vendredi 16 août 2013

Quelqu'un vous a-t-il déjà rendu visite sur votre lieu de travail ? Je veux dire, quelqu'un qui n'a rien à voir avec votre travail ? Quand on travaille dans un magasin, ça arrive. J., timidement. Mon père, de loin. Mes copines, pour faire la bise ou venir me chercher pour manger ensemble. Une fois, un de mes cousins qui passait en partant à la gare (un cousin qui évoque les réunions de famille, un cousin que je vois rarement et qui évoque les mariages, l'ivresse, la danse, les blagues à deux balles et les crises d'asthme de trop rigoler - bref, pas n'importe-qui). Et l'autre fois, mon frère, mon cousin américain et sa femme, pas vus depuis des années (six ?). Quelle sensation de lever les yeux et là, dans un environnement familier et quotidien, à côté de vos collègues, vous retrouver nez à nez avec des gens qui font partie de vous.
Des fois, au boulot, je suis assise et je note des prix dans des livres et tout à coup, je fais une pause, je perds mes yeux dans l'étagère "humour" qui me fait face et j'y repense et ça donne une toute autre dimension au lieu. Alors je me sens vivante et très rattachée à l'humanité, aux autres, je ressens une vraie fraternité. C'est facebook en vrai, des réalités différentes qui se croisent. Je ressens physiquement mon arbre généalogique.
D'ailleurs, des fois, au travail, je parle avec quelqu'un (le plus souvent du Nouvel Actimath à l'Infini) et là, le bébé se fait sentir, et je me dis "je suis en famille au travail" et ça me fait un drôle d'effet...

Aujourd'hui on avait échographie et mon placenta était remonté (merci pour vos doigts...). Le bébé avait toujours la tête en bas, toujours le bras droit replié sur le front, toujours le visage écrasé contre ma paroie utérine, toujours le coeur battant (et pour encore minimum 100 ans). Demain, j'entre dans le troisième trimestre. Je sens que le temps va filer.

Mon ventre a grossi d'un cran mardi. Maintenant, plusieurs fois par matinées, il y a des clientes qui me souhaitent, tout bas, en souriant, bonne chance, ou beaucoup de bonheur. C'est trop beau.

Pour le 15 août, j'ai dormi et fabriqué des cookies. Je ne suis même pas sortie de chez moi.

En ce moment j'ai du mal à lire des livres qui parlent d'autre chose que de bébés ou de grossesse ou d'allaitement.

J'ai gagné au Scrabble avec seulement sept points d'avance.

Parfois, j'ai envie de vivre à Paris. Un petit logement, je m'en fous, j'aime bien les petits endroits intérieurs, je les préfère aux trop vastes où je n'arrive pas à choisir où me mettre. Ce qui me fait rêver, ce sont tous ces grands platanes, ces cafés à garçons en tenues de garçons, ces touristes japonais habillés façon Vestiaire de Jeanne, la pyramide du Louvre, tous les gens que j'y connais, tous les gens qui y sont de passage (j'ai une amie de Rennes qui a habité à Paris quelques années et qui me disait que tout le monde passe par là un jour où l'autre, qu'on peut voir tous les gens qu'on aime bien sans avoir à se déplacer), la Seine et ses ponts, les Puces, les marchés, les rues où il n'y a rien d'intéressants à voir et où pourtant on peut tomber sur un chouette café ou un joli magasin, et puis les crottes de chiens, les grilles par terre autour des pieds des arbres, la foule grouillante, dense et belle.

Je vous claque la bise !

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jeudi 15 août 2013

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Machine à 30°C du 9 août 2013.

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Machine à 30°C du 12 août 2013.

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Machine à 60°C du 14 août 2013.

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Machine à 30°C du 15 août 2013.

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mercredi 7 août 2013

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Hier soir, je me suis sentie très bien chez moi, aujourd'hui je me suis sentie très bien dans moi. Cet après-midi, j'ai pensé au détour d'un manuel scolaire à Bubble Lady, la chanson de Camille, et je me suis sentie remuée. A l'intérieur de moi d'ailleurs ça remuait sérieusement.
Ce soir, en revenant à la maison, il pleuvait dehors, il faisait sombre dedans, on a allumé les bonnes lumières, on a lancé un risotto, on a mis Bubble Lady et je me suis sentie profondément bien, le genre de sentiment parfait qui ne m'était pas arrivé depuis longtemps, une plénitude, le sentiment que chaque pièce de puzzle avait trouvé sa place, et ça m'a fichu une boule dans la gorge, mais de bonheur.

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vendredi 2 août 2013

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Machine à 60°C du 28 juillet 2013.

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Machine à 30°C du 30 juillet 2013.

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Machine à 30°C du premier août 2013.

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jeudi 1 août 2013

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C'est comme un sentiment de page qui se tourne. C'est comme la fin de l'école primaire, quand on s'apprête à quitter l'école, la cour, les instituteurs, l'odeur des lieux, les racines de l'arbre dans lesquelles on a joué des récrés durant, quand on s'apprête aussi à quitter ses camarades, l'organisation des journées, le camion Qualifourchette et son singe qui fait le poirier, les bus jaunes qui emmènent à la piscine le jeudi et qu'on chante à tue-tête avec ses copines "au Monoprix, les bifteacks sont pourris et les garçons aussi, c'est naturel que les filles soient plus belles et les garçons moins beaux" (pauvres chauffeurs de car). Voilà, ça me fait la même sensation que de quitter tout ça, une tristesse, une nostalgie déjà, et en même temps le sentiment d'avoir fait du chemin, d'être prête pour la suite, vieillie, avoir hâte de ce qui suivra, un peu peur aussi mais surtout hâte...

J'ai envie de remue-ménages en ce moment, bouger les meubles, ne plus avoir de frange, garder cette bonne habitude d'avoir des désirs profonds de concombre et non plus de chocolat (j'aimerais tant que ça dure après la grossesse, hum), me sentir pas mal en phase avec moi-même, et puis aussi envie de partir vivre loin, ailleurs, projet pas encore tout à fait au programme mais qui je pense fait son chemin dans nos têtes...

Alors donc, on a changé les meubles de place dans notre chambre, ce n'était pas particulièremùent prévu au programme mais l'autre soir ça m'a pris, j'ai réussi à motiver J. (pas aussi enthousiasmé que moi par la joie du bougeage de meubles) et après, après mais ça nous a semblé évident que notre chambre était vachement mieux comme ça. Elle est devenue sereine, ce qui n'est pas rien étant donné notre don pour le bordel ambiant. Mais là, chaque chose semble à sa place, il y a de l'espace, de la lumière, c'est parfait.
Et après, on regardait le résultat le soir avant d'éteindre la lumière, et je me sentais bien dans cet espace tout neuf, et en même temps je sentais comme les choses évoluaient, changeaient, s'adaptaient. Je ne sais pas trop comment dire mais symboliquement c'était assez fort... C'est le lit de bébé qui nous a poussé à bouger les choses, et là on lui a vraiment fait sa place...
J'ai beau rester la fille de mes parents, tout à coup je me suis moi-même sentie un peu parent.

Comme il y a eu des jours un peu moins chauds cette semaine (entendez par là qu'il a fait moins de 26°C), j'ai pu constater à quel point je pêtais la forme quand il y avait de l'air, j'en ai donc conclu que, ne pouvant rien contre la chaleur harassante, et bien j'avais le droit de dormir tout l'après-midi durant si ça me chantait, quand elle était installée. Voilà comment aujourd'hui j'ai lu un Marion Duval bien calée dans mon coussin d'allaitement, avec le bébé qui expérimentait ses muscles dans mon abdomen, après avoir poussé un petit somme et mangé un Magnum vanille/amande, le genre de trucs qu'on n'a jamais chez nous (on n'a pas de congélo) mais là c'était vraiment de saison.

Dans la série "changements", on a acheté le matelas du petit lit de l'enfant, et contre toute attente ça m'a fait bien plus d'effet que lorsqu'on avait acheté le lit lui-même. On a aussi acheté un biberon pour ne pas se retrouver totalement en rade si jamais il y avait le moindre souci de connexion entre mon téton et sa bouche édentée. Et puis un biberon, quand même, l'air de rien, ça représente la liberté de la mère de pouvoir aller nager, de voir une copine, de dormir un samedi matin, alors c'est utile d'en avoir un dans son placard je trouve. En parlant de ça, c'est super bizarre d'ouvrir la porte du placard où on range le shaker et les verres à pieds et de se trouver nez à nez avec un biberon (moi j'ouvre le placard pour l'étagère du dessus, celle où il y a les tupperwares, même si en vrai je bois encore des coktails, J. ayant plus d'un tour dans son sac et me préparant des coktails sans alcool spéciaux pour femmes enceintes et enfants en bas âge mais qui ont envie de se la pêter un coktail à la main comme les grands).

Je parle beaucoup de grossesse, c'est que c'est très préoccupant. Ce matin nous sommes allés à la commune faire la reconnaissance prénatale, j'ai signé un papier qui dit que je pense que J. est bien le père de l'enfant et J. aussi a signé, et son année de naissance était écrite "mille neuf cent septante neuf" et on a bien aimé cette belgitude sur un papier qui nous suivra toute la vie. Maintenant on doit aller faire la reconnaissance prénatale au consulat, chouette ! (c'est ironique)

Bon, je me suis renseignée, le petit sera français et pas du tout belge, j'aurais bien aimé qu'il ait la double nationalité mais non. Tant pis !

Cette grossesse me paraît très longue parce que je pense que depuis novembre, je n'ai pas vécu sans me défaire de cette attente d'avoir un bébé concrètement, dans les bras, pas juste le projet mais vraiment l'enfant, là, présent. Bref, j'ai l'impression que ça fait 10000 ans que je suis enceinte. C'est marrant aussi d'être enceinte sur une année, je trouve qu'on se rend compte de la durée du moment : en 2013, j'aurais été enceinte de février à (normalement) novembre. Ca fait long quand même !

Comme on a lu que le foetus entendait mieux les sons graves, on a décidé qu'on devait lui chanter du Leonard Cohen. Je lui chante aussi A la Claire Fontaine quand je suis sous ma douche et qu'il vient se blottir au bord de mon ventre pour mieux profiter. Je ne sais pas pourquoi mais c'est le truc qui me vient le plus naturellement. Il y a une cliente du magasin où je bosse qui m'a dit "surtout, chantez pour votre bébé, c'est très important" et le conseil m'a plu.

Hier, j'ai dit au revoir aux étudiants de juillet, qui m'ont aidée dans mon job alimentaire. Je suis toujours super triste de les quitter... Ils viennent bosser avec leurs ambiances, j'adore ça. Par exemple, en juillet, il y avait une fille qui avait déjà bossé là l'été dernier, et je me réjouissais qu'elle revienne. Elle me raconte sa vie en Bourgogne (elle ne vient à Bruxelles que pour l'été), ses études (passionnantes), ses vacances au Puy du Fou que pour moi ça représente juste ce type royaliste dont je ne me souviens plus du nom mais c'est pas grave, et aussi les Jeux d'Intervilles et la chanson de Jeanne Cherhal "tous les ans, avec papa, on va au Puy du Fou". Et donc, elle, elle me raconte ce qu'elle a vu, ce qui était nul, ce qui était bien. Elle me parle du potager de ses parents et de sa participation à un club lecture quand elle était au collège, bref, elle me rappelle l'enfance, je ne sais pas pourquoi. Il ya  vraiment une ambiance de grandes vacances quand elle est là.
Aujourd'hui, j'ai retrouvé les deux frères rockeurs des deux étés précédents. Eux, ils dégagent une ambiance très "batterie dans le garage, Etats-Unis, quartier résidentiel huppé, verdure, déplacements en skate, piscine dans le jardin, père qui nettoie son 4x4, grande complicité et amour fraternel" (pour une idée plus précise, regardez-donc ce clip des Hanson, d'ailleurs, ils ont le même genre d'allures). Dans un autre genre, j'aime bien aussi.

Je ne me suis pas encore allongée sur la canapé qui a été installé à mon intention dans la réserve. J'ai trop peur de m'y endormir et de me réveiller seulement trois heures plus tard. Par contre, j'ai un collègue qui lui, en profite pour faire une petite sieste sur sa pause midi.

On fait des batailles d'eau tout le temps, il y a des pistolets à eau planqués partout dans cette boutique. Vous êtes en train de parler avec un client et là, vous vous prenez un grand jet d'eau dans l'oreille, formidable ! On rigole bien.



Je vous souhaite une bonne soirée à tous, à bientôt !


Sur la première photo, c'est notre p'tit dej' de lundi matin, où on a fini la partie de Scrabble commencée la veille au soir en mangeant des gâteaux (choco/framboises et au yaourt) parce qu'on n'avait plus de pain. Bref, un goûter d'anniversaire, avant d'aller bosser, c'était trop cool.

Sur les deuxième et troisième photos, notre nouvelle chambre.


Sur la dernière, le soleil et la chaleur de cet après-midi.

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jeudi 25 juillet 2013

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Machine à 30°C du 25 juillet 2013.

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Machine à 30°C du 24 juillet 2013.

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Machine à 30°C du 20 juillet 2013.



...et une spéciale dédicace pour Catherine.

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vendredi 19 juillet 2013

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Machine à 30°C du 16 juillet 2013.

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Machine à 30°C du 19 juillet 2013.

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Je me suis commandé ce livre, Broum l'automobile d'Eric Battut, un album que j'ai dévoré un jour à la librairie, que je ne me suis pas offert, mais auquel je n'ai cessé de repenser depuis et qu'on n'a jamais reçu chez le bouquiniste qui me sert d'employeur. Du coup, je suis retournée à la librairie, dans plusieurs librairies même, plus personne ne l'avait (tu m'étonnes, à mon avis tout le monde le veut) et ça y est, enfin, je l'aurai vendredi. J'ai tant aimé le lire le jour où je l'ai lu. J'en garde un souvenir de lumière complètement revigorant, et puis j'adore les histoires d'objets qui traversent les âges. Il me semble même que ça m'avait donné envie de pleurer.

Il semblerait que mon placenta soit très bas dans mon utérus, juste à côté du col, il lui reste un mois pour remonter avant que ce soit la loose, merci de croiser vos doigts ou vos moignons si vous n'avez pas de doigts.

Je ne connais toujours pas le signe astrologique de J. alors que lui connaît le mien.

Sur notre liste de prénoms, il y en a un nouveau, très beau mais qui a aussi son petit défaut : il rime avec le nom de famille. Moi je trouve ça chic, J. aussi mais également too much.

Les gens me disent de profiter qu'il ne soit pas encore né pour dormir et je suis ce conseil à la lettre, je dors tout le temps. Je n'ai aucun souvenir d'avoir été un jour aussi épuisée, vidée. J'avoue me demander ce que ça va donner après. Est-ce la chaleur qui me tue comme ça ?

Quels autres chefs installent un canapé dans un coin de la réserve pour que je puisse m'allonger si le coeur m'en dit ?

Hier c'était échographie de deuxième trimestre. Nous n'avons pas vu son visage, qui était enfoui dans les plis de peau de mon utérus.  Il dormait à poings fermés et ne bougeait pas d'un pouce quand l'échographiste tentait de le déranger un peu. Il a une colonne vertébrale que je trouve splendide (avec beaucoup de vertèbres, quand je pense que j'en ai sûrement autant que lui !), cinq doigts à chaque main, des os dans les jambes, deux reins qui fonctionnent. Il pèse 500 grammes, il a la tête en bas.

A mon job alimentaire, j'ai trouvé La Poupoune et le Gram-Groum de Marie-Odile Dupé, avec Pierre Denieuil aux illustrations, je crois qu'on peut dire que c'est l'histoire qui m'a le plus marquée, de mon enfance, avec peut-être "L'Histoire de Kiki Crabouille qui jamais ne se débarbouille, quand sa maman lui crie "savon", il se cache comme un fripon", que ma soeur avait reçu par la Poste de la part de nos parents pendant sa classe de neige de CP. Dans La Poupoune et le Gram-Groum, la Poupoune est super méchante et sa Maman lui dit que si elle continue, le Gram-Groum viendra la chercher. Bien sûr, c'est ce qui arrive, mais heureusement elle est recueillie par Petit Pierre et sa mère, et ensuite on n'entend plus jamais parler de sa maman à elle, c'est ça qui est fou. Dans l'Histoire de Kiki Crabouille, il ne veut tellement pas se laver Kiki, qu'il se cache, mais un jour il choisit la poubelle pour se dérober, et malheureusement les éboueurs passent...

L'an dernier, je suis tombée, dans un vide-grenier bourguignon, sur L'Ecole des Géants, de Marie-Hélène Delval (avec Claude Lapointe aux images), que j'avais complètement oublié. Aucun souvenir. Et en le voyant, le choc, genre "haaaan, mais c'est quoi ce truc que je connais et qui était même trop bien ?". Quel plaisir !

Si vous vous y connaissez en couches lavables, que vous connaissez les marques ou les sortes qui ne laissent place à aucune fuite, à aucune odeur d'ammoniac (dont plusieurs personnes m'ont parlé !), dites-moi tout, je suis tout ouïe !

Aussi, si vous savez ce qu'on met dans le lit d'un bébé de mois de novembre. Un matelas, d'accord, une alèse, ok, une housse de matelas, c'est noté, un machin genre taie d'oreille sans oreiller dedans pour éviter qu'il faille changer la housse de matelas tous les jours en cas de grande production de bave, ouais. Mais après ? Pas de couette, de drap, de couverture, mais une turbulette (ce mot a été inventé pour rendre ridicules tous les gens devant le prononcer) ça suffit pour tenir chaud ? Et si on a un bébé qui refuse la turbulette, on fait comment ?

Je ne suis PAS diabétique de la gestation, youhou !!!

Mes collègues mettent tous les enveloppes et cartes timbrées trouvées dans les livres de côté pour mon grand frère, je trouve ça très touchant ! Ils viennent me voir ravis et me disent "eh, regarde !" en me tendant leur trouvaille.

J'en ai marre que même des gens qui ne sont jamais (mais jamais hein !) venus chez nous, qui n'en ont vu aucune photo ni rien, me demandent si on va déménager, quand ils apprennent que je suis enceinte. Et quand je dis que non, qu'ils me disent "ah, vous avez déjà une chambre pour le bébé" et quand je dis que "non mais qu'on s'en FOUT, qu'on attend de voir, que si c'est invivable insupportable inacommodable et bien LA on déménagera (bordel j'ai envie de rajouter tellement ça m'agace). Et que là ils me disent "oui donc vous allez déménager, crois-moi". On m'a aussi fait la version avec la poussette ou avec le maxicosy, e-xa-ctement le même dialogue. Il y a des gens qui aimeraient bien pouvoir se servir de nos cartes de payement à notre place, ça donne l'impression.

Le concept, c'est que nous avons décidé d'acheter le minimum vital et on se dit qu'on avisera une fois le bébé dans nos bras, quand on verra bien ce qui nous est indispensable. Le pari étant d'utiliser au maximum des trucs qu'on a déjà (des torchons comme ions-ions/bavoirs (on a une tonne de torchons), une bassine comme baignoire, le mobile acheté pour décorer mon appart' rennais comme mobile de lit de bébé par exemple). J'aimerais bien avoir le minimum de trucs de bébé sur les bras une fois qu'on n'aura plus de bébé. Je ne dis pas qu'on n'achètera rien, on est d'accord là-dessus tous les deux, mais on verra, on n'achète presque rien avant et on se fournira si le besoin se fait sentir, si les solutions qu'on avait imaginées sont trop bancales.

J'ai une collègue qui veut absolument me filer son verre-mesureur spécial biberon et des petits pots en verre exprès pour mettre des purées de bébé au frigo. Je m'interroge à voix haute "mais un biberon c'est gradué non ? Et puis des petits pots en verre exprès ça sert à rien si on a des pots de confiture vides ?". Et elle m'explique que ce n'est pas être matérialiste que d'avoir tout ça, et que le jour où j'aurais besoin et bien je serai bien embêtée de devoir aller acheter en catastrophe, et puis que des pots de confiture j'ai intérêt à bien les stériliser parce que dis-donc (imaginer le mouvement de tête façon "et ben dis-donc" )(ah bon, parce que ses petits pots en verre, non, il ne faut pas les stériliser peut-être ?) et elle revient régulièrement sur le tapis avec ce sujet alors que je lui ai déjà dit que c'était gentil mais que je préférais attendre avant d'accumuler des trucs qui si ça se trouve ne me serviront pas et le pire c'est que j'ai l'impression qu'elle le prend mal, je ne peux vraiment pas comprendre ça.

Dans le métro, une fille m'a proposé sa place et ça m'a fait bizarre de penser que ça se voyait que j'étais enceinte. Je suis entrée dans le sixième mois il y a deux jours. Je me disais "plus que trois mois "et c'est là que j'ai réalisé que non, qu'une grossesse ça dure neuf mois, que théoriquement ça se termine le premier jour du dixième mois. Et que donc il me reste quatre mois d'enceintitude.

J. est en train de faire de la confiture de fraises.

Il sait aussi faire des étagères, comme vous pouvez le voir au-dessus de ce post !

Je vais toujours au boulot à pieds mais maintenant j'en reviens en métro, c'est moins ensoleillé mais nettement moins crevant (j'habite en haut de la côte).

Je vous souhaite un week-end encore mieux que ce que vous aviez imaginé !

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vendredi 12 juillet 2013

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Machine à 60°C du 5 juillet 2013.

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Machine à 30°C du 11 juillet 2013.

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jeudi 11 juillet 2013

Lundi soir, nous sommes allés au cinéma, voir L'Avventura d'Antonioni. J'ai trouvé ça long. Je me disais pendant le film que ça me donnait quand même vachement envie d'aller en Italie. Le lendemain soir, nous retournions au cinéma, voir Frances Ha, qui m'a semblé bien trop court tant c'était bien. Ca m'a fait penser à plein de trucs après coup mais à rien d'autre que ce qui se déroulait sous mes yeux pendant le film, ce qui est bon signe. Je crois que je m'étais fixé des objectifs de grossesse un peu trop ambitieux. Je comptais finir un projet d'histoire illustrée, long et fastidieux à réaliser, commencé il y a deux ans, très important pour moi. En plus, j'ai d'autres projets qui m'attendent et qui me font rêver donc il est vraiment temps de terminer celui-là. Il est très largempent avancé mais il y a quand même encore du boulot.
Mais le midi, quand je rentre, après manger, si je m'assieds à mon bureau, mes yeux se ferment vraiment, et finalement je m'allonge et je dors deux ou trois heures. Et ces siestes ne m'empêchent pas de dormir les nuits qui suivent, ce qui est exceptionnel.

Aujourd'hui, je suis allée faire à jeun les prises de sang du diabète. Après avoir donné mon sang une première fois et avoir bu la fameuse lotion sucrée dégueulasse mais qui ne m'a pas donné envie de vomir, on m'a proposé de m'installer dans un fauteuil très confortable, seule dans une pièce, porte ouverte sur le couloir où les gens passaient pour aller faire leur prise de sang. Et là, paf, je me suis endormie, complètement endormie. C'est l'infirmière, très belle et très douce, qui m'a sortie de mon rêve très gentiment pour m'annoncer qu'il était l'heure de la deuxième prise de sang. Puis elle a penché mon fauteuil, a éteint la lumière et je me suis immédiatement rendormie. Et là, pareil, je me suis réveillée seulement pour la dernière prise. Si j'avais su qu'un jour j'allais faire une méga sieste au labo ! C'était fort bien. Après, j'avais envie de brioche aux pépites de chocolat, ce que je me suis offert de bon coeur, et je suis arrivée au boulot de fort bonne humeur.

Hier, je travaillais avec une des étudiantes embauchée pour m'aider dans la fatiguante tâche de la vente de livres scolaires, on était assises au comptoir, et là est arrivé un client, très sympathique mais malheureusement incompréhensible. Il parlait flamand mais avec un accent que je ne connaissais pas et je ne comprenais vraiment rien à ce qu'il disait (et l'étudiante était française aussi et ne comprenait pas mieux). Je lui ai fait répéter, plusieurs fois. Au bout d'un moment, il a enlevé une des bretelles de son sac à dos, l'a attrapé par devant, ouvert, en a sorti un pompon rouge qu'il nous a montré posé à plat sur la paume de sa main et là, sous nos yeux ébahis et sans que nous n'y comprenions rien, le pompon disparut. Pouf ! Je dis "oooooh". C'eut l'air de lui faire plaisir. Je l'emmenai jusqu'au rayon des livres de magie.

Je me demande ce que ça va faire de ne plus pouvoir aller au cinéma sur un coup de tête, dans quatre mois. L'autre soir, en revenant de L'Avventura, cette idée m'a fait un peu peur.

Et puis avant hier soir, je sentais le bébé qui se réveillait, j'ai invité son père à se joindre à nous, il a investi la peau du côté gauche de mon ventre. L'enfant a trouvé cette présence-là, connue mais pas encore vraiment échangée, bien agréable et a eu envie d'en profiter mieux. Alors il s'est roulé à gauche, il s'est mis le plus près possible des lèvres de son père et mon ventre est resté vide à droite et plein à gauche. Il gigotait. On était tous les trois, émus et bien.

Nous avons monté le lit échelle bébé dans la chambre. C'est moi qui en avais le désir, pour voir ce que ça faisait (je n'arrive toujours pas bien à comprendre qu'il y a quelqu'un à l'intérieur de moi). Le lit monté, ça nous a fait vraiment bizarre, et puis rapidement quand même on s'y est fait. C'était dimanche ou samedi peut-être, mais déjà le lit fait partie des meubles. On n'a pas encore acheté le matelas parce qu'on en veut un top moumoute, qu'on s'est penchés sur la question mais qu'on n'a pas encore sorti la carte bleue.

Je me demande si notre bébé aura les cheveux de son père, les yeux bleus de son père, les grains de beauté de sa mère, le triple menton que semblait avoir sa mère sur les photos, enfant. Le visage long, la pâleur de peau de ses deux parents ou peut-être qu'il aura été chercher des gènes plus anciens.

Au boulot, un faucheux est venu s'installer au-dessus de la pile d'oefenboeken de Nieuwe Tandem 1. Je me suis exclamé que merde devant une étudiante amie des faucheux il se trouve, qui l'a donc poussé aux fesses en faisant pschiiit, et le faucheux s'est carapaté sous une étagère.

Quand je veux me pencher en avant, mon ventre me donne la même impression qu'un jean trop serré à la ceinture quand je me penche en avant pas enceinte. Ca me semble être le même genre d'étouffement et d'absence de souplesse, comme Barbie qui ne peut pas plier ses jambes à 90°C vers l'arrière.

L'enfant n'a toujours pas de prénom mais nous avons temporairement mis entre parenthèses le prout-prout, même si je le garde quand même dans un coin de ma tête donc ça ne veut rien dire...

La fleur de notre cactus vit comme nous, elle dort la nuit, se lève quand elle en a envie et se recouche peinard le soir.

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