dimanche 16 octobre 2016

Parfois, je suis un peu découragée, désénergisée, démotivée, désenthousiasmée, et je ne sais pas toujours trop quoi faire pour retrouver l'envie. Et puis l'autre jour, je lisais Chat-Nouille de Gaëtan Dorémus à mon fils et je me suis rendu compte que le message délivré était pour moi : le Chat-Nouille, il retrouve l'envie en se forçant à faire des trucs qu'il n'a pas particulièrement envie de faire mais qu'on lui propose, qu'il voit d'autres apprécier. Donc, quand je sens une baisse de régime, j'essaye de faire mon chat-nouille et je crois que ça marche un peu.

Et il y a un nouveau portrait de voisine chez le voisin !

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mardi 4 octobre 2016

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Aujourd'hui j'ai attendu dans une salle faite exprès pour. Il y avait du lino par terre, d'une texture étrange, genre crumpets, plein de petits trous, mais verdâtre. Si on comptait tous les pieds de table et de chaises, ça en faisait 44. Sur la table, il y avait une nappe moche et des Galas et ça ne m'intéresse pas du tout mais j'avais pris mon livre qui est bien mais que j'ai du mal à lire, surtout depuis que page 114, l'héroïne, une fille on ne peut plus normale, découvre que ses mains sont phosphorescentes. Les angles de la pièce étaient très aigüs et très obtus et je me suis demandé quel genre d'architecte avait imaginé ça, et quel genre de pièce avait pû être aménagée-là avant que ce soit la salle d'attente de ce cabinet de médecin généraliste. J'ai imaginé une chambre d'enfant, mais cet angle mort derrière la tête de lit, et cet angle mort à côté du bureau, ça m'a dérangée alors j'ai pensé à autre chose. Les murs étaient jaunes pisseux et il y avait un néon au plafond. J'étais assise sur une chaise hyper confortable avec un dossier arrondi qui m'enveloppait, mais d'autres gens avaient opté pour des chaises d'école raides et froides.
Comme gens, il y avait au départ un homme et une femme (la femme en tenue traditionnelle indienne). L'homme avait une jambe rebondissante qu'il a fait rebondir sur le sol un bon quart d'heure avant que ce soit son tour, ça faisait trembler tout le sol de toute la pièce, j'ai repensé à ma mère qui trouvait ça énervant les gens qui rebondissent de la jambe, mais moi ça m'a automatiquement endormie et quand il est parti ça m'a manqué. La femme avait retiré ses tongs pour s'installer en tailleur sur sa chaise d'école, ça m'a impressionnée.
Il y avait aussi une fille qui faisait quelque chose sur un i-mac qui n'allait pas du tout avec l'ambiance du lieu, c'était une bonne idée.
Il y avait une dame qui lisait un article sur Kate Middleton, et après un article sur la vie de Céline sans René.
Après, trois personnes sont arrivées, toutes trois armées d'un smartphone et ont passé toute notre attente commune sûrement sur facebook, ou sur reporterre.net si ça se trouve.

Quand on arrive dans ce cabinet, il ya  une odeur de chat très forte, presque sexuelle. Ca me marque à chaque fois.
Le docteur va partir à la retraite à la fin de l'année, ce qui m'embête parce qu'il me convenait bien, il me fait penser à mon frère mais en plus vieux.
Quand on est dans l'entrée-accueil, toutes les portes de l'appartement sont ouvertes sauf la salle d'attente, la salle de consultation et les WC. Par les autres, on peut voir que la montagne de dossiers accumulés derrière la chaise de la femme du docteur-secrétaire se poursuit partout dans l'appartement. Mais des montagnes, vraiment. Des vraies de vraies montagnes, de papiers, empilés, retenus par des élastiques, dans toutes les pièces. Des piles d'un mètre de haut, partout, devant un frigo, derrière la chaise à roulettes. Je voudrais prendre des photos mais j'ose pas demander. La première fois que j'ai vu ça, après j'ai raconté à J. et j'ai crû que j'exagérais mais non, j'avais bien vu.

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lundi 3 octobre 2016

Des fois j'aurais envie d'une ambiance "maison de lotissement qui vient d'être construite", qui sentirait encore le neuf. Dedans, tous les murs seraient blancs, il n'y aurait pas beaucoup d'affaires, un grand canapé, une table basse, des coussins et un plaid bien plié sur l'accoudoir. Il y aurait une très grande télé sur un meuble fait exprès pour, et des lampes diffusant une lumière douce dans la pénombre du soir. Il ferait sombre mais avec les petites lumières. A la télé, il y aurait une émission, un divertissement, le genre qui donne l'impression d'être entouré même quand on est pas beaucoup et loin de tout. La cuisine serait parfaitement rangée, elle sentirait bon l'ancien repas préparé, mais pas une odeur forte, pas une odeur d'ail, ou d'oignon, ou de crêpes sucrées, plutôt une odeur de quiche ou de gâteau au yaourt. Ce serait une cuisine américaine. Sur la table basse du salon, il y aurait un ou deux magazines posés à feuilleter. Les volets seraient fermés et des rideaux gris ardoise seraient tirés devant les fenêtres. Les radiateurs chaufferaient et il ferait noir dehors.
A l'étage, il y aurait une chambre avec une couette moelleuse, une housse de couette graphique qui sentirait l'adoucissant, et une photo d'une vue de New-York tirée en grand, accrochée au mur. Dans la salle de bains, les murs et le sol seraient recouverts de carrelage noir, et il y aurait une douche italienne et des plantes vertes.
Dans le placard de la cuisine, il y aurait des biscuits au chocolat, des bouteilles de jus, plein de choses prêtes à être mangées mais uniquement des marques douées en marketing.

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lundi 29 août 2016

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C'est ce que j'ai vu à un moment, devant et derrière moi, avant-hier au Grand Colombier.
Si vous cliquez sur cette phrase vous atterrirez directos sur une interview de la voisine de quelques bêtes sauvages.

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jeudi 11 août 2016

Paul Dédalus me porte. Je me sens inspirée après l'avoir vu, mais inspirée ! Et on l'a vu hier soir, jeune et amoureux. Au départ, je regrettais de le voir jeune plutôt que vieux, parce que j'aime vraiment énormément Mathieu, et puis finalement, jeune, je l'ai aimé tout autant. Il m'a donné une envie très très forte d'avoir à nouveau vingt ans, ne serait-ce que le temps d'une soirée.
Paul dédalus est inspirant parce qu'il dit tout ce qu'il pense, comme ça, comme si c'était naturel et parfaitement normal de dire tout ce qu'on pense sans jamais anticiper ce que ça pourrait provoquer (et sans jamais être méchant, ce qui est encore plus fort). Moi aussi je veux faire ça, je vous préviens, je vais m'entraîner.
Paul Dédalus m'a rappelé les quatre accords toltèques, vous connaissez ça, les quatre accords toltèques ? Moi j'ai découvert chez Pêle-Mêle, on me le demandait dix fois par semaine, je savais que c'était rangé au rayon ésotérisme et mes collègues me disaient que c'était un truc pour illuminés. Et puis un jour, je vais passer deux jours chez mon amie M. qui est tout ce qu'il y a de plus carrée et pieds sur terre et là, paf ! Qu'est-ce-que je découvre dans sa bibliothèque ? Les quatre accords toltèques !...
Après ça, je suis intriguée, forcément, je me dis que je vais me renseigner, je lis la quatrième mais j'ai la tête ailleurs, je comprends rien, je ne me concentre pas vraiment mais je me dis "wahou, M. lit les quatre accords toltèques", limite je suis jalouse de tant d'audace.
Et puis ensuite, on est la veille de notre déménagement de Bruxelles, on boit un verre à la terrasse du snack d'en-bas avec S. qui est inspirante comme tout, et là de but en blanc, elle nous sort "bon, j'imagine que vous connaissez les quatre accords toltèques !?". Mais NON je connais pas je veux savoir dis-nous je t'en supplie !".
Et voilà comment j'ai découvert les quatre accords toltèques, et mes ex-collègues étaient vraiment des illuminés de ne pas se pencher sur la question.
Moi aussi je veux être intègre, droite, que ma parole dise des mots les plus précis possibles pour dire ce que je pense, moi non plus je ne veux pas que sortent de ma bouche des méchancetés sur d'autres, je ne veux pas non plus dire du mal de moi. Moi aussi je veux pouvoir entendre ce qu'on me dit sans que les mots qui entrent dans mes oreilles aient le pouvoir de me détruire. Moi aussi je veux me fier à ce que j'entends, à ce que je sais, sans chercher à imaginer la partie cachée derrière le rideau. Moi aussi je veux faire de mon mieux, même si mon mieux c'est parfois juste de lire un bouquin et de faire la vaisselle.
On m'appellera Paule Dédaluse.

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lundi 8 août 2016

Odeurs préférées.

Les bougies qu'on souffle (ça sent l'anniversaire).
La rhubarbe qu'on épluche.
La nature chauffée au soleil.
Les polycopiés (ça sent la pomme, ça sent le CP).
La poussière de voiture (odeur préférée partagée par mon fils qui ne manque pas de dire "ça sent bon la voiture !" quand on monte dans une voiture bien poussiéreuse et bien chaude).
La pluie sur le goudron chaud (ça sent la fin du monde).
Les Club des Cinq, qui sentent souvent le vieux grenier moisi.
Ma crème hydratante qui sent la tarte au citron meringuée.
Tous les parfums de mes parents, comme tous les parfums de mes instits de primaire.
Les odeurs de bouse et de caca de cheval (enfant on dit "berk ça pue", adulte on dit "mon dieu ça sent la nature c'est exquis").
L'odeur de peau de J. qui ne change pas malgré de nombreux changements de savon, lessive, shampoing, son cou sent son cou.
Toutes les odeurs de l'autre J. sa mauvaise haleine au réveil, ses pets, ses dessous de bras, et ses bonnes odeurs réellement sucrées comme un pain au chocolat comme dit Renaud.
L'ail (ça sent le dimanche).
L'intérieur des chaussures, entre odeur de cuir et odeur de transpiration des pieds.
En fait, j'adore les odeurs de pieds.
L'odeur de trousse et l'odeur d'école.
L'odeur de mon rouge à lèvres.
Les odeurs chimiques de savons chimiques, déodorants chimiques, que je n'utilise plus mais que j'adore sentir sur les autres car ils me rappellent d'excellents souvenirs olfactifs (exemple : un bon déo chimique à l'abricot porté par une fille qui marche devant moi dans la rue me remplit de bonheur).
Les odeurs de cuir et de certains tabacs.

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lundi 1 août 2016

Comme on n'a plus trop de sous, on a décidé de cesser d'aller à la Biocoop pour acheter des fruits (délicieux 99% du temps mais qui coûtent la peau des fesses). Sauf qu'on a pris goût à manger des fruits qui ont du goût, donc on ne peut pas en acheter au supermarché, où ils sont toujours durs comme du bois. Du coup, on s'est dit que maintenant, on allait aller au marché. Ce matin, sous ma douche, je pensais à ça (au marché). Et je me disais : quelle arnaque ! Moi je croyais que l'intérêt du marché, c'était d'acheter directement les fruits et légumes au producteur. Mais non, là, ce sont d'autres gens que les producteurs qui vendent les fruits et légumes, et ils les ont eux-mêmes rachetés à un marché de gros à Lyon. Ca fait deux intermédiaires, alors ça, ça me laisse pantoise ! Et du coup, je me demande comment les prix peuvent autant défier toute concurrence, alors qu'il faut payer au moins trois personnes. Je suis très déçue...

Samedi soir, on était presque fins prêts pour partir manger ce barbecue chez nos copains d'A., le tian finissait sa cuisson lente, et c'est là que le Petit J., toujours plein d'allant et d'enthousiasme, a foncé dans le mur et s'est mis à hurler en pissant le sang du nez, nez qui s'est immédiatement mis à enfler de manière spectaculaire. Bref, j'appelle nos copains, je leur annonce le changement de programme, ils me proposent de nous emmener aux urgences, on leur dit qu'on a un bus pour y aller dans trente minutes et que ça va le faire. Sauf que non, le Petit continue d'hurler, on se dit "ça craint d'attendre chez nous alors qu'on va devoir attendre encore aux urgences après", alors on rappelle nos copains qui viennent nous chercher fissa et nous déposent aux urgences.
Enorme coup de bol, il n'y a personne aux urgences (jamais vu ça !), on passe directement, limite ils s'ennuyaient en nous attendant. Le nez est cassé mais il n'y a rien à faire car il a encore de l'os de bébé tout mou. On téléphone au 3237 pour savoir où est la pharmacie de garde, elle est à 15 km d'A.. Ah. Bon, et une autre, alors ? Oui oui, à 22 km. AH.

On rappelle nos copains d'A. qui nous emmènent à 15 km à la pharmacie de S-R-E-B (c'est le nom de la ville). Je les laisse dans la voiture et je vais seule à la pharmacie. Il n'y a personne dans les rues, il est 20h30 et il y a un orage qui se prépare, il fait tout noir alors que ce n'est pas encore la nuit. Une ambiance de fin du monde. Le pharmacien n'a allumé que quelques petites lumières et ça, ça me plaît. Il est lent comme un pharmacien, ce qui est rassurant. Il y a  d'autres personnes devant moi. J'écoute tout ce qui se dit.
Le premier monsieur a un bébé de quatre jours qui n'arrive pas à téter, alors il vient acheter des biberons et du lait en poudre. PAF. Le pauvre, la big loose. J'hésite à l'arrêter dans l'allée quand il repart, pour parler de tout ça avec lui parce que ça me parle ces histoires de bébé qui se laissent mourir de faim, mais j'ose pas à cause du secret professionnel.
La dame devant moi achète un antibiotique pour lutter contre son infection urinaire. Alors là, je vous arrête tout de suite : il y a une méthode à tester, d'abord, avant de se lancer limite automatiquement dans l'antibiotique, une méthode testée et approuvée par moi-même, proposée par J. l'adulte la dernière fois que j'ai eu ce problème. La voilà : d'abord, choisir un super bouquin dans l'étagère, voire plusieurs, puis s'asseoir sur les cabinets. Si possible avoir un/une aide, qui vous donne un mug rempli d'eau chaude bourrée de citron jusqu'à la moëlle. Boire. Une fois qu'on a fini, on redonne immédiatement le mug à l'aide qui re-prépare la même chose, et ainsi de suite jusqu'à disparition des symptômes (environ deux heures). Nickel !

A part ça, je ne sais pas si vous connaissez Joël Dicker mais sinon, vous êtes un sacré veinard... Je viens de lire La vérité sur l'affaire Harry Québert et Le livre des Baltimore, mazette ! Genre les bouquins de 500 pages impossibles à lâcher avce ambiance de folie, mystères terribles et personnages attachants... Parfait pour une infection urinaire !

Il fait toujours aussi beau et chaud mais je trouve que la lumière a changé, et mes cheveux ont recommencé à tomber, je pense donc que c'est le petit déclin avant l'automne.

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mercredi 27 juillet 2016

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Est-ce-que je serai une bonne petite vieille ? Est-ce-que je sentirai la lavande ou l'eau de cologne ? Est-ce-que je porterai des blouses ? Est-ce-que je porterai des chaussures de petite vieille ? Est-ce-que sous mes robes je porterai des combinaisons ? Est-ce-que chez moi ce sera propre et silencieux ? Est-ce-qu'il y aura une horloge qui fera tic-tac ? Aurai-je un canapé mou ? Donnerai-je du pain aux oiseaux ? Est-ce-que je viderai moi-même la poule avant de la cuisiner ? Est-ce-que j'irai régulièrement chez le coiffeur pour ma mise-en-plis ? Est-ce-que j'aurai une petite chaîne de lunettes pour pouvoir les laisser pendre sur ma poitrine ?
Et si les générations de vieux ne se ressemblaient pas ? Et si les petits vieux assis devant leur maison en pierre dans le Gers était une espèce amenée à disparaitre ? Et si les vieux suivants ne voulaient pas porter de bérets ?
Comment ça fera quand les vieux seront des gens en baskets Nike ? Quand Kevin sera devenu un prénom de petit vieux, porté majoritairement par des petits vieux ?

Tous ces questionnements m'ont valu un moment sans dormir l'autre nuit, et je me suis dit que j'accepterai d'être une vraie petite vieille, fidèle à mes valeurs petite vieille. Et que ce n'est pas un problème d'être une petite vieille puisque d'un point de vue petit jeune, les petits vieux ont toujours été vieux. C'est comme une espèce différente, il n'y a pas de comparaisons possibles, alors il faut assumer sa petite vieillerie. Il n'y a pas de pitié. La petite vieille qui marche pliée en deux, pense-t-on souvent à la femme pressée qu'elle a été ?

En ce moment il m'arrive un drôle de truc : je ne rencontre que des gens plus jeunes que moi (nés la même année ou l'année suivante), et à chaque fois je tombe des nues intérieurement en apprenant qu'ils sont plus jeunes que moi. Je me dis "mais non ?! Mais elle a l'air adulte !", et je comprends que moi aussi je dois avoir un air adulte maintenant, et que les 25 ans ils sont seulement dans ma tête. Au club de gym de Petit J., j'ai même rencontré des mamans qui m'ont fait penser à des mamans de personnes qui étaient dans ma classe en primaire (et qui me semblaient donc très mûres et très adultes à l'époque), et qui pourtant ont le même âge que moi !

Et je me demande si la petite vieille pliée en deux a elle aussi toujours 25 ans dans sa tête. Je suppose que oui...

Et l'autre jour au magasin, un frère et une soeur, je dirais 11 et 7 ans, étaient au milieu du passage. Je leur dis "pardon !" pour passer avec ma poussette. Le frère dit à sa soeur "pousse-toi, il y a une dame qui veut passer !". La soeur dit "mais non, c'est pas une dame !". Moi dans ma tête, je me dis "bah non, je ne suis pas une dame, je suis super jeune !". Le frère dit "bah si c'est une dame !" et la soeur lui répond "bah non, c'est une maman !".

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lundi 18 juillet 2016

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En ce moment, on écoute tous nos CD les uns après les autres, et comme je suis maniaque (sauf pour le ménage et le rangement), on n'a plus le droit de choisir, on doit les écouter dans l'ordre exact dans lequel ils se sont auto-rangés dans le meuble quand on a emménagé. Comme on en a dix fois trop et qu'on écoute toujours les mêmes, j'espérais qu'on allait se débarrasser de 80% de notre stock mais finalement, à chaque nouveau CD écouté, on se dit "eh mais c'est trop bien, pourquoi on l'écoute plus celui-là !?". On va quand même envoyer valser le deuxième CD de Nouvelle Vague qui est vachement moins bien que le premier à part la chanson Fade to grey mais on s'est dit que ça valait pas le coup de garder un CD juste pour une chanson. On a aussi décidé de virer mon double album de MC Solaar, et finalement c'est J. qui a le plus hésité quant au sort à lui réserver parce qu'en l'écoutant (l'avions-nous déjà seulement écouté ensemble ?), il a trouvé ça chouette. Mais quand on n'a pas écouté un CD depuis dix ans, je pense qu'il y a  des mesures à prendre, même douloureuses (là, ma chanson préférée).

Le CD de Nouvelle Vague ne m'évoque rien. C'est pour ça qu'il est si facile à jarter. Je ne me souviens même plus dans quelles circonstances il a été acheté. Nous avions le vague souvenir de l'avoir acheté ensemble mais sans mettre plus d'images sur le moment, l'endroit... Le premier CD de Nouvelle Vague, aussi écouté récemment (il était juste à côté de l'autre, un reste du classement alphabétique de notre cédéthèque à Bruxelles je suppose), me rappelle Rennes, ma chère amie C. qui était devenue vendeuse dans un magasin de beaux objets, et qui était si ravie de ce poste, qui prenait son rôle tellement à coeur ! Bref, elle voulait un CD pour parfaire l'ambiance du lieu, et elle m'avait emrpunté mon CD de Nouvelle Vague, qu'elle mettait en boucle tout le samedi dans le magasin, et c'est vrai que ça allait très bien au teint de l'endroit. Nous on allait la chercher cinq minutes avant la fermeture, on la trouvait toute fière derrière son comptoir, on lui achetait un truc à deux euros parce que sinon elle n'aurait rien vendu de l'après-midi et était un peu frustrée. Puis elle fermait boutique et on allait boire des Monaco parce qu'on était jeunes et que la bière toute seule, c'était encore amer pour nos papilles inexpérimentées. D'ailleurs, il faut que j'écrive un truc à propos des bars rennais, on en fréquentait plusieurs mais comme noms je me souviens de l'Artiste assoiffé (mon préféré car au moment du goûter ils servaient des biscuits ou des parts de gâteau gratos, et avec les boissons chaudes on avait un bonbon sur la soucoupe, et puis une ambiance très vivante et chaleureuse) et du Elsa Poppin (un truc du genre). Il y avait aussi le P'tit Vélo mais celui-là je n'ai jamais compris l'engouement qu'il suscitait. Les bars à Rennes, je ne sais pas si c'est un raccourci dans mon cerveau qui a imprimé à jamais "Rennes = Bretagne = Vannes = Mémé = marins bretons en cirés" mais bref, dans les bars à Rennes on se sent comme dans une cale de bateau et ça, c'est un truc idéal, parfait, confortable absolu. C'est ça qui fait que chez moi un jour, c'est sûr, j'aurai des maquettes de bateaux et des cartes accrochées au mur, et c'est pour ça que je suis en train de subtilement au fil des ans faire investir à J. dans une panoplie de fringues rayées. Dans les bars à Rennes le soir, il fait sombre et les lumières éclairent radinement, on est serrés mais tout le monde est sympa, il y a du bazar partout comme si on était chez soi, la déco semble avoir été faite par le patron et la patronne, les tables sont peintes maladroitement avec des petits dessins naïfs et colorés, il y a des journaux qui trainent et des tas de vieux trucs jaunis et un peu arrachés accrochés au mur, les hommes sont mal rasés et les femmes rigolent à gorge déployée.


MC Solaar, dans mon esprit, c'est Cergy-Pontoise, la Défense, ce genre de quartiers "nouveaux", modernes et spéciaux, des mecs en skate et sweats à capuches de quarante ans, une ambiance très banlieue que j'aime bien, et que je ressens encore en écoutant Faut que j'travaille de Princess Erika, une chanson que j'adore, très ambiancée CM2 dans mon esprit, très Cergy-Pontoise, oui. Un truc très serein, un sweat mais de bonne qualité, épais, pile à la bonne taille, gris clair.

Je suis avec J. depuis tant de temps (dix ans cette année !) que ça y est, il y a des fois où je veux raconter un truc de ma jeunesse mais je ne me rappelle plus bien mais lui peut me raconter parce qu'il était là. Un tiers de ma vie à ses côtés !

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lundi 11 juillet 2016

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Le réveil a été difficile parce qu'on n'avait pas dormi assez, mais facile parce que si on s'était couchés si tard, c'était pour regarder la finale chez nos copains d'A. qui sont si cool qu'on a l'impression de les connaître depuis toujours et d'être franchement à la bonne franquette chez eux. Ils avaient préparé des trucs d'étudiants, des rouleaux de jambon au boursin, une tarte tomate moutarde thon, et nous on avait fait deux cookies géants parce que lorsqu'on a un mini four, c'est vraiment plus rapide de ne faire que deux fournées avec un seul grand cookie dedans à chaque fois, qu'on rompt façon Christ mais qu'on ne le donne pas à ses disciples, on garde son morceau pour soi et les autres se débrouillent très bien aussi.

J. a emmené J. à la crèche, on était sûrs qu'il y retrouverait Dan la puéricultrice qui vaut le détour mais elle ne bossait que cet après-midi, alors c'était un peu un coup pour rien. Après, ils sont allés aux jeux et moi j'ai pu redessiner et re-redessiner cette femme enceinte qui mange une pâtisserie jusqu'à arriver à un résultat satisfaisant.

Pendant la sieste post-déjeuner de l'enfant, j'ai raconté à J. la crèche de mes rêves : une maison de famille du genre planchers qui grincent et petites lumières, une cheminée où on fait un feu (avec un pare-feu !) quand il pleut dehors, des tonnes de Lego pour jouer devant la flambée, un chat, et des parents invités à s'asseoir pour le goûter dans la cuisine quand ils viennent chercher leurs enfants. Je suis traumatisée par l'univers aseptisé de "notre" crèche, et je me demande pourquoi ce type d'établissemtns, comme les maisons de retraite dans lesquelles je suis entrée, aussi, se rapprochent toujours tant de l'hôpital dans l'ambiance, et s'éloignent autant de la Vie. Pourquoi il semble ne jamais y avoir du parquet ou une armoire normande dans une chambre de maison de retraite. Pourquoi il n'y a pas un salon cosy avec des tapis épais et des lampes à franfreluches dans une maison de retraite. A priori, si on est à la maison de retraite et pas à l'hôpital, si on est à la crèche et pas à l'hôpital, c'est qu'on va bien alors pourquoi ces linos, ce carrelage blanc, ces murs jaunes pâles, ces Mickey sur les vitres, ces surchaussures en sacs plastiques, ces chaises du catalogue spécial mobilier de maison de retraite. C'est un mystère pour moi. Je le dis comme je le pense, vive les microbes, vive la chaleur, vive l'ambiance feutrée, vive le vivant.

Et après la sieste, on a pu faire une balade de rêve sur les traces de la tournée 24 (la meilleure). Les deux couples de copains que nous nous sommes faits ici ont deux voitures chacun, et nous proposent de nous les prêter, alors on dit oui, on leur arrose leur jardin pendant leurs vacances et eux nous filent leurs clefs de bagnole. On a vu Evosges et Oncieu sous la pluie, le Bugey c'est vert, mais tellement vert !...

Photos prises il y a une semaine à 6h30 du mat', avant de retourner me coucher.

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