Le moment où on décide de sortir se balader sans grande conviction mais on se dit que pour notre moral on doit - sauf qu'on ne sait pas où aller. On s'habille chaudement, on sort, on met la poubelle à la poubelle en faisant tout le tour du pâté de maison parce qu'on a oublié le bip du portail de derrière. Après ça, on ne sait toujours pas où on va aller. Il fait glacial, gris, il y a de la boue partout (mais ce coup-là on a mis nos chaussures de rando). Le moral est borderline entre "moui" et "tout pourri". On décide de partir vers la tour de Saint-Denis, et puis devant Pôle Emploi, J. me demande "et si on partait dans l'autre sens ?" et je lui dis "ah ouais, je n'ai pas du tout envie de prendre cette rue-là" "ben moi non plus". Cool. On repart en marche arrière. On repasse une troisième fois devant le même groupe de mecs devant qui on est passés avec notre poubelle, puis sans poubelle mais direction Saint-Denis, puis sans poubelle mais direction le centre. Je propose de longer les rails. Tout le monde est d'accord, on prend un chemin que j'ai pris une fois avec Joachim mais que J., jamais. On entre dans une impasse, on se retrouve bloqués par des rails, un train nous passe sous le nez, on fait coucou, personne ne nous répond. On marche sur des petits chemins, on prend cette route qu'on sait pas où elle mène, elle mène à des wagons abandonnés et à des maisons super belles mais aux volets arrachés. Il y a une ambiance de port industriel à l'abandon et j'adore ça. On discute, on regarde, on se dit que finalement on est hyper bien, voire carrément de bonne humeur et excités.