A Bruxelles. Aujourd'hui, je ne suis pas sortie et la lune se lève, énorme et jaune.
Je me demandais si le plaisir de dessiner (toujours précédé malheureusement de l'angoisse de m'y mettre) retrouvé à Chelles allait déborder sur mon retour en Belgique, je l'espérais et l'attendait mais non, mon retour ici est accompagné des retrouvailles avec mes soucis, avec mes colères, avec mes nerfs, avec ma flemme du boulot et mon ras-le-bol de tout.
Je me dis que la seule solution, c'est de trouver un endroit où travailler qui soit autre que chez moi. Je crois que si j'ai travaillé à Chelles, c'est que j'y étais exprès pour ça et que je n'avais rien d'autre à y faire. Je me disais "je travaille jusqu'à ce que Camille rentre du boulot" et du coup, comme je travaillais bien, le plaisir de retrouver ma soeur le soir était entier et sans culpabilité. Chez moi, je perds mon temps. J'ai mille choses à faire autres que travailler mais je ne me permets pas de les faire car je dois travailler mais comme je n'ai pas envie de travailler vu que j'ai plein d'autres trucs à faire, et bien je ne fais RIEN, ni ce que j'ai envie de faire ni travailler, je ne profite pas de mon temps et je n'aime plus être chez moi car c'est synonyme de désordre intérieur.
Donc, je dois trouver un endroit où travailler. Je cherche, je cherche mais ne trouve pas. L'école, c'est hors de question. A la bibliothèque, c'est chaud de sortir ses encres, et puis j'ai besoin d'un point d'eau et m'imagine mal vêtue de mon tee-shirt à peinture (très crade) aller jusqu'aux toilettes avec mon verre à moutarde à la main pour prendre de l'eau et rincer mes pinceaux...
Dans un café, je vais regarder les gens au lieu de travailler. Chez une copine ? A voir, à proposer, à tester. Si vous avez des idées, je vous écoute...
J'ai le cafard comme pas permis.
Notre appartement est dans un certain fouillis et il faut ranger car demain, nous aurons sûrement notre première visite de potentiels acheteurs d'appart'. Ca me saoûle ! Je voudrais déménager tout de suite pour ne plus y penser. Déjà, je ne me sens plus chez moi, je n'ai plus envie d'investir cet espace. Pourvu que tout se fasse vite !... Pourvu que les gens de demain aient un coup de foudre et qu'on soit obligés de partir.
Après Chelles, il y a eu un week-end à Amiens...
Il y a eu un aller Paris/Amiens avec Milky qui nous avait préparé un p'tit dej' du tonnerre, avec mini nappes adaptées aux mini tablettes du train, il y avait des mini confitures, des minis bouteilles de jus, du très bon pain et même du thé bien chaud !... C'était super et je me souviendrai de ce trajet à manger et à discuter en regardant la nature embrouillardée défiler par la fenêtre...
A Amiens, il y a eu un thé au Marivaux, un bar de la place de la gare qui ne paye pas de mine mais où nous avons attendu Couacman avec plaisir... il y avait un gros chat et quelque chose de très simple qui m'a réchauffé le coeur.
Il y a eu un petit passage à l'hotel pour poser mon énorme sac à dos et montrer ma production (en illustration) de la semaine à Milky et Couacman qui avaient plein plein de choses à dire !
Il faisait beau, nous nous sommes promenés en discutant et j'ai adoré Amiens ! Quel calme ! Le centre-ville est piéton et c'est d'un reposant ! J'ai trouvé cette ville lumineuse (même le lendemain, quand il pleuvait à verse) et très apaisante. Je n'avais dormi que trois heures dans la nuit de vendredi à samedi mais je suis sûre qu'Amiens y était pour quelque chose dans mon endormissement permanent : à Amiens, c'est simple, j'ai oublié tous mes soucis.
Nous avons visité la cathédrale et fait un tour de barque sur les canaux du quartier Saint-Leu. Nous avons déjeuné de frites et de saumon (et de picon-bière). Nous avons dîné d'un chinois étrange (j'ai pris un porc au caramel et en vrai, c'était du porc baignant dans du ketchup). Nous sommes allés au cinéma voir "Mic macs à Tire-Larigot" et j'ai trouvé ça bien, avec plein de chouettes idées, mais pas non plus génial.
A l'hotel, nous nous sommes caillé les miches car nous n'avions qu'un drap et deux dessus de lit, pas de couverture. Nous n'avions qu'un oreiller pour deux et aussi juste une serviette pour deux. La douche était bouchée et de toute façon, il n'y avait que de l'eau froide. Et puis le lit était mou et il y avait une barre au milieu, au niveau du dos (nous ne retournerons pas dans cet hotel).
Le lendemain, nous avons petit-déjeuner au macdo car c'était le seul endroit ouvert. Milky est partie prendre son train et nous, nous nous sommes dit que plus vite on la reverrait, mieux on se porterait...
Il pleuvait très fort et la Maison de la Culture était fermée pour cause de jour ferié. Là, deux témoins de Jéhovah nous ont accosté pour nous parler de Dieu et Couacman a discuté avec eux pendant plus de quarante minutes (sous la pluie, donc). C'était horrible et j'ai crû devenir folle. A la fin, je me suis impatientée.
Nous sommes allés à l'Office de Tourisme pour savoir ce que nous avions la possibilité de faire, ce jour de pluie de Toussaint, à Amiens. La dame nous a proposé de visiter la maison de Jules Verne mais on avait moyennement envie alors elle nous a dit qu'on pouvait boire un thé ou aller au cinéma. Ce que nous avons fait. Nous avons vu "Mademoiselle Chambon" et nous avons adoré. J'aime les films français qui se passent dans des petites villes de rien.
Puis nous sommes allés à la gare et notre train (pour Lille) était annulé et remplacé par un car pour Arras où nous devions prendre un train pour Lille, mais nous serions arrivés trop tard pour avoir notre correspondance pour Bruxelles. On nous a donc envoyés à Paris où nous avons pris le Thalys pour rentrer chez nous. Et voilà ! Il faudra qu'on y retourne car nous n'avons pas eu le temps de visiter le quartier Henriville ou Couacman habitait lorsqu'il vivait à Amiens.
Et maintenant, je ne sais pas si je préfererais vivre à Auxerre ou à Amiens (ou en plus il y a Lisa, qu'on n'a pas eu la chance de voir là mais ce n'est que partie remise).
J'ai froid aux os et j'aimerais passer la soirée avec mes soeurs, leur copain/mari, Milky, Linux le chat.
Et vous, comment se fait-il que vous viviez à l'endroit où vous vivez ? Est-ce un choix ? Y êtes-vous bien ?