Je vois un peu mon énergie comme de l'eau qui
Je vois un peu mon énergie comme de l'eau qui coule par maint trous d'un tuyau percé, que j'essayerais de colmater avec mes mains mais sans y arriver (trop de trous, pas assez de mains). Je sens que ça vibre en moi, que je suis animée, électrique et en même temps je n'arrive pas très bien à savoir quoi faire de ce dynamisme, comme si il arrivait à l'improviste et que je n'avais pas eu le temps de finir de préparer ce que je voudrais en faire. Pourtant j'ai mille idées de trucs que je DOIS faire mais j'ai du mal à canaliser, à savoir par quoi commencer, à penser à ces choses que je dois faire quand j'ai le temps pour les faire. J'y pense quand je suis obligée de faire autre chose et que du coup je ne peux pas les faire. Comme je suis rusée, j'ai commencé à noter ces choses lorsque je ne peux pas les faire, pour pouvoir y repenser lorsque j'ai la possibilité de les faire, mais alors voilà, j'ai l'énergie qui coule par les trous du tuyau. Alors ça n'avance pas aussi vite que ce que mon impatience aimerait (même si ça avance quand même...).
Il y a des périodes où la vie va et c'est reposant jusqu'à ce que ce soit chiant et qu'il faille faire quelque chose pour déséquilibrer un peu tout ça.
Et puis il y a des périodes où mille choses se développent, où on arrive à mettre en marche des choses qui patientaient sur le bas côté.
C'est là qu'on en est, J. et moi. J'imagine que l'enfant à venir n'y est pas pour rien, que la trouille de ce qui va nous arriver nous a forcé à nous remuer les fessiers et à entreprendre, là, à ne plus trop réfléchir. Et c'est très bien.
Il va partir en voyage à vélo, plusieurs jours, beaucoup de jours. Pendant ce temps, j'ai prévu de cuisiner, de dessiner et d'écrire à mes amies.
Ensuite, en septembre, c'est mon tour d'etre en vacances. Hier, je me suis offert un billet de train pour Marseille. J'adore passer des week-ends avec mes copines, c'est un truc qui ne change pas, que j'appréciais et que j'apprécie et que je sens que j'apprécierai. Ce qui est bien, c'est de discuter depuis le fond d'un lit ou attablées tard dans un bar sombre, c'est là qu'on se raconte les trucs les plus croustillants. J'aime bien me retrouver loin de chez moi et loin de J., c'est bien de se souvenir de qui on est soi personnellement non accompagnée. Ca me fait du bien, aussi, ça. Même si cette fois en fait je serai accompagnée mais...
Je viens de dévorer le blog d'Elise en Voyage, le genre de blog qui donne envie d'avoir envie, parfait. Je me suis rendu compte que malgré la rubrique "Bruxelles" de ce blog, en fait je n'en parle jamais, de Bruxelles. Alors je me dis que je vais m'y mettre, d'autant plus que visiblement on en partira bientôt, pas tout de suite mais pas dans 10000 ans non plus. Je pense que ce serait bien de raconter mon quotidien ici, les types qui s'ennuient sur des bancs et qui sont très lourds dans la rue de mon boulot, les limonades dans des cafés verdoyants qu'on se boit, avec J., les poubelles qui trainent dans les rues, et la façon dont toute la ville est en fête au moindre rayon de soleil. Pas forcément la réalité de Bruxelles mais ma réalité à moi. Je sais que je serai super heureuse de relire ce genre de choses un jour...
Bon, à part ça, j'ai le ventre qui bouge de plus en plus, une sensation que ces petites jambes-là sont de plus en plus musclées et assurées et désinhibées. Je me souviens de la première fois que j'ai vu une bosse dépasser, j'en avais caressé le pointu tout doucement et la bosse s'était immédiatement rétractée et l'enfant n'avait plus bougé, je l'avais imaginé tapi, surpris. Ca, c'est bien fini, maintenant on joue ensemble, je gratte du bout des doigts et il donne le plus fort coup possible, c'est la fête du slip. On lui chante du Leonard Cohen et je lui chante du Camille, on lui chante aussi La Chenille, il aime tout pareil (ou il désaime tout pareil, en fait on ne sait pas trop, en plus on n'est pas sûrs de chanter hyper juste). C'est adorable tout ça et je me sens débordante d'amour et d'énergie. De l'énergie qui coule et qui déborde et que je voudrais stocker.
Sur la photo, le meuble en marbre de la cuisine. A gauche par terre dans le trou, un pschit de colle, vide, à jeter on sait pas où alors il traîne là (on a oublié de l'emmener à la déchetterie, l'autre fois). Sur le meuble, la chère menthe de J., le pain, les chocolats offerts par mon frère et qui déchirent (énormes en plus, ils se mangent comme des pâtisseries, en plusieurs bouchées). Le plateau, le pilon, la balance, la tasse Marsupilami offerte par mon oncle pour Noël genre en 2001, avec dedans le truc à thé avec du thé dedans. Le grille-pain, la moche lampe rouge mais qui fait une jolie lumière (c'est l'effet "rouge"), la bouilloire pleine d'eau à point pour être versée dans la tasse. L'immense carton à dessin super encombrant.
