La nuit éveillée à écouter dans l'autre chambre mon petit enfant discuter tout seul. Une insomnie vécue à 2,5, J. ayant réussi à trouver par moments le sommeil. A un moment, j'entends en plus de la discussion, de l'énèrvement, et entre deux trucs pas compris, je comprends "maman, border !", je me lève donc, il doit être dans les 5h00 du matin, la dame de la gare prévient déjà qu'il ne faut pas traverser les voies. Il est assis dans son lit, quand il me voit il s'allonge et il dit "border !". Alors je le borde, je remets bien les couvertures, et puis je ne sais pas, je pose ma tête à côté de sienne sur son matelas. On se regarde comme ça, je sens son haleine, on ne dit rien, mais il a un sourire de bonheur.

Ce matin, J. travaille plus tard, il m'offre une grasse matinée. Quand je me lève, il est presque l'heure de lancer le déjeuner, ils s'en chargent pendant ma douche, et je me retrouve à déjeuner en serviette, et Petit J. dit de sa voix débutante "Maman petit-jeuner toute nue !", ce qui n'est pas tout à fait vrai, déjà parce que c'est pas le p'tit dej', ensuite parce que j'ai ma serviette quand même...

Puis J. part travailler, entre-temps je me suis habillée, et c'est déjà l'heure de la sieste de Petit J.. Il a découvert la liberté du lit sans barrière et ne peut s'empêcher d'en profiter allègrement malgré la fatigue. Finalement, il s'endort, pour un long temps, et j'en profite pour bosser...

A son réveil, la nuit est au bord de tomber, il sort tout seul de son lit et de sa chambre et je le vois presque encore en train de dormir, traverser le couloir, enjamber l'antenne de la radio, et venir coller sa joue bouillante contre la mienne. Je sens sa délicieuse mauvaise haleine du réveil que j'adore, et il me demande un bout de cookie et une brique de jus de pomme.

Ce soir, J. rentre tard du travail, je fais dîner Petit J. assis sur le marche pied, adossé au buffet de la cuisine, je lui dis "je te donne la becquée comme à un poussin !" et il s'exclame "piou piou !".