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Pendant mes trois petites heures du matin, je commence par allumer la radio, le son très fort pour couvrir le bruit de l'eau qui coule et des assiettes qui s'entrechoquent, parce qu'après je fais la vaisselle. C'est nul au départ la vaisselle mais en écoutant la radio et en s'ébouillantant bien les mains sous l'eau, ça devient agréable. C'est la fin de l'invité politique, l'humoriste-chroniqueur (quand c'est François Morel ou Nicole Ferroni, j'arrête l'eau et je pose ce que j'ai dans les mains pour être sûre de bien entendre). Je commence toujours par les bols, je les empile au fond du Tancarville à vaisselle. Finalement, j'apprécie de faire la vaisselle.
Après, je débarrasse la table du p'tit dej', coup de lavette, éventuellement coup de balai par terre, je lance une machine si la précédente est sèche (et si elle n'est pas sèche je peste intérieurement car j'adore lancer des machines), et puis ça y est, je suis assez satisfaite pour me mettre à bosser.
Je baisse le son de la radio, je m'assieds à mon bureau, et je continue ce que j'ai au l'idée de génie de ne pas finir la veille. Je fais des pauses pour regarder les sept chats du voisin d'en face qui se chauffent le poil sur les poubelles à ordures ménagères (il y en a toujours (mais vraiment toujours) au moins un qui passe par là au moment où je regarde par la fenêtre (ça me rappelle : il y a quelques mois, le voisin d'en face a fait de menus travaux chez lui et pour se faire, il a sorti son escabeau sur sa terrasse. Il l'a laissé sorti quelques jours, et j'ai pu observer les cinq chats (à l'époque, les deux petits derniers n'étaient pas encore nés) se disputer le plateau en haut, vous voyez ? En haut de l'échelle de l'escabeau. Ils se filaient des coups de patte, hérissaient les poils et se crachaient dessus, ils voulaient tous être à cette place, et des fois ils cherchaient à s'y installer à plusieurs et ils se cassaient un peu la gueule. Charmant. Bon, et bien visiblement, le voisin a aussi assisté à la scène parce que quelques jours plus tard, il avait installé un deuxième escabeau juste à côté pour préserver la paix des ménages - ça m'avait rendu heureuse de noter ça)).
Je pourrais me sentir seule mais la présence de la radio (bien que selon moi, les émissions actuelles ne valent pas celles de l'été dernier qui me faisaient plus plaisir) est de vraiment bonne compagnie. J'ai l'impression d'être au milieu du monde tout en étant toute seule à mon bureau, dans mon appartement, dans un bled paumé, alors bravo France Inter.
Si il fait assez bon, j'ouvre la fenêtre et à 10h30, j'ai le privilège si le vent est favorable d'entendre les enfants crier dans la cour de récré (mais comme mon fils ne sait pas crier, je sais bien que ce n'est pas lui que j'entends).
Mon réveil de téléphone est enclenché pour 11h30, pour ne pas louper la sortie de l'école (sauf le mercredi où la sortie a lieu 1/4 d'heure plus tôt et d'ailleurs la semaine dernière j'ai complètement zappé, je suis donc partie de chez moi à 11h38, comme une fleur, en prenant le temps d'aller prendre mon courrier avant d'y aller et tout et tout, et quand dans ma rue j'ai croisé des gens avec des enfants, c'est là que j'ai réalisé que j'avais quinze minutes de retard, ça faisait longtemps que j'avais pas couru aussi vite (et il y avait un parent encore plus en retard que moi vu que J. n'était pas le dernier sur le banc devant le tableau)).
En général, vers 11h00, je lâche mon bureau pour la cuisine, histoire de préparer un légume, parce qu'à 12h30, mon enfant s'écroule de fatigue dans son lit, alors je dois préparer quelque chose avant d'aller le chercher, pour qu'il n'ait plus qu'à s'asseoir devant son assiette une fois rentré. Des fois, même le lavage des mains est délicat, il est mou sur le marchepied, il s'effondre, il est vidé. Des fois, il y a un reste de la veille et ça c'est formidable.
Après je pars pour l'école et suivant les parents que je croise dans la rue, je sais si je suis à la bourre ou pas.
Ce qui me remémore : un vendredi, J. l'adulte nous a accompagnés à l'école et on n'était vraiment pas en avance. Je lui dis "il n'y a plus aucun enfant dans la rue, ça veut dire qu'on est à la bourre. Le pire, c'est quand tu entends arriver derrière toi un enfant, qui te double en courant, alors là c'est trop le stress, tu sais que t'es mal niveau timing". Et paf, au moment où je dis ça, LE gosse qui passe à toute allure tête baissée en plein sprint. On a bien rigolé (et accéléré le pas).



En image : pâte de coing maison (avec des coings de A.).