jeudi 30 avril 2020

confinement je me réjouis

Aujourd'hui, ça m'a semblé plus simple que d'habitude d'être confinée, parce qu'il pleuvait à verse. C'est agréable, la pluie, quand on n'est pas dessous. J'aime bien ne pas allumer toutes les lumières, juste une toute petite pas loin de moi, être bien éclairée. Dessiner dans cette petite lumière chaude. Je regarde beaucoup par la fenêtre, dehors il fait tout sombre, et je me sens comme dans une grotte accueillante, là, à mon bureau. Si je regarde plutôt vers l'intérieur,vers le reste de la chambre, il fait presque noir. Alors je me sens vraiment comme dans une bulle rassurante, là, sur ma chaise, devant mon dessin. Si en plus j'écoute la radio, que ma tête peut s'évader vers ailleurs, une discussion enrichissante sur un sujet intéressant, une émission qui parle de culture, si mon corps peut être dans l'agréable de mon travail sur ma petite table et mon cerveau à Paris dans une expo, ou dans un livre qui fait réfléchir, alors j'ai tout gagné. Si au loin, de l'autre côté de l'appart', j'entends J & J discuter, jouer, bricoler, que je les entends rire, ou bien si ils ont cuisiné et que je sens l'odeur du chocolat, alors je suis la plus heureuse de la Terre. Si mon bébé tape un peu des pieds dans mon estomac, comme pour me saluer, alors je ne vois pas ce que je peux demander de plus.

Posté par couac couac à 21:40 - - Commentaires [2] - Permalien [#]

mardi 28 avril 2020

La tarte à la rhubarbe était tellement bonne ! Tiède, en plus.
J'ai dit "bon, J., c'est décidé, on ouvre une pâtisserie !".
Bien sûr, J. s'est exclamé "oh ouiiii !!!".
Alors j'ai précisé "à New-York".
J. m'a répondu "bien sûr, donc il faut juste qu'on s'inscrive à un cours de pâtisserie, et qu'on perfectionne notre anglais".
Alors je lui ai dit que nous ne parlerions que français, et un anglais mal parlé avec accent français et que c'est ça qui allait être chic, et est-ce-qu'on n'était pas contents, nous, au resto italien, que le chef soit un italien qui ne parle qu'italien ?
J. a demandé avec émotion "comment on va l'appeler notre pâtisserie ?".
J'ai proposé "la pâtisserie française".
J. a dit "non, les p'tits pâtissiers de France" et il est immédiatement sorti de table pour aller créer le logo dans sa chambre.
J'ai expliqué à J. que tout serait doré et blanc dans notre boutique, et que nous aurions un coin salon de thé. Que les vitrines donnant sur la rue seraient arrondies en haut. Que tous les gâteaux seraient posés sur des présentoirs à pied en verre. Que notre boutique allait ouvrir à New-York mais que vu le luxe, on aurait pu choisir Cannes ou Nice. Que ce serait lumineux et fréquenté par les vieilles dames.
J. est sorti de sa chambre pour nous dire qu'on ouvrirait de 9h00 à midi et de 13h00 à 17h00 alors nous on lui a dit que 17h00, c'était un peu tôt, pensons aux gens qui sont invités à dîner chez des amis et qui veulent apporter un beau dessert, acheté en sortant du boulot.
J. a dit "ce qui est bien, c'est que c'est pas cher, New-York, niveau loyer".
J. a dit "on aura une carte avec plusieurs catégories".
J. a dit "on devrait bosser comme des fous".
Alors je lui ai répondu "ouais mais on serait tout le temps ensemble donc on rigolerait bien, ce serait trop coucoule, et au moins si on était stressés, on saurait pourquoi".
Et J. a dit "ouais !" et s'est mis à détailler la carte des boissons chaudes en faisant de grands ronds dans le salon, hyper concentré, pour ne rien oublier.
J. a dit "il faudrait qu'on ouvre le samedi et dimanche matin, pour les croissants".
Alors moi j'ai dit "ah non, pas de croissants dans ma pâtisserie !" (mon rêve de chic se cassait la figure avec à la place une vision de boulangerie Banette).
J. a dit "ah bon, pas de croissants ?".
J. a dit "et on fera une quiche au chocolat !".
Alors j'ai dit "beunjouw, je voudwais oune quiche ow chocolat s'eul vous play".
Et J. a dit "ouais, si on met des pépites à le place des lardons, y a moyen".
Et J. a dit "on vendra aussi des éclairs, des petits fours et une tarte au citron meringuée".
Alors J. et moi nous sommes exclamés que "ah oui, carrément, une tarte au citron meringuée !", et J. a été ravi.
Alors je lui ai dit qu'on n'allait peut-être pas vraiment ouvrir une pâtisserie à new-York.
Et J. lui a dit que par contre, lui pourrait tout à fait réaliser ce rêve un jour si ça lui chantait.
Alors j'ai dit qu'il pourrait y avoir des serviettes en tissu brodées avec son logo qu'il tenait à la main.
Et il a dit "ah oui ! Et des fleurs brodées, aussi ! Je vais les dessiner !".
Et pendant ce temps, nous, on est allés s'allonger pour un temps calme, et j'ai demandé à J. "ça ne te dirait pas, quand même ?" et on aurait dit que vraiment, ça le branchait assez moyen.

Posté par couac couac à 20:38 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
lundi 27 avril 2020

confinement à tout bout de champ

DSC08505


La journée a commencé avec une course, une marche galopante dans la rue, à 8h15, car j'avais envie de faire pipi. Ca a l'air super excitant et aventureux, mais la réalité c'est juste que c'était le jour de mon analyse sang/urine  mensuelle et que j'avais omis de demander un petit pot dans lequel faire pipi à jeun à ma sage-femme, du coup je me suis retenue jusqu'à son/ses cabinet(s).
A mon retour, J. dormait encore, et J. tournait un peu en rond, on s'est lancés dans la confection de scones, mais du coup on a  fini de petit-déjeuner à 10h30 et je me suis directement endormie pour une heure de sieste, et voyez donc la belle journée qui n'a pas démarré à 11h30 !...

Il y a des fois, quand j'étais petite, je jouais avec tout un groupe d'enfants, on était bien tous ensemble, mais tout à coup, l'un de nous devait partir. Juste un, sur tout un groupe. Et toute l'ambiance s'effondrait. Etait-ce parce que c'était cet enfant-là précisément ? Un enfant trop sympa, qui joue vachement bien ? Etait-ce parce que l'équilibre du groupe reposait sur la présence de chacun et ne pouvait se passer d'une personne ?
J'ai repensé à ça l'autre midi : J. est du genre à faire retomber le soufflé quand il prend son envol. Par exemple, on rigole en déjeunant, on se raconte des trucs, on est bien, mais tout à coup, après le chocolat et l'orange, il dit "bon, moi je vais m'allonger pour un petit temps calme !", et paf ! Ambiance fichue en l'air ! Des fois, avec J., on chouine "oh noooonnn, pas un temps caaaalme, reeeeste !...". mais il est intraitable.

Je n'ai aucune envie que nous soyons déconfinés. L'eau a l'air froide, on n'en voit pas bien le fond, elle a une drôle d'odeur, il y a des bêtes bizarres, on n'a pas pied, je préfère rester sur la plage...

Posté par couac couac à 22:18 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
dimanche 26 avril 2020

confinement, t'es content ?

157_3860


On a depuis l'été dernier un problème avec notre chauffe-eau. Tout a commencé l'avant-veille du jour où je devais accoucher (c'est aussi le jour où il a  commencé à pleuvoir dans notre salon, une superbe période), le matin, "tiens je prendrais bien une petite douche !?" et bien non parce qu'il n'y a pas d'eau chaude, ah ah !
Bref, le lendemain, je suis rentrée à la maternité, J. aussi, et Jo était gardé par des amis, alors le chauffe-eau allait attendre et même la fuite de toit.
Le lundi midi, A. est née, le mardi midi, je sors de la maternité, le mardi après-midi, je suis de retour chez moi, J & J sortent je ne sais où (faire les courses peut-être, tiens !) et moi, j'en profite pour appeler un plombier, et je tombe super bien, le mec adorable m'explique précisément ce qui cloche avec notre chauffe-eau, et ce qu'il faut faire si ça se reproduit, ce qui est sympa de sa part. Et moi je l'écoute en me disant "non mais hier j'ai accouché de mon bébé mort et là j'écoute ce type me parler de plomberie". C'est incroyable des fois la vie qui continue, comme ça, alors même qu'elle s'était arrêtée en moi et pour moi la veille.
Bref, pendant l'été, le chauffe-eau s'est re-arrêté plusieurs fois, mais j'avais tout bien écouté ce que le monsieur avait dit, et puis un jour, il s'est carrément remis à fonctionner sans arrêt. Sauf que depuis quelques jours ça lui a repris... On a bien une petite idée de ce qui provoque ça, aucune certitude, mais en attendant, presque un soir sur deux, on doit couper l'électricité pour faire la petite manip' spéciale rallumage de chauffe-eau (et un matin sur deux, on se dit "merde, pas d'eau chaude", ce qui est particulièrement galère pour la vaisselle, je trouve (oui, je pourrais faire chauffer de l'eau à la bouilloire mais vous croyez pas que j'ai pas déjà la flemme de faire la vaisselle alors si en plus il faut au préalable attendre que la bouilloire ait bouilli ?! Où va le monde ?)).
Bref, tout ça pour dire que, comme nous passons notre temps à couper le courant, il n'y a presque plus jamais l'heure sur la radio (à la place, des petites lignes qui clignotent), et ce que je voulais dire, c'est que j'aime bien, finalement, la nuit, ne pas savoir quelle heure il est. Ne pas pouvoir me dire "merde, 3h50 (mon heure d'insomnie de prédilection). Et le matin, ne pas me réveiller en me disant "ah, 6h15, c'est un peu tôt" mais juste me fier à ma sensation de satiété de sommeil.

Bref, la journée a bien commencé. Et elle a bien continué. J., J., du raccomodage et de la sieste dans le fauteuil du salon dès après le p'tit dej' en compagnie de J. qui faisait du spirographe, les boulettes de boeuf au poireau et au citron, la salade de carottes râpées aux graines grillées et au citron (où ça une envie de citron ?), la salade de pommes de terre grillées sauce gribiche, le chocolat noir, le bricolage de Biscoto bel et bien réalisé qui nous a fait rire aux éclats cet après-midi dans le couloir, tous les trois, à nous renvoyer cette voiture qui avançait grâce à un ballon de baudruche en faisant pet pet pet, bref, une journée qui avait  rêvé depuis toute petite de devenir dimanche en famille, et qui a donc fait son boulot avec coeur, motivation et passion.

Pour illustrer ce billet sans intérêt, je mets une belle photo prise par Joachim, un jour.

Posté par couac couac à 22:06 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
samedi 25 avril 2020

confi-couture

DSC08558

Aujourd'hui, j'ai cousu cette petite chemise pas repassée ! J'ai pensé à ça avant de me lever, dans mon lit. Y a-t-il meilleure motivation pour se lever qu'avoir un projet précis en tête pour la journée ? Je savais que j'avais ce bout de drap SNCF acheté chez emmaüs on ne sait même plus quand (en 2005 si ça se trouve). Il était assez grand pour y tailler une chemise pour enfant, et super doux et léger, ça m'a fait fantasmer pour cet été... J'ai fait une encolure super large pour pouvoir l'enfiler facilement, et pour avoir moins chaud. Joachim a rigolé quand je lui ai dit que je projetais de lui faire une chemise dans ce tissu, j'étais contente parce que je pensais qu'il allait refuser d'avoir un vêtement aussi blanc (alors que moi j'étais super motiv', donc). Je lui ai proposé de choisir un tissu coloré pour en mettre par petites touches et il a choisi cet atroce tissu entièrement en polyester, qu'il adore (et moi aussi en fait), des petites fleurs roses et vertes sur fond jaune. C'est une sorte de polo épouvantable que j'ai aussi acheté chez emmaüs un jour, parce que le motif et les couleurs étaient trop chouettes, et que je découpe depuis, pour décorer par-ci par-là.
Bref, j'ai loupé toutes les bordures jaunes, les finitions sont honteuses, mais ça lui va quand même comme un gant et je suis quand même fière de moi ;-) Après avoir loupé la bordure de l'encolure, j'ai cru que j'avais appris des choses et que j'allais moins louper la bordure des manches, c'est un peu mieux mais mazette pas génial quand même... En revanche, j'ai eu un coup de génie pour les dessous de bras : pour que mes arrondis soient beaux et réguliers, couper de petites encoches dans le tissu à ces endroits-là... Nickel ! Donc j'ai quand même un peu progressé.

A part ça, j'ai découvert que le temps passant, je commençais à apprécier de laver les légumes feuillus. Dans notre panier d'amap d'hier soir, on a eu des navets et des radis avec leurs fanes, et une grosse salade. J'ai lavé tout ça ce soir, finalement ce n'est pas si mal d'avoir les mains dans l'eau froide, de voir toutes ces petites poussières tourbillonner, et de sauver les limaces de la noyade. On les met dans le compost (on a repris le compost). En revanche, j'ai tué le puceron, et après j'ai un peu culpabilisé.

Le début de levain, de son côté, sent fort mauvais et fait plein de bulles. C'est bon signe.

Comment on va faire pour reprendre la vie là où on l'avait laissée ?

Posté par couac couac à 21:34 - - Commentaires [4] - Permalien [#]

vendredi 24 avril 2020

confinement trépidant

J. est bien rentré, il est maintenant en vacances, c'est vachement reposant, il doit juste s'occuper du Jojo (occuper le Jojo) (hum hum) ! Et moi, j'ai pu me mettre... au boulot !!! Youhou ! Ça m'a mise en joie, et ça m'a mise en joie que ça me mette en joie. Voilà, donc aujourd'hui j'ai appris à dessiner un cheval, trop bien !

Aujourd'hui aussi, un petit embryon de levain est apparu chez nous, nous le regarderons pousser (on espère !) avec émotion. Quand on pense qu'un jour il sera grand et fera sa vie dans une brioche, on croit rêver...

En parlant de petites pousses, ça se confirme, le petit bébé qui est dans mon ventre surkiffe la chanson Le monde s'est dédoublé, de Clara Ysé. C'était en l'écoutant que j'avais senti de premiers mouvements francs, mais ça pouvait être le hasard ? Et puis ce midi, je l'ai sentie réveillée et j'étais devant l'ordinateur, alors j'ai mis la chanson bien fort, et après un temps que j'ai interprété comme de la stupéfaction, elle s'est mise à cogner de tous les côtés à la fois, je ne peux pas m'empêcher de l'interpréter comme de la joie (alors que si ça se trouve, c'est de la détresse "stop, stop !").
Hier soir, Jo m'a demandé où j'en étais dans ma grossesse et après un temps d'intense réflexion, je me suis rendu compte que j'avais déjà atteint le milieu du 6ème mois !... N'importe-quoi, là, la vie il faut se calmer. Ceci-dit, j'ai très hâte de me faire baver dans le décolleté.

Posté par couac couac à 22:14 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
mercredi 22 avril 2020

confinement sans fond

Ce matin au réveil, J. était déjà parti et ma petite inquiétude de la journée sans lui n'avait pas disparu.
J'ai calculé avant de me lever, qu'il allait rentrer dans 11h30, ça faisait très long.
Joachim était à fond, alors après le p'tit dej' et la vaisselle, nous sommes sortis nous balader. Il n'avait pas franchi les remparts de l'immeuble (et de son parking) depuis le 14 mars... Il était radieux et ravi. On a pris la trottinette, et nos masques dans mon sac, mais pas sur nos figures parce que j'ai trouvé ça vraiment horrible hier... Et comme on ne croise jamais personne dans toutes ces petites rues résidentielles... Je les ai pris au cas où tout à coup il y aurait foule. Il n'y avait pas foule. On a trouvé un morceau de verdure au milieu du stade, il a couru sur des pentes herbues, moi je l'attendais en plein cagnard, il n'y avait pas un arbre à l'horizon mais de l'herbe partout et des insectes qui vrombissaient, tout de même. On était à côté du gymnase pas loin de chez nous, avec un peu de chance, le portail serait ouvert et on pourrait couper à travers le terrain d'athlétisme pour être à la maison en deux temps trois mouvements... Cool, le portail était ouvert ! Alors on l'a franchi, on a longé les maisons, les terrains de tennis, le terrain de foot... mais arrivés au terrain d'athlétisme, il y avait un autre portail, fermé. Alors qu'il ne restait presque plus de temps et que presque, on voyait chez nous à travers les barreaux de la porte... On a du refaire tout le trajet à l'envers, morts de chaud dans le soleil de midi (et je n'avais pas pensé à prendre une gourde). En plus, je me suis rendu compte qu'on avait tous les deux touché à la clenche de la porte, et bien sûr, c'est là que mes cheveux se sont mis à me rentrer dans la bouche toutes les trois respirations, et qu'un insecte débile s'est posé au bout de la langue de Jo, qui bien sûr l'a jeté dehors à pleins doigts (et tout ça ne serait pas arrivé si on avait porté nos masques...). Et je visualisais, dans ce retour pressé et trop chaud et assoiffé, en plus, tous les microbes qui étaient en train de ricaner bêtement dans nos bouches, sur nos joues, et sur mon nez (qui me grattait, bête nez), je pensais à ma sage-femme qui allait me dire "mais enfin Elisabeth, on avait dit "sortie quotidienne mais avec masque ?!"". C'était horrible.
Heureusement que Jo m'a laissé faire un temps calme de 45 minutes après les pâtes au comté (j'entends ses pieds qui galopent jusqu'à ma chambre, je le sens se pencher sur le lit, je sens sa présence à côté de moi, j'entends sa respiration forte, mais il ne dit rien puis il repart (parfois en bougonnant pour lui-même "ah non, elle dort encore")).
Mais ce soir, alors que je lisais Les Petits Mégots (de Nadia et Zaü) à Joachim, mon téléphone a sonné, c'était J. qui a dit à Jo qu'il me rappellerait plus tard, si on était en train de lire l'histoire du soir. Alors je l'ai rappelé une fois Joachim au lit. Et là, merveilleux : il m'a annoncé qu'il avait loupé son train, l'unique train du soir. Vivement demain.

Posté par couac couac à 22:12 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
mardi 21 avril 2020

confinement, lentement

Je ferais bien des puzzles mais on en a un seul (de plus de 10 pièces, je veux dire), qu'on connaît par coeur...Mais aujourd'hui, on a trouvé une alternative contentante. On a trouvé un beau grand coloriage (dans l'enveloppe en papier du Youpi de Jojo, reçu ce midi), et colorier, ça fait un effet légèrement similaire au fait de trouver la place des pièces de puzzle. On écoutait Radio Pomme d'Api en même temps, on parlait un peu (couleurs utilisées, feutres trop secs, musiques entendues), on rêvassait pas mal. Nickel. Après, on a poursuivi le rangement de sa chambre, on a dédié un morceau d'étagère aux constructions en Lego trop précieuses pour être démontées.

Demain, J. va travailler à Lyon et je ressens un très léger fond de panique à passer une journée sans lui, comme si je n'allais plus savoir faire. J'ai déjà réfléchi au fait que le midi, ça allait être pâtes au comté, et que peut-être on pourrait aller marcher et faire de la trottinette dans le quartier. Je me sens comme une maman qui vient d'accoucher et qui va passer sa première journée seule avec son bébé (sauf que mon bébé a six ans, ok).

Je suis allée marcher une demie heure ce matin, notre quartier direct est très chouette, mais dès qu'on s'éloigne de deux rues, il est franchement inintéressant... Il va falloir trouver un lieu génial où aller marcher en rond, un endroit avec des arbres, des fleurs et des insectes. Il y a ça mais à légèrement plus d'un kilomètre... Le masque donne chaud et donne aussi une drôle de sensation. Bof...

Posté par couac couac à 22:38 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
lundi 20 avril 2020

bon, confinement, quoi.

DSC08485Les vacances ! C'est bizarre, on en sortait juste quand le confinement a commencé. Du coup, à la place du travail, après déjeuner, on a rangé un morceau d'étagère de la petite chambre. Ça semblait très en bazar, il était motivé pour ranger, mais en y regardant de plus près, j'ai compris que c'était vachement ordonné. Les belles choses, comme la Tour Eiffel achetée sur la Tour Eiffel, le mini bonnet tricoté offert sur une bouteille de jus de fruits, le mini coussin qu'on a cousu ensemble, la très jolie chute de tissu, le ticket d'entrée au Centre Pompidou, le masque anti-coronavirus, les minuscules boîtes dans lesquelles on achète les filaments de safran, la carte postale très mignonne offerte par son père, tout ça était posé en évidence, de façon à être admirable à tout moment. D'ailleurs, en rangeant, il m'a demandé dans quel coin nous allions faire exposition, à nouveau, de ses belles choses.

Ma sage-femme dégage un truc unique : une ambiance de grandes vacances. A chaque fois que je la vois, ça me fait le coup, quelle que soit la saison ou le moment de la journée, elle a tout autour d'elle une atmosphère de dernier jour d'école, la nostalgie et la légèreté mélangées, l'impression que c'est ce soir que tout commence et que rien ne sera plus jamais comme avant.

Dès demain, je vais aller marcher, chaque matin, vite vite vite, dans le périmètre autorisé (drôle d'ambiance). Pas de bol, comme on habite au bord des rails, on a juste un demi cercle accessible, pour les balades à moins d'un kilomètre (pour traverser les rails, on doit dépasser le km autorisé...).

Comme je ne peux pas voir les gens en vrai, je montre mon ventre de 6 mois à la face du Monde via ce blog. Je suis trop contente d'attendre ce bébé.

J'ai l'impression de commencer à comprendre quelle tête j'ai. Je n'ai pas la tête que je vois dans le miroir. Dans le miroir, je fais une tête qui n'est pas la tête que j'ai tout le temps. J'ai les yeux qui tombent un peu sur les côtés, j'ai des rides aux coins des yeux, j'ai des cernes, j'ai une drôle de bouche avec, quand je parle, les dents de devant qui ne sont pas exactement au milieu à leur place. J'accepte cette drôle de tête, je préfère avoir une drôle de tête. C'est fou de penser qu'en toute une vie, on aura été soi en permanence, et à la fois on ne se sera jamais vu en vrai. On ne sait pas trop comment on se meut, quelle grâce on a, quelles expressions on a, quelles grimaces on fait. Sauf peut-être les gens qui travaillent à la télé ou au cinéma.

Posté par couac couac à 20:56 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
samedi 18 avril 2020

confinement intelligent

J. a deux bibles : un Larousse culinaire (pourtant très agaçant), et un manuel des farces et attrapes qu'il possède depuis son enfance, et qu'il garde précieusement depuis toujours. Si parfois vous pouvez le voir perdu dans ses pensées et se mettant à pouffer de rire tout seul, il est possible qu'il repense au sandwich au pâteux, ou au parapluie fermé rempli de décos de Noël.
J. a hérité de la passion pour les farces de son père (J. l'adulte a depuis toujours (enfin, au moins depuis que je le connais, ce qui est déjà pas mal) une boîte à chaussures cachée remplie de bonbons à l'ail, de coussins péteurs, de savons fourrés à l'encre noire et autres joyeusetés, il faut le savoir).
Forcément, quand J. a su lire, J. lui a montré son manuel des farces et attrapes. Ah, la passion ! Ah l'émerveillement ! Ah les rires partagés !
Ce matin, J. est parti faire les courses (j'en suis personnellement privée, trop dure la life), et quand il a eu fermé la porte derrière lui, J. est immédiatement venu à ma rencontre, me proposant de mettre en place un certain nombre d'astuces hilarantes pour égayer notre quotidien. Nous avons donc fait le lit en portefeuille (je suis bonne princesse car c'est aussi mon lit), attaché des grelots à une ficelle qui traîne au niveau du pied de lit de J., installé un papier "pour ouvrir, tournez" au-dessus de la poignée ronde purement décorative de notre porte d'entrée, et deux autres blagues (les meilleures) qui resteront secrètes pour l'instant, hi hi hi...

Posté par couac couac à 22:03 - - Commentaires [2] - Permalien [#]