jeudi 27 mai 2010

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Il y a trois jours, je me suis dit "ET SI je ne retournais pas au Havre, que je restais à Bruxelles, que j'arrêtais mes études et que j'en profitais pour enfin me lancer dans la vraie vie excitante ?!". Et je me suis sentie euphorique.  L'audace de cette pensée m'a emportée et j'ai eu envie de danser et de pleurer d'émotion. Alors j'ai mis Hiroshima mon amour, de Ultravox, la chanson qui me renverse en ce moment tellement je la trouve poignante. La voix du mec-schtroumpf (qui est beau en plus je trouve !)... sa façon de chanter. Je tombe. Bref, je l'ai mise volume 20 (= très fort) et j'ai pris ma plume et mon encre, je me suis assise à la table de la cuisine et je me suis mise à dessiner, la larme à l'oeil et le coeur renversé. Et depuis, choisir entre Le Havre et Bruxelles pour 2010/2011 est devenu un casse-tête alors que j'étais presque convaincue que le mieux, c'était que je finisse mes études comme une fille raisonnable. Et là, je me dis que la vie est courte et que quand on a une envie d'essayer de se lancer, mieux vaut le faire plutôt que de trépigner un an et de risquer de déprimer.
Alors voilà, depuis, je tergiverse et ça ne va vraiment pas être simple de décider, et peut-être même que ce sera forcément un petit déchirement. En même temps, l'idée que c'est moi qui tient les rênes m'exhalte ! C'est aussi angoissant de devoir renoncer à quelque chose (enfin, renoncer dans un futur proche parce que bien sûr, jamais rien n'est foutu pour toujours). C'est un choix à faire, quoi.

La photo, c'est ma carte de voeux pour 2020. C'était l'autre nuit, je regardais les cheveux de  Jérome  posés sur son oreiller, éclairés par un rai de lumière des lampadaires de la ville. Et là, j'ai vu ce 20, et j'ai immédiatement pensé carte de voeux. C'est bien que je m'y prenne en avance parce que déjà, ça fait 25 ans que je me dis tous les ans "cette année j'envoie mes voeux", et tous les ans, en juin, je me dis "merde, déjà juin ?! Et mes voeux ?!...". Pour 2020, 'y a comme un espoir que j'y arrive.

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lundi 24 mai 2010

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Il fait chaud. Et puis je dois travailler. Il ne me reste plus qu'à dessiner. Je ne suis pas du tout en avance mais je n'ai toujours pas été rattrapée par le stress sanguin, vous voyez, celui qui vous fait vous réveiller avec une envie de vomir et qui vous donne l'impression de vivre dans le chaos complet, et que rien ne marche droit. Qui fait mal au bide et donne envie de dormir plus que de raison, et qui fait qu'on ne profite pas de pauses qu'on s'octroie dans le travail. Bon, et bien celui-là, c'est dingue, mais il ne m'a pas. Et pourtant, c'est bien la première fois qu'à J-7 d'un diplôme, et bien j'ai presque rien (je veux dire "pas beaucoup de matière et encore beaucoup de travail à fournir"). Mais je ne sais pas, j'ai l'impression que ça va le faire, et puis je suis remontée contre ce système scolaire qui fait qu'on doit être forcément paniqué à l'approche des examens et des jurys, que même les profs, un mois avant, commencent à vous dire, avec une voix pleine d'appréhension "ça approche là, hein ???...". Je me souviens, aux beaux-arts du Havre, une semaine avant le diplôme des élèves de cinquième année, l'école était une boule de nerfs. Tout le monde pleurait, même ceux qui ne passaient pas leur diplôme, tellement l'ambiance était tendue. Et bien là, cette année était tellement horrible, je dois avouer qu'il y a même des moments où j'ai pensé lâcher tellement je n'en pouvais plus nerveusement (mais pour faire quoi à la place ?), que j'ai décidé que je faisais ce que je pouvais et qu'on verrait bien, et je crois même que ça va aller.
L'an prochain, il y aura Le Havre, je pense. Quand un changement est possible, j'ai du mal à me résoudre à passer à côté. C'est un peu un problème parce que parfois, ça m'empêche de réfléchir à ce que je désire vraiment, dans le fond... Là, je dois avouer que mettre entre parenthèses toutes les amitiés mûries à Bruxelles, pendant huit mois, ne plus vivre avec Jérome, me pèsent. Mais je suis accrochée à l'idée que peut-être Le Havre, ce serait bien de terminer... Je me rassure en me disant que je rentrerai tout le temps en Belgique. Mais je ne sais pas si ce sera réellement possible. Je me dis que le temps passé dans le train serait parfait pour écrire un mémoire ! Non ?

Jérome prépare un taboulé. Ca me rappelle la dernière fois qu'il est venu chez mes parents. Dans ma chambre, on avait retrouvé mon journal intime de quand j'avais 8 ou 9 ans. On l'avait lu et on avait ri, mais ri ! Car dedans, je ne parlais que de ce que j'avais mangé, et si j'avais aimé ou pas. Genre "Aujourd'hui, on a encore mangé du poisson, berk !". Ou "Super, aujourd'hui, j'ai mangé à la cantine et c'était des boulettes sauce tomate !".

Nous buvons beaucoup de petits verres en terrasse, avec Jérome, depuis que le soleil a retrouvé le chemin de la Belgique. Résultat : nous sommes tout colorés !

L'énorme fleur de notre cactus (plus grosse que le cactus) est morte avant même de s'être ouverte complètement, peut-être la faute au deuxième hiver de la semaine dernière. C'était la première fois que je voyais pousser une fleur de cactus. C'est moche, ça ressemble à un alien ! Une fois que ça commence à s'ouvrir, c'est nettement plus beau.

J'ai eu un coup de génie, la semaine dernière. Ca fait des mois (voire des années, sans blague) que je me cherche un jean en jean, et sans stretch (je trouve que c'est la matière la plus inconfortable de la terre). Vous allez me dire "il faut aller chez Levi's ma fille" mais sauf que chez eux, les jeans pour femmes sont tailles basses, slims, délavés, troués, et il faut bien le dire, pleins de stretch et hors de prix. J'ai esayé un 501 il y a peu, ça ne m'allait pas du tout et puis ce n'était pas du tout dans mes moyens. Et puis la semaine dernière, comme ça, je suis allée chez H&M et là, je suis tombée sur le rayon des Boyfriend's jeans. Je m'approche, je tripote et là, je constate que ces trucs sont sans stretch ! Bon, mais nous voilà bien : je ne veux pas un boyfriend's jean, mon boyfriend a déjà des jeans et moi je veux un jean à ma taille. Et c'est là que survient le coup de génie : je me suis dit "Ma chère Elisabeth, essaies-en un beaucoup trop petit pour toi, ce sera peut-être ta taille". Et c'est ce que j'ai fait. J'ai pris un boyfriend'sjean taille 38 alors que normalement, je suis plutôt du côté du 42 voire 44, et j'ai filé en cabine. Et là, incroyable ! Le jean tombe nickel ! Genre il est parfaitement ajusté, pas trop taille basse, bonne longueur de jambes, moulant mais pas boudinant ! Bref, je suis foutue comme un boyfriend, et le mieux, c'est qu'avec Jérome on fait garde-robe de pantalons commune, et que si parfois il met mon boyfriend's jean, il pourra dire que c'est son girlfriend's jean alors qu'en fait c'est un boyfriend's jean.
Et le pompon, c'est que je porte enfin un jean taille 38, et ce sans avoir perdu un gramme ! hé hé...

Je vous remercie pour vos pensées et encouragements pour mon oral... qui s'est super bien passé !


Et pour illustrer, une petite photo de la Manche, à Ouistreham sûrement, ou à Hermanville peut-être ? L'été d'il y a trois ou quatre années. Et en prime, dessus, vous voyez un morceau de la jambe du mari de ma soeur !


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lundi 17 mai 2010

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liste de tout ce que je préfèrerais faire plutôt que me remettre au boulot
la vaisselle/le ménage/ranger/commencer les cartons/chercher un nouvel appart' super/un footing/lire un livre de mon choix/aller acheter des livres chez le bouquiniste/faire la queue à la caisse chez Carrefour/manger un truc/aller prendre un train/allumer le barbec'/mettre un gilet parce qu'il fait un peu frais/marcher pieds nus dans le sable/regarder par la fenêtre/coudre/entretenir ma correspondance/me couper les ongles des pieds/regarder un film/discuter avec quelqu'un/mettre le couvert/caresser le dos d'un faucheux/nager toute seule en plein milieu d'un océan, à un endroit où en-dessous il y a les abysses

Demain, je passe l'oral de l'année, le même que celui qui m'angoissait déjà l'an dernier et même l'année d'avant, avec la prof qui nous parle pas bien et qui nous attend au tournant. Mmmmh, vous m'en voyez ravie ravie ravie !!! Ensuite, il va falloir que je trouve un vidéoprojecteur dans l'école, que je trouve un endroit où projeter un truc, puis que je m'entraine à faire marcher le vidéoprojecteur toute seule. Et d'autres trucs pas mieux alors vivement demain soir !
Maintenant, je vais devoir retourner travailler parce qu'il y a du boulot et pas de temps. Je viens de passer quatre journées non stop sur un devoir philosophique, j'ai la tête comme une pastèque et j'en ai ras le bol du travail.
Comme j'aimerais être dans une petite ville aux pavés chauds, aux ruelles étroites et rocailleuses, avec de la dentelle aux fenêtres, des chats aux yeux contents, des gens qui marchent à deux à l'heure, pas une voiture, ah si, tiens, faut se ranger, les épaules bouillantes, rentrer dans une maison en pierre où à l'intérieur ça caille, aller m'installer dans le jardin, manger une saucisse grillée et une patate en papillotte, ou deux, boire un verre de vin rouge, et surtout que ce soit le premier jour des vacances et avoir trois semaines à l'image de cette soirée qui m'attendent !

Bon, allez, j'y retourne... :-(

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jeudi 13 mai 2010

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J'écris ici mais en fait, je devrais plutôt être en train de travailler. Je dois dessiner (plein) et surtout lire de la philosophie (pour mardi prochain, jour d'oral horrible). Mais je suis très détendue et je m'accorde bien des pauses. Cet après-midi, Jérome et moi avons fait un gâteau, le fameux Indémoulable de Jean-François. Vous avez vu comme c'est chic quand j'écris en penché ?
Il fait froid. C'est le rappel de l'hiver. Il a entendu nos applaudissements et il a pensé qu'on voulait qu'il revienne pour une dernière chanson alors qu'on exprimait juste notre joie d'avoir aperçu le printemps derrière le rideau. Il n'avait sûrement pas fini de se maquiller, il voulait juste passer sa tête pour voir si on était nombreux dans la salle.
La vache, je suis d'humeur poète, c'est rien beau.
J'écris n'importe-quoi qui me passe par la tête, c'est très agréable.
Vincent Delerm est en train de dire que c'est un peu décevant Deauville sans Trintignant. Jérome me dit c'était beau ce film, car Trintignant est en train de dire une femme qui vous écrit sur un télégramme "je vous aime" et c'est vrai que c'était un film splendide. Une ambiance complètement normande, hiver normand.
J'ai tenté cet après-midi de refaire un dessin que j'ai loupé un autre jour, et je l'ai encore loupé, pour la quatrième fois. Je sais précisément comment je veux qu'il soit et à chaque fois je le loupe au dernier moment, c'est très énervant. Refaire, ce n'est pas mon fort. Il y a une pissotière qui a été installée en bas de chez nous, et une autre place du Béguinage. Et rien pour les femmes. On n'a pas de vessie. J'ai prévu d'écrire à la mairie. Dans le quartier, il y a trois pissotières et rien pour les femmes. Ca me met les nerfs à vif. Jérome a les cheveux tellement longs qu'il peut se faire une queue de cheval. Sur le quai de la gare l'autre matin, j'ai parlé à un homme qui était le même genre d'homme que Daniel Auteuil. Dans trois semaines, je serai quasi en grandes vacances. Si je suis prise au Havre, je devrai en profiter pour commencer à écrire mon mémoire. J'ai très envie de le faire, ce mémoire. De visiter des expos, d'en parler, de m'appliquer pour la mise en page, de l'illustrer, d'y écrire des choses en vers et d'autres en prose, d'y raconter ma vie peut-être aussi.
Bon, je retourne travailler !

Comme mes billets ne racontent rien, je les illustre avec des photos qui n'ont rien à voir, pour compléter l'ambiance "n'importe-quoi". Ici, une photo de moi avec le Père Noël, en décembre. C'est le Père-Noël qui a tenu à poser avec moi et non l'inverse, il faut le dire.

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mercredi 12 mai 2010

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Et voilà, le fameux mardi à LH est passé... Je n'en menais pas large, hier. Je me revois, attendant de savoir de quelle voie mon train allait partir, au milieu de la gare Saint-Lazare à 10h30 du mat', en me disant "qu'est-ce-que je fous là mais bon sang, qu'est-ce-que je fous là ?". Ce sentiment ne m'a pas quittée jusqu'à ce que j'arrive au Havre et que je m'y sente comme chez moi. Il y avait un vent à vous détruire un chignon (mais heureusement, je n'en avais pas), mais il faisait nettement plus beau qu'à Brubru et qu'à Paris. Le trajet en train m'a semblé infini (d'autant plus que les piles de mon lecteur cd étaient complètement déchargées. Même pas de musique pour me changer les idées !). Au Havre, je me suis acheté un jambon/beurre à la gare, avec presque pas de beurre et du pain pas cuit. C'était génial. J'ai marché le long du cours de la République, ça m'a fait super bizarre... j'ai fait des photocopies chez Acat puis j'ai pris la rue Hélène, que je prenais tous les matins en descendant de mon bus. Et alors l'arrivée à l'école, brrr, j'en tremble encore ! C'était dingue de se retrouver là ! Je ne connaissais presque personne mais tous les gens que je connaissais m'ont reconnue, et même deux personnes dont je ne me souvenais pas !... Je n'ai pas vu les deux personnes que j'avais le plus envie de voir.
L'entretien d'admission était très étrange aussi. J'ai été super nulle, comme je suis souvent nulle en entretiens. Comme j'ai peur, je n'arrive pas à me concentrer. Je pense au fait que j'ai peur au lieu de penser à ce que j'ai à dire. Je me barricade en répondant "non" à toutes les questions. Genre "pouvez-vous nous dire ce que vous comptez raconter dans votre mémoire ?" et moi : "non" (tout simplement)(alors que j'ai déjà réfléchi à la question et que j'ai des choses à dire à ce propos en plus !). Ca le fait moyen. Il faut que je fasse un travail là-dessus parce que ce n'était pas la première fois que ça m'arrivait... Je peux parler de mon boulot et de ma motivation mais je suis incapable de répondre aux questions. Heureusement, je connaissais très bien ces profs... et je crois qu'ils étaient contents de me voir.
Là où j'ai eu vachement de bol, c'est que je suis passée la première, à 14h00. A 14h30, c'était plié, et comme mon train de retour était à 18h03, j'avais largement le temps de téléphoner à ma copine qui bosse dans la pub, qui est ma copine d'école de l'époque LH. Je ne l'avais pas vue depuis un bail ! Et justement, elle était libre ! Je suis allée chez elle, dans le quartier où j'habitais avant, où elle a acheté une maison avec son copain, dernièrement. Je suis passée à travers le square Saint-Roch, c'était rien beau. Et puis je suis passée devant l'ancien appart' de nos amis ex-savoyards... Et ma copine qui bosse dans la pub était avec une autre ancienne de l'école ! On a passé l'après-midi à discuter en buvant du thé et en mangeant des gâteaux trop bons de la super pâtisserie qui tue. On avait plein de choses à se raconter, toutes les trois, et c'était un moment irréel, j'ai des frissons en y repensant !
Je suis désolée, ce post est super décousu mais je suis toute chose. Merci beaucoup pour vos pensées et encouragements !

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dimanche 9 mai 2010

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Ca y est, je suis stressée. C'est depuis la nuit de vendredi à samedi, j'ai trop réfléchi, j'aurais mieux fait de dormir. La nuit, j'ai des idées noires, quand je ne dors pas. Je pense aux mêmes choses que le jour, mais en négatif.
Avant ma rentrée en troisième, mes parents m'ont offert le bureau de mes rêves. C'était une époque où j'adorais manger des chocos trempés dans du thé vert. Je ne sais pas si vous avez déjà essayé, c'est très bon, niveau goût. Et bien la nuit, j'imaginais que mon bureau (qui avait la couleur du choco) ramolissait et partait en bouillie comme les chocos dans le thé. Ca peut paraitre fou mais ça m'angoissait vraiment, à tel point que je me souviens m'être levée, parfois, pour le tater, voir si il tenait toujours debout.
Maintenant, mes angoisses de nuit sont plus liées à des choses potentiellement angoissantes de jour aussi. Benjamin Biolay a fait une chanson très belle à ce propos, qui dit "Dans mes nuits blanches il y a des avalanches et des skieurs qui font du hors piste. Dans mes nuits blanches les photos de vacances sont les seuls souvenirs qui subsistent. Dans mes nuits blanches les baigneurs font la planche, les grands requins blancs font le reste". C'est exactement ça.

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jeudi 6 mai 2010

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Dans dix minutes, je vais partir prendre le métro, aller à Louise, et acheter un aller-retour en train à la boutique SNCF. J'adore y aller, ça annonce forcément un voyage. Ce coup-là, ce sera un périple vers Le Havre et retour, prévu pour mardi prochain, jour des examens d'admission. L'idée d'aller acheter ces billets me donne un avant-goût de ce que je vais peut-être ressentir en entrant mardi dans cette école où je suis venue quasi quotidiennement pendant deux années, où il m'est arrivé de chouettes choses, où j'ai bien ri et où je me suis parfois aussi ennuyée.
C'est l'endroit où j'ai croisé Jérome pour la première fois, fin 2005, il était accoudé au bar de la caféteria, il y avait plein de monde, on fêtait la sortie du journal de l'école (rédigé durant l'année scolaire précédente, ce qui explique pourquoi d'anciens élèves, fraichement sortis de l'école comme Jérome, étaient présents). Moi, j'étais assise à une table avec d'autres filles, on mangeait des sandwiches, et je me souviens que j'étais de mauvaise humeur. Une des filles de la table a dit : "ah, il y a Jérome !" en le montrant du doigt, et c'est là que j'ai vu que Jérome avait été inventé et existait (mais je n'ai pas saisi à ce moment-là qu'on allait souvent manger du pain grillé ensemble le matin et que j'allais faire des machines de ses chaussettes trouées et qu'il allait me préparer des bons petits plats et qu'on allait bien rigoler).
Bref, c'est vous dire l'importance du lieu. Et bien mardi, j'y serai. C'est la première fois de ma vie que j'ai autant hâte de passer un entretien d'entrée ! Il y a des personnes que j'ai vraiment très très envie de retrouver... J'imagine déjà mon ventre et ma gorge nouée, mes mains moites, les sueurs froides et en même temps le grand sourire en passant le pas de la porte !

la photo est de Couacdad !

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lundi 3 mai 2010

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Aujourd'hui, je me suis acheté un disque dur externe qui a un nom de chien fidèle. Il a une mémoire de 1TB, je ne savais même pas que ça existait. C'est un peu comme les billions, après les milliards, je ne sais pas compter jusque-là. C'est dire si c'est beaucoup.

Jérome a acheté des tuiles au wasabi, ça craint du boudin, j'aime que les "goût salé", voire les "goût paprika" (pour lui faire plaisir). Heureusement, il y a le ti punch pour faire passer.

J'ai décidé de virer de ma penderie tous les vêtements que je ne mets jamais mais que je garde parce qu'ils sont hyper beaux. Ca va faire un grand vide. Je m'occuperai de ça demain. J'ai mi hâte, mi pas hâte (peur de regretter). Il faut aussi que je mette à la poubelle toutes les chaussures qui sont mortes. Le problème est de définir à partir de quel moment une paire de chaussure est morte. J'ai des baskets noires que j'ai eu pour mes 22 ans, que j'ai mises énormément, qui ne sont percées nulle part mais qui, dès que je me les mets aux pieds, me filent un mal de dos épouvantable (et la semelle, au niveau du talon, me parait bien aplatie et fine). J'ai une paire de baskets vernies rouges que j'ai achetées trois francs six sous à Brubru il y a genre deux ans, percées au bout et surtout percées à la semelle, qui prennent l'eau dès qu'il pleut et les chaussures qui prennent l'eau c'est chiant (et elles commencent limite à me faire mal au dos aussi, tant que j'y pense). Je les mets encore énormément mais le matin, quand je pars à l'école et que la femme de ménage de la pharmacie est justement en train de jeter son seau d'eau sur le trottoir et que j'arrive, je suis obligée de faire des sauts de biche sur la pointe des pieds pour ne pas me les tremper (les pieds), et c'est relou (et ça arrive tout le temps, il faudrait que je parte plus tôt pour l'école (parce que je suis tout le temps en retard en plus)).
Pou -BEEEEELLE !!!!! (à dire toute langue dehors)

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dimanche 2 mai 2010

évasions

Un jardin très vert, du soleil, une table de jardin en fer, une maison hantée, des enfants qui jouent, de la limonade, les fenêtres ouvertes, les volets entre-fermés, le salon dans l'ombre, le mec d'une grande soeur, très chic en short et polo. Une chambre d'enfant très sombre, la commode devant la fenêtre, des rideaux lourds, le feuillage des arbres qui bouche la vue et fait la lumière verte, les murs recouverts de poupées et de peluches rangées là, comme des trophées de chasse. De beaux meubles, des habits Jacadi, un lit de petite soeur en fer, les meubles en carton pour Barbie (fabriqués par Marie et moi) rangés en-dessous. un souvenir de petite enfance, chez ma copine Flore.

Se promener dans les rues de Saint-Malo pas encore envahies de touristes (on est en juin, mettons) à la recherche d'une crêperie, avec Mathilde, Carole et Nina. Passer devant celles où elles ont déjà travaillé. Les remparts, la couleur de cette pierre bretonne, les magasins de glace, la peau chauffée tout l'après-midi qui sent le sel, les sandalettes pleines de sable. Refaire le monde avec une bolée de cidre, puis aller boire un dernier verre à La Java, le bar du coin de la rue d'en face. Rire comme des folles, ne sentir aucun nerf contracté, puis remonter dans la voiture des parents de Mathilde (qu'ils nous ont prêtée) et revenir à Rennes. M'endormir toute seule dans mon petit lit, le coeur ivre et exhalté. un souvenir de mes années Rennes.

Grimper dans la 106 pourrie des parents de Jérome, n'avoir presque rien sur la peau, juste un petit soutif, une mini culotte, une riquiqui robe, mais crever de chaud. La voiture sent la poussière chaude. Je regarde partout pour êre sûre qu'il n'y a pas un faucheux qui va me tomber sur le coin de la tête. Rouler, chanter à tue-tête (du Camille). Se laisser guider par la route, visiter la Normandie, la basse et la haute. Nous arrêter sur certaines plages et profiter de ne rien faire ensemble dans ces paysages grandioses. Manger des chips, des sandwiches et des fraises (et des framboises du jardin de ses parents). Regarder Jérome conduire, faire un jeu (deviner à qui l'autre pense en posant des questions et que l'autre ne puisse répondre que par oui ou non). Jérome si concentré sur la personnalité à trouver (le Père Noël) qu'il manque de monter sur un rond-point, grosse frayeur mais souvenir rigolo. un souvenir de mes années Havre.

En parlant de rond-point. Être dans la 205 de Manu, avec aussi sa petite soeur (qui est vraiment petite, genre 5 ans). Nous suivons la voiture de ses parents, nous allons au restaurant. C'est la première fois que je les rencontre. Manu conduit n'importe-comment et sa petite soeur et moi rions à n'en plus respirer. A un moment, nous arrivons à un rond-point tout de pelouse vêtu. Mise à part la voiture des parents de Manu devant, il n'y a personne dans les parages. Manu qui nous dit "je fais le tour où je passe dessus ???" et sa petite soeur et moi, nous mettre à crier "dessus, dessus !" et passer à travers le rond-point. Une fois arrivés au restaurant, nous faire engueuler par son père pour notre imprudence. un souvenir de Rennes.

Dans la charetterie avec Jérome. Il est environ une heure du matin. Le regarder finir de bricoler un élément de décor/jeu pour le mariage de sa soeur qui a lieu le lendemain. Me les peler, trouver ça fou d'être là, assise entre cette tondeuse-tracteur et ce tracteur-tracteur, énorme. La vie nous emmène là où on n'aurait pas pensé être et c'est ça qui me plait. un souvenir d'août dernier.

Quand j'avais 19 ans, je suis allée travailler dans les Alpes. J'y suis allée seule, et ma copine Pauline devait me rejoindre une ou deux semaines plus tard. Le premier soir, j'ai dîné chez mon employeur et sa femme, des gens que je n'avais jamais vus de ma vie, que je ne connaissais pas du tout. Ils habitaient au milieu de la montagne, dans une maison tout à fait isolée. Nous avions beaucoup roulé pour y aller. Je me souviens avoir regardé par la fenêtre, avoir vu des montagnes à perte de vue et pas grand chose d'autre, et m'être demandé comment je m'étais retrouvée là et ce qui allait advenir de moi. un souvenir de 2004.


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