mardi 28 avril 2020

La tarte à la rhubarbe était tellement bonne ! Tiède, en plus.
J'ai dit "bon, J., c'est décidé, on ouvre une pâtisserie !".
Bien sûr, J. s'est exclamé "oh ouiiii !!!".
Alors j'ai précisé "à New-York".
J. m'a répondu "bien sûr, donc il faut juste qu'on s'inscrive à un cours de pâtisserie, et qu'on perfectionne notre anglais".
Alors je lui ai dit que nous ne parlerions que français, et un anglais mal parlé avec accent français et que c'est ça qui allait être chic, et est-ce-qu'on n'était pas contents, nous, au resto italien, que le chef soit un italien qui ne parle qu'italien ?
J. a demandé avec émotion "comment on va l'appeler notre pâtisserie ?".
J'ai proposé "la pâtisserie française".
J. a dit "non, les p'tits pâtissiers de France" et il est immédiatement sorti de table pour aller créer le logo dans sa chambre.
J'ai expliqué à J. que tout serait doré et blanc dans notre boutique, et que nous aurions un coin salon de thé. Que les vitrines donnant sur la rue seraient arrondies en haut. Que tous les gâteaux seraient posés sur des présentoirs à pied en verre. Que notre boutique allait ouvrir à New-York mais que vu le luxe, on aurait pu choisir Cannes ou Nice. Que ce serait lumineux et fréquenté par les vieilles dames.
J. est sorti de sa chambre pour nous dire qu'on ouvrirait de 9h00 à midi et de 13h00 à 17h00 alors nous on lui a dit que 17h00, c'était un peu tôt, pensons aux gens qui sont invités à dîner chez des amis et qui veulent apporter un beau dessert, acheté en sortant du boulot.
J. a dit "ce qui est bien, c'est que c'est pas cher, New-York, niveau loyer".
J. a dit "on aura une carte avec plusieurs catégories".
J. a dit "on devrait bosser comme des fous".
Alors je lui ai répondu "ouais mais on serait tout le temps ensemble donc on rigolerait bien, ce serait trop coucoule, et au moins si on était stressés, on saurait pourquoi".
Et J. a dit "ouais !" et s'est mis à détailler la carte des boissons chaudes en faisant de grands ronds dans le salon, hyper concentré, pour ne rien oublier.
J. a dit "il faudrait qu'on ouvre le samedi et dimanche matin, pour les croissants".
Alors moi j'ai dit "ah non, pas de croissants dans ma pâtisserie !" (mon rêve de chic se cassait la figure avec à la place une vision de boulangerie Banette).
J. a dit "ah bon, pas de croissants ?".
J. a dit "et on fera une quiche au chocolat !".
Alors j'ai dit "beunjouw, je voudwais oune quiche ow chocolat s'eul vous play".
Et J. a dit "ouais, si on met des pépites à le place des lardons, y a moyen".
Et J. a dit "on vendra aussi des éclairs, des petits fours et une tarte au citron meringuée".
Alors J. et moi nous sommes exclamés que "ah oui, carrément, une tarte au citron meringuée !", et J. a été ravi.
Alors je lui ai dit qu'on n'allait peut-être pas vraiment ouvrir une pâtisserie à new-York.
Et J. lui a dit que par contre, lui pourrait tout à fait réaliser ce rêve un jour si ça lui chantait.
Alors j'ai dit qu'il pourrait y avoir des serviettes en tissu brodées avec son logo qu'il tenait à la main.
Et il a dit "ah oui ! Et des fleurs brodées, aussi ! Je vais les dessiner !".
Et pendant ce temps, nous, on est allés s'allonger pour un temps calme, et j'ai demandé à J. "ça ne te dirait pas, quand même ?" et on aurait dit que vraiment, ça le branchait assez moyen.

Posté par couac couac à 20:38 - - Commentaires [6] - Permalien [#]