mercredi 24 juin 2015

Finalement, ce matin, je me suis défilée, parce que j'ai trouvé une excuse à la hauteur, et ma super excuse c'était que j'avais yoga le soir et que du sport une fois dans la journée, c'était suffisant. Encore ce soir, je trouve l'excuse excellente, alors j'ai bien fait.
J'ai des petites courbatures aux abdos, qui veulent dire que j'ai encore des abdos, qu'ils ne sont pas complètement atrophiés.

Le yoga. D'habitude, j'arrive super tôt histoire de choisir mon emplacement : sur le tapis orange. Il n'y en a qu'un et je le trouve moins gluant que les bleus. Ce soir, par un insignifiant concours de circonstances, je suis arrivée assez tard, je vois toutes les chaussures bien rangées devant la porte, je me dis que merde je vais me taper un tapis bleu, j'entre : tous les tapis sont pris sauf le orange. Dieu devait être dans la salle de yoga, si ça se trouve c'est le prof, enfin je veux dire Mathieu Amalric.
Avant que le cours commence, j'étais bien sagement assise sur mon petit tapis orange, face à la fenêtre ouverte, et je voyais que sur la terrasse en face, ils avaient planté plein de fleurs genre gazon japonais, et puis ils ont accroché une guirlande de grosses ampoules de toutes les couleurs. C'est magnifique.
Bref, je n'étais pas allée au yoga depuis trois semaines pour des raisons diverses et variées et j'étais ravie de retrouver l'odeur de salle de yoga, ses murs couleurs yoga, son signe indien ou je sais pas quoi qui veut dire je sais pas quoi, doré, accroché à un clou.
Au yoga, il y a un vestiaire de neuf mètres carrés, et on s'y serre à vingt à la fin du cours, hommes comme femmes, une fois je me suis dit "bon ben je vais me changer dans la salle de yoga" mais comme il y avait Mathieu Amalric, je me suis dit que c'était un peu bizarre.
C'est moins gênant de se changer à vingt dans un vestiaire qu'à deux dans une salle de yoga, je pense que c'est parce que le vestiaire s'appelle "vestiaire".
Le cours de yoga, c'est de la grosse folie, comme c'est du yoga où on s'aide d'accessoires (avec Mathieu Amalric), non mais des accessoires de yoga hein, du genre des couvertures pour nous surélever les fesses quand on est en tailleur, ou des briques en liège pour nous appuyer dessus quand on n'a pas le bras assez long pour toucher le sol, bref, du coup, le prof en profite pour nous faire faire des trucs de folie, c'est horrible, j'adore.
J'aime bien les noms des positions, "anamaskara", "tadazana", ça me fait penser à des pâtes carbonara.

Après le yoga, je rentre à pieds, j'ai l'impression de me tenir au top du parfait pour le squelette.

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mardi 23 juin 2015

La corde à sauter, j'ai commencé ce matin, hier il pleuvait, 'faut pas déconner non plus. Au réveil, j'ai immédiatement pensé "oh nan merde je dois aller faire de la corde à sauter". Quand on est à moitié endormie dans son lit tout chaud ça semble inconcevable.
J'ai failli ne pas y aller (en plus j'avais assez mal dormi), et comme je sentais que ça me mettait déjà de mauvaise humeur, je me suis sentie obligée d'y aller malgré tout. Alors j'ai enfilé le short de footing de Jé, un tee-shirt du Monoprix de Caen, des chaussettes de sport (oui !)(qui ne me servent pas pour le yoga car le prof a dit à une fille qui en revêtait "faire du yoga en chaussettes, c'est comme faire l'amour avec des gants" et même que la fille est devenue toute rouge (d'autant plus que le prof ressemble à Mathieu Amalric alors imaginez qu'Amalric vous dise ça (en fait j'étais jalouse))), et je suis descendue m'attabler en face de Jé et à côté de Jo, pour manger une tartine et boire un bol de thé parce que j'avais lu que la corde à sauter, c'est seulement en étant bien hydratée de l'intérieur. Bon, finalement, le thé était trop chaud, je n'en ai bu que la moitié parce que là il fallait que j'y aille sous peine de laisser tomber encore.
En bas de l'immeuble, So, la tenancière du snack d'en-bas, m'a demandé où j'allais comme ça de bon matin, je lui ai expliqué et elle est devenue ma coach sportive.
Enfin, j'ai vécu le moment que je redoutais : marcher dans la rue en tenue de sport pas hyper seyante au milieu de tous les gens qui allaient au boulot en costard (je vis dans un quartier d'affaires). C'est comme être nue quand tout le monde est habillé. En plus, j'avais une vraie corde à la main, j'avais peur qu'on croie que j'allais me suicider.
J'ai suivi une dame en trench très chic qui prenait la même direction que moi, je me suis postée à côté de la cabane de Guignolet et j'ai commencé à sauter. J'avais lu que c'était super dur donc étant donnée ma condition physique, je ne me faisais pas trop d'illusions quant à ma performance. Déjà, si j'arrivais à sauter sans me prendre les pieds dans la corde, ce serait pas mal. Je m'étais dit "6 séries de 40 sauts". Hop, je m'y mets. Je ne me prends absolument pas les pieds dans la corde. J'ai l'air d'une pro. Au bout de 40, je me dis "quoi ? Nan mais je ne vais pas m'arrêter là, je viens à peine de commencer" et j'ai été jusqu'à 100. J'ai fait 6 séries de 100 en quinze minutes. Truc de ouf, la classe totale. Je suis donc douée en sport, il fallait juste que je trouve le sport.
Voilà, et puis je suis rentrée, et tout à coup, malgré ma tenue pas très seyante, je me trouvais trop classe avec ma corde toute terreuse à la main et mes giclures de bouillasse sur les tibias. J'avais vaguement mal aux bras et aux mollets.
Bon, voilà, le seul truc, c'est que je sens que demain matin, ça va être le même casse-tête pour réussir à dénicher la motivation au fond de mon cervelet...

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dimanche 21 juin 2015

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Le puzzle de l'autre soir.

Voilà, c'est fini le job alimentaire. Je n'ai pas pleuré mais j'ai eu le coeur très très gros.
On a été au restaurant, avec mes collègues, on a bu beaucoup de bière et beaucoup ri. J'éprouve un sentiment d'affection très fort pour eux. Je pense qu'ils sont si spéciaux que dans quelques temps, ils me sembleront irréels, comme si c'était pas possible que de tels gens existent pour de vrai. Comme des personnages de bd. Vraiment, il y en a un, c'est Gaston, un autre, c'est Prunelle ! Alors !
Après le restaurant, je suis allée dans une direction avec deux d'entre eux, on était assez ivres, quand même, on a attendu au même arrêt de tram et tout à coup, hop, le leur est arrivé, ils ont sauté dedans en me disant "ah salut on y va c'est le nôtre !" et les portes du tram se refermaient déjà, je me retrouvais toute seule dans la nuit saint-gilloise, et le silence total et un peu glaçant.
Alors je me suis mise à m'auto-parler, ce qui m'arrive souvent quand je vis un truc très très émouvant, et encore plus quand j'ai un peu bu. Je me suis parlé, toute seule, dans ma tête. J'ai pensé à qui j'étais, à l'âge que j'avais, à ce qui m'arrivait, à la page qui se tournait. Le fait de m'auto-parler rend les trucs émouvants encore plus émouvants, c'est comme si l'Elisabeth du début qui a vécu tous ces trucs d'Elisabeth venait me saluer presque uniquement dans ces moments-là, et c'est comme si je retrouvais quelqu'une qui était un peu comme morte parce que je ne l'avais pas vue depuis longtemps, et comme si j'étais un peu triste à l'idée qu'elle reparte aussitôt... Ca al'air un peu obscur comme ça... Quand j'écoute la Lambada, elle revient systématiquement, je pense que c'est la musique qu'il faudra mettre à mon enterrement.

L'âge que j'ai. Pas si vieux, mais quand même plus vieux qu'avant. Je ne fais plus partie des tous jeunes. Mon enfance commence à être loin, j'ai vécu des époques que d'autres pas.

J'ai décidé d'écrire à mes ex-collègues, il y a une lettre qui attend posée sur mon sac à mains. Je l'ai mise dans une enveloppe mais c'est une carte postale de Provence avec un champ de lavande devant une maison, d'ailleurs trouvée dans une poubelle de cet ex-job alimentaire. Sur l'enveloppe, j'ai mis "à l'attention de N." et après, j'ai écrit l'adresse du magasin. Ca va faire bizarre de recevoir un courrier personnel sur son lieu de travail !

Je me suis mise au yoga, motivée par Milky et aussi par Marine (et aussi par deux copines adeptes mais qui n'ont pas de blogs, du coup je ne vous mets pas de liens). J'ai besoin de me muscler, je me trouve moooolle. Bref, yoga. Et  j'ai aussi décidé de me mettre à la corde à sauter. L'air de rien, je me sédentarise vu que je ne vais plus au job alimentaire ( 20 minutes x 2 de marche rapide sur terrain pentu, 5 jours par semaine), qui était assez physique (debout, assise, grimper sur un tabouret, porter une pile de bouquins, etc).
J'ai beaucoup réfléchi, mon frère m'a dit de continuer à marcher mais en fait j'ai envie de me muscler pour de vrai, et je n'ai pas du tout envie de me remettre au footing, et comme j'ai toujours ma corde (en vraie corde) de l'école primaire... on verra bien.

Posté par couac couac à 23:35 - - Commentaires [13] - Permalien [#]