mercredi 27 juillet 2016

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Est-ce-que je serai une bonne petite vieille ? Est-ce-que je sentirai la lavande ou l'eau de cologne ? Est-ce-que je porterai des blouses ? Est-ce-que je porterai des chaussures de petite vieille ? Est-ce-que sous mes robes je porterai des combinaisons ? Est-ce-que chez moi ce sera propre et silencieux ? Est-ce-qu'il y aura une horloge qui fera tic-tac ? Aurai-je un canapé mou ? Donnerai-je du pain aux oiseaux ? Est-ce-que je viderai moi-même la poule avant de la cuisiner ? Est-ce-que j'irai régulièrement chez le coiffeur pour ma mise-en-plis ? Est-ce-que j'aurai une petite chaîne de lunettes pour pouvoir les laisser pendre sur ma poitrine ?
Et si les générations de vieux ne se ressemblaient pas ? Et si les petits vieux assis devant leur maison en pierre dans le Gers était une espèce amenée à disparaitre ? Et si les vieux suivants ne voulaient pas porter de bérets ?
Comment ça fera quand les vieux seront des gens en baskets Nike ? Quand Kevin sera devenu un prénom de petit vieux, porté majoritairement par des petits vieux ?

Tous ces questionnements m'ont valu un moment sans dormir l'autre nuit, et je me suis dit que j'accepterai d'être une vraie petite vieille, fidèle à mes valeurs petite vieille. Et que ce n'est pas un problème d'être une petite vieille puisque d'un point de vue petit jeune, les petits vieux ont toujours été vieux. C'est comme une espèce différente, il n'y a pas de comparaisons possibles, alors il faut assumer sa petite vieillerie. Il n'y a pas de pitié. La petite vieille qui marche pliée en deux, pense-t-on souvent à la femme pressée qu'elle a été ?

En ce moment il m'arrive un drôle de truc : je ne rencontre que des gens plus jeunes que moi (nés la même année ou l'année suivante), et à chaque fois je tombe des nues intérieurement en apprenant qu'ils sont plus jeunes que moi. Je me dis "mais non ?! Mais elle a l'air adulte !", et je comprends que moi aussi je dois avoir un air adulte maintenant, et que les 25 ans ils sont seulement dans ma tête. Au club de gym de Petit J., j'ai même rencontré des mamans qui m'ont fait penser à des mamans de personnes qui étaient dans ma classe en primaire (et qui me semblaient donc très mûres et très adultes à l'époque), et qui pourtant ont le même âge que moi !

Et je me demande si la petite vieille pliée en deux a elle aussi toujours 25 ans dans sa tête. Je suppose que oui...

Et l'autre jour au magasin, un frère et une soeur, je dirais 11 et 7 ans, étaient au milieu du passage. Je leur dis "pardon !" pour passer avec ma poussette. Le frère dit à sa soeur "pousse-toi, il y a une dame qui veut passer !". La soeur dit "mais non, c'est pas une dame !". Moi dans ma tête, je me dis "bah non, je ne suis pas une dame, je suis super jeune !". Le frère dit "bah si c'est une dame !" et la soeur lui répond "bah non, c'est une maman !".

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lundi 18 juillet 2016

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En ce moment, on écoute tous nos CD les uns après les autres, et comme je suis maniaque (sauf pour le ménage et le rangement), on n'a plus le droit de choisir, on doit les écouter dans l'ordre exact dans lequel ils se sont auto-rangés dans le meuble quand on a emménagé. Comme on en a dix fois trop et qu'on écoute toujours les mêmes, j'espérais qu'on allait se débarrasser de 80% de notre stock mais finalement, à chaque nouveau CD écouté, on se dit "eh mais c'est trop bien, pourquoi on l'écoute plus celui-là !?". On va quand même envoyer valser le deuxième CD de Nouvelle Vague qui est vachement moins bien que le premier à part la chanson Fade to grey mais on s'est dit que ça valait pas le coup de garder un CD juste pour une chanson. On a aussi décidé de virer mon double album de MC Solaar, et finalement c'est J. qui a le plus hésité quant au sort à lui réserver parce qu'en l'écoutant (l'avions-nous déjà seulement écouté ensemble ?), il a trouvé ça chouette. Mais quand on n'a pas écouté un CD depuis dix ans, je pense qu'il y a  des mesures à prendre, même douloureuses (là, ma chanson préférée).

Le CD de Nouvelle Vague ne m'évoque rien. C'est pour ça qu'il est si facile à jarter. Je ne me souviens même plus dans quelles circonstances il a été acheté. Nous avions le vague souvenir de l'avoir acheté ensemble mais sans mettre plus d'images sur le moment, l'endroit... Le premier CD de Nouvelle Vague, aussi écouté récemment (il était juste à côté de l'autre, un reste du classement alphabétique de notre cédéthèque à Bruxelles je suppose), me rappelle Rennes, ma chère amie C. qui était devenue vendeuse dans un magasin de beaux objets, et qui était si ravie de ce poste, qui prenait son rôle tellement à coeur ! Bref, elle voulait un CD pour parfaire l'ambiance du lieu, et elle m'avait emrpunté mon CD de Nouvelle Vague, qu'elle mettait en boucle tout le samedi dans le magasin, et c'est vrai que ça allait très bien au teint de l'endroit. Nous on allait la chercher cinq minutes avant la fermeture, on la trouvait toute fière derrière son comptoir, on lui achetait un truc à deux euros parce que sinon elle n'aurait rien vendu de l'après-midi et était un peu frustrée. Puis elle fermait boutique et on allait boire des Monaco parce qu'on était jeunes et que la bière toute seule, c'était encore amer pour nos papilles inexpérimentées. D'ailleurs, il faut que j'écrive un truc à propos des bars rennais, on en fréquentait plusieurs mais comme noms je me souviens de l'Artiste assoiffé (mon préféré car au moment du goûter ils servaient des biscuits ou des parts de gâteau gratos, et avec les boissons chaudes on avait un bonbon sur la soucoupe, et puis une ambiance très vivante et chaleureuse) et du Elsa Poppin (un truc du genre). Il y avait aussi le P'tit Vélo mais celui-là je n'ai jamais compris l'engouement qu'il suscitait. Les bars à Rennes, je ne sais pas si c'est un raccourci dans mon cerveau qui a imprimé à jamais "Rennes = Bretagne = Vannes = Mémé = marins bretons en cirés" mais bref, dans les bars à Rennes on se sent comme dans une cale de bateau et ça, c'est un truc idéal, parfait, confortable absolu. C'est ça qui fait que chez moi un jour, c'est sûr, j'aurai des maquettes de bateaux et des cartes accrochées au mur, et c'est pour ça que je suis en train de subtilement au fil des ans faire investir à J. dans une panoplie de fringues rayées. Dans les bars à Rennes le soir, il fait sombre et les lumières éclairent radinement, on est serrés mais tout le monde est sympa, il y a du bazar partout comme si on était chez soi, la déco semble avoir été faite par le patron et la patronne, les tables sont peintes maladroitement avec des petits dessins naïfs et colorés, il y a des journaux qui trainent et des tas de vieux trucs jaunis et un peu arrachés accrochés au mur, les hommes sont mal rasés et les femmes rigolent à gorge déployée.


MC Solaar, dans mon esprit, c'est Cergy-Pontoise, la Défense, ce genre de quartiers "nouveaux", modernes et spéciaux, des mecs en skate et sweats à capuches de quarante ans, une ambiance très banlieue que j'aime bien, et que je ressens encore en écoutant Faut que j'travaille de Princess Erika, une chanson que j'adore, très ambiancée CM2 dans mon esprit, très Cergy-Pontoise, oui. Un truc très serein, un sweat mais de bonne qualité, épais, pile à la bonne taille, gris clair.

Je suis avec J. depuis tant de temps (dix ans cette année !) que ça y est, il y a des fois où je veux raconter un truc de ma jeunesse mais je ne me rappelle plus bien mais lui peut me raconter parce qu'il était là. Un tiers de ma vie à ses côtés !

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lundi 11 juillet 2016

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Le réveil a été difficile parce qu'on n'avait pas dormi assez, mais facile parce que si on s'était couchés si tard, c'était pour regarder la finale chez nos copains d'A. qui sont si cool qu'on a l'impression de les connaître depuis toujours et d'être franchement à la bonne franquette chez eux. Ils avaient préparé des trucs d'étudiants, des rouleaux de jambon au boursin, une tarte tomate moutarde thon, et nous on avait fait deux cookies géants parce que lorsqu'on a un mini four, c'est vraiment plus rapide de ne faire que deux fournées avec un seul grand cookie dedans à chaque fois, qu'on rompt façon Christ mais qu'on ne le donne pas à ses disciples, on garde son morceau pour soi et les autres se débrouillent très bien aussi.

J. a emmené J. à la crèche, on était sûrs qu'il y retrouverait Dan la puéricultrice qui vaut le détour mais elle ne bossait que cet après-midi, alors c'était un peu un coup pour rien. Après, ils sont allés aux jeux et moi j'ai pu redessiner et re-redessiner cette femme enceinte qui mange une pâtisserie jusqu'à arriver à un résultat satisfaisant.

Pendant la sieste post-déjeuner de l'enfant, j'ai raconté à J. la crèche de mes rêves : une maison de famille du genre planchers qui grincent et petites lumières, une cheminée où on fait un feu (avec un pare-feu !) quand il pleut dehors, des tonnes de Lego pour jouer devant la flambée, un chat, et des parents invités à s'asseoir pour le goûter dans la cuisine quand ils viennent chercher leurs enfants. Je suis traumatisée par l'univers aseptisé de "notre" crèche, et je me demande pourquoi ce type d'établissemtns, comme les maisons de retraite dans lesquelles je suis entrée, aussi, se rapprochent toujours tant de l'hôpital dans l'ambiance, et s'éloignent autant de la Vie. Pourquoi il semble ne jamais y avoir du parquet ou une armoire normande dans une chambre de maison de retraite. Pourquoi il n'y a pas un salon cosy avec des tapis épais et des lampes à franfreluches dans une maison de retraite. A priori, si on est à la maison de retraite et pas à l'hôpital, si on est à la crèche et pas à l'hôpital, c'est qu'on va bien alors pourquoi ces linos, ce carrelage blanc, ces murs jaunes pâles, ces Mickey sur les vitres, ces surchaussures en sacs plastiques, ces chaises du catalogue spécial mobilier de maison de retraite. C'est un mystère pour moi. Je le dis comme je le pense, vive les microbes, vive la chaleur, vive l'ambiance feutrée, vive le vivant.

Et après la sieste, on a pu faire une balade de rêve sur les traces de la tournée 24 (la meilleure). Les deux couples de copains que nous nous sommes faits ici ont deux voitures chacun, et nous proposent de nous les prêter, alors on dit oui, on leur arrose leur jardin pendant leurs vacances et eux nous filent leurs clefs de bagnole. On a vu Evosges et Oncieu sous la pluie, le Bugey c'est vert, mais tellement vert !...

Photos prises il y a une semaine à 6h30 du mat', avant de retourner me coucher.

Posté par couac couac à 22:44 - - Commentaires [7] - Permalien [#]