mercredi 3 avril 2013

J'ai laissé l'ordinateur faire sa mise à jour anti-virus comme bon lui semblait si bien qu'il est frais et dispo pour écrire un billet avec moi. C'était comme sa douche du soir, toute la poussière de sa journée est partie dans le tuyau d'évacuation de l'eau, il a mis son pyjama, sa robe de chambre et ses chaussons et il attend sa soupe avant d'aller se coucher. Bref, il se sent bien et il est de bonne composition pour se laisser manipuler les touches et l'internet.

Aujourd'hui, j'ai mangé un sandwich en marchant dans la rue, et j'ai eu un haut le coeur en voyant traîner par terre devant le commissariat de police, une aile de pigeon, sans le reste du corps. L'aile était dépliée. Son pointu était propre et rangé, les plumes bien alignées, comme neuves. La partie raccrochant normalement l'aile au buste de la bête était parfaitement rongée, comme quand on arrache les restes de la cuisse de poulet directement sur l'os, c'est rongé, parfaitement nettoyé. Et c'était ensanglanté. Dix minutes plus tard, près de la cathédrale, je croise une pie, entière et même carrément vivante (la veinarde), en train de manger un truc qui traine par terre. Je m'approche pour regarder ce qu'elle a trouvé là, et avant de partir en piétant, je la vois arracher un morceau du bout de son bec - et c'était une crotte en relief d'un autre oiseau.

L'autre matin, vous n'allez peut-être pas me croire, mais j'ai croisé dans la rue une dame tout à fait chic genre femme d'affaires, qui se BROSSAIT LES DENTS en marchant dans la rue, malgré son manteau, son écharpe et tout et tout. Elle se les lavait avec une vraie brosse à dents et tout et tout. J'en revenais tellement pas que j'ai été obligée de téléphoner à J. pour le lui dire.
J'ai aussi vu un homme d'un certain âge sortir d'un immeuble, traverser la rue, puis s'arrêter sur le trottoir d'en face, se retourner, lever le nez et faire coucou à une fenêtre à rideaux en dentelle derrière lesquels une femme se tenait.

J'ai un collègue, 29 ans, qui est mort d'une crise cardiaque. En fait, il avait démissionné depuis septembre mais venait régulièrement nous rendre visite. Il était venu quatre jours avant et comme à son habitude m'avait dit :"Tiens, Elisabeth ! Comment vas-tu ?". Il portait son manteau fermé à deux rangs de boutons et son sac en bandoulière habituels. Et quatre jours plus tard c'était fini. Ni lui ni nous n'aurions soupçonné ça quatre jours avant et c'est une vraie catastrophe de penser que la vie s'arrête comme ça.
Un jour, on avait communiqué à propos de travail par petits mots interposés. Il s'était appliqué à découper une très belle image dans un livre qu'il avait trouvé dans la poubelle et avait écrit son mot au dos. Je l'avais accroché dans la réserve de dictionnaires. Aujourd'hui je crois que je vais dépunaiser cette image et l'emporter chez moi.
Un jour, il m'avait raconté une histoire qui lui était arrivée, que voici : il était en voyage en Asie (je ne me souviens plus du pays exact...) et il avait décidé d'aller visiter un temple. Il avait choisi d'y aller à pieds depuis son lieu de résidence, bien que ça fasse une trotte. Voyage aller, ok, visite dusite, ok. Et puis le retour, il marche au bord d'une route où roulent des voitures, une route droite, il fait très très chaud, c'est long et fatiguant, il en a plein les pattes. Et tout à coup, une pluie diluvienne, le truc qui vous trempe comme une douche en une seconde. Sur ce, une voiture très belle, très riche, s'arrête au bord de la route, la vitre s'ouvre, un bras sort et lui tend un parapluie, la vitre se referme et la voiture repart aussitôt.

Cette nuit, j'ai rêvé que je loupais mon bus plusieurs fois de suite. Il passait toutes les trente minutes mais à chaque fois, j'avais un moment d'inattention au moment où il passait.

Posté par couac couac à 20:55 - - Commentaires [16] - Permalien [#]