lundi 16 septembre 2019

 


J'aime tout dans cette vidéo. La chanson me bouleverse tout à fait. J'aime les fausses notes, l'ambiance de Noël, le fait qu'il y ait un enfant debout sur une chaise devant le micro. J'aime le mec qui arrive en retard et les sourires de ses voisins qui le saluent. J'aime bien les lunettes rondes du retardataire. J'aime bien le rouge et le noir. J'aime bien le fait que ce soit un beau témoignage de la beauté des gens. J'aime bien ceux qui ferment les yeux tellement ils sont dans l'ambiance de ce qu'ils chantent. J'aime bien les mecs qui font "ooooh" en fond sonore. J'aime bien la dame qui chante en duo avec Camélia Jordana et je pense qu'elle sait la chance qu'elle a de chanter en duo avec Camélia Jordana. J'aime bien comme ils ont tous l'air heureux. J'aime bien les pieds nus de la dame. J'aime bien m'imaginer Camélia Jordana devant son dressing, décider, hésitante, de mettre son pull et son pantalon noir parce que quand même, il peut faire un peu froid dans une église. J'aime bien qu'on soit en retard pour chanter avec sa chorale et Camélia Jordana, sans stress. J'aime bien que Camélia Jordana se soit libérée samedi après-midi pour aller chanter avec cette chorale sympathique, alors que toute son équipe l'attendait sûrement en studio pour enregistrer son prochain album. J'aime bien quand plein de gens, ensemble, arrivent à faire un truc aussi réussi, ça donne de l'espoir.

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jeudi 12 septembre 2019

Hier, la médecin m'a fourni la photo de ses chromosomes. Pas des chromosomes au hasard, de quelqu'un, photographiés un jour. Les siens. En noir et blanc, de mauvaise qualité, sur un papier très simple d'imprimante. On dirait des lardons. Ils sont numérotés. Au numéro 21, ils sont trois, et j'ai passé le trajet de retour en train à les regarder, ces trois 21, en me demandant si c'était vraiment trois fois le même, si ils se ressemblaient tant que ça, si l'un des trois n'avait pas été rangé à la mauvaise place. Du coup, presque, heureusement qu'il y avait le fémur court, la cardiopathie, le flou dans le cerveau, pour me confirmer les trois 21. Je pense ça et immédiatement en fait non, je ne le pense pas du tout.
Je regarde ces chromosomes, et c'est comme un petit signe d'elle, comme un coucou, un peu d'elle que je ne connaissais pas encore et que j'avais à découvrir. Un peu comme le roman de jeunesse de ton auteur préféré que tu découvres par hasard longtemps après avoir lu plusieurs fois tous ses romans (celui-là, il l'avait écrit sous pseudonyme).
Et mon coeur se pince, car là, sous les yeux, à travers ces chromosomes, j'ai tous les détails de cette petite fille, mais à part les trois chromosomes 21 et les deux chromosomes X, je ne peux pas lire, pas comprendre, je ne peux pas en savoir plus d'elle.
La médecin, c'est elle qui m'avait fait l'amniocentèse, et du coup j'ai la trouille de la revoir. Elle me dit qu'elle était sûre que la prise de sang s'était trompée, étant donnés mes très bons résultats au tri-test. Avant mon accouchement, plusieurs personnes m'ont déjà dit ça, et ça m'avait fait du bien, alors que là, ça me donne envie de pleurer.

Je me sens convalescente. Heureusement que j'ai du travail. Heureusement que maintenant que J. est à l'école primaire, je retrouve une copine à la sortie de l'école (même si elle est enceinte et qu'on a(vait) le même terme à trois jours près...).
Heureusement que J et J. Heureusement que le beau temps. Heureusement que les bons légumes. Heureusement que les amis. Heureusement que j'aime vraiment beaucoup la vie.

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samedi 31 août 2019

Comme je suis heureuse et à la fois tellement malheureuse.
Comme je me sens punie.
Comme malgré la preuve scientifique que nous ne sommes pour rien à ce qui est arrivé à notre minuscule A., je n'arrive pas à me défaire de la sensation d'avoir mal fait, d'avoir loupé, d'avoir mal suivi la recette, de n'avoir pas su faire...
Comme je voudrais un bébé et en même temps je ne veux pas d'autre bébé qu'elle.
Comme j'envie mes amies enceintes, leur joie, leur épanouissement, leur légèreté.
Comme ce fut atroce de devoir choisir.
Comme nous ne voulions pas choisir.
Comme nous aurions préféré ne pas savoir, en fait.
Comme je ne regrette pas notre choix, et comme à la fois je le regrette complètement.
Comme ça m'a bouleversée d'apprendre que Philippe Katerine avait dû être opéré à huit ans d'une cardiopathie.
Comme c'est difficile de se projeter dans le handicap quand on ne connaît pas le handicap.
Comme on ne peut pas imaginer, malgré tous les témoignages possibles et imaginables recueillis.
Comme elle était belle, et ses doigts fins, et ses ongles microscopiques.
Comme ses cheveux, ses cils et sourcils étaient blonds-blancs.
Comme on peut avoir pris une si grande place, même seulement en quelques mois, en se manifestant juste par des petits coups, de l'intérieur.
Comme elle lapait le liquide amniotique, quand nous la voyions aux échographies.
Comme je veux revenir en arrière, qu'elle soit encore là mais qu'elle aille bien.
Comme je la veux, elle.
Comme c'est injuste.
Comme c'est une chance incroyable d'attendre un bébé qui va bien.

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samedi 10 août 2019

Je crois que c'était pendant les vacances de Pâques, avant tout ça.
J. était à Paris ou au boulot, et moi je restais à la maison avec J..
J'étais super fatiguée, du genre à m'endormir dès que je m'asseyais. J'avais des nausées terribles, provoquées par l'idée des poireaux, des oignons et du vinaigre, du porridge et du lard. Et je passais mes journées à penser à des poireaux, des oignons, du vinaigre, du porridge ou du lard.
Je lisais un livre de Ken Follett dans les bras de mon fauteuil de salon, j'étais tellement prise par ma lecture que j'étais au Moyen-Âge et je redoutais de me faire attaquer par cet atroce type dont j'ai oublié le nom mais qui n'avait qu'une idée, piller, tuer, violer, se venger.
J. s'était déjà pris de passion pour les restaurants et installait sur notre porte d'entrée son menu. De la quiche aux lardons, du porridge, ce genre de choses...
Il fabriquait mille fiches "plat du jour" avec les prix, à accrocher dans le restaurant avant chaque repas.
Je lui donnais un classeur et des pochettes transparentes pour ranger ses fiches, ce qui l'occupait à peu près 3 heures.
Et moi je lisais, par moments il me coupait et on discutait cuisine, restaurant. On a fait ça plusieurs jours, tous les deux bien sereins.
J'avais envie de vomir, mais j'étais bien, là, entre mon livre, mon fils, mon fauteuil et mon ventre.

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lundi 5 août 2019

la blessure

Le 14 juin, j'avais mis ma robe noire avec des leggins et mes chaussures à pois. Il pleuvait et j'étais de mauvaise humeur, on devait passer chercher le pain au marché devant la gare avant d'aller à l'école, sauf qu'on était déjà en retard à l'école. J'étais en colère, sans trop savoir pourquoi, c'était ce genre de jours où on est mécontent alors que la veille ça allait et qu'on sait bien que le lendemain ça ira.

Sur le coup de 9h00, le pain était acheté, Jo déposé à l'école, finalement tout avait été, ça ne valait pas tant de mauvaise humeur. J'écoutais la radio, c'était l'heure de Boomerang. Il me semble que j'avais fini de faire la vaisselle, et qu'alors j'étais plutôt d'humeur dansante.
Et c'est là que j'ai reçu le coup de fil. Celui qui a fait basculer, trébucher, s'étaler ma vie sur le bitume. Je me souviens de mon téléphone posé sur la table, qui sonne, avec un numéro inconnu noté sur l'écran. Je me vois décrocher pleine d'enthousiasme, et aller m'asseoir, va savoir pourquoi, sur le lit de Jo. Je me souviens de l'homme qui se présente, et de son "malheureusement je vous appelle pour vous annoncer une mauvaise nouvelle". Je me souviens que j'ai tout de suite compris et qu'il a pensé que quelqu'un d'autre me l'avait déjà annoncée avant lui. Je me souviens de l'impact que ces mots ont eu sur moi avant même qu'il m'ait expliqué exactement de quoi il retournait, "malheureusement", "mauvaise nouvelle". Je me souviens de la façon dont j'ai senti mon coeur se liquéfier en moi. Je me souviens que j'ai pensé alors à la joie de Petit J. à l'idée de devenir grand frère. Je me souviens du flottement, après le coup de fil, du "mais non" répété en boucle dans ma tête. Je voulais que mon bébé aille bien. Je le souhaitais de toute mon âme.

Et puis après, comme si je tombais au ralenti, mes genoux déjà écorchés par l'annonce, c'était ma tête qui cognait par terre en allant faire l'amnioscentèse, c'était mon nez qui se brisait quand se fissurait la poche des eaux, c'était mon foie qui éclatait quand je passais la nuit à perdre du liquide amniotique allongée dans ce lit d'hôpital. C'était mes os qui se fracassaient quand je recevais ce nouveau coup de fil qui me confirmait le mauvais premier résultat. Et malgré tout ça, j'étais toujours vivante.

On mesure la gravité de ce qui nous arrive au fait que tout le monde se met à nous appeler par notre prénom. "Bonjour Elisabeth, comment allez-vous ?" me demandaient ce cardiologue, cette généticienne lyonnais, d'un air compatissant. Tout le monde se met à vous parler avec douceur. Tout le monde vous connaît, la secrétaire que vous n'avez jamais vue vous dit "ah, madame C. !" quand vous arrivez. Vous recevez des mails de sage-femmes qui vous proposent un contact avec une amie chère à leur coeur qui a vécu la même chose que vous. Votre sage-femme vous propose de passer au tutoiement et termine ses sms par "je t'embrasse".

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dimanche 4 août 2019

Mardi soir, en revenant chez moi, j'étais devenue errante. Je n'ai pas compris tout de suite ce qui m'arrivait, je passais de pièce en pièce comme si je cherchais quelque chose, sans bien savoir quoi. Je regardais dans tous les coins, j'inspectais mon bureau, je regardais dans les poubelles. Je ne m'asseyais pas, je marchais, doucement, en regardant partout. J'avais perdu quelque chose. Et puis j'ai compris que je cherchais des traces d'elle. Mais bien sûr, elle n'avait rien oublié en partant, elle n'avait pas perdu de cheveux, elle n'avait rien déplacé et rangé différemment de d'habitude.
Je cherchais des traces de ce qui avait été avant qu'elle ne soit plus là. Je voulais voir les épluchures de fruits que j'avais mangés avec elle, je voulais voir comment j'avais plié le linge avant, comme si je n'étais plus la même (je n'étais plus la même) et que je voulais voir comment faisait l'Elisabeth d'avant, pour ce genre de choses. Je buvais dans un verre lavé avant, enveloppée, rassurée, comme si c'était une maman qui l'avait lavé pour moi, donc forcément bien lavé, particulièrement bien lavé, comme je n'étais plus capable de laver.
Je pensais que l'endroit où elle était restée, l'endroit qu'elle avait bien connu, finalement, je le portais toujours sur moi. Je n'osais plus me toucher le ventre.
Je regardais par la fenêtre en me demandant ce que j'y voyais, avant. Et qu'avais-je regardé, remarqué, alors qu'elle était encore là ? Et tout me semblait bizarre, connu mais étranger, car elle n'était plus là, et que sans elle j'étais abandonnée et perdue.
Le voisin de derrière avait défriché son jardin, pour la première fois en presque 4 ans que nous habitons là, et je lui en voulais un peu d'avoir fait ça à ce moment-là, je voulais que rien ne bouge, que tout reste comme avec elle. La nouveauté était comme le paysage du train qui défile en vous séparant de plus en plus de celui que vous aimez, la nouveauté m'éloignait d'elle, c'était comme une petite trahison, comme regarder la suite du film sans elle.
Je trouvais des pêches et brugnons achetés au marché avec elle, en lui décrivant dans ma tête la beauté de l'étal.
Je re-reniflais ce petit bout de laine qui sentait elle, je re-regardais ces empreintes de ses pieds fins, je relisais les 5 mots de son bracelet de naissance. Je voulais la boire, la manger, l'ingérer, et j'avais si peu d'elle.

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samedi 3 août 2019

le coeur

Je n'avais pas imaginé le bien que ça me ferait.
C'était son idée, il voulait exactement le même coeur brodé que celui que je lui ai bricolé, à elle.
Depuis la semaine dernière, depuis qu'il l'avait vu, ce coeur, il voulait le sien.
J'avais dit oui mais je ne l'avais pas encore fait, je crois que je n'avais pas calculé la puissance de cette minuscule broderie.
J'avais brodé un minuscule coeur sur un petit morceau de tissu blanc, doublé d'un petit reste de liberty à fleurs, dans l'idée de le mettre tout contre cette minuscule petite fille. Je pensais le faire pour elle, pour l'accompagner, pour lui dire encore et encore combien je l'aimais, et pour lui tenir chaud.
Et il s'est avéré que ce coeur allait nous soigner, nous accompagner, nous tenir chaud, à nous aussi. A lui, et à moi.
Ce matin, il a pleuré, il était triste, elle lui manquait. Il nous a dit que tout ça l'énervait.
Pendant le petit-déjeuner, il a réitéré sa demande que je lui brode le même coeur que le sien, celui qu'on lui a laissé, serré entre ses mains et son coeur.
Je n'avais qu'à moitié envie, mais j'ai dit oui, et ça l'a tout de suite rendu heureux. Je voulais l'apaiser, lui faire du bien.
Alors après ma douche, nous avons ressorti ma valise de tissus, il insistait sur l'importance d'utiliser exactement les mêmes, que nous avons retrouvés tout de suite sur le dessus, puisque le sien, je l'avais brodé il y a tout juste sept jours.
Il voulait que le petit rond de tissu blanc sur lequel j'allais broder soit exactement de la même taille, et heureusement, il restait le trou rond découpé dans le tissu la semaine dernière, pour avoir la même taille et même exactement la même forme de rond un peu ovale.
Il ne restait presque plus du fil à broder rouge, mais en utilisant tous les micros morceaux qui restaient, je suis arrivée au bout du coeur.
J'ai retrouvé l'aiguille de la semaine dernière, avec un morceau de fil encore dans le chas, piquée dans le revers de ma trousse à broderie, et j'ai pensé le coeur serré que la fois où je l'avais piquée là, il y a juste sept jours, elle était encore en moi. Je lui avais parlé en brodant, assise dans le fauteuil, pendant que mes J faisaient les courses.
Pendant que je brodais aujourd'hui, J s'inquiétait de savoir si je faisais bien parfaitement, exactement, tout à fait, comme pour elle. Oui, oui, le même fil, le même coeur, le même rond, les mêmes tissus.
Nous avons parlé du manque d'elle, de la chance qu'elle a eu d'avoir un si chouette grand frère, pendant sa si courte vie. Nous avons parlé du fait qu'ils étaient un peu reliés par leurs coeurs brodés, maintenant. Nous avons parlé des guilis qu'il lui faisait, à travers la peau de mon ventre. Nous avons parlé de pourquoi c'était important pour moi qu'elle soit incinérée avec son petit coeur brodé tout contre elle.
Et puis je lui ai expliqué comment nous avions choisi le prénom de cette si petite soeur, un prénom qui signifiait quelque chose pour nous et qui, je le sais, a signifié aussi quelque chose pour lui, ce matin, après mon explication. Ce n'était pas juste un prénom très très beau, c'était aussi un prénom qui parlait de confiture d'abricot et du moelleux du ventre de la mère.
Après ça, il était tout mou, tout souriant, calmé.
Ca lui a fait du bien, et c'était bien pour ça que j'avais accepté, ce matin, après le petit-déjeuner, de lui faire le même petit coeur brodé.
Mais je n'avais pas vu venir la paix qui m'a envahie moi aussi.

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dimanche 31 mars 2019

Bon, allez, je me lance. Ça fait deux mois que je n'ai plus écrit ici, et  c'est à cause de la catégorie suivante, la fameuse "à l'école", qui m'a complètement bloquée... Aujourd'hui, ce n'est plus moi l'écolière (contrairement à l'époque où j'ai créé ce blog), et l'école publique française, c'est un sujet qui m'occupe beaucoup l'esprit...
Instit', j'ai l'impression que c'est un des métiers les plus passionnants qui existe, un métier qui permet de partager de l'enthousiasme, des idées, qui permet certainement de changer un peu le monde... J'ai l'impression que c'est aussi un métier ultra difficile, réussir à se faire entendre par trente personnes, réussir à partager des idées, à se faire comprendre, rester calme, bosser énormément, ne pas avoir beaucoup de reconnaissance, être juste, continuer de prendre soin de soi en prenant soin des autres, se remettre tout le temps en question...

Je trouve que ce n'est pas facile non plus d'être parent d'élève. Parce que je ne partage pas toujours les convictions éducatives des instits de mon fils, et que bien sûr c'est tout à fait normal (après tout, c'est logique qu'il y ait autant de façon de penser l'éducation que de gens sur Terre) mais pas toujours facile à avaler... Parce que j'ai tellement entendu d'instit' dire que le plus compliqué dans leur métier, ce sont les parents d'élèves, et que je trouve ça infiniment compliqué d'être les parents reloux (oui, c'est comme chou, genou hibou caillou), de remettre en question quelqu'un d'autre (d'autant plus dans sa spécialité), de se mêler de ce qui se passe dans la classe alors qu'on n'y est pas et qu'on n'a pas forcément envie d'être un parasite casse-pieds qui intervient alors qu'on ne l'a pas sonné... Et qu'en même temps, on a envie de protéger son enfant, de ne pas le voir développer certains traits de caractère encouragés (genre la compétitivité), qu'il soit bien à l'école et qu'il ne soit pas angoissé d'y aller, qu'on ne cherche pas à le faire devenir autre que ce qu'il est (qu'on respecte sa timidité, par exemple)...

Bref, la thématique "à l'école", ça me travaille tellement le coeur que je n'ai pas assez de recul pour y participer. Mais si vous, vous voulez me parler d'école, allez-y, j'adore !

On peut aussi aller visiter le blog de Bliss Cocotte, elle fait des supers billets d'instits qui font visiter leur classe !

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lundi 21 janvier 2019

 

Cette chanson me met dans un état pas possible. Elle me bouleverse, me donne envie de danser et m'apaise complètement en même temps.
Il y a une ambiance de sérénité, de paix, on se croirait dans une bulle, un peu comme quand on a les oreilles bouchées et qu'on entend les sons un peu lointains et qu'on se sent  à l'écart du monde même si on est en plein milieu.
Avec cette chanson, j'ai l'impression d'être assise en-dessous de la pyramide du Louvre et de regarder les gens passer, un condensé du monde, des gens de toutes les couleurs, avec toutes les tenues possibles, des américains en short et des japonais super design. On vient de voir la Joconde, on voit tous ces gens passer qu'on ne recroisera plus jamais ou peut-être que si mais on ne s'en rendra pas compte, alors on sent bien qu'on est rien du tout, et que ce n'est vraiment rien, la vie, qu'il ne faut pas en faire toute une tartine, juste profiter d'être là, là.
Sous la pyramide du Louvre, on se fond dans la foule, les gens sont tellement différents, et c'est tellement curieux de se dire qu'on doit soi-même être exotique pour d'autres. Le mieux, dans les musées, c'est de regarder la diversité humaine.

Cette chanson me fait le même effet. Un effet de joie pure, de cri du coeur, de chair de poule de bonheur.

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mardi 15 janvier 2019

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J'ai trouvé des contraintes : écrire au moins une fois par semaine ici, et à chaque fois écrire quelque chose pour la catégorie suivante. On va voir si je tiens la route... Pour l'instant, même juste pour écrire ça, j'ai dû reprendre dix fois ma phrase, un peu comme quand on est parti en vacances à l'étranger et qu'on n'arrive plus à parler français en revenant. J'essaye de ne pas me mettre la pression, j'écris comme ça vient et on verra...

La première catégorie, c'est "à consulter quand rien ne va plus", j'en déduis que je dois écrire une lettre encourageante à une possible future Elisabeth déprimée (mais je te souhaite que ça n'arrive plus jamais et que tu sois heureuse tous les jours, chère Elisabeth (il paraît qu'il faut être gentille avec soi-même)).

Alors voilà, ce que j'ai à dire à quelqu'un qui déprime, c'est que c'est un immense coup de bol d'exister, et juste se réjouir du soleil qui tape sur le sol du salon, déguster un carré de chocolat ou lire une bande-dessinée, je trouve que ça suffit à avoir réussi sa vie. Combien de spermatozoïdes qui se sont vu claquer la porte au nez de l'ovule ? Combien d'ovules dédaignés ? On a vraiment de la chance que l'ovule avec un bout de nous ait rencontré le spermatozoïde avec l'autre bout de nous, mais vraiment, c'est vertigineux. Comparé à tous ces ovules et spermatozoïdes qui n'ont pas eu de bol, rien que le fait d'avoir respiré une bouffée d'air à la naissance, d'avoir eu la chance de manger une glace avec un vrai cornet en gaufrette, d'avoir joui du ciel bleu d'été, d'avoir entendu voler les insectes et chanter les oiseaux, d'avoir entendu Camélia Jordana et un heureux choeur chanter Ederlezi dans une église, ben juste ça, ça justifie d'avoir vécu, comparé à tous ceux qui n'ont pas existé et n'ont rien vécu de tout ça. Donc, franchement, ne fais rien, chère Elisabeth déprimée, ouvre la fenêtre, hume l'air, regarde la lune, relis un Jérôme K. Jérôme Bloche, et ce sera déjà bien suffisant. Le fait même d'être en vie est une réussite, et tout ce qu'on fait, c'est en plus.

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