dimanche 12 avril 2020

confinement de cent ans

Tout au début, ma sage-femme m'avait dit qu'elle avait lu qu'on allait s'habituer à notre nouvel état de confinés. Ça me semblait un peu dingue...
Mais elle avait raison, je suis complètement habituée. A dire vrai, je me demande comment on fera pour revivre comme avant un jour, si il fallait un jour revivre comme avant. Il y a plein de choses (de gens !) que ce serait super de retrouver, évidemment, mais ce serait un peu comme se relever après avoir été assise à genoux hyper longtemps, l'impression que les genoux ne peuvent plus se déplier, qu'on ne va pas tenir debout, que les articulations sont bloquées dans cette position.

L'échographie de deuxième trimestre a débloqué quelque chose en moi, je me sens tellement plus détendue, je dors tellement mieux, incroyable. Je n'avais pas mesuré à quel point j'étais inquiète.
Je suis super heureuse de nos projets couture à J. et moi, j'y pense beaucoup, j'ai envie de fabriquer mille trucs. Il m'a contaminée de son enthousiasme. Petit fruit de mes entrailles, sois béni.

Je crois que j'étais très fatiguée et que ce temps à trois, c'est du ressourcement (malgré toute la nouvelle fatigue que cela implique). C'est vraiment une parenthèse, un temps suspendu en-dehors du temps, un truc qui semblera irréel après coup, qu'on se demandera si il a  vraiment eu lieu ou si on a dormi et rêvé. Et tout cela sera lié à cette grossesse, à cette enfant. Pour Joachim, mes souvenirs de grossesse sont liés à Bruxelles, au magasin où je bossais, à notre quartier, à nos vacances en Lozère. Pour elle, il y aura du séjour à Paris, du Noël en famille, du dessin à mon bureau, de l'attente à la sortie de l'école, et une très grosse bouchée de confinement au chocolat et à l'orange. Un gros bout de couture au soleil dans le salon (d'ailleurs, elle remue au son de la machine à coudre). Une grosse part de nous trois, là, coincés dans cet appartement. Je me demande quelle petite personne ça va faire, quelle petite personne va venir s'installer là, avec nous, au milieu de tout ça.

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samedi 11 avril 2020

confinement d'été

Si le lapin en chocolat ne s'était pas cassé dans le sac des courses, on n'aurait pas pensé à le remplir de billes en chocolat avant de le recoller au chocolat fondu (vachement moins bien).
J. veut cacher les oeufs pour nous, mais nous aussi on veut cacher les oeufs pour lui, le compromis est donc : on cache les oeufs pour lui et une fois qu'il les a trouvés, il peut les re-cacher pour nous.
Pourvu qu'on n'en oublie aucun dans un endroit un peu chaud... (en plus, ce sont des oeufs non emballés...)

Je me demande si la vie reprendra un jour normalement (pas sûr, vous croyez pas ?), et alors quel parfum gardera cette période. Quelles musiques l'évoqueront, quels souvenirs marquants, quelles ambiances ?

Pour l'instant, clairement,
Nancy Sinatra que J. écoute dès qu'il passe plus de dix minutes en cuisine.
La couture, car l'autre J. est vraiment super motiv' et me pousse à m'y mettre franchement presque chaque jour, et l'air de rien, c'est fou tout ce qu'on entreprend lui et moi (coussin d'allaitement terminé, housse quasi terminée, deux masques, lingettes pour nettoyer les fesses du bébé commencées, pile de raccommodage qui diminue à vue d'oeil (mais il y a tant de boulot sur ma chemise de nuit pref' que ma pile va stagner un certain temps...), projets de débardeurs pour lui et de petits hauts japonais pour moi. On est à fond).
Les sablés infiniment chocolat dont on se délecte.
Jack et le Haricot Magique, que J. lit avec l'école.
L'odeur pas folle du terreau que J. et J. ont utilisé pour leurs semis qui trônent dans le salon (heureusement qu'on vit les fenêtres ouvertes).
La prof de gym de tous les matins et mes haltères-bières.
La difficulté à lire de la fiction et à regarder des films.
Le mascara que j'avais cessé de porter le 15 juin dernier, juste après l'annonce de la trisomie de A., car je pleurais trop et que ça coulait, et que je reporte depuis peu.
Le bébé qui commence à sérieusement communiquer avec nous.
L'odeur des salades de crudités au hareng de J., qu'il mange habituellement sur ses pauses déjeuners, et qu'il ne se résout pas à abandonner, donc il continue d'en préparer malgré le télétravail et mange ça au p'tit dej', en alternance avec les tartines beurre-miel.
La gare désertée, en face, portail fermé, mais tout de même l'enregistrement en boucle de la dame,(toutes les demies heures ?) son petit discours pour nous expliquer les gestes barrières alors qu'il n'y a personne pour l'écouter.
Le bruit du quad à piles du petit garçon dans la cour de l'immeuble d'à côté.

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vendredi 10 avril 2020

Confinement à pas de géant.

22h00, la fenêtre encore grande ouverte, les légumes sont dans la place, rien de très excitant, des carottes, des patates, des poireaux, de la salade, un céleri-rave, et petite pointe de printemps : des radis avec leurs fanes.
J'ai commencé à repriser ma chemise de nuit préfrérée, en soie, qui est aussi la chemise de nuit préférée des mites.
J'ai cuisiné aujourd'hui une sorte de cake aux carottes confites à l'orange super bon, et une soupe glacée de betteraves rouges aux pommes de terre chaudes.
Avant, on laissait les salades flétrir dans notre frigo ou on les distribuait à nos voisins, maintenant, il nous arrive d'en acheter. On doit vieillir.
Le mois prochain, ce sera le 7ème mois de ma grossesse puisque ce mois-ci c'est le 6ème et ça me semble remarquable, wahou, déjà presque le 7ème mois, limite ça commence à sentir l'accouchement, ça se concrétise, je n'ai pas encore réalisé que j'étais enceinte, et on n'a toujours pas choisi de prénom (on a une short liste de 25 propositions à peine).
On va manger cette semaine une tourte Auvergnate aux pommes de terre, avec plein de crème dedans, ça m'a toujours fait fantasmer.
L'irrégularité de l'humeur et de la réussite des journées est épuisante. Ma vie est devenue bipolaire, en gros. Un jour nickel et le lendemain tout pourri (aujourd'hui c'était nickel, ceci-dit).
J. a été inspiré toute la matinée pour s'occuper seul, moi j'ai fait ma petite vie, et à la fois il venait me voir régulièrement pour me demander un truc, me montrer un truc, et c'était très bien comme ça. Il ne souffre pas du tout du confinement, sortir une heure par jour sur le parking (jouer à "attrape-mémère" comme il dit (c'est lui qui a trouvé ce nom et il nous a expliqué que Mémère, c'était lui ;-))) lui suffit amplement, il ne voit pas du tout où est le problème et pourquoi il faudrait se défaire de cette nouvelle vie un jour. Tant mieux...
(bon week-end !)

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jeudi 9 avril 2020

confinement gnangnan

C'est le soir, enfin seule ! Je m'écroule devant internet, j'ouvre un site, et là, une énorme musique genre techno se met en marche (et bien sûr, le son de l'ordinateur est au max). Évidemment, immédiatement, Joachim (qui était couché) déboule "c'était quoi cette musique Maman ?" et en même temps, le bébé se met à donner de grands coups dans mon ventre - comme un aperçu de ce qui m'attend ;-)

J'ai du mal avec le moral. J. va super bien, lui, j'ai donc suivi son conseil de sortir avec eux sur le parking pour prendre l'air et le soleil cet aprem', et surprise, un nouveau numéro de Biscoto m'attendait dans la boîte aux lettres, que j'ai lu en plein cagnard, assise sur la boîte électrique du portail. Le portail est en panne, bloqué ouvert, et heureusement, ça donne une sensation de liberté, même si on n'en franchit pas le rail.
Et J. avait raison, c'était bien, cette sortie. Un changement d'atmosphère. Une coupure. Mais du coup je n'ai pas eu de moment seule à la maison...

En remontant, je me suis assise dans la cuisine, et j'ai repensé à la sensation d'acheter de nouvelles sandalettes quand on est enfant. Déjà, c'est la fête, la perspective des nouvelles chaussures. Il faut aller au magasin, on peut choisir d'essayer toutes celles qu'on veut... On choisit et on repart avec, aux pieds... Elles sentent le cuir mais pas que : peut-être aussi la teinture ? Elles ont une couleur super flash parce qu'elles sont neuves. Vert menthe à l'eau, bleu roi, rouge cerise. La semelle intérieure est parfaitement lisse, sans craquelure. La semelle extérieure est propre, claire et sent bon, elle aussi. Elles sont extrêmement froides sous le pied. On les garde sur soi une fois à la maison. Ca sent les vacances. C'est toute une ambiance. On a hâte d'être à lundi pour les mettre à l'école. Le lundi, on se met en jupe et dans la rue, tôt le matin, on a un peu froid aux jambes mais c'est trop bon parce que tout sent la fin de l'année scolaire. On aime les gens, on se sent bien. On les a achetées un samedi et du coup, le soir, il y a un truc bien à la télé (Fort Boyard ?), qu'on regarde avec les sandalettes toujours aux pieds.
Éventuellement, avec les sandalettes neuves, on met un petit coup de vernis rouge framboise sur les ongles des orteils...

Aujourd'hui, ça fait 14 ans que Jérome et moi sommes devenus Jérome et moi. On a pensé à ce qu'on faisait à Bruxelles pour cette occasion et on a évoqué toutes sortes de restaurants dont nous nous souvenions des noms, des plats-phares, des ambiances. J'aime bien cette possibilité d'y être juste en en parlant.

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mercredi 8 avril 2020

Cette semaine je n'arrive pas du tout à travailler. Je suis complètement claquée depuis que J. télétravaille (ceci-dit, j'aime bien, quand même, c'est sympa de manger ensemble le midi, de se voir tôt l'aprem'...). J'ai dormi 8h30 la nuit dernière, en un seul morceau. Je pense que l'échographie m'a bien détendue...
J. a voulu se coudre un masque, ce qui nous a occupés de 10h30 à 13h30. Il a tout cousu lui-même, même les liens super fins pour lesquels il fallait faire une couture très au bord. Non sans râler, mais il refusait d'arrêter quand je lui proposais que nous reprenions plus tard (en fait, il aurait voulu que je fasse à sa place, alors même qu'hier il était mécontent parce que j'avais presque tout fait toute seule (alors qu'il ne voulait pas faire quand je lui proposais de prendre le relais)). Bon, enfin, voilà, c'est un rêve réalisé en tout cas, une bonne chose de faite.
La période a de bons côtés pour lui, je pense : je fais mille trucs avec lui le matin (pour éviter qu'il aille embêter son père...), il m'a toute à lui. Et à 15h00, il a son père en entier (et moi je m'endors aussitôt dans le fauteuil). En temps normal il est assez autonome mais là, il a vraiment besoin qu'on l'occupe... Il commence peut-être un peu à tourner en rond...
On n'a pas trouvé de levure de boulanger samedi, il ne fait pas encore assez chaud pour faire du levain, mais on a trouvé une recette de pain au bicarbonate de soude qui fait l'affaire parfaitement, il est même très bon et il est prêt en moins de 45 minutes ! La révolution !
Aujourd'hui commence le sixième mois de ma grossesse. Incroyable.

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mardi 7 avril 2020

confinement sans embêtement

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Il y a des jours trop fastoches, comme ça, on ne sait pas très bien pourquoi ceux-là plutôt que leur soeur.
Pourtant, la nuit avait été hyper pourrie et le réveil vraiment duringue.
Et puis ce matin, je me la suis jouée un peu trop perso pour la couture du masque, ce qui a provoqué un drame chez les moins de 7 ans.
Et en plus j'avais une trouille pas possible de ce qu'on allait m'annoncer à l'échographie.

Mais je sens que je progresse en musculation des bras.
J'ai RÉUSSI mon masque !
J. a préparé une délicieuse petite sauce pour accompagner le reste de filet mignon.
Et puis l'échographie fut idyllique, on a un bébé en pleine forme, qui fait des exercices de gym vachement plus poussés que les miens (genre tendre sa jambe et avoir le pied au-dessus de la tête).
Et j'avais pensé à prendre l'appareil-photo pour filmer le bébé alors en rentrant, on a pu l'admirer en famille...
Je suis revenue à la maison tellement légère... Un confinement ? Quel confinement ?
Aussi, quel plaisir de marcher dans la rue... de sentir des courbatures dans mes fesses ! Mais de ne pas trouver difficile du tout de monter les trois étages qui mènent chez nous (je me suis dit "ma fille, tu fais bien pour le sport").
Et j'ai pensé à demander à ma sage-femme un papier disant que je devais pratiquer une activité physique adaptée à ma situation de femme enceinte, ce qui va me permettre de sortir parfois marcher autour du pâté de foie de maison, et le premier policier qui m'embêtera parce que je ne serais pas en train de courir ni vêtue d'un jogging, et bien je pourrais lui dégainer mon papier officiel de ma sage-femme qui dit que si j'ai le droit d'abord.
Et on a fait une super expérience de Youpi ! Ce n'est pas encore fini, notre oeuf est encore dans son verre de vinaigre, mais la petite peau marron sur le dessus du verre est... étonnante !
Et puis je kiffe lire Ma mère est un gorille (et alors ?) à voix haute, le soir, pour mes J..
Alors bon.

(en image : de la sérénité photographiée de traviole. Ça manque juste un peu de maquettes de bateaux (j'ai déjà réussi à commencer un mur de dessin de bateaux, l'air de rien, sans que J. se rende compte de ce qui se tramait)).

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lundi 6 avril 2020

Je reprends du courage en reprenant une nouvelle semaine. Dans l'idée, je préfère le week-end, mais dans les faits, confinée, je préfère la structure des jours d'école (limite je redoute les vacances...).
J'ai bien aimé voir Joachim débarquer pendant ma séance de gym, tel un zombie tombé de son lit, peut-être encore en train de dormir en fait. Il m'a avoué avoir allumé la lumière pendant la nuit pour finir de lire tout son livre, avant de se rendormir. Et j'ai bien aimé qu'il nous raconte le livre en mettant le ton, pendant le p'tit dej'.
J'ai bien aimé me rendre compte que je savais enfin faire des squats dignes de ce nom (j'ai regardé des vidéos, ce week-end, pour m'améliorer, ce confinement nous fait faire de ces trucs !).
J'ai bien aimé ranger et ménager le salon avec Jo avant de nous mettre direct à la couture, et avancer un grand coup dans cette taie de coussin d'allaitement (on a fait du patchwork, c'est pour ça que c'est long...).
C'était bien de préparer des scones à la betterave.
C'était pas bien de nettoyer la marmite dans laquelle du parmesan avait fondu puis séché.
Mais c'était bien de découper les scones avec un verre, dans la pâte étalée, et qu'à chaque scone, ça fasse un petit "prout".
C'était bien de faire plein de raccommodage (j'adore...).
C'était génial de manger des maquereaux au citron succulents.
C'était un super moment d'écouter Joachim lister tout ce qu'il allait faire, un jour, avec sa soeur (aller la chercher à l'école et l'emmener au magasin de jouets pour lui payer un cadeau avec son propre argent de poche <3).
Demain matin, je me fabrique un masque ! (pour le rendez-vous de demain aprem')
J'espère que vous allez comme il faut.

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dimanche 5 avril 2020

Mardi après-midi, j'irai seule faire l'échographie de deuxième trimestre de grossesse, et ça fait bizarre. Mais j'ai de la chance parce que mon échographiste est génial, que c'est lui qui nous a suivis pour Amandine et que c'est extrêmement important que ce soit lui qui nous suive pour la Cocotte (il connaît bien notre dossier, il connaît mes angoisses, il a envie de connaître la suite de notre histoire et qu'elle soit belle). Il a son cabinet à Lyon, mais il est très ami avec ma sage-femme d'Ambérieu et ils se sont démenés pour qu'il puisse ouvrir un petit cabinet d'échographie temporaire dans un coin de son cabinet à elle... Il n'y a presque plus de trains pour Lyon, je ne sais pas si j'aurais pu voyager jusqu'à lui, mais c'est lui qui est venu à nous... C'est dingue. Mais j'irai sans J.. Mais nous avons de la chance parce que le mois dernier, il nous a conviés tous les trois, mes 2 J. et moi, pour une échographie pour le plaisir... Juste pour avoir la joie de voir la fameuse nouvelle petite soeur toute bienheureuse et peinarde dans mon ventre (pour rassurer le grand frère pas tout à fait confiant)... Nous avons de la chance.

J'ai le moral dans les chaussettes. Je crois qu'il faut que je dorme plus mais je dors tellement mal. Cette nuit, je suis restée éveillée trois heures, mais j'ai eu deux bonnes idées alors ça va. Des fois, c'est pire, la même chose mais sans les idées... Vivement demain... Des fois, ça change tout que ce soit demain.

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samedi 4 avril 2020

Samedi confiné confiserie praliné

Globalement, cette grossesse m'inquiète assez. Tout va bien, tout va bien, et puis un jour je trouve un motif d'angoisse (la listériose, la qualité de l'eau du robinet, le rouge à lèvres, un coup de jus en débranchant la cafetière...) et je mets plusieurs jours à réussir à me calmer. Maintenant, toujours, tout peut arriver. Tout peut basculer. Bref, je suis ultra relou avec mon bébé et je passe ma vie à appuyer sur son matelas gonflable (ce qui doit la faire rebondir, pauvrette) en lui disant "allez, bouge, bouge donc !". Elle bouge, bien sûr, mais je voudrais qu'elle bouge plus.
Le soir, J. discute un peu avec elle avant d'éteindre la lumière. Jusqu'à maintenant, cela faisait cesser immédiatement toute activité à cette petite (je l'imagine très bien, aux aguets, se dire "ah tiens ça recommence ! Qu'est-ce-que c'est que ce phénomène bizarre ?"). Mais hier soir, quelle ne fut pas notre joie : la voix de J. a provoqué une nouba du tonnerre de Zeus, mon ventre s'est mis à faire des vagues de folie, oh quel plaisir ! Je me suis endormie tellement sereine. Et j'ai été réveillée à 5h00 du matin par une réplique, comme un massage intérieur du ventre.
Alors ce matin, j'étais heureuse comme pas permis, en plus il y avait des scones aux framboises tout chauds pour le p'tit dej'...
Et puis on a écouté Etienne Daho en buvant nos infusions...
Et puis je ne sais pas, tout à coup, je me suis mise à baliser pour la suite de cette grossesse enfermée, à me dire que c'était triste de n pas pouvoir sortir, à me demander si en août on y serait encore et comment mon accouchement allait se passer, et même (summum de l'angoisse), à quel moment j'allais pouvoir commander une garniture pour mon coussin d'allaitement et ces 4 ou 5 trucs qui nous manquent pour nous occuper de notre bébé.

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vendredi 3 avril 2020

confinés déconfinés reconfinés

Depuis que j'ai lu que certaines régions de Chine étaient en train d'être reconfinées, ça mouline sévère dans ma tête.
Je me demande si on aura nous aussi un déconfinement avant d'être éventuellement reconfinés, ou si on sera juste confinés super longtemps.

Je n'arrive pas à croire à ce que nous vivons. C'est trop loin de la réalité, ça ne colle pas. Je veux dire, pendant 35 ans des règles de vie inébranlables, un monde qui semble souple sur ses articulations (tordues, mais difficilement tordables autrement, les articulations), des habitudes presque écrites dans nos gènes, et tout à coup, pouf. Tout s'arrête. Impossible.

D'ailleurs, je ne suis pas la seule à ne pas y croire, j'ai vu ça tout à l'heure en essayant de m'abreuver de vitamine D à la fenêtre, la rue était parsemée de promeneurs de bonne humeur, certains en groupe, genre "c'est le printemps  tout va bien les gars". J., qui est allé vite flash en ville chercher notre panier d'amap a pu y constater le même phénomène... La conclusion de cette étude est donc qu'au bout de trois semaines de confinement, l'humain oublie pourquoi il est confiné, relâche sa vigilance et se déconfine sans y avoir été au préalable invité.

Ça va être bizarre, en septembre, si on est restés confinés tout l'été de sortir dans la rue avec mon bébé, alors que je n'ai prévenu presque personne de ma grossesse (qui était cachée par mon ample manteau avant confinement).

Ça fait la troisième année de suite que j'ai l'impression de vivre des trucs pas tout à fait normaux. J'aspire à du rien (du tout ?). Des oiseaux qui chantent, de la verdure, de la vieille pierre, du voisin sympa, de la confiture aux fruits du jardin (ou du marché, soyons ouverts d'esprit), du J. et du J., des amis et des repas qui s'éternisent dans le jour qui décline au milieu d'une herbe pas tondue, sous un arbre, avec un peu trop de vin.

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