mercredi 22 janvier 2014

pour me souvenir

Lundi, j'avais rendez-vous chez le docteur à 10h30, je suis arrivée à 10h26, j'étais hyper fière ! Dans la rue, je chantais "le jeu de la marelle" pour endormir Petit J. parce que je me doutais qu'il allait falloir patienter dans la salle d'attente et je n'avais pas tellement envie qu'il y pleure (j'ai chanté même les paroles dans je sais pas quelle langue, enfin, j'ai essayé). A un passage piétons où le feu était rouge, petit J. a fait un immense sourire à la dame qui attendait à côté de nous qui n'en pouvait plus de sourire non plus, du coup on s'est souri aussi, la joie régnait.

Mon médecin de la femme s'est émerveillé sur le bébé, "oh mais qu'il est mignon ! Et son pull, super ! C'est vous qui le lui avez tricoté ? Et votre porte-bébé il a l'air top, le mien c'est un Babybjorn, il est pas terrible !". Quand il m'a vue dans la salle d'attente, il s'est exclamé "oh, madame Couac-Couac, vous allez bien ??!!". Comme c'est lui qui m'a opérée en novembre 2012, c'est vrai que ça fait plus d'un an qu'on en se quitte pas mais quand même, je vous le dis, cet hôpital, ce service gynécologie/maternité, ces médecins, je ne m'en remettrai jamais tellement il y a là de gens super impliqués et sympathiques. Par exemple, ce même médecin est passé son jour de congé (oui oui) me voir à la maternité, avec sa fillette !... Pour voir si tout allait bien. C'est fou. Ca m'émeut vachement en fait.

Après ce rendez-vous de lundi matin, on avait rendez-vous chez la pédiatre à midi. Il y avait une foule pas possible dans la salle d'attente, des enfants qui criaient, des parents qui appelaient leurs enfants, des gens qui s'énervaient contre la secrétaire, une petite fille qui avait une pneumonie et qui toussait sur tous les autres enfants (j'ai essayé de tourner le mien du côté du mur pour qu'ils ne reçoive pas trop de postillons). Petit J. ne dormait plus et ne pleurait pas non plus mais il a  fait sa fameuse bouche de tortue pendant tout le temps de l'attente.

L'autre jour dans le métro, une dame lui a fait un grand sourire et en réponse, il lui a aussi fait sa bouche de tortue, la dame a bien rigolé (nous aussi, c'était irrésistible).

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dimanche 19 janvier 2014

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Que se passe-t-il quand on héberge un bébé de deux mois ?
Il se passe que ça y est, on n'est plus angoissée.
Il se passe qu'un matin, on se réveille parce qu'on entend un petit bruit (même pas un pleur) et quand on regarde l'heure il est SIX HEURES !!! Mazette six heures, j'ai dormi tout ce temps mais c'était trop bon !!! Je vais trop bien !!! Youhooouuu !!! On le nourrit en se répendant en félicitations, on le repose et hop ! Il est reparti pour deux heures ! On réouvre les yeux il est 9h00 et c'est du bonheur en barre.
Il se passe qu'on gagatise à mort, qu'on voit le temps défiler, qu'on se dit que merde, dans moins d'un mois on reprend le boulot et qu'à le fois, chouette ! Retrouver le boulot !
Il se passe que j'ai envie de retrouver mes amis, que je vis comme une ermite depuis deux mois et que ça devient duringue...
Il se passe qu'on se fait vomir dans la chemise de nuit à 1h30 du matin.
Il se passe qu'on n'arrête pas d'embrasser un petit crâne duveteux.
Il se passe qu'on réalise qu'on trouve que le vomi, le caca et le pipi de son bébé ne sont pas sales ni repoussants.
Il se passe que le bébé repousse le petit doigt, veut s'endormir tout seul. Je lui parle tout bas, je lui dis "tu peux te laisser sombrer dans le sommeil, peser sur ton matelas, être très très lourd sur ton matelas, tu peux détendre chacun de tes muscles" et ça marche, il me fixe intensément pendant que je lui raconte ça et il s'endort calmement. Une fois, j'ai même réussi à endormir le petit ET le grand J. grâce à cette imparable technique !!! Bon, le grand, ok, c'était pas dur, il manquait de sommeil... mais bon, quand même. C'était mignon, le père et le fils qui s'endorment en m'écoutant chuchoter !
Il se passe que petit J. me regarde attentivement quand je lui explique comment sucer son pouce puis il s'entraine, et l'autre jour il a réussi tout seul à fermer son poing, à en sortir le pouce et à se le mettre dans la bouche, il a fait un grand sourire super fier !
Il se passe que je me remets peu à peu des frissons de la grossesse, de l'excitation et du trac de l'attente de l'accouchement. C'est long, je mets du temps à me retrouver, c'était une période absolument magnifique.
Il se passe qu'on dirait qu'il y a le feu à la cuisine suite à l'installation de l'abat-jour orange (qu'on trouve très beau !) offert par mon grand frère (qui donne super mauvaise mine en passant, bonjour le teint blafard dans le miroir ! Mais on trouve ça marrant).
Il se passe qu'on mange beaucoup de chocolat mais qu'on peut parce qu'on pèse deux kilos de moins qu'avant grossesse (trop fière la fille) et puis je suis sûre que ça donne un bon goût à mon lait, c'est important aussi.
Il se passe que parfois (enfin... c'est arrivé une fois...), on arrive à se laver ET à déjeuner !
Il se passe qu'on se questionne à mort sur les vaccins.
Il se passe qu'on réaménage son espace.
Il se passe que des fois, quand on se regarde dans les yeux dans le miroir, et ben on a l'impression d'y voir quelqu'une qu'on n'aurait pas croisée depuis longtemps.
Il se passe qu'on n'arrive pas à dessiner le faire-part.
Il se passe qu'on inventerait n'importe-quoi pour faire sourire le bébé.
Il se passe qu'on trouve ça magique quand il dit "areuh" (enfin... "aeuh" plutôt).
Il se passe qu'on a envie de renouveler sa garde-robe mais pas envie de faire les magasins.
Il se passe qu'on lit plein de bouquins de parents à propos de bébés.
...

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jeudi 9 janvier 2014

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Le petit J., bougon, impossible à endormir. Il veut téter mais alors il s'endort direct alors je le couche mais il se réveille pour téter, et ainsi de suite.
Alors j'enfile mes bottes de sept lieues et je l'installe dans le porte-bébé (qu'un jour il faudra appeler "sac-à-dos" nous a dit uen vendeuse, sous peine qu'il soit vexé) non sans peine. Il se débat, il pleure, il me fait le coup de la bouche de tortue. Alors je dois marcher, le cajoler, rigoler un peu pour qu'il se détende du genou et accepte de se recroqueviller un brin dans le coussin adaptateur spécial bébé. Hop ! J'enfile mon manteau que je ferme par-dessus lui (à ce moment-là, il dort déjà, la joue collée contre mon décolleté, les poings serrés autour de sa figure), j'empoigne mes sacs (sac à main et "sac à langer" (un sac avec une couche et trois lingettes pour le nettoyer, en gros, à l'intérieur - et un carré à baver aussi), je suis devenue une vraie mère de famille, ne manque que le paquet de boudoirs) et je me barre et alors une fois dehors, tous les jours, je suis étonnée que le monde existe encore ! Des passants !? La boulangerie ?! Des bus qui roulent !? Tout a l'air nouveau, j'ai l'impression de tout redécouvrir... c'est assez déstabilisant et à la fois, très frais ! Je suis heureuse de marcher dans la rue avec lui. Je marche, je marche, je m'occupe de trucs administratifs, de courses à faire, je me sens voler. Je suis ultra fière d'avoir complètement réussi à vaincre ma trouille de sortir seule avec lui. Avant-hier, je l'ai même allaité à la bibliothèque flamande, ouais ! Et ne me demandez pas ce que je faisais à la bibliothèque flamande, allez-y plutôt, c'est tout neuf et incroyablement beau !
Après, je rentre chez moi. J. le minus se met à pleurer pour manger dès qu'on arrive dans notre rue (d'ailleurs ça m'intrigue).

On a mis en place un rituel du soir, c'est très bien. Une des étapes est : poser le bébé sur la couverture dans le salon, et le laisser. Au départ, j'avais un peu de mal à ne pas m'occuper de lui, et puis en y réfléchissant, je crois que je n'aimerais pas, personnellement, avoir tout le temps quelqu'un sur le dos, donc voilà, il fallait le laisser tranquille. Et alors, il semble adorer. Hier, le moment a duré une heure, une heure pendant laquelle il a fait des bruits, gigoté (et même bougé de bien trente centimètres (!!??)) et regardé (et souri (on l'a un peu espionné)). A la fin, voyant que ses yeux se fermaient un peu, hop on l'a mis en tenue de nuit (qui n'est pas un pyjama (ça c'est une tenue de jour - c'est compliqué hu hu)) et pas bien longtemps plus tard, il dormait au fond de son lit. Il était 21h30. Et il a dormi non stop jusqu'à 3h00 du mat' ! Wahou !!!

Bon, je vais me coucher ! Salut !

Et au fait, un immense merci pour tous vos témoignages de l'autre fois, j'ai adoré les lire et les relire... Au départ je me suis dit que j'allais vous répondre à toutes et puis finalement, ben je ne crois pas que j'aurais temps ET courage ! Mais j'ai trouvé plein de matière à réflexion et à relativiser !

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samedi 4 janvier 2014

Au bout de six semaines ça va quand même déjà vachement mieux. Six semaines déjà pour notre petit J..

Petit J. et son odeur de beurre, son haleine de Petit Beurre, ses cacas senteur pop corn, sa petite bouche de tortue qui me fend le coeur quand il va pleurer, sa façon de faire "aaeeuuuh aaaeeuuuh" au lieu de "ouin ouin", sa façon de m'empoigner la peau du cou, ses (déjà) sourires, la peau de sa nuque, juste sous le duvet-cheveux, si douce.

Petit J. est compliqué à installer dans une écharpe ou dans un porte-bébé, petit J. veut finalement bien boire au sein (depuis que l'ostéopathe lui a débloqué la machoire en fait, tout simplement... Il fait la nique à toutes celles qui m'ont dit qu'il était paresseux (une fois je me suis fâchée, c'était une énième sage-femme "oh il tète mal, il est paresseux", non mais quoi !)), petit J. veut bien rester éveillé pour regarder autour de lui, petit J. fait un mouvement de bras très reconnaissable pour dire qu'il veut faire un rot, petit J. regarde intensément nos cheveux, il nous fait pipi dessus à chaque fois qu'on le change (parfois deux fois) malgré le coton qu'on n'arrive pas à maintenir sur son zizi (il gigote beaucoup).  Petit J. a fait pipi chez la pédiatre et pendant que J. le rhabillait sur la table d'auscultation, je nettoyais la table à langer au papier essui-main et au savon désinfectant sans rinçage pour les mains sous le regard très amusé de la docteur.

Petit J. aime bien rester sur le dos, sur une couverture, dans le salon, il regarde tout autour de lui, on peut même l'y laisser un peu et vaquer à nos occupations, on l'entend faire des bruits, il remue bras et jambes, fixe des points mystérieux (le magnétoscope (ouais, on en est encore aux cassettes vidéo) ? le radiateur ?). Quand on s'approche, il sourit de toutes ses gencives et remue encore plus.

J'ai finalement réussi à sortir seule avec lui (parce qu'avec J. le grand, aucun souci, ce qui me stressait c'était d'être toute seule avec le bébé à l'extérieur). Un jour, j'ai pris mon courage à deux mains et on a été se balader ensemble, en fait j'ai adoré...

Les nuits sont fatiguantes, les journées désordonnées et pas toujours très constructives (je veux dire : des fois, je me dis "allez, aujourd'hui, je range mon bureau !" et puis en fait, bah non...). J'ai l'impression d'avoir un petit animal très très précieux. Des fois, comme le matin il termine souvent sa nuit dans notre lit, je suis couchée face à face avec lui, mon visage très près du sien, et je le regarde dormir (oui, moi aussi je ferais mieux de dormir mais il est si beau alors bon !) et je le dévisage et je réalise que j'ai un être humain miniature juste là devant moi, et ça me semble complètement hallucinant.

Il y a des jours où je me sens remplie de force et de joie, et d'autres où j'ai du mal à me retrouver, à faire la liaison entre la grossesse (période où on prend tant soin de soi) et aujourd'hui (où je me consacre presque intégralement à quelqu'un d'autre, il y a des jours où je ne trouve pas une seconde pour me laver les dents, et où je petit-déjeune à 13h00 (mais je petit-déjeune quand même, j'y tiens !)). Le côté "sans transition" est détonnant.

C'est un plaisir de lui montrer les choses, de lui parler, et de le sentir attentif quand on choisit le bon moment. Je pense à tout ce qu'il va y avoir à partager avec lui et ça me fait fourmiller le coeur et trépigner sur place.

J'ai hâte de le voir jouer avec ses cousins et avec les enfants de nos amis, j'ai hâte de passer du temps dans la nature avec lui, dans un jardin un peu sec, juste en short et débardeur parce qu'on crèvera de chaud, j'ai hâte de lui payer un milkshake eu Mokaf', j'ai hâte de lui lire tous els livres pour enfants qu'on a et que j'adore, j'ai hâte de sentir qu'il reconnaît notre rue ou notre immeuble quand on rentrera chez nous, j'ai hâte de voir quelle tête il aura evc des vrais cheveux, j'ai hâte de savoir si il aura toujours ces yeux gris souris, j'ai hâte de savoir ce qu'il aimera, j'ai hâte d'aller à la pistoche avec lui, j'ai hâte de rencontrer les gens qu'il choisira comme copains.

Je vous souhaite une super année !


Posté par couac couac à 22:40 - - Commentaires [18] - Permalien [#]