lundi 20 avril 2020

bon, confinement, quoi.

DSC08485Les vacances ! C'est bizarre, on en sortait juste quand le confinement a commencé. Du coup, à la place du travail, après déjeuner, on a rangé un morceau d'étagère de la petite chambre. Ça semblait très en bazar, il était motivé pour ranger, mais en y regardant de plus près, j'ai compris que c'était vachement ordonné. Les belles choses, comme la Tour Eiffel achetée sur la Tour Eiffel, le mini bonnet tricoté offert sur une bouteille de jus de fruits, le mini coussin qu'on a cousu ensemble, la très jolie chute de tissu, le ticket d'entrée au Centre Pompidou, le masque anti-coronavirus, les minuscules boîtes dans lesquelles on achète les filaments de safran, la carte postale très mignonne offerte par son père, tout ça était posé en évidence, de façon à être admirable à tout moment. D'ailleurs, en rangeant, il m'a demandé dans quel coin nous allions faire exposition, à nouveau, de ses belles choses.

Ma sage-femme dégage un truc unique : une ambiance de grandes vacances. A chaque fois que je la vois, ça me fait le coup, quelle que soit la saison ou le moment de la journée, elle a tout autour d'elle une atmosphère de dernier jour d'école, la nostalgie et la légèreté mélangées, l'impression que c'est ce soir que tout commence et que rien ne sera plus jamais comme avant.

Dès demain, je vais aller marcher, chaque matin, vite vite vite, dans le périmètre autorisé (drôle d'ambiance). Pas de bol, comme on habite au bord des rails, on a juste un demi cercle accessible, pour les balades à moins d'un kilomètre (pour traverser les rails, on doit dépasser le km autorisé...).

Comme je ne peux pas voir les gens en vrai, je montre mon ventre de 6 mois à la face du Monde via ce blog. Je suis trop contente d'attendre ce bébé.

J'ai l'impression de commencer à comprendre quelle tête j'ai. Je n'ai pas la tête que je vois dans le miroir. Dans le miroir, je fais une tête qui n'est pas la tête que j'ai tout le temps. J'ai les yeux qui tombent un peu sur les côtés, j'ai des rides aux coins des yeux, j'ai des cernes, j'ai une drôle de bouche avec, quand je parle, les dents de devant qui ne sont pas exactement au milieu à leur place. J'accepte cette drôle de tête, je préfère avoir une drôle de tête. C'est fou de penser qu'en toute une vie, on aura été soi en permanence, et à la fois on ne se sera jamais vu en vrai. On ne sait pas trop comment on se meut, quelle grâce on a, quelles expressions on a, quelles grimaces on fait. Sauf peut-être les gens qui travaillent à la télé ou au cinéma.

Posté par couac couac à 20:56 - - Commentaires [3] - Permalien [#]