une classe de maternelle. Je dois dire que je redoutais un peu ce moment (je redoute beaucoup de choses en ce moment), je ne suis pas habituée à parler en public et encore moins à de très jeunes enfants.

Finalement, en arrivant, je leur ai proposé de poser leurs manteaux sur une table à l'entrée, puis il s'est produit un truc hallucinant : ils se sont mis naturellement en rangs deux par deux devant moi sans que personne ne leur donne aucune instruction. Et les deux qui étaient sur le devant de la file me suivaient au millimètre près quand je me déplaçais (notons tout de même que ce rangement s'est dissipé assez rapidement, après c'était plutôt ambiancé essaim).

La petite fille de devant me regardait par en-dessous, puis elle a dit très très bas, ce qui fait que j'ai dû me pencher et lui faire répéter : "pourquoi t'as une fleur ?" (c'était ma broche). Ensuite, j'ai commencé la visite, une petite fille a levé la main pour poser une question, je lui donne donc la parole. Voilà ce qu'elle m'a dit "Et bien moi madame, et bien moi, et bien moi, je suis déjà venue ici parce que j'ai fait l'école du ciiiiirque !" (rien à voir avec le schmilblik donc, ça m'a rappelé moi quand j'étais petite et qu'il fallait que je case toutes mes destinations de vacances d'été dans le Gers pendant le cours sur le Moyen-Age).

Ensuite, je leur ai montré une maquette de livre, et ils ont tous voulu la caresser (???), et ils s'exclamaient "c'est doux, oh oui c'est doux !", "Madame, c'est très très doux". Une petite fille m'a demandé si sous son verre, l'original au mur était aussi doux que la maquette.
Elis, une autre exposante m'a rejointe, elle s'est présentée, puis a dit qu'à elle aussi on pouvait poser des questions, et là tous les enfants ont levé la main, alors elle dit à l'un d'eux "oui ?" et l'enfant a dit "moi c'est Yassiiiiin !!!" et les autres, toujours le bras levé, disaient "moi c'est Adaaaa !!!" "et moi c'est Nicolaaaas !!!" Ca criait dans tous les sens.

Ensuite, pendant que je parlais, une petite fille se rapprochait de plus en plus de moi l'air de rien, et tout à coup, elle m'a pris la main, et alors là le pompon, elle s'est mise à me caresser la main qu'elle tenait, pendant que je parlais.

Après, on a fait une activité dessin et un petit garçon n'osait pas dessiner, il me demandait la permission avant de rajouter chaque trait à son dessin.
A la fin, un petit gars voulait absolument me donner son dessin, il m'a dit que c'était parce que sa maman jetait tous ses dessins à la poubelle. Du coup je lui ai dit qu'il ne fallait surtout pas que ça l'empêche de dessiner.
A la fin, j'ai mis son écharpe à Lou et elle s'est laissée faire et ça m'a fait bizarre, je n'ai pas encore réalisé que pour les enfants, les adultes savent faire.

Trop sympas les gosses.

17 janvier 2013

La neige c'est beau, enfin c'est ce qui se dit.

La neige c'est beau, enfin c'est ce qui se dit. La fois où on s'est levés à 5h00 du mat' pour prendre un car, il avait neigé bien 30 cm et on était les premiers à marcher dedans, on était trempés mais c'est vrai que c'était beau, moi aussi j'avais trouvé, c'était magique (ça aussi ça se dit à propos de la neige). En attendant, là, je ne vois pas en quoi c'est joli, c'est marron, liquide, gelé, par endroits on a l'impression de marcher dans du granité c'est immonde. En plus ça me force à mettre des chaussures épaisses et je ne sais plus comment m'habiller. J'essaie de mettre des vrais habits d'hiver, en laine, plusieurs épaisseurs, des chaussettes qui montent jusqu'aux genoux, des gilets épais, des pantalons taille haute, des tee-shirts à manches longues. Je mets un bonnet, une écharpe super longue, un manteau de grand-père très chaud. Et bien je n'ai pas froid du tout. C'est quand même l'horreur. Je voudrais être ultra poilue et pouvoir sortir nue, comme un renard. Ou pas.

Pour mes 28 ans, j'ai gagné des rides sous les yeux, même quand je ne souris pas, mais il faut dire que je suis vraiment très très fatiguée.

J'écoute cette chanson en boucle. Je l'ai découverte chez Delhaize, ils la passaient tout le temps et j'aimais bien, et puis je me suis mise à l'écouter sur Youtube il y a genre dix mois, je travaillais sur l'ordi et je l'écoutais, encore, encore, encore, encore, encore. J'arrêtais de travailler toutes les 4 min. 50 pour faire replay. C'était en mars, il faisait beau et chaud, la fenêtre du salon était ouverte, ce qui fait que ça m'évoque ça. Je trouve que cette chanson représente parfaitement les Etats-Unis, certes je n'y suis allée qu'une fois et c'était il y a 17 ans, mais c'était comme la chanson, vraiment. Ca me fait aussi penser aux platanes du square de Poissy quand on jouait dehors quand on était petites, ma soeur et moi. Il y avait des arbres et des buissons dans tous les sens, c'était vert de tous les côtés, et on était là, en sandales et robes, avec nos potes de square, c'était vachement bien. C'est positif d'écouter Lana Del Rey, vous voyez. Ca me fait le même effet que ça quand j'avais douze ans.

Je sais nager le crawl depuis mardi, c'est officiel. Je n'avais pas été à la piscine depuis avant Noël, à l'époque le crawl c'était pas gagné, et puis là, j'ai repensé à une discussion que j'ai eu avec le partenaire particulier d'une célèbre blogueuse à propos du fait d'apprendre en ne faisant rien d'autre que penser à ce qu'on doit apprendre, c'était exactement ça : je suis revenue à la piscine et il y avait des blocages qui avaient sauté. Du coup, je file à toute allure dans la piscine, et j'ai des courbatures dans le dos épouvantables. Bon, c'est loin d'être nickel mais je ne coule plus et je ne bois plus la tasse alors je crois que c'est presque dans la poche.

Je voudrais faire une transat', apprendre à skier, faire de la plongée sous-marine, et je crois que je vais vraiment le faire.

Mon collègue m'a filé les chaussettes que sa tante lui avait offert à Noël.

J'aime tellement le cocktail Harvard Cooler que j'ai fini la bouteille de Calvados. Le problème c'est que dedans il n'y a pas de cerise au marasquin et que j'adore les cerises au marasquin.

J'ai le cheveu mou, la cerne élancée et le bout du doigt craquant.

Au boulot, j'ai récupéré un bouquin dans la poubelle mais une fois rentrée à la maison, j'ai trouvé dedans un cafard, mort certes, mais quand même.

Dans deux mois il fera beau et chaud.

Je voudrais visiter la Turquie, la Bolivie, le Pérou, le Portugal, et surtout j'ai envie de retourner en Espagne et en Italie avec J., partager avec lui les odeurs et les lumières revitalisantes, dynamisantes voire dynamitantes.

Si je savais faire la roue, j'aurais envie de la faire tiens.

13 août 2012

Hier soir, j'étais au fond de mon lit (toute

Hier soir, j'étais au fond de mon lit (toute seule, Couacman bossait), il était 23h00, mon téléphone portable était éteint, le téléphone fixe sonne. Je me dis "La barbe, qui ose me déranger à cette heure-ci" et donc, je décide de ne pas me lever et de ne pas décrocher. Il resonne.
Et là, horreur, malheur, je me rappelle que Couacman voulait m'emmener, après son boulot, voir le concert de Iggy Pop ! Sûre que c'est lui qui essaye de me joindre pour me donner rendez-vous, je le rappelle, banco c'était lui, et moi j'avais trop la flemme de me rhabiller et de sortir, alors que mon haleine sentait le Colgate et que mon oreiller m'appelait...
Nous décidons donc qu'il ira sans moi mais je le sens déçu, et puis moi je suis deg' parce que j'avais envie de voir un concert de rock. Je me recouche, me tourne et me retourne dans le lit, et là, je repense au billet de 20 euros que j'ai trouvé par terre dans la rue quatre jours avant, je repense au fait que c'est PILE le prix du billet de concert, je pense au fait que c'est un spectacle plein air juste de l'autre côté du parc à côté duquel nous habitons, et puis j'entends la sono depuis mon lit et je suis super fâchée de devoir m'endormir alors que les autres font la fête.
Bref, je saute dans mes habits, je me mets du rouge à lèvres parce que je suis comme ça moi, et je prends le billet de 20, mon portable et mes clefs dans une trousse. Sur place : ça sent l'herbe mais pas la pelouse. Il y a des gens qui se lèchent la figure. La musique me fait tressauter le boyau. Par un miracle sans nom, je trouve Couacman très rapidement (les astres étaient avec moi hier soir), on a entendu I want to be your dog et The passanger. On a vu les fesses d'Iggy Pop en live, ainsi que sa superbe épilation (ou alors ce type est imberbe de partout), on a crié, hurlé, il avait le cheveu dégoulinant, et il buvait de l'eau minérale. Il nous a dit "I can say Booouuunsssoâr" alors on a crié "ouaaaaaiiiiis" puis il a  dit "I can say à biiièèèèntôt" alors on a crié "ouaaaaiiiis" puis il a dit "I can say meeeuuurciiii" alors on a crié "ouaaaaaiiiis" puis il a hurlé "I can say Fuuuuuck ooooooooff" alors on a crié "ouaaaaaaiiiiis". C'était épatant.

Publicité
<< < 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 30 > >>